‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 54 sur 276 · HAC · texte numérisé non relu

HAC

quelques échantillons d'Hereulanum, décrits parCavIus (Recueil d'antiq., tom. Il, p. 333;, et dont M. Sehreiber sanctionne et l'origine et l'identité, nous nous rangeons à l'avis de M. Ringt, en les regardant comme très-suspects, attendu que les riches collections de Naples n'otfmit nul analogue. Le sol de l'Italie supérieure, où des races gauloises constituèrent longtemps la masse prépondérante de la population, en est, au contraire, abondamment pourvu. On ne saurai tadmetlre que le commerce les prit au Sud pour les importer dans le Nord par les Alpes ou la mer du Nord; car, dans toutes les contrées précédemment désignées , les fouilles ont mis à la lumière des formes et des creusets marquant l'emplacement des fonderies. Nous parlerons plus bas de ces moules de bronze ou d'argile, dont la découverte est très-curieuse. Les antiquaires n'ont pas généralement attacbé assez d'importance à ces formes, grossières, au point de vue de l'art , mais instructives au point de vue de la pratique matérielle. Leur présence, d'ailleurs, témoigne en faveur de la nationalité des haches de bronze. Les haches ou coins de bronze trouvées en France étaient enfouies en terre sans précaution. Ordinairement on les a rencontrées en plus grand nombre dans des vases de poterie très-grossière. M. de Gerville, un de nos plus habiles antiquaires, en a fréquemment observé dans le Cotentin, et précisément dans les endroits où des signes d'un autre genre indiquaient des habitations anciennes. Le même savant ajoute encore : «. Enlin, c'est principalement dans le voisinage des pierres consacrées au culte des druides qu on en trouve.» Sans vouloir grossir inutilement l'éuumération des lieux où l'on a déterré ces haches de bronze, qu'il me soit permis de citer la ïouraine, le Quercy, le Périgord, le Poitou et l'Anjou, commeayaht otfert jusqu'à présent une mine abondante de ce genre d'antiquités. La vieille terre de l'Armorique est plus fertile en objets de cette nature, comme en toute espèce de monuments d'origine gauloise, que tous les autres pays de l'Europe.

Mais quelle ancienneté, quelle nationalité, peuvent revendiquer les haches, ainsi que plusieurs ornements découverts en même temps dans les tombes? Nous exposerons d'abord le système de M. Sehreiber à ce sujet. Il ne donne pas une solution inattaquable d'un problème excessivement difficile, attendu l'absence de témoignages et d'inscriptions; mais il a l'avantage de s'autoriser d'une consciencieuse exploration et de produire une explication plausible et satisfaisante.

Le point de départ du savant professeur de Fribourg, sa pierre de touche, c'est Je métal môme dont se compose la presque totalité des haches. Celles de fer, bien moins nombreuses, sont évidemment plus récentes, l'espèce prédominante, c'est la hache de bronze offrant, d'après l'analyse chimique, d<-ux spécialités: 1° mélange de cuivre et u'étain, avec ou sans addition de plomb ;

•1" mélange de cuivre et de zinc, tantôt avec addition, tantôt sans addition de plomb et d'étain.

Au premier compositum appartiennent, sans exception, tous les alliages grecs; au second les alliages romains, lesquels, dans la période primitive, s'opéraient par le mélange du minerai de cuivre et du minerai de zinc. Les haches et les ornements de bronze comprennent cuivre et zinc.

La conséquence c'est qu'elles n'appartenaient pas aux populations soumises à la domination romaine; et de deux choses l'une: ou elles proviennent de l'ère romaine la plus reculée, dont l'influence ne dépassait pas certainement l'Apennin, ou elles se réclament d'une autre nation. Que les Grecs entretinssent d'aussi actifs rapports avec le Nord, c'est une hypothèse inadmissible, par cela seul que nous ne pouvons supposer une exportation de leurs produits fabriqués, telle qu'il n'en restât échantillon dans leur propre pays. Insiste-t-on sur le fait de l'importation étrangère, nous ne voyons plus que les Phéniciens qui tiraient leur étain ûqs Gassitérides.

Mais, sans parler de la haute ancienneté à laquelle ces bronzes se trouveraient ramenés, il devient difficile de s'expliquer comment ces hardis navigateurs, important par quantités aussi considérables dans les ports *des mers du Nord et d'Orient, en auraient, en quelque sorte, inondé les contrées de l'intérieur, qu'il ne leur était pas donné d'atteindre.

Les fonderies indigènes accusent une fabrication indigène. Les haches ne sauraient être germaines, car les Germains se servaient d'armes de fer; la framée décrite par Tacite (Germqn- vi). affecte une autre forme ; l'art d'exploiter les mines éta»it inconnu aux Germains au temps de ce même annidiste (German. v). Enfin, les contrées préservées du flot germanique, telles que l'Irlande, sont précisément celles qui abondent le plus en ce genre d'antiquités. Encore moins pourrait-on en faire honneur aux Slaves, dont les tombes contiennent une masse d'objets de fer, et à l'exception de quelques menus ornements : nul bronze.

Force sera donc d'attribuer les bronzes, les haches, les cylindres en spirale, les anneaux, aux plus anciens habitants des contrées du Nord, aux Celtes (Khnris , Gallois ou Galls), versés dans la connaissance des mines (César, Bell, gall., m, 21 ; vu, 22), dont les établissements d'exploitation étaient les plus importants de la Gaule (Pline, Hist. nat. xxxiv, 2), dont les armées, chargées de bronze et d'or, frappaient de stupeur les phalanges romaines.

Ces considérations extraites textuellement du rapport de M. le docteur Urlichs, nous font apercevoir la question des origines sous un point de vue entièrement neuf. Jusqu à présent personne ne s'était engagé dans cette voie ingénieuse qui a conduit M. Sehreiber à des résultats si curieux. Sans doute cette méthode n'est pas a l'abri de toute ob-

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