‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 96 sur 276 · LUN · texte numérisé non relu

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ouverte à l'extérieur d'un édifice. Quelquesunes de ces loges que l'on remarque a des églises, semblent avoir été disposées pour servir de tribunes pour certaines allocutions ou publications. Il en est aussi au-devant de quelques églises, où Ton chantait autrefois, à certaines époques de l'année, devant le peuple assemblé au dehors, des hymnes ou doxologies. Quelques-unes en ont retenu le nom de galerie ou tribune du Gloria. Les détails qui précèdent sont empruntés à M. Smith, l'Architecte des monum. rclig., pag.

LOGE. —On a employé anciennement ce mot pour signifier une église : il y a en Bretagne beaucoup de vestiges de cet ancien usage : Log-Chrisi, I.og-Mazé, Log-Maria, Log-Geldas, etc. Du Gange dérive ce mot de la basse latinité, logia, logea ou lorgea, qui a la même signification.

LOMBARD (Style).— L'architecture romano-byzantine reçut diverses dénominations, de la part des" historiens, avant que la critique archéologique fût bien établie. En Italie et surtout dans l'Italie septentrionale, on appelait lombards tous les monuments à plein cintre qui remontaient à une antiquité reculée et qui semblaient appartenir aux. premiers siècles du moyen âge. L'expression d'architecture lombarde a été abandonnée depuis longtemps, en tant qu'on voulait l'appliquer généralement à tous les édifices de la période romano-byzantine. Mais, peutelle être gardée pour désigner une ceriaine classe de monuments élevés sous la domination des Lombards? Cette question a été éuid'ée par M. le comte Cordero de San- Quintino. dans un ouvrage intitulé : Dell italiana architettura durante la dominazione lombarda. Eclairé par le caractère architectural des monuments prétendus lombards, M. de San-Quintino démontre, à l'aide de l'érudition, l'origine véritable de ces édifices. L'auteur examine d'abord le monument que citent en premier lieu ceux qui reconnaissent un style lombard proprement dit, Saint- Michel de Pavie, l'ancienne capitale des Lombards.

Sans doute les Lombards firent construire à Pavie, vers la fin du ivc siècle, une église consacrée à saint Michel. Mais ce qui a échappé à Séroux d'Agi ncourt, à M. Malaspina, auteur du Guide de Pavie, et à M. de Rosmini, dans son Histoire de Milan, c'est que, en 92V, les Hongrois réduisirent la ville en cendres, et que, dans cet affreux incendie, quarante-trois églises furent brûlées ; c'est que, en 1004-, un nouvel incendie consuma ce qui restait de l'ancienne ville de Pavie, et entre autres monuments, détruisit le palais qui était contigu à l'ancienne église de Saint-Michel.

Après avoir démontré par d'autres preuves non moins convaincantes que l'église lombarde de Saint-Michel n'avait pas pu survivre au xe siècle, M. de San-Quintino appuie, par des faits et des raisonnements sans réplique, l'opinion qui place la construction de l'église actuelle vers la fin du xi'

siècle, de 1050 h 1100 ; ii fait remarquer qu'on l'appelle Saint-Michel-Majeur, sans doute pour la distinguer de l'ancienne, qui était moins grande et moins belle.

Celte partie de l'ouvrage de M. de San- Quintino, où il discute les faits historiques, et où il démolit pièce à pièce les assertions de Séroux d'Agincourt, qui s'est fait, à ce sujet, l'écho des traditions de l'Italie, est un vrai modèle de discussion et de critique archéologique.

