‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 86 sur 276 · LAR · texte numérisé non relu

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porte gauche , c'est un dard et un couperet ; niais le couperet est pour le jambage droit et le dard pour celui de gauche.

Etudions un peu cette porte.

A la première assise de gauche, la pierre porte un dard et une semelle; à la seconde assise, un dard et deux semelles ; a la sixième assise, un dard et six semelles. Le dard qui reste fixe force le poseur à mettre sa pierre à gauche; la semelle, qui varie en nombre, l'oblige à la mettre à la première, à la seconde, à la troisième, à la quatrième assise, suivant qu'à coté du dard sont gravées une, deux, trois ou quatre semelles. Au jambage droit, c'est le couperet qui reste fixe ou unique pour indiquer la droite, tandis que la semelle varie, comme à gauche, pour montrer l'assise. La pierre marquée d'un couperet et de sept semelles est au septième rang.

Même système pour la porte de droite.

C'est une pioche qui désigne le jambage de droite, un A celui de gauche, et une semelle encore marque l'étage. Une pioche et une semelle sont à la première pierre de gauche; un A et trois semelles sont à la troisième pierre de droite.

Le système employé pour les jambages est appliqué aux voussures ; mais, pour distinguer les voussures des jambages , chaque pierre porte trois signes au lieu de deux. A la voussure de la porte gauche, coté droit, on voit, pour la première assise, un losange, une clef et une semelle ; pour la deuxième assise ou deuxième voussoir, un losange, une clef, deux semelles. La semelle est toujours là pour marquer le rang. Au côté gauche de la même voussure, une roue, une clef, une semelle, pour le premier voussoir ; une roue, une clef, quatre semelles, pour le quatrième voussoir. A la voussure de la porte droite, côté droit et premier voussoir, un soleil, une maisonnette, une semelle; au deuxième voussoir, un soleil , une maisonnette, deux semelles.

Avec ces précautions l'appareilleur n'a pu se tromper et n'a pas mis, comme à la cathédrale de Paris, un mois ava.nt l'autre, juillet avant juin, le lion avant l'écrevisse ; on y voit, en etfet, dans les signes du zodiaque, une interversion inexplicable.

Pour avoir une idée plus exacte de ces signes lapidaires, voyez la figure à la lin du volume.

Dans l'église de Châtillon-sur-Indre il existe des signes gravés sur les murailles, qui n'ont qu'un certain rapport de ressemblance avec les signes lapidaires. Ces signes paraissent se rapporter à une inscription étendue. Mais comment déchiffrer ces signes ? Nous en donnons ici un spécimen assez étendu pour en faire connaître les caractères principaux. (Voy. la fig. à la fin du volume.) J'ai eu l'occasion d'examiner sur place ces curieuses inscriptions qui m'ont été signalées, il y a plusieurs années, par M. L. F. Jehan. Voici en quels termes m'écrivaità ce sujetM. Jehan, dans une lettre datée du château de Sainl- Ovran.

« Il existe à Châtillon-sur-Indre une église remarquable, bâtie vers le milieu du x* sièc'e. M. Legay, curé de ce chef-lieu de canton, prépare sur cet ancien monument une notice fort intéressante. 11 me la faisait lire dernièrement sur les lieux mêmes, et comme je me trouvais en face d'un pilier, mes regards s'arrêtèrent par hasard sur quelques larges pierres d'où le frottement a détaché le badigeon et dont toute la surface était couverte de figures singulières que je pris d'abord pour ces traits capricieux et bizarres que les enfants s'amusent à tracer sur les murs. Bientôt la répétition de certains caractères, leur disposition par série linéaire, et d'autres signes évidents d'intention, me firent reconnaître que ce devait être une espèce d'écriture. Mais quelle écriture et que signifient ces hiéroglyphes , c'est ce que M. Legay et moi n'avons pu découvrir. Je prends la liberté de vous en adresser un échantillon en vous priant, monsieur, d'avoir la bonté de nous donner la clef de cet étrange grimoire : nous avons découvert de cette écriture dans tous les parties de l'église. IL serait curieux de savoir quelles sont les pensées cachées sous ces signes, et en quelle langue elles sont exprimées. »

Jusqu'à présent ces inscriptions n'ont été déchiffrées par personne. Nous n'aurions que des conjectures à émettre sur cette matière. Elles ne sont pas assez plausibles pour en placer ici l'analyse. Nous avons publié ce fragment des inscriptions de Châtillon-sur-Indre dans l'espérance qu'un antiquaire plus instruit ou plus heureux que ceux qui ont déjà vu ces signes mystérieux, pourra en découvrir la clef et la signification.

En fait d'inscriptions, on appelle style lapidaire une certaine manière concise de rendre et d'exprimer par des mots et des abréviations des phrases entières.

LARAIRE. — Chez les anciens Romains, le laraire était une espèce de chapelle domestique, où l'on mettait l'image des divinités protectrices de la famille et de la maison. Chacun sait que l'empereur Alexandre, qui se montra assez humain envers les chrétiens, par un mélange extraordinaire, avait placé parmi les figures d'Orphée , de Platon , etc. , celles d'Abraham et de Jésus- Christ, dans l'endroit le plus apparent du laraire de son palais.

LARMIER. — Le mot larmier, dans la description des monuments religieux ou des constructions civiles ou militaires du moyen âge, s'emploie dans deux sens différents. Il s'applique d'abord à un membre en saiilie destiné à rejeter l'eau loin du mur. C'est là le sens primitif et véritable du larmier qui doit rejeter loin des fondations d'un édifice, ou des murailles lisses ou ornées, les eaux pluviales qui tombent goutte à goutte.

Le type le plus complet du larmier de cette espèce, c'est celui qu'on appelle le larmier gothique, parce qu'il est commun dans les monuments à ogives. Il est formé d'un glati?, terminé par un bec et garni d'un canal

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