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ris, ce gracieux édifice légué par le xih* siècle connue un défi à notre impuissance et comme un modèle à notre admiration , peut nous donner une idée de ce que fit l'art de la décoration sous l'influence du principe chrétien. Les murailles en sont entièrement couvertes de dessins, d'arabesques , de broderies, de perles, de diamants, de ligures où la fantaisie la plus brillante et la plus rêveuse joue dans mille et mille caprices plus charmants les uns que les autres. Les nervures de la voûte sont dorées, les moulures sont dorées , les chapiteaux des colonnettes sont dorés, et cette profusion de dorure sert d'encadrement à mille ingénieux motifs où le pinceau , conduit par la main d'un génie llexible et poétique , a fondu dans les tons ïes plus harmonieux les couleurs les plus variées. Aux voûtes, au milieu de l'azur transparent du ciel, de ce bleu velouté si doux à l'œil, ou voit briller les étoiles ; oui, ce sont vraiment des étoiles ; l'artiste a incrusté dans la muraille des cristaux de Venise taillés a facettes, où la lumière vient se décomposer, et arrive au regard avec les nuances de l'iris et la scintillation des astres. On a dit que saint Louis, ébloui par les beautés féeriques de l'Orient, avait voulu transplanter en France une des merveilles de l'Asie. C'est une erreur : l'Orient a ses merveilles et ses féeries, mais la Sainte-Chapelle fut une œuvre unique au monde
Dans la plupart de nos églises, et jusque dans les plus modestes villages, la peinture murale avait semé quelques œuvres plus ou moins parfaites, et pourtant toutes empreintes de ce charme naïf qui séduit et captive. A une époque, de déplorable mémoire, qui se glorifie cependant du titre de Renaissance, à ui.e autre époque aussi plus rapprochée de nous, où l'on se piquait de bon goût, où l'on ralîiuait sur mille objets d'art, on ensevelit ces peintures sous uue épaisse couche de badigeon. L'amour du blanc, la passion de l'uniformité, firent couvrir d'une triple couche de chaux les peintures et les dorures les plus précieuses. Etrange renversement d'idées 1 On semblait confondre la propreté avec la blancheur, l'harmonie avec la nudité, comme si un manteau de pourpre n'était pas aussi propre qu'une robe de lin , comme si une muraille couverte d'or et de couleur n'était pas au^si propre qu'un mur fraîchement replâtré ! Et puis, un amour plus coupable encore de la nouveauté portait à dédaigner les vieilleries du passé, la gothicité des âges d'ignorance! Quoi qu'il en suit, et par le fatal concours de circonstances malheureuses, ces antiques peintures paraissaient condamnées à un éternel oubli. Mais, par une sorte de miracle, des églises perdues, pour ainsi dire, au milieu des campagnes, dans des contrées inaccessibles aux progrès de la civilisation, mais fidèles aux belles traditions, conservèrent leurs riches et curieuses décorations murales h peu près intactes. Saint-Savin, au diocèse de Poitiers, la chapelle du Liget, près de Loches, une chapelle à Montoire, offrent des
fresques bien connues actuellement des archéologues et des amateurs.
