‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 47 sur 276 · C.FM · texte numérisé non relu

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crés, des expressions de foi, d'espérance, de repentir et d'amour.

M. l'abbé Devoucoux, dans un travail des plus remarquables sur la cathédrale d'Aulun, fait voir que toutes les dimensions de cette église sont établies d'après ces principes.

Ainsi, le nom de Dieu, EL, est indiqué par la largeur qui se trouve entre les arcs doubleaux de la coupole ; la largeur totale de l'église exprime celui (TAdonaï, et la largeur de la grande nef, celui de Jéhova. Le savant archéologue autunois a l'ait les mêmes observations dans un grand nombre d'autres églises.

En visitant les principales églises du midi de la France, dit encore M. Crosnier, nous avons trouvé aussi des inscriptions mystérieuses dans leurs dimensions. L'église de Saint-Sernin, dont la

longueur est de 321 pieds, et la largeur de 169 pieds.

nous a rappelé le nombre des sacrifices, les 70 semaines d'années do Daniel , les 490 ans après lesquels le Christ devait être mis à mort.

12. Douze, nombre apostolique. Jésus- Christ voulant retracer l'image de Dieu dans le cœur des hommes, choisit 12 apôtres pour remplir cette mission : Allez, leur a-t-il dit, enseignez toutes les nations, et baptisezles au nom (lu Père, du Fils et du Saint-Esprit. 12 produit de 3, nombre du Créateur, indique le règne de Dieu sur la terre. 11 est impossible de ne pas reconnaître les 12 apôtres, dans les 12 colonnes, les 12 fondements, les 12 portes dont il est parlé dans l'Apocalypse. Saint Cyprien, commentant ce passage, dit : « J'ai vu la nouvelle Jérusalem descendant da ciel; la ville est carrée et indique les quatre Evangiles ; elle a 12 fondements, -c'est-à-dire les prophètes, et 12 colonnes qui sont les apôtres. » (S. Cypr. de Montions Sion et Sina.)

ik. Saint Grégoire appelle quatorze le nombre de la perfection : la loi ancie/ine 10, unie à la loi nouvelle 4. 11 ajoute : si l'on multiplie 14 par 10, on arrive au comble de la perfection 140, qui est la vie de l'Eglise.

300. Trois cents est le nombre de la rédemption ; c'est la valeur numérique de la lettre T, figure de la croix. Ce nombre est le résultat de 50, nombre de la résurrection et de la béatitude, multiplié par G, nombre de la perfection. C'est encore le nombre de la plénitude de la loi, 100, multiplié par 3, nombre divin.

Ce nombre 300, étant contenu dans la lettre T, figure de la croix, dit saint Grégoire, rappelle les 300 hommes cjui suivirent Géïiépn et qui représentaient ceux: dont il est dit dans l'Evangile : Si quelqu'un veut venir aprîs moi, quil se renonce lui-même et quil porte sa croix. Ce caractère T, qui marquait les soldats de Gédôon, signifiait que c'est avec la croix de Jésus-Christ que nous pouvons briser les armes des ennemis

de Dieu. (S. Grog. Moral, lib. xxx, cap. 17,) Saint Augustin ajoute à ces explications : Ce n'est pas sur le nombre des combattants que nous devons compter pour vaincre nos ennemis, mais sur la croix de Jésus-Christ (S. Aug., serm.38). Le Seigneur, dans Kzéchiel, ordonne d'imprimer le T sur le front de ceux qui gémissent et qui sont dans la douleur, et il veut qu'ils soient ainsi à l'abri de la mort qui doit frapper tous les autres (Ezech. ix, vers. 4 et G). Ne semble-t-il pas indiquer par là que la croix, après avoir été notre consolation et notre espérance, doit être pour nous un gage de salut et de bonheur.

