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ceux de Tours, plus vigilants que ceux de Poitiers, enlevèrent le corps de leur évoque, le tirent passer par une fenêtre de l'église et le descendirent sur la Vienne, rivière qui, en cet endroit, a son embouchure dans la Loire. Dès la pointe du jour, les Poitevins furent éveillés par le chant des cantiques de joie dont les Tourangeaux remplissaient les airs en conduisant vers leur ville les dépouilles sacrées de saint Martin.
Ici se termine notre verrière; mais celle de la chapelle absidale nous donne encore la sépulture de saint Martin, représentée en deux médaillons séparés. Sur l'un on voit le corps du saint porté sur les épaules de plusieurs clercs : en avant du convoi funèbre marchent quatre personnages dans l'attitude du regret et de la douleur. Auprès de la tète du saint évèque, un clerc porte la croix archiépiscopale; dans l'autre le saint est mis au tombeau, et tout à côté de lui un clerc, la tète appuyée sur sa main en signe de tristesse, tient la croix métropolitaine. La cérémonie de la sépulture est présidée par un évêque tenant la crosse d'une main et bénissant de l'autre. A côté de cet évoque, un clerc porte encore une croix archiépiscopale. On reconnaît aisément sur ce monument, comme on le voit aussi à Milan sur l'autel de Wolvinius, la figure de saint Ambroise assistant aux funérailles de saint Martin. Il s'agit ici, pour nous, moins de discuter le fait historique que de constater la croyance générale de cette époque. Nous savons bien qu'on a nié la présence de l'évêque de Milan aux funérailles de l'évêque de Tours; mais nous savons aussi que cette négation, assez mal appuyée, est contraire à la tradition constante de deux Eglises antiques et vénérables, l'Eglise de Tours et l'Eglise de Milan (1).
LEVÉES (Pierres). — Monuments druidiques consistant en pierres plantées verticalement en terre et formant des espèces de grossiers obélisques. Voy. Menhir.
LIAISON. — On a quelquefois employé le mot liaison, dans son acception la plus générale, pour désigner l'harmonie qui doit régner entre les différentes parties d'un grand édifice. C'est ainsi que l'on dit qu'il y a liaison entre tous les membres de tel monument, pour marquer qu'ils sont tous unis dans de bonnes proportions.
Nous avons développé ailleurs les réflexions relatives à cet important objet.
En terme de construction, on appelle Hoir son la manière d'arranger et de lier les pierres, les briques et les différents matériaux qui servent à bâtir, en sorte qu'elles soient posées les unes sur les autres, de niveau, et que les joints soient établis régulièrement.
On dit que des pierres ou des briques sont posées en liaison, lorsque leurs joints
(1) Voyez à ce sujet un livre curieux de René Ouvrard, chanoine de Saint-Gâtien de Tours, intitulé : Défense de I ancienne tradition des Eglises de France; Paris, 1673.