‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 28 sur 276 · OS · texte numérisé non relu

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qu'il est impossible de préciser où sera fa limite naturelle où doit finir le stylo flamboyant et commencer le style fleuri.

Le plan adopté dans la 'construction des grandes églises ne reçut aucun changement au xv' siècle. C'est toujours une net' principale, accompagnée de nefs latérales, avec transsept et chapelles accessoires.

Les modifications introduites dans les édifices bâtis selon le style ogival flamboyant, et qui servent à les caractériser, doivent être étudiées particulièrement aux. piliers, aux fenêtres et dans l'ornementation. Jusqu'au xv' siècle, les colonnes cylindriques, isolées ou cantonnées, avaient formé une des parties les plus remarquables et les mieux caractérisées des monuments religieux. Passant insensiblement à l'état de colonnettes, de tores et de baguettes, elles se transformèrent enfin en minces nervures prismatiques. Les piliers les plus massifs furent couverts sur toutes les faces de mîïiers de nervures, d'un travail délicat et compliqué. Mais si l'exécution en est surprenante, s'il y a de grandes difficultés vaincues pour tracer un profil hardi, pour conserver la pureté des angles, pour fouiller tous les interstices, l'effet général de la perspective perd une de ses principales beautés. L'œil ne saurait embrasser à distance les détails minutieux des innombrables faisceaux de nervures anguleuses; il se repose, au contraire, avec plaisir, sur ces grandes et belles lignes, que la saillie des colonnes et des colonnettes établit dans toutes les parties de l'édifice. La substitution des nervures aux colonnes est donc un signe de décadence dans l'architecture ogivale. Souvent les nervures suivent le contour des arcades, s'élèvent le long des murailles jusquaux voûtes qu'elles traversent pour venir se réunir à la clef, délicatement ciselée. Toute trace de chapiteau a disparu sur la plupart des piliers, ou bien la belle corbeille du chapiteau des xin' et xiv' siècles est remplacée par des bouquets de feuilles frisées, ou par une ou deux guirlandes de feu liages profondément découpés. Quelquefois encore on plaça, entre les nervures, de riches garnitures de feuilles grimpantes également maigres et découpées, mais non sans élégance. Il arrive parfois que les nervures placées sur les piliers, au lieu d'être perpendiculaires, tournent en spirale, comme on en voit un exemple dans l'église de Saint- Séverin, à Paris.

L'ogive équilatérale est encore en usage au commencement du xv' siècle. Mais on trouve aussi très-souvent l'arc brisé, un peu surbaissé, employé pour les fenêtres et les arcades ; mais bientôt les arcades subirent un changement important. Les lignes, au lieu de suivre la direction de la courbe naturelle pour former l'amortissement de l'ogive, se relèvent subitement vers le point de jonction pour former un angle très-aigu. Cette arcade en accolade ou en doucine se montra fréquemment aux pori.es, rarement aux fenêtres. Au commencement du xvi* siè-

cle, ce système prévalut tellement que l'on ne rencontre aucune large ouverture qui n'ait été faite suivant ce procédé. Ce mouvement dans les lignes qui constituent les arcs et que l'on observe souvent dans l'architecture mauresque , se reproduit nonseulement dans les portes, les fenêtres, les arcades simulées, mais encore dans tous les ornements où la forme elliptique de l'ogive est employée, comme dans des lobes, des trèfles, des quatrefeuilles, des quintefeuilles et des rosaces.

L'arcade des portes est tantôt une large ogive décorée de moulures prismatiques, et surmontée d'une sorte de pinacle formé par deux courbes concaves en dehors, et a leur sommet s'épanouissant en feuillages frisés, comme on en voit un exemple remarquable au portail latéral de la cathédrale de Senlis. Souvent aussi la ligne supérieure que décrivent les arcades, les portes, les baies des clochers, est une courbe surbaissée en anse de panier, et terminée par un pinacle flamboyant. Souvent l'ogive de la porte est encadrée dans un immense fronton, dont la surface entière est ornée de panneaux ou découpée à jour, et en saillie sur les murs de la façade, ainsi qu'on le voit au portail de la cathédrale de Rouen.

A cette époque encore , les arcades , qu'elles soient en ogive ou en anse de panier, ou en accolade, ont leur voussoir décoré de festons ou de contre-arcatures prismatiques découpées à jour qui rappellent les arcades trilobées des xne et xme siècles; mais cette ornementation, qui a commencé à paraître au xive siècle, acquiert son plus grand développement, surtout dans les édifices du commencement du xvi' siècle.

L'archivolte des arcades se compose de moulures prismatiques , séparées par des gorges ornées de feuillages capricieux. La partie extérieure de l'arcade montre, étagées les unes au-dessus des autres, des feuilles de chardon, de chou frisé, formant des crochets en dehors. Le sommet de l'ogive ou du pignon est alors couronné par un bouquet épanoui, mais porté sur un pédicule quelquefois composé de moulures. Voy. Finial.

Ces formes d'arcades à nervures variées, à bouquets frisés, sont simulées en grand nombre sur la face des murailles, sur les pinacles simulés qui sont en application sur les murs extérieurs ou intérieurs des édifices, à droite et à gauche des portes, et posés en amortissement sur les contreforts. Ce sont des pyramides dont les angles présentent des feuillages épanouis. Les dais eux-mêmes, qui forment la partie supérieure4 des niches, sont couronnés aussi de pinacles très-compliqués, découpés à jour parun grand nombre de dentelures, et ornés de ttiutes sortes de feuillages.

Les meneaux contournés des fenêtres sont éminemment caractéristiques. Nous en avons parlé précédemment. Voy. Fenêtre.

Les compartiments nombreux et compliqués des roses subissent la même modification que les meneaux des fenêtres t ils

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