888. Ce chilfre présente la valeur numérique des lettres qui entrent dans le nom du Sauveur :

GÉMINÉ. — Le mot géminé signifie double, et s'emploie assez fréquemment dans la description des monuments. Ainsi l'on dit des baies, des fenêtres, des arcades géminées. C'est au xue siècle principalement que l'on voit apparaître les fenêtres géminées, c'est-à-dire formées de deux ouvertures égales, placées à côté l'une de l'autre. On appelle colonnes géminées deux colonnes voisines l'une de l'autre et ayant un chapiteau commun, ou bien ayant chacune un chapiteau avec un tailloir commun.

GÉOGRAPHIE des styles d'architecture

AU MOYEN AGE. Voy. SYNCHRONISME.

GÉOMÉTRAL ou Géométrique. — On appelle quelquefois moulures géométrales et ornements géométriques les moulures et les ornements qui peuvent se dessiner à la règle et au compas.

GIROUETTE. — Les girouettes étaient autrefois des marques de noblesse sur les maisons ; quand elles avaient des armoiries peintes ou évidées à jour, on les appelait panonceaux. Ces girouettes étaient en pointe comme les pennons, pour les simples chevaliers, et carrées comme les bannières, poui les chevaliers bannerets. [Mémoire sur l ancienne chevalerie, par La Curne de Sainte- Palaye, Paris, 1826, tom. I, pag. 2G.)

Suivant Renauldont, il y a deux sortes de girouettes, de simples et de carrées. Les nobles et les propriétaires d'un fief peuvent mettre de simples girouettes à leurs maisons, à leurs colombiers ; mais il croit que le tenancier en roture n'a point cette faculté, parce que c'est une marque de la noblesse de la personne ou de l'héritage.

A l'égard des girouettes carrées , comme elles sont des marques seigneuriales , le seigneur peut empêcher le vassal et le tenancier d'en faire mettre , comme il a été

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jugé par arrêt du parlement de Bordeaux, rapporté par Lapeyrêre. (Dictiomn, des fiefs et des droits seigneuriaux, etc., par Renauldont, 17V5, 1 vol. in-V°, au mot Girouette.)

Nous citerons, pour expliquer ce qui précède, le portail d'entrée de l'ancienne Chartreuse du Val-Dieu, prés de Mortagne (département de l'Orne), portail construit au xvm* siècle. On y voit deux girouettes carrées, portant les armoiries découpées des Ilolrou, ses premiers fondateurs. Ces armoiries et le couronnement sont découpés dans le fer. (Antiquités et chroniques percheronnes, par l'abbé Fret, in -8% tom. 111,

pag. VO-2.,!

Il doit rester aujourd bui fort peu de ces girouettes qui aient conservé leur caractère primitif du moyen Age. C'est à peine si l'on pourrait en signaler quelques exemples dans chacune des grandes provinces de l'ancienne France.

« Sur les tours des châteaux méridionaux, dit Marchangy (Gaule poétique, tom. 111, pag. 99 et 100), on voyait des coqs en forme de girouettes. Ce simulacre de la vigilance, qu'on place encore de nos jours sur les llèches des clochers villageois, a, parmi nous, l'origine la plus ancienne.

« Le coq était le symbole de quelques tribus gauloises et des Visigoths établis dans notre Occitanie.

« Le droit de placer des girouettes sur un cbAteau, continue le même auteur, n'appartint, dans l'origine , qu'à ceux qui les premiers étaient montés à l'assaut, et qui avaient arboré leur bannière sur le rempart ennemi. Aussi donnait -on à ces girouettes la figure d'un drapeau, et l'on y peignait les armoiries du maître du lieu. )>

Dans son Rat tonale divinoram officiorum, Guillaume Durand nous explique d'une manière très-curieuse le symbolisme de la girouette et du coq qui surmontent le clocher des églises. « Le coq, dit-il, qui est placé au sommet de l'église, est l'emblème des prédicateurs; car le coq, toujours vigilant, même au milieu de la nuit, annonce les heures, réveille ceux qui sont endormis, prédit l'approche du jour, s'excite d'abord lui-même à chanter en battant des ailes. 11 y a un sens mystérieux dans toutes ces particularités. La nuit, c'est ce monde; ceux qui donnent sont les enfants de ce monde qui s'assoupissent dans leurs pécbés. Le coq , c'est le prédicateur qui prêche avec hardiesse et excite les endormis à se défaire des œuvres des ténèbres en s'écriant : Malheur à ceux qui dorment ! Réveillezvous, vous qui dormez! (Cantique des cantiques, iv, k.) Ils annoncent encore l'approche du jour lorsqu'ils parlent du jour du jugement et de la gloiro qui sera révélée.

