LIT
église du monastère. A propos du saint personnage qui a donné son nom à cet établissement religieux, Sequanus, M. Rossignol, en s'autorisant d'un passage très-formel d'Ausone, démontre que les familles vouées au sacerdoce des divinités locales empruntaient volontiers leurs noms à ces mêmes divinités : Sequanus appartenait sans doute à une famille de prêtres qui desservaient le temple de la déesse Sequana, et c'est ainsi que l'abbaye de Saint-Seine s"est trouvée placée à la source de la Seine. Nous ne nous souvenons pas, dit M. Le Normand dans son Rapport fait à l'Académie des inscriptions et belles lettres au nom de la commission des antiquités de la France (16 août 1850, d'avoir vu nulle part cette observation, qui peut servir de réponse aux conjectures de certains touristes, surpris de rencontrer en Italie le pozzo di Santa-Yencre, et d'autres accouplements de mots aussi suspects en apparence.
LIMBE. — Des auteurs anciens se servent de ce mot dans le sens de Nimbe ou d'Auréole (Voy. ces deux mots).
LINTEAU. — Le linteau est formé d'une pierre ou d'une pièce de bois placée horizontalement sur la partie supérieure d'une baie et appuyée latéralement sur les jambages. Quelquefois le linteau de pierre n'est pas d'une seule pièce; il est alors composé de claveaux ou pierres cunéiformes. Lorsque le linteau est destiné à supporter un poids trop lourd, on établit au-dessus un arc de décharge qui déverse le poids sur les cotés.
L'usage du linteau aux portes s'est maintenu durant tout le moyen âge, malgré l'emploi des arcades soit à plein cintre, soit à ogive. Mais ce linteau n'est pas une pièce simple, motivée seulement par la solidité. On y trace des ornements variés. Les angles sont adoucis par des écoinçons; et on voit de ces écoinçons fort élégamment travaillés dans les monuments du xme siècle.
LIONS al portail des églises. — Le porche ou le portail des églises a été anciennement décoré de figures de lion sculptées en relief : ces figures soutiennent ordinairement des colonnes qui sont posées sur leur dos. Par plusieurs chartes fort anciennes, on voit que la justice ecclésiastique se rendait souvent à la porte des églises et inter leones. La présence de ces animaux, emblèmes de la force et du courage, était certainement symbolique; mais la véritable signification en est néanmoins difficile à indiquer.
11 y a des lions au porche méridional do la cathédrale du Mans. Ce porche est du xne siècle et chargé d'ornements nombreux, curieusement exécutés. Il en existe dans un grand nombre d'autres églises en France. M. deCaumont en a observé également dans plusieurs églises de l'Italie
Ces lions, lorsqu'ils appartiennent à la période romano-byzanline, offrent une physionomie particulière, une tèîe allongée et
une encolure qu'on pourrait comparer à celle des ours blancs. A Plaisance, les lions qui ornent le péristyle de la cathédrale, dédiée à la sainte Vierge, sont en marbre rouge et d'un seul bloc. Ils écrasent sous leurs pattes antérieures, l'un un serpent qui fait des efforts pour se dégager et pour inordre, l'autre un quadrupède à tète de bélier.
Derrière la cathédrale de Reggio se trouve l'église de Saint-Prosper, en avant de laquelle on voit quatre lions, deux gros et deux moindres, dont l'attitude et l'encolure sont bien différentes de celles des lions de la période romano-byzantine, dont nous venons de parier. Au lieu d'être couchés, ils sont assis et appuyés sur leurs pattes antérieures. Une inscription gravée sur les piédestaux apprend que le frontispice de l'église de Saint-Prosper et les lions qui le décorent sont dus à un sculpteur de Reggio, nommé Gaspard Biso, et que l'église fut consacrée, ayant les lions au portail, en loOi. Mais le frontispice actuel de l'église a été refait, et les lions qui portaient autrefois sur leur dos les colonnes du portail, servent seulement aujourd'hui de bornes, en avant de l'église.
L'église de Saint-Augustin et Saint -Jacques, à Bologne, présente un portail à colonnettes en marbre rouge qui paraît être du xme siècle. Les deux colonnes extérieures reposent sur des lions de moyenne grandeur, qui ont été tournés l'un vers l'autre pour tenir moins de place. L'un de ces lions tient dans ses pattes un serpent qui lui mord le poitrail; l'autre écrase un bélier.
Le portail latéral du nord, à la cathédrale de Foligno, est à plein cintre et orné de rinceaux en marbre blanc admirablement sculptés. Deux lions en marbre rouge sont incrustés dans les pilastres. Le lion qui est du côté gauche écrase un serpent dont le corps ressemble à celui d'un lézard; il se retourne et mord la lèvre inférieure du lion.
LISSE. — En architecture, on dit qu'une partie est lisse, quand elle ne reçoit ou n'est propre à recevoir aucun ornement, comme les faces d'une architrave, le fût des colonnes qui ne sont pas cannelées, etc.
LISTEL. — Le listel ou listeau est une petite moulure carrée et unie qui couronne ou accompagne une autre moulure plus grande, ou qui sépare les cannelures d'une colonne ou d'un pilastre. C'est la même chose que le filet. On dit encore réglet, ceinture, bandelette. les menuisiers l'appellent mouchettes
L1THOSTROTOS.— En grec, on désignait sous ce nom la mosaïque qui consistait en morceaux de marbre d'une certaine grandeur. Les Latins appelaient cette espèce de mosaïque opus sectile ou lapidipavium. Ce mot se trouve dans l'Evangile selon saint Jean, chap. xix, vers. 13. C'était le lieu où Pilate rendait la justice. Pour avoir une explication plus ample du mot lilhostrotos et sur la mosaïque de marbre qu'il désigne, on consultera Pline, lib. xxxvi, cap. 25. Spon, dans ses Recherches car. defantiquilé,