Ce n'est point à Pavie, ce n'est ni à Spolète, ni à Bergame, ni à Vérone, que M de San-Quintino est parvenu à découvrir des monuments construits sous la domination des Lombards, et conservés à peu près dans leur état primitif, c'est seulement à Lucques et à Turin. Les archives de Lucques, par une sorte de miracle, n'ont jamais été ni brûlées, ni pillées; elles sont complètes et remontent, presque jour par jour, jusqu'au vi' ou ve siècle de notre ère. Or, il est deux églises dont on peut suivre l'histoire dans ces archives, et qui, d'après leur témoignage, sont encore aujourd'hui, sauf quelques modifications de détails, telles qu'elles étaient quand les Lombards les élevèrent. Ces deux églises sont Saint-Michel et Saint- Fridien. Toutes deux portent les caractères du style romain bâtard : ce sont deux basiliques à peu près dans le genre de Saint- Clément, à Rome. Enfin, le palais del Torre, à Turin, doit, selon M. de San-Quintino, appartenir à l'époque lombarde, et les preuves qu'il en donne, quoique moins satisfaisantes que celles qu'il a tirées des archives de Lucques, relativement aux deux églises de celte ville, doivent cependant laisser peu de doutes.

En résumé, le travail de M. de San-Quintino constate un fait qui ne saurait maintenant être contesté; c'est que les Lombards n'apportèrent point en Italie et ne découvrirent point, après leur conquête, un système particulier d'architecture ; qu'ils n'ont jamais employé d'autre mode de construction que celui'qu'ils avaient trouvé en usage en Italie; que ce mode de construction n'était autre que celui des anciens Romains, altéré et corrompu comme il l'était déjà dans les siècles précédents ; enfin, que ce n'est point au temps des Lombards, mais aux xi* et xii' siècles que doivent être attribués la plupart des beaux édifices religieux qu'on admire dans la haute Italie.

LORRAINE (Choix de). C'est une croix à double croisillon, comme la croix archiépiscopale. Il y a plusieurs églises , comme celle de Saint-Quentin, en Yermandois, dont le plan géométral figure la croix de Lorraine.

LOSANGE. — Les losanges simples ou enchaînés sont un des ornements employés par l'architecture romano-byzantine dans la décoration des plates-bandes. On rencontre assez fréquemment des losanges entaillés en creux sur les corniches.

LUNETTE DE VOUTE, ou Volte en lunette. — En architecture, uns lunette ?i>t

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une baie cintrée qui traverse les reins d'une voûte en berceau, et qui, par conséquent, est beaucoup moins profonde à sa partie inférieure qu'a sa partie supérieure. Les voûtes d'arête sont ordinairement formées par quatre lunettes.

On nomme aussi quelquefois lunette une petiti.1 ouverture ménagée dans la tlèclic d'un clocher, pour donner de l'air à la charpente.

LUSTRES. — Les lustres employés dans les églises, au moyen Age, étaient des cercles ou couronnes de lumière. {Yoy. Cou- RORRR <Ie lumière.) Ce n'est qu'à partir du xvir siècle que s'introduisit l'usage des lustres à verroterie. Ces lustres sont peu convenables dans nos églises, et le bon goût tend chaque jour à les en faire disparaître.

LUTRIN. — Le lutrin est un meuble qui se place dans le chœur pour servir à soutenir le livre des leçons, ou l'Antiphonaire pour le chant des antiennes.

Les lutrins ont été souvent exécutés en bois et souvent aussi en cuivre. 11 en subsiste encore, de ce dernier genre , de beaux modèles. A Aix-la-Chapelle il y a un pupitre du xive nècle qui sert de lutrin. Il est orné de plusieurs légers contreforts, avec des moulures nombreuses en style flamboyant. Un globe est surmonté d'un aigle, les ailes éployées.

A Hal, près de Bruxelles, est un lutrin du xv' siècle, consistant en une tige hexagonale avec îles contreforts sur trois des côtés , lesquels contreforts, appliqués sur les angles, sont reliésà trois contreforts isolés, pardes meneaux et un arc-boutant renversé, finement exécutés. Les contreforts extérieurs s'appuient sur des lions et sont surmontés de statuettes d'anges. Le sommet de la tige est couronné de beaux créneaux , au centre desquels est un globe surmonté d'un aigle aux ailes étendues.

