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n'est pas faite encore, et, nous «lisons plus, elle ne se fera jamais. Toute période architecturale qui aura pour point dp départ l'éclectisme ne tardera pas à aboutir à la monstruosité.
Mais voyons comment M. le professeur Gernert a compris le mouvement que nous signalons , car enfin les travaux dont nous venons de faire l'analyse, et ce qui va suivre, prouvent que les professeurs de l'école de Munich ont ressenti l'impuissance d'une langue païenne pour parler la foi de nos pères. Qu'ils y prennent garde! des mots pris dans toutes les langues passées n'ont pas plus de valeur. Nous ne pouvons savoir jusqu'à quel point celte école peut être sensible aux éloges de M. Saint-Marc Girardin, qui l'a louée eu disant : « Elle est éclectique comme nous le sommes tous d'un bout de l'Europe à l'autre. » Qu'elle ne l'oublie pas ; des louanges ainsi tournées dans la bouche d'un autre écrivain pourraient fort bien passer pour une critique spirituelle.
Revenons à M. Gernert et à l'église Saint- Louis. Le roi de Bavière l'a fait bâtir pour recevoir le tableau du jugement dernier dont M.Cornélius a fait un carton à Rome. Elle •est située dans le quartier neuf, a deux pas de la Bibliothèque, vis-à-vis de l'établissement des Sourds-Muets, deux édifices dont la direction est confiée au même architecte. Les dispositions de cette église sont plus vastes que celles de la Sainte-Chapelle. Le .plan n'en est .plus un parallélogramme; la croix s'y fait sentir; mais les saillies de la croisée sont légères. On peut s'en faire une •idée par les plans de quelques édifices religieux de l'école florentine. On ne peut douter que M. Gernert n'ait cherché à imiter le style byzantin, cependant avec une liberté excessive: ainsi les arcs du porche retombent sur deux colonnes et deux pilastres à cinq pans; ainsi les fenêtres, en partie, sont garnies de meneaux et de nervures qui leur donnent •un aspect florentin, au point que l'architecte les a replacées presque sans changement dans la façade de sa bibliollièque , qui est une réminiscence oomplôte de certaines constructions de Florence , non-seulement par l'aspect extérieur des mâchecoulis, mais encore par la disposition intérieure des voûtes et des colonnes qui les supportent. Puis vient une frise entaillée depalmettes et d'entrelacs, qui, malgré quelques modifications, est inspirée certainement des ornements qui couvrent à profusion les murs de l'Alhambra. Une grande partie des profils sont une création de fauteur. Néanmoins , malgré l'éclectisme qui se fait remarquer encore dans celte conception, l'ensemble exprimera un caractère religieux que M. Klentz a vainement cherché dans la Sainte-Chapelle. Toute la partie postérieure de l'édifice est une bonne combinaison des formes chrétiennes einployéesavantle xnr siècle. Les arcs-boutants des flancs et les piles formant contrefort.qui arrêtent leur poussée forment un jeu de lignes qui ne manque pas de grandeur. Aux deux extrémités extérieures de la croisée,
faites quelques modifications aux détails des pilastres où s'arrêtent les lignes des frontons, retranchons les fenêtres dont nous avons déjà parlé, et vous aurez une imitation assez parfaite, de quelques constructions 'catholiques antérieures à la synthèse. Comme M. Klentz, le professeur Gernert a dédaigné l'emploi des proportions et des formes dont les architectes de l'antiquité revèlissaient leurs pensées sur le dogme et le mythe religieux qu'ils avaient à exprimer : -plus que M. Klentz encore , il a préféré les combinaisons romaines transformées par les artistes de la catholicité naissante : mais est-il entré dans la route que doit suivre un architecte chrétien aujourd'hui? Nous ne le croyons pas : en nous résumant, nous dirons les raisons qui nous font penser ainsi.
Nous avons critiqué ces deux monuments dans l'ordre où leurs auteurs se placent dans la réaction qui se fait sentir à Munich contre l'architecture grecque et romaine. Gomme on l'a vu, M. Klentz n'a pas copié franchement l'école byzantine , tandis que M. Gernert a dédaigné complètement tout ce qui était antérieur à cette époque. C'est en suivant cet ordre que nous arrivons à M. Ohlmuller, qui, plus hardi que ces messieurs, a conçu et exécuté dans un faubourg une église dans un style catholique. Malgré lesqualités qui distinguent ce monument , il est 'facile pour un observateur de remarquer que M. Ohlmuller ignore la synthèse catholique, ou bien qu'il en dédaigne l'application^ car si la majeure partie des formes employées par lui sont empruntées aux époques où elle a été appliquée, nous sommes portés à croire que la nature des matériaux (la terre cuite) qu'il emploie ne lui ayant pas permis une grande variété de combinaisons , il a opté pour les plus simples et s'y est maintenu. En effet, les grands frais de moulage qui en seraient résultés eussent été incompatibles avec l'économie qui paraît lui avoir été imposée. Ce qui le prouve, c'est qu'on évite les sculptures; on les remplace à l'intérieur par des pâtes aux chapiteaux des faisceaux de colonnes qui supportent la retombée des ogives des voûtes. Du reste, quand il a pu vaincre ces obstacles, il a rompu l'unité de style , comme il l'a fait dans les sculptures de différentes parties des portails latéraux dont quelques détails sont conçus tout à fait dans le goût de la décadence, comme il l'a fait encore au chevet dans les voûtes du pourtour de l'abside. Au lieu de réunir et de perdre les nervures des membres de ces voûtes sous la clef, il les a fait saillir au delà, et couper court à G pouces , comme nous l'avons remarqué dans le portail de Saint- Laurent de Strasbourg. M. Olilmuller, comme les autres, a fait une imitation d'abord et de l'éclectisme ensuite, restreint dans une période architecturale moins longue, il est vrai; encore a-t-il confondu. Ce n'est pas ignorance archéologique chez lui : il y a été poussé par la nécessité de Yà posteriori où il s'est placé en architecture. ( Piei. , Voyage en Allemagne, 1836.)
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