‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 84 sur 276 · AN · texte numérisé non relu

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achevé qu'au xnr. Le portail occidental est même postérieur au xnr siècle.

Cathédrale de Bordeaux. Parties de la nef. Peut-être quelques parties du chœur. Ce dernier parait plutôt se rapporter au xi v.

Basas (Gironde). Quelques parties construites en 1233.

Saint-Gcry à Cahors. Le chevet percé de trois lancettes, dont une, celle du milieu, plus élevée que les deux autres. Le reste de l'égise est plus ancien et appartient au style roman.

' Saint- Amable à Riom. Le chœur, commencé en 12Y8, d'après les recherches do MM. Douillet et Gonod, continué jusqu'en 12U3. Le transsept est du xiv'.

Cathédrale de Vienne (Isère). Le chœur en partie. Frise en marbre blanc, incrustée de ciment rouge, mode d'incrustation que l'on trouve aussi dans l'abside de la cathédrale de Lyon, et qui rappelle les incrustations que l'on voit en Toscane et ailleurs dans un grand nombre d'églises, notamment à Saint-Michel et à la cathédrale de Lucques, dans la façade de la cathédrale de Pise, etc. Je n'ai point observé d'incrustations semblables en France ailleurs qu'à Lyon et à Vienne.

Cathédrale de Lyon. Les fenêtres dans la partie supérieure de l'abside : peut-être quelques parties de la nef.

Cathédrale de Saint-Laurent, à Gênes. La façade et le portail de l'ouest. Cette façade est d'une richesse qui rappelle ce que nous avons de mieux parmi nos églises ogivales primitives du commencement du xnr siècle, dans le nord de la France. Les trois portes qui ornent ce beau portail offrent des voussures multiples reposant sur des colonnes à chapiteaux, comme on les faisait au xme; quelques-unes de ces colonnes sont torses, on en voit aussi de garnies de perles conduites en spirale.

Cathédrale de Lausanne. La nef (sauf l'ornementation de la façade), remarquable par son vestibule elliptique.

Cathédrale de Dijon. La nef et les transsepts. Construite en grande partie dans la seconde moitié du xine siècle.

Notre-Dame de Dijon, Râtie dans la seconde moitié du xnr siècle. Un vestibule précède le portail ; la façade occidentale est remarquable par ses galeries superposées, rappelant la disposition de quelques églises italiennes, et par les frises ornées de rinceaux très-bien fouillés qui forment entre chaque étage des lignes horizontales peu en rapport avec le génie du style ogival.

Cathédrale de Bourges. Le chœur, la nef en partie, sauf les chapelles des collatéraux. Quelques portions seulement de la façade comprise entre les deux tours. Vaste basilique fort élevée (110 pieds sous voûte), terminée circulairement à l'est et dans laquelle il n'y a pas de transsepts. Deux rangs de bas-côtés occupent tout le pourtour. La disposition do ces nefs rappelle aussi celle que Von trouve dans quelques églises du

xni' siècles notamment dans le chœur de la cathédrale du Mans.

Cathédrale d'Auxerre. Le chœur. La première pierre en fut posée en 1210 par Guillaume de Seignelay; il fut construit en grande partie par son successeur Henri de Villeneuve. La forme des fenêtres, la proportion des arcades, les bases, les coin nues et leurs chapiteaux à feuilles galbées, tout annonce le beau temps de l'architecture ogivale primitive.

Vézelay. Le chœur et les chapelles qui l'entourent.

Cathédrale de Strasbourg. Quelques parlies, notamment le transsept méridional.

Cathédrale de Toul. La nef (sauf la façade occidentale qui est du xv") et le chœur en partie.

Eglise du Saint-Sépulcre à Chaumont-cn- Bassigny. La nef, sauf les chapelles des bascôtés qui doivent être du xve siècle.

Cathédrale de Chdlons-sur - Marne. Le chœur et les bas-côtés qui l'entourent.

Cathédrale de Sens. Partie de la nef.

Cathédrale de Troyes. Le chœur en partie et les chapelles qui l'entourent, commencée en 1108, sous Fepiscopat d'Hervée.

Saint-Nicolas de Gand. Quelques parties de la façade et des murs latéraux.

Lacken près Bruxelles. Chœur avec fenêtres en lancettes.

Eglise du Sablon, à Bruxelles. En partie. Bâtie en 1288.

