IMI
ir.s
pus que l'architecte ait \oulu construira un monument byzantin. Non. M. klentz, qui eu csl ('auteur, n'a voulu , connue nous le verrons tout a l'heure, tarifer complètement l'architecture d'aucune époque ; il a senti que l'architecte devait être créateur, et nous verrons s'il a réussi.
Le plan est un parallélogramme allongé, divisé dans sa longueur en trois sections par des pieds-droits accouplés qui supportent la retombée des voûtes de plein cintre des bascôtés, et les deux coupoles de la nef, où sont peintes sur un fond d'or, dans la manière des églises d'Italie, des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. A l'extérieur, la croix qui domine le fronton n'est point le prolongement des lignes de celui-ci; elle est piquée dans des feuilles d'acanthe formant un chou d'un goût assez mauvais. Les lignes du fronton lui-môme forment à leur réunion un angle trop obtus pour se rapprocher des frontons byzantins , et qui lui donnent plutôt la proportion d'un fronton romain. Les arceaux en saillie au-dessous du profil du fronton, au lieu d'être profilés de l'un à l'autre, sont arrêtés sur de petits modillons largement cannelés; on en retrouve quelques exemples dans les constructions du ixc siècle, entre autres à l'église de Rosheim , à l'entrée des Vosges. Deux de ces modillons se confondent dans l'angle de la saillie du pilastre, contre lequel s'arrête le fronton; et son profil supérieur , ressauté , forme l'entablement de ce pilastre, qui descend jusqu'à la base de l'édifice, et dont le socle est ressauté par des lignes qui se profilent tout autour. Les fenêtres sont de plein cintre; elles sont ornées d'unearchivolte en retrait, formée d'une doucine aplatie et palmée, d'un boudin, d'un espace très-large en bossage, d'un bandeau, puis d'un talon. Tout cela se profile sur un glacis de quarante-cinq degrés à peu près. L'archivolte des fenêtres supérieures s'arrête sur une architrave ou bandeau rehaussé, pour faire place au fronton de la porte d'entrée; il est à peu près semblable au premier. La rosace est dans le style qui marque la transition du byzantin à l'architecture catholique. Pour établir la baie des fenêtres au milieu d'une partie lisse, l'architecte a placé dans la façade deux pilastres en saillie, dans lesquels deux colonnes sont engagées, et qui indiquent à l'extérieur la position de deux colonnes intérieures. Ils ne supportent rien, et les profils de leurs chapiteaux vont se perdre dans le lisse du mur. Ils sont surmontés, on ne sait pourquoi, de deux petits cônes engagés. Le chambranle de la baie de la porte, qui est carrée, est excessivement maigre et rentrant ; il est surmonté d'un plein cintre archivolte, comme les baies des fenêtres, et retombant sur un quart de colonne engagée d'un angle de pilastre, et d'une colonne engagée d'un quart dans l'angle du pilastre du côté de la baie , ce qui forme le raccord d'un retrait assez considérable. Les moulures de cette archivolte se profilent autour de deux petits stylobales qui sont à droit sur la colonne. Le plein cintre est de
plus surmonté d'un fronton, garni au milieu d'une petite rosace à ronds de compas et d'une refoui Hure de fantaisie qui rappellent celles de la décadence catholiquo , mais qui n'ont jamais pu se rencontrer dans un édifice byzantin. Les clochetons qui surmontent les pilastres où vont s'arrêter les lignes du fronton et les lignes des versants des toits des has-côtés qui leur sont parallèles, ont été, nous l'avouons, quelque chose de nouveau pour nous. Nous n'avons aucun souvenir d'avoir rien rencontré de pareil nulle part. C'est une malheureuse innovation de l'architecte , dont il eût pu se dispenser, et qui ne fait qu'accroître la confusion qui règne dans tout l'édifice.
Résumons. La masse serait byzantine et des premières époques , si l'on supprimait les clochetons ; comme nous l'avons dit, ils sont une création de l'auteur , quant à leur ensemble, et une imitation dans les détails. Il y ades profils romains, grecs et byzantins, et quelques-uns même catholiques. Les archivoltes des fenêtres sont de fantaisie; les chapiteaux de la porte attestent une légère prétention à imiter ceux des colonnes byzantines ; ceux des colonnes engagées dans les pilastres, au contraire, rappellent , par leurs tailloirs, leurs volutes et leurs feuillages, des compositions delà renaissance romaine. Les profils de la base, à leur tour, ressemblent à ceux d'un arc de triomphe construit en Espagne par les Romains. Pour servir de stylobate à la colonne engagée, les saillies de la base sont ressaulées en s'arrondissant, comme en agissaient les architectes du xv' siècle. Enfin, dans le petit fronton , les parties laissées lisses par la petite rose sont refouillées aussi comme on eût a^i à l'époque dont nous venons de parler.
Maintenant l'œuvre de M. Klentz est-elle une création? est-elle l'imitation d'un des styles connus de l'architecture passée? estelle la déduction logique d'une synthèse qui constitue en puissance une formule propre à chacune des exigences de la vie civile ou religieuse? Dans les siècles futurs, les archéologues, en retrouvant un pareil monument vide de tous les attributs dont les artistes vont l'enrichir, pourraient -ils poser uno hypothèse , véntiable par l'analyse des parties qui le composent, pour en retrouver la synthèse, comme on le fait aujourd'hui pour les sublimes créations des monuments du xui' siècle? Non; rien de tout cela. L'auteur a cherché, nous ne dirons pas le beau, l'école de Munich n'en est plus là, mais ce qu'on nomme le caractère; il a puisé à toutes les sources , ramassé les débris de toutes les formes dont le christianisme, après son triomphe, a respecté les ruines, afin que l'humanité pût compléter son histoire; il les a rapprochées les unes des autres, et il a comblé les lacunes par des innovations malheureuses. Nous le répétons, il a agi en architecture comme d'autres l'ont fait en histoire et en philosophie; il a fait un éclectisme monstrueux, nous allions dire un syncrétisme; car en architecture la science de la confusion