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de l'illustre thaumaturge des Gaules. « Qu'avons-nous à envier à la Grèce et à l'Asie? disait un dévot historien de saint Martin; elles ont eu saint Paul pour apôtre, et Dieu nous a donné saint Martin. » (Sulpit. Sever. VU. B. Martini.) Dans nos vieilles annales, le nom de saint Martin de Tours s'unit à nos plus glorieux souvenirs historiques.
Les rois de France et leurs sujets, sous la première race et la seconde, avaient choisi saint Martin pour leur patron spécial. Nos aïeux., auxquels si souvent sourit la victoire, se croyaient invincibles en marchant au combat sous les enseignes de saint Martin. « Comment pouvons-nous espérer do vaincre, disait Clovis a ses soldats qu'il conduisait aux plaines de Vouillé, si nous offensons saint Martin? » (Greg. Turon.)
Le plus magnifique témoignage que nous puissions invoquer pour démontrer l'in tluence et l'étendue du culte rendu au glorieux évèque de Tours, ce sont les innombrables monuments élevés dans toute l'Europe à la gloire de Dieu, sous l'invocation de saint Martin. N'est-ce pas en son honneur que se fil la première exception à une règle, depuis longtemps établie, affermie par les siècles, de ne bénir les édifices sacrés que sous le titre d'un martyr? Quel diocèse en France n'a pas plusieurs églises dédiées sous le vocable de saint Martin de Tours?
Saint Martin avait à peine rendu le dernier soupir, que son nom était connu dans tout le monde catholique, au rapport de son pieux historien. Dans un livre qui sert de monument littéraire à une époque beaucoup trop décriée, parce qu'elle est trop peu connue, Sulpice Sévère se plaît à faire l'énumération des pays où était répandue la réputation de saint Martin et sa mémoire vénérée. (Sulpit. Sever. Dialog. i, 26.)
Combien de miracles se sont opérés au tombeau de saint Martin 1 Quelle immense multitude d'hommes de toute condition se sont pressés sous les voûtes de la noble et insigne basilique (1) élevée en son honneur dans la ville de Tours 1 On y voit des papes, des empereurs, des rois, des reines, des princes, des seigneurs, des personnages de tous pays, y venir pieusement en pèlerinage. Hélas ! par la cruelle vicissitude des événements humains et par la terrible action des révolutions, le monument de saint Martin a disparu de la cité dont il fit, durant de longs siècles, l'ornement et la gloire, laissant à peine quelques débris. A Marmoutier, où, sur le sol et dans le paysage, les souvenirs antiques sont encore vivants, tout a péri, môme les ruines. Mais, par un secret dessein de la Providence, et sans doute pour notre enseignement, dans ces lieux où naguère florissail une abbaye riche et célèbre, le grand monastère par excellence, l'établissement religieux le plus ancien des Gaules, antérieur à la monarchie française, nous ne
({) Dans tous ses actes, l'ancien chapitre collégial de Saint-Martin donne à l'église le nom de noble et insigne église de Saint-Martin.