‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 32 sur 276 · FON · texte numérisé non relu

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ogives, et on en trouve des exemples dans la' plupart des monuments gothiques. L'usage en a persévéré jusqu'à l'époque de la Renaissance. Les foliations ont été surtout usitées dans les compartiments qui terminent les fenôtres d'une certaine dimension, les niches, les panneaux , etc. Yoy. Quatrefeulles,

QtlIfITEFEUILLES.

FONDATEUR. — C'est celui qui a fondé ou établi une église, un monastère, un édifice quelconque. On voit assez fréquemment la ligure du fondateur au portail de 1 église (} l'il a fondée : elle se distingue par un petit édifice ou édicule qu'elle porte dans la main ou sur le bras.

Dans certains monuments, on voit les armoiries iics fondateurs aux voûtes et sur les murailles. Cela n'est fias rare dans des chapelles seigneuriales. On peut ajouter que la présence des armoiries dans une église est un signe non équivoque des libéralités du personnage auquel elles appartenaient.

FONDATION. — On appelle fondations d'un édifice les ouvrages ordinairement souterrains qui lui servent de base et sur lesquels reposera la construction entière. On doit attribuer , au moins en grande partie, au soin avec lequel les constructeurs des monuments du moyen âge jetaient les fondations de leurs immenses bAtiments, leur inaltérable solidité et l'état de conservation dans lequel ils sont parvenus jusqu'à nous.

FONTAINE. — Quelques auteurs semblent avoir confondu la fontaine où l'on trouvait de l'eau pour se laver les mains et le visage, à l'entrée des basiliques chrétiennes, avec la fontaine du baptistère, où était l'eau destinée à l'administration du baptême. Celte erreur tombe aisément devant les textes de plusieurs anciens écrivains ecclésiastiques , entre autres de saint Paulin, évoque de Noie. Celui-ci, en etfet, est tellement précis , comme le remarque avec raison le savant P. Lebrun, dans ses Notes sur la xuT épitre , qu'il est impossible d'admettre l'opinion de Joseph Visconti, dans son livre i" de Antiquis baptistni Rilibus, chap. 6. Baronius, au tom. lYr de ses Annales, a bien fait ressortir la distinction entre les fonts baptismaux et les fontaines dont il est ici question.

Chez les anciens chrétiens, c'était un usage ordinaire de placer à la porte des églises des fontaines d'eau jaillissante, pour que les fidèles pussent se laver les mains et le visage avant d'entrer dans l'enceinte sacrée. Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique, s'exprime à ce sujet de la manière suivante : Fontes ex adversa fronte t empli profluenles aqua redundantes positi , quibus omnes , qui in sacros templi ambitus introcunt , sordes corporum abluant : qui fontes sacrosancla baptismatis lavacra reprœsentanl. (lib. x , cap. &■). C'est ainsi que le pape Léon fit établir une fontaine devant la basilique d'Ostie, et qu'il plaça audessus l'inscription suivante, publiée pour la première fois par le P. Sirmond:

Lînda lavai carnis maculas, sed crîtnina purqat Puriftcatque animas mundior amne (ides.

FON HS

Quisque suis meritis veneranda sacraria Pauli Ingrederis, supplex ablue fonte mamis.

Perdiderat laticum longœva incuria cursus, Quos libi mine pleno cantliarus ore vomit :

Provida pastoris per totum cura Leonis llœc ovibus Clirisli larga fluenta dédit.

La coutume de se laveries mains, avant d'entrer dans les lieux consacrés par le culte chrétien, était un symbole de la pureté de conscience que chacun devait apporter , en pénétrant jusqu'au sanctuaire, pour offrir ses prières à Dieu. Aussi Tertullien (lib. deOratione, cap. 2) reproche-t-il avec force à certains chrétiens de se purifier les mains et de prier avec une conscience impure. Quœ ratio est, dit-il, manibus quidem ablulis, sed spiritu sordidato orare?

Les païens avaient aussi la coutume de placer des fontaines devant leurs temples. Isidore , lib. xv , cap. h , s'exprime ainsi : Delubra veteres dicebant templa fontes habentia , quibus ante ingressum diluebantur , et appellari delubra a diluendo. On peut voir de nombreux exemples de celte habitude dans les écrits de presque tous les poètes païens.

Aux fontaines a succédé le bénitier dans nos églises et cela dès les temps les plus anciens, surtout dans les pays du Nord. Il y avait un bénitier à Constantinople , portant une inscription curieuse donnée par Gruter, pag. 10i6 , n°9: niton ànomhmatà mh MON AN OTIN. Lava peccala , non solum faciem. « Lavez vos péchés , et non pas votre visage seulement. » Cette inscription est d'autant plus curieuse* qu'elle est la même que l'on commence à la lire d'un côté ou de l'autre. Yoy. Bénitier.

Nous terminerons ces notions par un passage fort intéressant extrait des discours de saint Jean Chrysostome: Quemadmodum enim solemne est , ut fontes prœsto sint in atriis templorum, ut quipreces fusuri sunt ad Deum, manus prius lolas inter precandum attollant; ita pauperes fontium vice ante fores collocaverunt majores nostri, ut non aliter oc manus abluimus aqua , prius per beneficcntiam abstersa anima, tum demum preces nostras ofj'eramus. ( Sermo 25 , de Verbis Apostoii : Habentes autem eumdem spiritum.)

FONTS. — Les fonts baptismaux sont des vaisseaux ou bassins, communément de marbre ou de pierre, quelquefois de plomb ou d'autre métal, destinés à contenir l'eau dont les ministres de l'Eglise se servent pour baptiser. Nous en avons longuement parlé à l'article Baptistère {Voij. ce mot).

M. de Caumont distingue, dans la forme des fonts baptismaux : 1° les cuves cylindriques : cette forme n'est pas très-commune; 2° les cuves diminuées, ou en cône tronqué et renversé; 3" les cuves cylindriques à colonnes cantonnées ; k" les cures diminuées à colonnes cantonnées; 5J \cscuves en forme de baignoire; C° les fonts pédicules simples ou monopédiculés; 7° les fonts pédicules composés; 8° les fonts à réservoirs rectangulaires ; 9" les fonts à cariatides.

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