COT
ISO
tion grecque portant le nom de l'empereur
Nicéphore Botoniale, autorisent à penser que l'image de la Vierge (n° 79, Séroux) gravée sur une pierre de jaspe, est du xr siècle. On peut rapporter à la môme date le buste de saint Basile (n° 80, ibid.) , gravé sur un cainée dont le relief est d'un rouge obscur sur un fond blanc.
Ce sont les mêmes idées pieuses qui dans te xvc siècle dirigèrent encore en grande partie les travaux des artistes auxquels nous devons Je renouvellement de la gravure sur pierre.
Une belle pierre est un portrait de Savonarola. Ses traits et sa physionomie sont rendus avec une simplicité qui semble garantir la ressemblance, et la gravure est d'une exécution moelleuse qui prouve l'habileté de l'artiste. C'est une des belles productions d'un Florentin qui dut, en partie, ses talents aux soins que Laurent de Médicis, surnommé le Magnifique , fit donner à son éducation, et qui, véritable restaurateur de son art, mérita par un grand nombre de beaux ouvrages le surnom de Jean des Cornalines.
Un talent égal , et qui se fit connaître à peu près à la même époque , valut aussi à un artiste milanais le surnom de Dominique des Camées.
Le xvi* siècle, celui de Raphaël et de Michel-Ange , compte au rang des meilleurs graveurs sur pierre Michelino et Maria da Pescia.
GODRON. — Les godrons forment un ornement consistant en une suite de renflements , et offrant ainsi l'aspect d'une réunion de tores juxtaposés. Les godrons sont exactement le contraire des cannelures. Voy. Fut et la fig. à la fin du vol.
On appelle aussi godrons une autre espèce d'ornement que l'on a comparé à la moitié d'une amande. Ce genre de godrons peut exister en creux, et alors les godrons sont bordés d'un filet et renferment quelquefois un fleuron. Quelquefois aussi les godrons sont séparés par un dard ou langue de serpent, comme les oves.
Dans les monuments de la période romano-byzantine, on voit parfois les chapiteaux ornés de godrons.
GODRONNÉ. — Les fûts de colonnes du xne siècle, garnis de godrons , sont dits godronnés; il en est de même des chapiteaux où l'on rencontre cette espèce d'ornement.
GOLA. — Expression adoptée par les architectes italiens pour désigner la moulure communément désignée sous le nom de Cymaise ( Voy. ce mot). Ils disent encore gula.
GONFANON.— Celte expression n'est plus guère usitée à présent que dans le langage héraldique. On trouve quelquefois, dans les anciens auteurs, g on far on, g ont fer on, ou g onfalon. Le gonfanon est une espèce de bannière d'église à trois ou quatre fanons, ou pièces pendantes et aboutissantes, non pas en carré, comme les bannières, mais en pointes ou en lobes, dont les plus usitées sont à trois pendants. Le gonfanon était la ban-
nière de l'armée chrétienne prise par Baudouin, comte de Boulogne et d'Auvergne, frère de Geoffroy ou Godefroy de Bouillon, auquel elle avait été envoyée par le pape , comme au vrai défenseur de l'Eglise contre les infidèles.
Le gonfanon do l'église de Saint-Pierre, à Rome , est de gueules à deux clefs d'argent passées en sautoir. Le pape et d'autres prélats ont donné jadis des gonfanons à des séculiers, en leur accordant le titre d'avoués, de défenseurs des églises et des abbayes. Autrefois l'église do Lyon avait un gonfanon rouge chargé d'un lion d'argent, qu'elle faisait porter aux processions.
Le gonfanon était considéré comme la marque et le privilège des églises patriarcales.
Autrefois on appelait les comtes d'Anjou gonfaloniers de l'église Saint - Martin de Tours : l'origine de ce titre était fort honorable pour eux. Ce titre leur avait été accordé depuis que, par les soins du comte Ingelger, le corps de saint Martin avait été rapporté d'Auxerre à Tours , au xe siècle. Les anciens comtes du Vexin avaient le titre de gonfaloniers de Saint-Denis en France, parce qu'ils portaient la fameuse bannière connue sous le nom d'oriflamme.
GORGE. — Moulure géométrique et creuse, dont le profil est un demi-cercle.
GORGEKIN. — Membre cylindrique du chapiteau dorique, entre l'astragale et les filets. Il est quelquefois orné de fleurons, ou même de cannelures , quand même le fut n'en porterait pas.
GOTHIQUE. — En lisant l'histoire de l'architecture dans les auteurs italiens de la Renaissance , nous voyons que les artistes , tels que Palladio, appellent l'architecture à ogives gothique, gottica et tedesca. Cette dernière expression de tudesque , ne veut pas dire qu'ils attribuaient cette architecture aux Allemands, pas plus que la première ne signifie qu'ils en faisaient honneur aux Golhs. Dans la pensée de ces écrivains et de ces artistes, ces deux expressions étaient synonymes et peuvent se traduire par celle de barbare. Les monuments en style ogival étaient, h. leurs yeux , gothiques ou le produit de la barbarie dans les arts. Plus tard le mot gothique fut pris à la lettre , et on supposa, par ignorance ou par inadvertance, que l'architecture du moyen âge venait des Goths. Comment donc des peuples qui dominèrent au ve siècle auraient-ils pu exercer leur action sur une forme architecturale qui a pris naissance seulement à la fin du xiie siècle?
'< Le mot gothique, dit un auteur moderne, dans le sens où on l'emploie généralement, est parfaitement impropre, mais parfaitement consacré. » Malgré cette espèce de consécration qu'il a reçue de l'usage, ce mot ne peut que faire naître de fausses idées : il vaut mieux employer celui de style ogival, qui est propre et significatif.
Les artistes français, comme ceux d'Italie, ont contribué à jeter et à entretenir la dé fa-