« Semblables à des messagers prudents, ils commencent par s'arracher eux-mêmes au sommeil du péché par la mortification de leur corps, avant d'avertir et de réveiller les autres. Aussi I l'Apôtre dit : Je châtie mon corps et je le réduis en servitude (I Cor.

ix, 27.) De même que la girouette fait face

au vent, ces prédicateurs vont courageusement à la rencontre des Ames rebelles, armés de menaces et d'arguments, de peur qu'on ne leur reproche d'avoir abandonne les brebis et de s'être enfuis lorsque le loup arrive (Joan. x, 12).

GLAND. — Beaucoup d'ornements de forme ovoïde ont pris leur origine de l'imitation plus ou moins complète du fruit du chêne, c'est-à-dire du gland. C'est au point que l'on nomme glands des houppes et d'autres objets qui ont subi des modifications telles qu'ils ne ressemblent plus au glan ! du chêne. Dans l'ornementation du moyen Age, on voit fréquemment des branches de chêne chargées de glands.

GLOIRE. — Dans son grand travail sur Y Iconographie chrétienne, M. Didron a établi avec beaucoup de justesse la dilférence qui existe entre le nimbe, Y auréole et la gloire. La distinction qu'il a faite entre ces divers signes de la sainteté et du triomphe dans le ciel, a été généralement admise par les antiquaires , par ceux surtout qui s'occupent de l'iconographie et du symbolisme. Nous allons donner ici l'analyse de son article sur la gloire.

Par gloire, il faut entendre la réunion du nimbe et de l'auréole. Dans le langage populaire, le mot gloire sert à désigner ces grands soleils qu'on étale à l'orient des églises, c'est-à-dire ces rayonnements en bois doré, dont on décore quelquefois le fond du sanctuaire : on en voit un exemple bien connu à la cathédrale d'Amiens et à l'église Saint-Uoch, à Paris. D'ailleurs, les livres saints prononcent souvent le mot de gloire, et l'appliquent à des rayonnements qui s'échappent de la forme visible sous laquelle Dieu apparut aux hommes, ou à des nuages qui l'environnent lorsqu'il descend sur la terre. Ainsi le prophète Èzéchiel dit : «Je vis comme une figure de feu; depuis les reins jusqu'en bas, c'était du feu ; depuis les reins jusqu'en haut, c'était comme de la ilamme et de l'airain mêlé d'or (Ezech. vm, 2 et 3). Là était la gloire du Dieu d'Israël. » — « La gloire du Dieu d'Israël s'éleva de dessus le chérubin où elle était (Ezech. ix, 3). L;i gloire du Seigneur s'éleva de dessus les chérubins jusqu'à l'entrée de la maison ; et la nuée couvrit la maison, et le parvis fut rempli par l'éclat de la gloire de Dieu (Ibid. cap x, vers. k). » Et elevata est gloria Domini desuper cherub ad limen domus ; et repleta est aomus nube, et atrium replet ti m est splendore gloriœ Domini.

Ainsi David, dans ses psaumes, dit que Dieu se montre dans sa gloire, et l'Exode même déclare que la gloire de Dieu ressemble à la flamme (cap. xxiv, vers. 17) : Erat autem species gloriœ Domini quasi ignis ardens.

Ainsi, dans une foule do textes sacrés, il est question de Jésus qui, à la lin du monde, descendra dans sa gloire et sa majesté, pour juger les vivants et les morts. Or, toutes les fois que sur des sculptures, sur

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