Cathédrale de Saint e-Gudule, à Bruxelles. Parties du chœur bâties en 1226, terminées, dit-on, en 1273. Une grande partie de cette église a été refaite. La façade et les tours paraissent être du xive ou du xve siècle ; d'autres parties sont moins anciennes encore.

LANGUE DE SERPENT, ou DARD, ornement d'architecture qui a la forme d'une pointe triangulaire ; il sépare ordinairement les oves d'une moulure.

LANTERNE. Cet article sera divisé en trois parties, et traitera, 1° des lanternes de. cimetières ou fanaux ; 2" des lanternes ou coupoles ogivales ; 3° des lanternes du viatique.

Lanternes de cimetières. — On construisit au moyen âge, dans plusieurs cimetières, des espèces de colonnes creuses, ou lanternes, ou fanaux. Ces monuments funéraires étaient destinés à recevoir une lampe, dans certaines occasions, d'où leur est venu lo nom de lanternes ou de fanaux. Ces monuments, signalés par Montfaucon, ont été décrits et expliqués avec plus de soin et de succès par M. de Caumont (Bullct. monum., tom. III). Au pied de plusieurs de ces colonnes creuses il y avait primitivement un autel. On y pratiquait plusieurs cérémonies religieuses ; peut-être même y disait-on la messe dans certaines circonstances, surtout à l'inhumation de certains personnages.

Cette conjecture devient très-plausible, je crois, dit M. de Caumont, quand on considère que l'on apportait les morts d'assez

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loin dans certains cimetières, qu'on ne les descendait dans le cercueil en pierre trop lourd pour être déplacé, qu'à la fin de la cérémonie funèbre, et que dans certains cas on devait se dispenser de faire entrer le ':orps dans l'église. (Cours d'antiq. monum. vi' part., pag. 3V3.)

Dans quelques localités, dit le même auteur, où il existe des colonnes, on y vient en procession le dimanche des Rameaux, jour où il est aussi d'usage, dans beaucoup d'endroits, de mettre des rameaux bénits sur la tombe des morts.

Le fanal allumé, sinon toujours, au moins dans certaines occasions, au sommet des colonnes, était une sorte d'hommage rendu à la mémoire des morts, un signal rappelant aux passants la présence des trépassés et réclamant leurs prières pour eux.

M. de la Villegille a trouvé dans les écrits de Pierre de Cluny, surnommé le Vénérable, mort en 1156," un passage qui éclaircit beaucoup celte matière. Voici les termes dans lesquels il s'exprime au sujet de la petite tour du fanal du monastère de Cherlieu, dans l'ancien diocèse de Mâcon :Obtinet médium cimiterii locum structura quœdam iapidea, habens in summitate sui quantilatem nnius lampadis capacem, quœ ob reverentiam fidelium ibi quiescentium, totis noctibus fultjore suo locum illum sacratum illustrât. Sunt et gradus, per quos illuc ascenditur ; supraque spalium duobus vel tribus ad standum vel sedcndum hominibus sufficiens, etc. (Petrus Venerab., de Miraculis, lib. n, in Biblioth. Palrum, tom. XXII, pag. 1121.)

M. Le Cointre du Pont remarque que les colonnes ou fanaux se rencontraient particulièrement dans les cimetières qui bordaient les chemins de grande communication, ou qui étaient dans des lieux très-fréquentés. Le motif qui faisait élever ces fanaux était, dit-il, de préserver les vivants de la peur des revenants et des esprits de ténèbres, dont l'imagination de nos ancêtres peuplait les cimetières pendant la nuit ; de les garantir de ce timoré nocturno, de ce negotio pcrambulante in tenebris, dont parle ie Psalmiste ; enfin, de convier les vivants à prier pour les morts.

L'opinion de Mabillon (Annal. ord.S. Benedicti, tom. VI) ne paraît guère probable sur ce sujet. 11 pense que la lumière de ces fanaux servait à éclairer ceux qui se rendaient ?i l'église pendant la nuit. Si des fanaux d'une grande hauteur, comme la tour d'Evrault, ou celle du cimetière des Innocents, à Paris, ont pu remplir ce but, il ne pouvait en être ainsi de ces colonnes peu élevées qui ne dominaient aucunement sur les campagnes environnantes.

Nous allons donner à présent la description de quelques-uns de ces monuments.