A Tirlemont , il y a un lutrin de cuivre semblable à celui que nous venons de dé-

crire. 11 y en a un autre à Léau , à peu de distance de Tirlemont.

Un lutrin que l'on croit avoir appartenu à la grande église de Louvain, fut donné à l'église de Saint-Chad , à Birmingham, par Jean, seizième comte de Schrewsbury, et il existe encore dans le chœur de celte même église. Quoique l'exécution en soit grossière, ce n'est pas moins un des plus curieux monuments du genre que nous possédions, à cause de l'ensemble du dessin. De la base qui est triangulaire s'élèvent trois pinacles extérieurs unis à trois contreforts en éperons par des moulures flamboyantes. La décoration principale consiste en une image de la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus , avec les trois mages à genoux. Le globe sur lequel l'aigle s'appuie est posé au milieu d'une couronne de créneaux. La base du lutrin qui est lourde et massive pose sur trois lions couchés.

L'aigle que l'on rencontre constamment aux vieux lutrins y fut placé pas allusion à saint Jean l'Evangéliste, et on ne le mettait primitivement qu'au lutrin où l'évangile devait être chanté à la messe.

Parmi les plus remarquables lutrins en cuivre qui subsistent encore en Angleterre, nous devons mentionner celui de Norwich, celui du collège du roi, à Cambrigde, surmonté d'une charmante image. A la chapelle du collège Merton, à Oxford, il y a aussi un double lutrin du xvie siècle.

Dans les tableaux des maîtres des anciennes écoles, on voit de jolis modèles de lutrins ornés, devant lesquels le diacre lit l'évangile, où les chantres se tiennent devant l'antiphonier.

Quelquefois on fil des lutrins en fer et en bois. Un des plus gracieux ouvrages de ce genre, orné de trèfles, se trouve à la cathédrale de Rouen, et un autre dans le baptistaire de Hal, près de Bruxelles.

MACER1A. — C'est le nom d'un appareil formé de gros blocs de pierre posés à sec, sans mortier. Yoy. Appareil. Dans d'anciens écrits, le mot maceria est employé comme synonyme de castrum.

" MACHICOULIS ou Maciiecolus. — Sorte de balcon , soutenu par des consoles qui laissent entre elles un intervalle percé d'une ouverture par laquelle on pouvait jeter sur les assaillants, des pierres, du sable brûlant, de l'eau bouillante, delà poix bouillante.

11 y a des exemples de mâchicoulis qui remontent au xir siècle; mais ils ne furent communs qu'au xivc. Au xvc siècle, on voit îles mâchicoulis qui, par leur élégance, servaient plus à la décoration des édifices qu'à leur défense. C'est, en effet, qu'à partir de cette époque les moyens d'attaque et do défense des. châteaux fortifiés ayant été changés, la disposition des anciennes fortiticatioos dut nécessairement se modifier. Ce qui était autrefois indispensable devint

bientôt un simple motif d'ornementation.

C'est surtout au sommet des tours que l'on établissait les mâchicoulis. On connaît quelques églises de la période romano-byzantine qui ont eu leurs murailles crénelées et garnies de mâchicoulis. Nous nommerons seulement ici la belle église de Candes , au confluent de la Vienne dans la Loire, au diocèse de Tours. Il y eut également quelques églises de la première époque ogivale qui reçurent cette espèce de moyens de défense. Mais, en général, les édifices religieux, en France, ne furent pas fortifiés, comme ils ont pu l'être dans d'autres pays.

MAÇON. Yoy. OEhre. — iNous donnons, sous lé nom de Maîtres de l'œuvre, quelques détails sur les ouvriers qui ont travaillé a la construction des monuments religieux.

Yoy. Architecte. Nous avons aussi placé sous ce mot des réflexions sur le même sujet. Yoy. encore Autiste. M. .1. Renouvier et M. A. Ricard ont publié un curieux liwe

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