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on, d'une mère perverse, il rassembla, comme
nous l'avons dit, la nation des Alemans, se répandit dans toutes les Gaules et détruisit jusqu'aux fondements tous les édifices anciens. Etant venu à Clermont, il brûla, ruina, renversa le temple que les Gaulois, dans leur langue, appelaient Yasso, monument d'un travail et d'une solidité admirables. Ses murailles étaient doubles : elles étaient construites intérieurement avec de petites pierres et avec de grandes pierres carrées à l'extérieur ; leur épaisseur était de ;}() pieds, le marbre mêlé à la mosaïque recouvrait les parois intérieures; !e pavé môme était de marbre, et la couverture en plomb. »
Quelques savants disent que les anciens Gaulois désignaient, par le nom de Yasso, le dieu Mars; d'autres ont conjecturé que ce temple était consacré a Mercure, d'après un passage de Pline l'Ancien, liv. ni, ch. 7, qui rapporte que, de son temps, Zénodore construisit en Auvergne un grand temple en l'honneur de ce Dieu. (M. Guizot.) Quoi qu'il en soit de cette opinion, d'après le même saint Grégoire, nous savons qu'un grand nombre de temples dédiés à des divinités païennes avaient été érigés dans les villes principales des Gaules.
Jusqu'au iv» siècle, l'art romain fut tresfforissant dans les Gaules. Depuis Constantin jusqu'à la défaite de Syagrius , nous voyons les empereurs continuer à venir visiter notre pays pour le défendre contre les invasions incessantes des barbares, Germains, Saxons, Burgondes, Hérules, qui fondent sur nos provinces avec un acharnement infatigable. Aucune défaite ne peut les dompter. Julien cependant parvint à les soumettre. C'est après ses victoires qu'il séjourna à Lutèce , aujourd'hui Paris , où il s'était bâti un vaste palais dont nous voyons encore les thermes en ruines. On y a établi récemment un musée d'objets gallo-romains, découverts à Paris ou dans les environs. C'est une idée excellente, et l'on ne pouvait choisir un emplacement plus convenable à la conservation d'une collection d'antiquités gallo-romaines, que les restes imposants d'un palais bâti à l'époque gallo-romaine.
Il n'y a pas, peut-être, un seul département en France, que dis-je? un seul canton, qui n'offre quelques vestiges de constructions gallo-romaines. Dans quelle localité, en effet, n'a-t-on pas trouvé des ruines de murailles, de voies antiques, de débris de [loteries, des indications de campement, etc.? Combien de villes importantes présentent, à la curiosité des voyageurs et des archéologues des arcs de triomphe, des théâtres, des aqueducs et des thermes?
Arrêtons- nous aux caractères généraux des constructions , caractères qui se sont trouvés exprimés dans les premiers temples consacrés au vrai Dieu, dans nos provinces, et souvent sur l'emplacement actuel de nos magnifiques cathédrales.
Le moitier employé à l'époque gallo-romaine se composait de chaux vive mêlée de sable, auquel on ajoutait des fragments de
tuiles pulvérisées (testœ tusœ); c'est là ce qui distingue les ciments antiques de ceux qui ont été employés postérieurement. M. Vicat a fait sur ces ciments de nombreuses expé riences, qui toutes ont prouvé que la supériorité de ces mortiers consistait dans les proportions suivant lesquelles on mêlait de la chaux plus ou moins grasse avec un sable plus ou moins argilleux. ( Champollion, Archeol., loin. I, pag. 33'.) Leurs enduits élaient préparés avec le même soin. Ainsi le tectôrium opus, dont on couvrait les plafonds et les murs intérieurs des appartements, étonne aujourd'hui par sa parfaite conservation. 11 était fait aussi avec de la chaux et du sable; si l'on mettait un peu de marbre pulvérisé, l'enduit était appelé martnoratum. h' opus album, albarium ou coro~ narium, était ce que nous appelons présentement du stuc. Le lectorium opus s'employait de la manière suivante. On étendait successivement sur la muraille trois couches de mortier fait avec du marbre. Cet enduit, d'un pouce d'épaisseur, acquérait une grande solidité, ne s'écaillait en aucune façon, et présentait une surface polie, que l'on recouvrait presque toujours de peintures ou de brillantes couleurs. Les ruines de Pompéi et d'Herculanum ont fourni des débris précieux dans ce genre de travail; on a pu les scier, les détacher des murailles et les emporter pour les placer dans les musées de Napies, de même que les Romains, bien longtemps avant la conquête des Gaules, s'étaient emparés des fresques de la Grèce et en avaient décoré les édifices de Home.
Pour couvrir le fond et les parois des citernes, on composait, suivant Vitruve, un mortier avec cinq parties de sable et deux de chaux. Le genre de construction faite avec ce mortier s'appelait siyinum opus. Il ne nous reste plus qu'à parler du maltlia, Cfui servait à enduire l'intérieur des aqueducs. Il était composé de chaux vive, réduite en poudre, trempée dans du vin et broyée ensuite avec du saindoux et des ligues. Selon Festus, on employait encore de la poix et de la cire. Les parties sur lesquelles on voulait étendre le maltha étaient préalablement frottées d'huile.
Dans l'étude et la description des monuments gallo-romains et de tout édifice, en général, on doit toujours prendre en considération l'espèce d'appareil avec lequel ils sont construits, c'est-à-dire la forme, l'agencement et la disposition des matériaux. Une remarque à faire, c'est que des matériaux bien choisis et bien ajustés indiquent toujours un art très-avancé.
On comprend qu'il est impossible de rien fixer, d'une manière générale, sur la nature des pierres mises en œuvre durant l'époque gallo-romaine. Les Romains se servaient des pierres que les localités leur fournissaient. Quant à la manière suivant laquelle ces matériaux étaient disposés pour faire des murs, c'est-à-dire quant au caractère de leur maçonnerie, on peut donner des règles précises.
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