Commençons par la notice écrite par M. de la Villegiuc, sur deux lanternes situées dans le département de l'Indre. Les deux colonnes creuses que j'ai visitées, dit-il, sont situées, comme les fanaux dont M. Le Cointre fait mention, au milieu des cimetières

qui bordent des chemins de grande communication. La première colonne, celle d'Estrées, arrondissement de Chrtteauroux, occupe à peu près le centre d'un grand terrain vague, qui s'appuie, au midi, sur l'ancienne route de Buzançais a. Palluau, et se trouve limité au nord par les restes de l'église paroissiale d'Estrées, monument du xi* siècle, dont le chœur est encore debout. Ce terrain, autrefois le cimetière de la paroisse, a été fouillé sur presque toute sa superficie : beaucoup de terres en ont été enlevées, de façon que les fondations de la colonne se trouvent maintenant à découvert sur une hauteur de 65 centimètres.

L'élévation totale du fanal d'Estrées est de 8 mètres 30 centimètres. Il se compose d'une sorte de soubassement formé de deux cônes tronqués superposés, à bases octogones , ayant ensemble 3 mètres 40 centimètres de hauteur, et se terminant par une colonne d'un diamètre extérieur de 1 mètre 19 centimètres. Cette colonne, dont le mur a 27 centimètres d'épaisseur, est entourée, à 6 mètres 60 centimètres du sol d'un cordon en pierre qui sert d'appui à des fenêtres de 67 centimètres de hauteur. Un autre cordon règne à 20 centimètres au-dessus des fenêtres, et supporte un troisième cône tron- 3ué circulaire, qui forme toit. Au sommet e ce cône, qui a environ 85 centimètres, on aperçoit une tige de fer, reste d'une croix qui surmontait jadis la colonne.

L'octogone de la base du soubassement a 8 mètres de développement; la porte se trouve sur la face qui regarde le sud-est. E'ie est ronde à la partie supérieure, d'une hauteur de 1 mètre 50 centimètres, et la place des gonds qui la soutenaient se voit encore dans le mur. Cette porte fermait l'entrée d'une galerie qui conduit au centre du monument, dont la cavité présente , à sa partie inférieure, un carré de 55 centimètres de côté : cependant l'assise qui repose sur le sol est arrondie, à la hauteur de 3 mètres 40 cent., précisément au point où commence extérieurement la colonne; l'ouverture intérieure devient également circulaire, et offre un diamètre de 65 centimètres. Cette dernière forme, en succédant au carré, donne naissance, au-dessus des côtés de celui-ci, à quatre segments de cercle dans lesquels on voit deux entailles vis-à-vis l'une de l'autre. Elles ont évidemment servi à encastrer une barre de fer destinée à empêcher de monter dans la colonne; on peut, en effet, facilement parvenir jusqu'aux fenêtres, au moyen de deux rangées de trous ménagés dans le mur, près des angles de la face opposée à la porte. Ces trous, distants entre eux verticalement, de 60 centimètres, sont disposés en échelons, et se continuent de la même manière dans la partie cylindrique.

Les fenêtres ont 17 centimètres d'ouverture ; elles sont carrées à l'extérieur et légèrement évasées, mais en dedans l'évasement des baies est très-considérable. La partie creuse de la colonne est recouverte

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par une seule pierre en granit, qui déborde extérieurement et forme le second cordon dont j'ai déjà parlé.

A l'exception de cette table de granit, tout le monument est construit en pierres de taille calcaires, très-blanches. Elles varient dans leur longjeur de 30 à 60 centimètres ; mais chaque assise a environ 20 centimètres de haut.

L'aspect général du monument d'Estrées ne permet pas de préciser la date de son érection.

Une autre colonne est située sur la commune de Saint-Georges-de-Ciron, à 15 kilomètres du Blanc, et sur l'ancien chemin qui conduisait de cette ville à Argenton. Elle est éloignée de l'église du village d'environ 150 mètres, et, comme celle d'Estrées, elle se trouve au milieu d'un vaste cimetière abandonné depuis longtemps.

Le fanal de Ciron est assis sur un large piédestal en maçonnerie, ayant 5 mètres 80 centimètres de long, sur h mètres 80 centimètres de large, et 1 mètre 20 centimètres de hauteur. On y monte du côté du couchant par un escalier de six marches. La colonne proprement dite a 7 mètres 20 centimètres d'élévation.

La pierre employée au monument de Ciron est très-dure, ce qui fait qu'elle s'est mieux conservée qu'à Estrées. Le fanal de Ciron paraît remonter au xnr siècle ou au commencement du xiv'.

Dans la commune de Saint-Hilaire, non loin de Ciron, il existait également une colonne du même genre, mais un peu moins élevée. Elle a été démolie en 1833 on 183V.