La grande peinture, la peinture vraiment historique et monumentale, c'est la fresque. Placez un artiste en face (l'une large muraille, dans un édifice public consacré au culte ou à une noble destination ; donnezlui un vaste champ, tracez-lui un beau programme, et, s'il a du talent, il composera une ceuvre de caractère ; son génie prendra son essor, et nous aurons un magnifique tableau, peut-être un chef-d'œuvre. Placez ce môme artiste en face d'une toile de quelques centimètres carrés, de quelques mètres, si vous voulez; comment son imagination s'échauffera-t-elle, qui remuera son cœur et stimulera l'activité de l'âme qui crée et anime ? La peinture sur toile, le tableau de chevalet est une dégénérescence de l'art ; elle est h la grande peinture historique ce que la miniature est à la peinture ordinaire. Vous en obtiendrez des œuvres plus ou moins gracieuses, plus ou moins fraîches, plus ou moins séduisantes ; mais vous n'aurez jamais de ces compositions propres à produire de vives impressions, qui agitent l'homme tout entier, qui arrachent un cri d'admiration involontaire au cœur le plus froid. Qu'on me permette une comparaison : le meilleur tableau de chevalet ressemble à une pièce de poésie légère, idylle, ég.loguc, méditation orientale, ou feuille d'automne , tandis'qu'unepeinturc murale, qui se déploie sur les parois d'un monument, ressemble à un drame ou à une épopée. Pour réussir dans le premier genre, il faut de l'esprit , et l'esprit suffit; pour réussir dans le second, il faut un talent supérieur, il faut du génie.
A Saint-Julien, on voit aussi des vestiges de peintures murales, surtout dans la région absidalc de l'église. Ces restes, quelque faibles qu'ils soient, sont dignes de fixerl'attention des antiquaires et des artistes.
A Crotelles, canton de Châteaurenault, dans une église dont le chevet est du xm° siècle, on remarque des restes considérables d'une fresque de la même époque.
Malheureusement la partie centrale du tableau a complètement disparu. Autant qu'on en peut juger par les personnages conservés, on y avait représenté les noces de Cana. Cette composition, d'un caractère rude et austère, offre de nombreux traits de ressemblance avec les vitraux peints du xur siècle. Môme manière de dessiner la figure, de poser les draperies , de grouper les personnages. Toutes les tôtes ont été très-exactement copiées récemment par M. Lobin, artiste archéologue , qui comprend aussi bien l'archéologie qu'il pratique l'art. Ces curieux dessins seront quelque jour publiés dans leur ensemble et dans des dimensions convenables. Nous ne saurions trop louer ce projet : l'art et l'archéolo«;ie y trouveront profit.
A Chinon, dans l'ancienne collégiale de Saint-Mesme, on voit de très-curieuses fresques du *u' siècle sur des voûtes eu berceau.
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Elles offrent une frappante anaiogie avec les fresquei de Saint-Savin, que le gouvernement rient de faire référer et |)iil)lici par les procédés de la chromolithographie. Los fresques de Saint-Mesme de Chinon douvent être comptées au nombre des plus curieuses peintures de cette période reculée, et nous pouvons assurer que certains tableaux de Giotto, si estimés par les Italiens , ne sont pas supérieurs aux. peintures de Ghinon. Ces dernières sont byzantines : on y distingue des grecques formant bordure.
Dans une salle du xve siècle, avoisinant l'ancien clocher, toujours à Saint-Mesme de Chinon, deux grands tableaux à fresque couvrent deux faces de murailles ; le reste de la salle est décoré de peintures d'ornement. Ces tableaux sont du xvc siècle et du plus beau style, autant qu'on en peut juger pr.r certaines parties apparentes, le reste étant englué de badigeon. Les personnages y sont fort nombreux, les nimbes sont dorés et les draperies paraissent larges et flottantes.
FRETTE ou Frète. — Le mot frette ou frète est un mot anglais que l'usage a fait passer dans notre langue, et qui désigne un cordon ou .demi-baguette régnant sur une moulure plate, et décrivant par des aigles tantôt droits , tantôt aigus , des espèces de créneaux contrariés, de formes diverses.
La frette crénelée rectangulaire, formée d'un tore qui, placé entre deux autres, court d'abord horizontalement en côtoyant le tore inférieur, se relève ensuite verticalement jusqu'à ce qu'il atteigne le tore supérieur; recommence alors à courir horizontalement en le côtoyant aussi , puis redescend verticalement, et continue toujours sa course de la môme manière , formant ainsi une suite de carrés alternativement ouverts en haut et en bas. Cette moulure est fort commune dans le nord de la France et en Angleterre ; on l'appelle frette crénelée, parce qu'on lui a trouvé de la ressemblance avec des créneaux. Elle figure souvent dans les archivoltes ; mais alors elle n'est pas partout rigoureusement rectangulaire.
