JIB
versets 20 cl ùi du chapitre x\nr de la prophétie d'Isaïe sont ainsi conçus : « Considérez Sioh, ccttû ville consacrée à vos fêtes solennelles, vos yeux verront Jérusalem comme une demeure comblée de richesses, comme une tente qui ne sera point transportée ailleurs; les pieux qui l'affermissent en lerre ne s'arracheronf jamais, et tous les cordages qui la tiennent ne se rompront point Le Seigneur ne fera voir si magnificence que dans ce lieu-là; les eaux qui y couleront auront un canal très-long et trèsspacieux, etc. -» mais c'est surtout dans l'Apocalypse de saint Jean que se trouvent les plus belles descriptions; elle nous montre « cette ville d'un or très-pur, semblable à du verre très-clair, bâtie en carré de douze mille stades sur chaque face avec une muraille de liO coudées, bâtie de jaspe, et dont les fondements seront ornés de toutes les pierres précieuses, » etc.
JESSÉ ( Tige de ) . — La généalogie de Notre-Seigneur fut un sujet souvent reproduit par les anciens artistes chrétiens, dans les tableaux peints sur verre, dans les sculptures, les broderies et les autres peintures. L'idée de représenter la généalogie de Notre-Seigneur sous la figure d'une vigne, naquit probablement du passage d'Isaïe: Egredietur tirga de radice Jesse, et flos de radies ejus ascendet. Le patriarche est ordinairement tiguré couché. La vigne mystique, emblème de fécondité spirituelle, sort de ses tlancs et s'élève en feuillages abondants, du milieu desquels des branches s'épanouissent pour porter la figure de l'un des ancêtres de Notre-Seigneur. Ces personnages sont en costume royal et rangés selon l'indication du chapitre premier de l'Evangile suivant saint Matthieu. On distingue parmi eux la ligure de David et celle de Salomon. Le nom de chacun est ordinairement écrit sur une bandeiolle qui s'enroule parmi les branches de la vigne. Au sommet de l'arbre mystérieux, on voit la sainte Vierge, au milieu d'une gloire, tenant le Sauveur entre ses bras. Il y a des exemples d'arbres généalogiques de ce genre terminés par une croix, avec un crucilix. Cette manière de représenter la généalogie de Notre-Seigneur, dont on trouve des exemples depuis le xn* siècle, est fort commune au moyen âge, depuis le xin' siècle jusqu'au xvr, et sur les vitraux peints, et dans les illustrations des manuscrits, et dans les sculptures en pierre et en bois, et enfin dans les broderies à l'aiguille. L'etfet de V Arbre de Jcssé est quelquefois admirable. Les branches de la vigne sont chargées de feuilles vertes et de grappes pourprées. Les personnages qui sont placés sur les branches sont revêtus de riches robes, la couronne en tête, le sceptre en main, avec de brillantes inscriptions auprès d'eux. Le couronnement de l'arbre est formé par la Vierge, tenant l'enfant Jésus dans ses bras ou sur ses genoux, avec une gloire qui layonne autour de la tète et du corps. Souvent, des anges sont tout autour en adoration ou en contemplation ; quelquefois ce
sont des colombes, emblèmes des dons de l'Esprit-Saint. 0 Iladix Jesse, gui slas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem génies deprecabuntur : veni ad liberandum nos, jam noli tardare. Voy. Arbre.
JOINT. — Un joint, en terme de construction, est l'espace qui existe entre deux pierres posées et qui est ordinairement rempli par du mortier. Suivant les diverses parties où ils se trouvent, les joints ont différentes inclinaisons. Ainsi ils sont verticaux ou horizontaux dans les assises des murs ordinaires, et obliques dans les arcs ou les voûtes. On appelle joints en coupe, ceux qui tendent à un centre, comme dans les arcs ; —joints dérobés, ceux qui, étant d'aplomb sur le parement extérieur, sont en coupe dans l'épaisseur de la maçonnerie.
Dans les constructions du moyen âge, surtout au commencement du xi' siècle, ou à une époque qui précède immédiatement le xi' siècle, le mortier qui remplit les joints fait saillie à l'extérieur. Notons, en outre, que dans toutes les constructions monumentales du moyen âge, les joints sont larges, et remplis d'une épaisse couche de mortier. C'est peut-être à la bonne disposition de ces joints qu'il faut attribuer en partie la solidité à toute épreuve des murailles des grandes églises.
JOURS. — On a donné le nom général de jours à l'ensemble des fenêtres d'un édifice. L'harmonie d'une construction consiste dans la distribution bien entendue des jours et des pleins. C'est par cette heureuse distribution que se distinguent la plupart de nos grands monuments religieux du moyen âge. Il est difficile, en effet, de rien voir de plus élégant, de plus hardi et de mieux ordonné que la disposition des jours dans les cathédrales du xur siècle, comme Reims, Amiens, Beauvais, Tours, Chartres, Rouen, Bayeux, etc. Voy. Clerestory.
On dit qu'un objet est à jour, quand il est découpé de manière à laisser passer la lumière entre ses différentes parties.
JUBÉ. — Le jubé est une construction élevée et en même temps une espace de barrière, établie à l'entrée du chœur des grandes églises, quelquefois à la partie supérieure de la nef et aux premières travées, lorsque le chœur s'avance dans le transsept. Nous avons déjà donné des explications sur le jubé, sur son origine, sur sa destination, sur ses modifications successives. Voy. Ambon. Chaire, Claire-voie ou Screen et écran.
Le nom du jubé a été donné à cette partie des édifices sacrés du premier mot que prononce le diacre ou le lecteur en demandant la bénédiction à l'évêque ou au prêtre.
Suivant l'auteur du livre intitulé ï'^lrc/ittecte des monuments religieux, il paraît certain que les hauts jubés ne sont pas antérieurs au xivc siècle. On n'en trouve aucune trace dans les monuments pïus anciens.
La plupart des jubés onl disparu de nos églises. Les antiquaires onl fait entendre è