M. ïailhand a fait connaître plusieurs lanternes ou fanaux. Il en existe un à Felletin, département de la Creuse : il est placé dans le cimetière au-dessus et un peu à l'est de la ville. C'est un prisme octogonal surmonté d'un toit pyramidal de la hauteur totale de 20 pieds.

Le fanal du cimetière de Montaigu, arrondissement de Riom, département du Puy-de- Dôme, est carré. Celui de Cullent est fond. (Voy. Bulletin monum., tom. V, pag. i33.)

M. de Caumont cite d'autres phares ou colonnes creuses. La Colonne de Fenioux , département de la Charente-Inférieure, arrondissement de Saint-Jean-d'Angély, est située dans le cimetière du village , à 100 pas de l'église. Elle offre une agglomération de onze colonnes engagées, ayant un socle commun et des bases particulières. Ces onze colonnes, appliquées sur le corps cylindrique de la colonne creuse, ont chacune leur chapiteau et portent une architrave sur laquelle s'élèvent, en forme d'attique, onze petits piliers carrés ayant entre eux autant d'intervalles pour laisser échapper la lumière que l'on enfermait dans cette espèce de lanterne : sur ces piliers repose une pyramide quadrangulaire terminée par une croix.

Fanal d'Antigny. Ce fanal, situé à Antigny, département de la Vienne, est moins ancien que celui de Fenioux cl parait être

du xiii* siècle. Il n'est pas cylindrique comme le précédent : il est carré, décoré sur les angles de petites colonrettes dont les bases ornées de pattes annoncent le xiii' siècle. L'autel accolé au fanal d'Antigny semblo prouver que dans certaines circonstances on disait la messe au pied de cette pyramide.

Colonne de Parigné-iEvêque. Cette colonne, qui se trouve dans le cimetière de Parigné- I Evéque, au diocèse du Mans, est cylindrique et élégante: elle est terminée par un toit conique; elle a de hauteur 11 mètres 70 centimètres.

Lanternes ou coupoles ogivales. Au xin' siècle et aux siècles suivants de la période ogivale, on construisit au-dessus de l'intertranssept une espèce de coupole ogivale que l'on désigne ordinairement sous le nom de lanterne. Voy. Coupole, Dôme, Yolte.

Le moyen âge ne nous a rien laissé de. supérieur en ce genre à la lanterne de la cathédrale de Coutances. La tradition rapporte que le maréchal de Vauban, en passant par Coutances, tit placer un tapis sous le dôme, qu'il s'étendit dessus et resta plusieurs heures en contemplation devant ce chef-d'œuvre. Il est impossible, en effet, de rien concevoir de plus gracieux , de plus aérien, de plus hardi. Nous avions souvent regardé avec admiration le dôme de l'église des Invalides, à Paris, celui de l'ancienne église de Sainte-Geneviève, celui duVal-de- Grâce, et plusieurs autres : notre esprit n'avait pu résister à un sentiment de surprise et de véritable émotion en voyant ces œuvres surprenantes , en analysant les patients efforts des hommes de génie qui les ont élevées. Mais, il faut l'avouer, la coupole de Notre-Dame de Coutances est propre à impressionner plus profondément que le dôme moderne, imité de l'antique. Il y a toujours quelque chose de lourd et de terrestre dans les cré.itions du style classique ; dans celles du style chrétien , au contraire, la matière pour ainsi dire, n'a plus ses lois de gravité. A la coupole de la cathédrale de Coutances, des flots de lumière brillante se précipitent sous la voûte étoilée du centre, par d'innombrables fenêtres élancées. Chaque fenêtre est accompagnée de deux colonnettcs effilées, dont les lignes parallèles produisent l'effet de la plus étonnante légèreté, tandis que leurs chapiteaux à belles volutes recourbées semblent s'unir pour former une guirlande de feuillages. Deux rangées de galeries superposées ajoutent encore à la décoration des murailles intérieures.

Si la lanterne de Coutances est actuellement l'œuvre la plus remarquable du moyen âge en ce genre, la lanterne delà cathédrale de Beauvais, qui n'a [tas subsisté malheureusement pendant longtemps, en était la création la plus extraordinaire. Au milieu du xvi' siècle, la construction de la célèbre coupole de Saint-Pierre de Rome remplissait l'Europe du bruit de ses merveilles ; Jean Waasl et François Maréchal, architectes do la cathédrale de Beauvais, voulant prouver

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