‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 36 sur 276 · FUN · texte numérisé non relu

FUN

pelle le tympan. Les anciens y plaçaient des sculptures historiques ou allégoriques, travaillées avec le plus grand soin. Us mettaient aussi quelquefois des statues au sommet du fronton ou à ses deux extrémités, sur des acrolères établis à cette intention.

L'art chrétien, dès les premiers temps, a modifié le fronton, comme les autres membres de l'architecture antique. Dans la basilique chrétienne et dans les premières églises romano-byzantines, on a substitué le pignon plus ou moins déprimé au fronton primitif, et on l'a orné de formes variées d'appareils et de quelques sculptures fort simples. Rarement ces pignons sont-ils ornés de corniches et portent-ils sur un entablement. Assez souvent le tympan est percé d'une fenêtre circulaire ou oculus, comme à Notre-Dame des Doms, à Avignon, à Notre-Dame de Poitiers et ailleurs. On peut découvrir dans V oculus le premier germe des rosaces et des roses à meneaux qui décorent habituellement la façade des grands édifices durant la période ogivale. Il faut noter que Yoculus est quelquefois simplement simulé, et remplacé par une ellipse au milieu de laquelle est la ligure de Notie-Seigneur, accompagné des ligures symboliques des quatre évangélistes.

L'architecture ogivale conserve le pignon rornano- byzantin, l'exhausse et le décore avec une grande somptuosité; ce qui n'empêche pas ce même style architectural de placer au-dessus de la voussure des principaux portails des frontons gothiques trèsaigus et de formes variées et originales. Au xmc siècle, ces frontons sont circonscrits par des moulures assemblées faisant corniche, et sont décorés au centre d'une rosace, d'un trèfle, ou d'un quatrefeuilles : ces trèfles, ou quatrefeuilles, ou rosaces, sont seulement élégis dans la pierre et non pas à jour. Au milieu on a parfois mis une sculpture plus ou moins importante. Ainsi le fronton de la porte septentrionale ou portail de Saint-Maurice, à la cathédrale de Tours, est orné au m dieu d'un grand trèfle où l'on voit, dans des nuages, le buste de Notre- Seigneur, tenant dans ses mains deux épées tranchantes, suivant l'Apocalypse : de chaque côté sont les aigles de saint Maurice ou de la légion thébéenne, également dans des trèfles.

A la fin du même xmc siècle, le tympan est orné de niches et de statues ; mais la modification la [dus saillante qu'on fit subir au fronton, ce fut d'en charger les rampants de feuilles grimpantes plus ou moins riches, plus ou moins épanouies. Ce ne furent d'abord que des crochets, c'eit-à-diredes feuilles resserrées et comme enveloppées sous les téguments du bouton , mais bientôt elles s'ouvrent et se déploient. Au xve siècle ces feuilles s'étalent avec une certaine prétention, et au xvr siècle on les place quelquefois alternativement avec des figures d'animaux et même des figures d'hommes.

A la fin du xvc siècle et au commencement du wi% le fionton prend parfois des for-

mes très - compliquées et Irès-singuiières. On sent que l'art ogival est dans une période de décroissance, et qu'il va bientôt tomber et disparaître.

Le fronton ogival ne fut pas placé uniquement.au-dessus des portails : il fut considéré; comme un motif de décoration, et placé tantôt au-dessus d'une fenêtre, tantôt sur les quatre faces d'un contrefort. Dès le xin" siècle, il entre dans la composition des dais et des pinacles élevés au-dessus de la tète des statues de sain! s.

L'architecture moderne, qui n'est qu'une imitation et une dérivation de l'architecture classique ancienne, a regardé les frontons comme un motif d'ornement. On les a placés souvent au-dessus des portes et des fenêtres. On appelle fronton à jour ceiui dont le tympan est évidé pour donner de la lumière à quelque pièce d'habitation située par derrière ; fronton brisé, celui dont les corniches rampantes ne se joignent, point, mais sont retournées par redents ou ressauts ; fronton double, celui qui en couvre un plus pe.it dans son tympan ; fronton par enroulement, celui dont les deux corniches rampantes ne se joignent point et sont contournées par enroulement, formant des espèces de consoles couchées.

FRUITS. — Les fruits, en général, peuvent être considérés comme les emblèmes de la bonté de Dieu, et on peut ainsi les introduire avec raison et convenance dans la décoration ecclésiastique. On met parfois des grappes de raisin et des épis de blé dans les ornements d'église, comme des symboles des oblations eucharistiques. Une certaine quantité de grappes de raisin suspendues h une même branche ou à un même cep de vigne, est un emblème d'unité. Les grenades, suivant les héraldistes, sont l'emblème de la royauté, parce que leur sommet est entouré de parties saillantes qui ressemblent à une couronne. Ces fruits furent employés symboliquement dans la décoration du temple de Salomon, et, suivant saint Grégoire le Grand, ils signifient l'unité de l'Eglise. On connaît quelques exemples de leur introduction dans la décoration des monuments de style ogival, en Angleterre. Ce fait est probablement une allusion à la reine Catherine, fille de Ferdinand II, qui prit les fruits du grenadier comme emblème de la conquête qu'il avait faite du royaume de Grenade.

FRUSTE. — Ce mot signifie proprement, suivant l'élymologie du mol latin frustum, un fragment, une ruine. Les antiquaires s'en servent pour qualifier l'état d'une sculpture qui est usée et dégradée par la vétusté. Cette expression est fort usitée chez les numismates, pour indiquer une médaille dont la ûgure est usée et a presque disparu.

FUNÈBRE. — On appelle ceintures funèbres ou litres, des bandes de velours ou de peinture, c-hargées des armes du mort, ou du patron, qu'on met autour des chapelles ou des églises, en dedans et en dehors. La

Page 1