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GÉMATIUE.. — La gématrie est la science des sombres appliquée au symbolisme et à des sciences occultes, dont l'arithmétique donnait la clef à ceux qui riaient initiés. 11 y avait deux espèces de gématrie. La premier* consistait à prendre la valeur numérique de chaque lettre dans un mot, ou dans une phrase, et h donner à ce mot, ou à celte phrase la signification d'un autre mot ou d'une autre phrase, dont les lettres prises de môme pour des chiffres, font le même nombre. On sait que «liez les Hébreux , comme chez les Crées, il n'y a point d'autres chiffres que les lettres de l'alphabet, qui marquent aussi le nombre.
La seconde espèce de gématrie s'occupe à chercher les significations cachées dans les mesures des édifices, eu divisant, multipliant, etc., ces grandeurs les unes par les autres.
La gématrie, prise dans Fumet l'autre sens, a été traitée de science frivole par des hommes graves et instruits. Elle a été louée outre mesure par d'autres, qui prétendaient y trouver l'explication d'une grande quantité de dispositions architecturales et la plef di's mystères des vieux monuments. La vérité n'est pas, sans doute, dans l'un ou l'autre de ces deux sentiments, qui sont trop absolus. Nous pansons qu'il no faut pas attacher trop d'importance à ceite prétendue science des nombres et à ses applications aux édifices chrétiens du moyeu âge. D'autres ont une opinion contraire, et même parmi des écrivains qui sont loin d'être sans autorité dans la science archéologique. Un de ceux qui ont le plus travaillé sur cette matière ingrate est M. l'abbé Devoucoux, d'Autun. Il est lu premier assurément qui ait traité de celte question avec clarté, méthode et dans une étendue assez considérable. Il a développé ses idées dans l'introduction à l'Histoire d'Autun par le chanoine Thomas, publiée, il y a quelques années, par la Société éduenne d'archéologie. Le travail de M. Devoucoux est fort ingénieux; et si l'auteur n'a pas réussi à nous convaincre de Ja réalité de la science gérnatrique et de celle de ses appréciations archéologiques, il a réussi à nous intéiesser très-vivement. Il a été suivi dans la même voie, mais avec certaines restrictions, par M. l'abbé Crosnier, vicaire général de Nevers. Dans son Iconographie chrétienne, M. l'abbé Crosnier consacre un chapitre entier au symbolisme des nombres. Les explications de M. Crosnier ne sont pas moins intéressantes que celles de son confrère d'Autun. Aussi nous avons cru utile de mettre ici de longs extraits de ce curieux chapitre.
Que tous les peuples de l'antiquité, dit M. L'abbé Crosnier, aient eu pour certains nombres qu'ils regardaient connue sacrés, une vénération toute particulière , qu'ils aient attribué aux combinaisons dos nombres une vertu secrète dont ils ne pouvaient souvent se rendre compte, parce que le temps