La frette triangulaire est rare ; elle forme des triangles au lieu de carrés, comme son nom l'indique.
La frette triangulaire diminuée est celle qui forme des trapèzes.
La frette ondulée ou nébulée est une frette crénelée dont les mouvements sont arrondis.
La frette rectangulaire, plus ou moins compliquée, a été empruntée à l'art grec par le style romano-byzantin. C'est pour cela qu'on l'appelle quelquefois une grecque. Les Instructions du Comité historique des arts et monumentsappellentlesfreltes des méandres.
FRETTE. — Membre d'architecture orné de cette moulure qu'on appelle frette.
FRISE. — I. La frise, dans les monuments d'architecture antique, est la partie de l'entablement comprise entre l'architrave et la corniche. Sa hauteur varie suivant les différents ordres; elle peut être appréciée, en général, au tiers de la hauteur de l'entablement. L'ordre toscan n'avait pas de
frise dans les monuments .es pois ancien.-. . parce que les poutres posées sur l'archi trave, et qui dans les autres ordres ne la dépassent point, avaient tant de saillie dan cet ordre, qu'elles formaient la corniche. Dans l'ordre dorique, la frise est ornée de triglyphes; dans les autres ordres, la frise est ornée de ligures, de guirlande, de feuilles et de fruits, de combats d'animaux., de ligures humaines, d'armes, d'instruments de sacrifices, etc. Un grand nombre d'ouvrages sur l'architecture et les arts dus anciens, donnent une description détaillée des divers ornements qui décoraient les frises des monuments les plus remarquables.
Dans les monuments du moyen âge, surtout durant la période romano-byzanline, la frise proprement dite, ainsi que l'architrave, sont à peu près inconnus. 11 arrive cependant quelquefois que l'architrave ou la frise soient figurés par des pierres de diverses couleurs disposées en forme de mosaïques. C'est ce qu'on remarque dans plusieurs édifices romano-byzantinsde l'Auvergne et des provinces, où les laves et les scories des volcans fournissent à l'architecte des matériaux colorés, faciles à employer, et généralement fort solides et durables.
Dans les monuments du style ogival, la frise parait être remplacée, dans une espèce d'entablement très-simple, d'abord par une moulure considérable, ordinairement concave, couronnant un bandeau, placé immédiatement au-dessous de la moulure supérieure, qui fait à la fois office de cymaise et de larmier. Cette espèce de frise est ornée, aux xue et xiue siècles, de feuilles posées verticalement et appelées feuilles entablécs, et plus tard, de rinceaux et de feuilles en guirlandes, comme aux xve et xvie siècles. La frise proprement dite ne reparaît dans nos monuments qu'à partir de l'époque de la Renaissance.
FRONT. — C'est la partie antérieure d'un édifice. Cette expression est empruntée à l'architecture militaire, où elle est employée à désigner la partie antérieure des fortifications, llanquée de bastions, et mise en opposition avec les flancs et la partie postérieure, qui reçoivent également des tours et tourelles.
FRONTAL. — Le frontal n'est autre chose que le devant d'autel. Voy. Autel et Devant d'autel.
FRONTISPICE. — Ce mot est synonyme de façade. Voy. Façade.
FRONTON. — I. Dans l'architecture classique, le fronton est formé originairement par les deux côtés du toit, s'élevant insensi blement pour se joindre sous un angle ob • lus dans le faite, el faisant un triangle. Le fronton était un des principaux ornements des temples; on le regardait comme essentiel pour donner à ces édifices de la dignité; etun extérieur solennel. Les inaisonsdes particuliers n'étaient pas ornées de frontons, et l'histoire nous apprendqu'une des premières exceptions fut faite en faveur de César.
Le champ triangulaire du fronton s'ap-