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dos vitraux, sur des miniatures des manuscrits, les scènes signalées dans ces textes sont exprimées par des personnages; toutes les fois que Ton représente Dieu ainsi rayonnant ou placé dans les nuages, ces rayonnements et ces nuages prennent précisément la forme circulaire à laquelle nous donnons le nom de gloire.
Que la nature du nimbe et de l'auréole, que l'élément qui les constitue l'un et l'autre soit le feu ou la flamme, il ne peut y avoir aucun doute sur cette proposition. On pourrait citer à ce sujet un grand nombre de textes. Mentionnons seulement la sphère de feu qui enveloppe l'Ame de Germain, évoque de Capoue, et l'âme de saint Eloi. Voici encore un fait curieux tiré de la Vie de saint Antonin, abbé de Sorentino.
« Sur la paroi du mur où reposent les restes sacrés de saint Antonin, un peintre avait tracé l'image du saint; il se préparait à placer autour de la tète de cette figure une couronne d'or, et creusait la muraille, comme il était nécessaire. Mais voilà que par les fentes qu'il avait pratiquées éclate tout à coup une lumière ineffable et d'un prix infini. Elle vient frapper la figure du peintre qui travaillait, et qui, ne pouvant soutenir ces rayons intolérables qui se réfléchissaient dans ses yeux, était sur le point de tomber h terre. Cependant, soutenu par la dévotion, il put achever promptement son œuvre. » — 7» latere mûri ubi sanctœ cjus (S. Antonini, abbatis Surrentini ) reliquiœ continentur, in imagine ipsius designata , cum piclor coronam inauralam capiti circumponere pararet, purietem , prout necesse fuit , cavabat. Et ecce per rimas facias lux inœslimabilis et inenarrabilis subito emicans vultum dolantis feriebat. Quam per intolerabiles radios oeulorum acic reverberata non sustinens, ruinant dure in terra minabatur ; sed lamen pro devotionis intentione confirmatus, opus festinanter consummavit. ( Acta SS. Ordin. S. Benedic'ti, tom. V. — Vie de S. Antonin écrite, vers 820, par un anonyme de Sorrento.)
Puisque le nimbe et l'auréole, dit M. Didron, sont l'etflorescence lumineuse de la tète et du corps, la couleur qui les anime, dans les monuments figurés et peints, doit Hre celle de la lumière elle-même. On peut Jonc surprendre ce fait sur les mosaïques, les fresques, les vitraux, les miniatures des manuscrits et les tapisseries historiées. Mais la lumière est versicolore; comme l'eau, elle se teint de couleurs diverses , suivant les objets qui l'entourent et qu'elle reflète, et suivant sa propre intensité. Les étoiles, source de la plus vive lumière, scintillent bleues, violettes, rouges et blanches. D'ailleurs la lumière se décompose dans le prisme en sept éléments principaux qui, en se combinant, multiplient les nuances à l'infini. La gloire, jouissant des propriétés de la lumière, devait donc, comme elle, varier do couleur, depuis le bleu foncé jusqu'au blanc le plus vif. Aussi les auréoles et les nimbes sont tantôt bleus, tantôt violets, tantôt rouges, tantôt jaunes et tantôt blancs. Mais de
tout temps, le jaune, la couleur de l'or, a été regardé comme la plus précieuse, la plus noble et souvent comme la plus éclatante des couleurs.
La couleur donnée aux nimbes est quelquefois symbolique , comme le prouve le nimbe noir , nimbe en deuil, attribué au traître Judas; mais souvent aussi elle est purement hiérarchique. Puisque le nimbe, par sa forme, était un ingénieux et puissant moyen de hiérarchie, la couleur devait venir en aide à cette forme. En voici un exemple : La bibliothèque publique de Strasbourg possède un magnifique manuscrit que la tradition rapporte avoir été écrit et peint par Herrade , abbesse du monastère de Sainte- Odile, en Alsace. C'est une encyclopédie de toutes les sciences connues et pratiquées au moyen Age, et qui fait pressentir l'admirable Miroir universel de Vincent de Beauvais. Vers la fin de ce manuscrit est peinte la cour céleste , tout le paradis. En haut est le Christ, nimbé en or et couronné de môme. Puis arrivent neuf ordres de saints, entremêlés d'anges, et ainsi disposés: les vierges, les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les prophètes, les patriarches, les continents, les mariés, les pénitents. Les quatre premiers ordres, les plus élevés de tous, portent le nimbe doré. Les prophètes et les patriarches , ces saints de l'ancienne loi, et qui n'ont connu la vérité qu'imparfaitement et à travers des métaphores, ont le nimbe en argent. Les continents sont nimbés en rouge. Les mariés portent le nimbe vert, et les pénitents jaunAlre et légèrement nuancé.
GLYPHE. — Ce mot est grec et signifie littéralement canal et rainure. C'est, en effet, une espèce de canal creusé en portion de cercle ou en angle. On l'emploie en architecture pour orner un membre, pour tracer une inscription, pour graver une effigie et des ornements sur une pierre tumulaire.
Voy. Triglyphe, Cannelure, Entablement.
GLYPTIQUE. — I. La glyptique est l'art de graver des images sur des pierres dures à l'aide d'instruments particuliers. Les substances propres à la glyptique sont animales, végétales ou minérales. Parmi les substances animales, on compte les coquilles, le corail et l'ivoire. Parmi les substances végétales, on employait différents bois, tels que le citronnier, le buis et l'ébône. Les substances minérales sont les bitumes, les métaux et les pierres. Les pierres sont les substances que les artistes ont le plus souvent travaillées. Les anciens savaient imiter les pierres précieuses avec des verres colorés.
Les anciens ne nous ont laissé aucun détail sur les procédés de la glyptique. On trouve seulement quelques traits décousus et épars dans leurs ouvrages. Certains auteurs modernes les ont recueillis et interprétés. Nous citerons entre autres Mariette et Notter.
Aujourd'hui, les instruments employés par le graveur sur pierres fines sont la poudre et la pointe de diamant : en effet, la poudre