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intitulé : Des maîtres de pierre de Montpellier. On y trouve de bons renseignements sur les ouvriers tailleurs de pierre, leurs corporations, leurs travaux, leur organisation, leur salaire, etc., etc., dans le midi de la France. Nous avons extrait quelques lignes de cet intéressant volume à l'article ARCHI- TECTE.
MAÇONNERIE. — Le mot de maçonnerie ne peut s'appliquer qu'à des constructions grossières en pierres irïéglilières ou en briques, ou en blocage. On emploie communément cette expression en opposition avec celle de construction en pierres de taille.
MAILLÉ. -- On appelait autrefois maçonnerie maillée ce qui s'appelle aujourd'bui appareil réticulé. Voy. Appareil.
MAIN. — I. Les antiquaires italiens, en expliquant certaines statues en b onze trouvées dans les ruines d'Herculanum, ont démontré que les anciens avaient coutume d'étendre trois doigts de la main droite et de replier les deux autres , lorsqu'ils parlaient en public, en faisant leurs gestes, ou bien encore lorsqu'ils saluaient en public. De là , dit Buonarotti, est venu chez les chrétiens l'usage, pour les évêques et les prêtres, de bénir la main étendue, avec leurs derniers doigts repliés. La coutume antique aura été conservée, comme tant d'autres , en changeant la signification primitive et en en donnant une nouvelle. Ce l'ait est assez curieux à constater: et c'est grâce à la connaissance qu'il en avait, que le savant antiquaire qui a ex .liqué la chasuble diptyque de Ravenne, Jérôme Rubeus, a pu expliquer certains traits qui seraient demeurés énigmatiques. Voy. Chaslble.
Dans les plus anciens monuments chrétiens on représenta une main symbolique comme emblème de la puissance de Dieu et de la Providence. Au moyen âge, on conserva le même symbole et l'on posa cette main au milieu d'un nimbe crucifère : c'est ce que certains archéologues appellent main divine.
La main de justice se trouva pour la première fois sur le sceau de Hugues Capet , depuis lequel elle ne paraît point jusqu'à Louis X, dit leHutin. Ce dernier et ses successeurs jusqu'à Charles VI, la portèrent à la main gauche , et le bâton royal à la main droite. Cette observation nous paraît avoir son importance en archéologie, dans la critique des monuments.
MALADRER1E. — On appelait autrefois du nom de maladrerics certains hôpitaux destinés spécialement aux lépreux et à ceux qui étaient atteints de maladies contagieuses. La lèpre orientale , maladie affreuse, a été fort commune en Europe, comme chacun sait, à la suite des Croisades. La charité chrétienne chercha par tous les moyens possibles à soulager les malheureux atteints de cette maladie incurable. On n'imagina rien de mieux que les maladreries. Ces hôpitaux, si celui de Caen, décrit par Ducarel, doit être pris pour modèle, étaient divisés en nombreuses petites cellules, où se tenait isolé-
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ment chaque malade. Ces maisons étaient ordinairement dédiées à saint Lazare. On en rencontre encore quelques-unes en France. Jadis elles étaient très-couimunes, puisqu'on en comptait deux mille on France au xui" siècle, et que Matthieu Paris assure qu'il y eia jusqu'à dix-neuf mille dans la chrétienté. Voy. Hôtel-Dieu.
MALCHUS. — Dans quelques églises, on trouve des confessionnaux plus ou moins anciens et qui n'ont qu'un seul côté. Ces confessionnaux , n'ayant pour ainsi dire qu'une oreille, s'appelaient autrefois Malchus , parce que Malchus n'avait qu'une oreille, après que saint Pierre lui eut coupé l'autre.
MALTUM et SMALTUM. — C'est le mot latin qui veut dire émail. Voy. Email.
MANIPULE. — Le plus ancien Ordre romain, d'après Giorgi, appelle le manipule, mappula. Saint Grégoire, dans une lettre à Jean, archevêque de Ravenne, dit que l'usage du manipule est un privilège spécial au clergé romain, et jusqu'alors il n'avait encore été accordé a personne. Le manipule, ainsi nommé, se trouve au nombre des ornements ecclésiastiques, au ixe siècle. Dans un manuscrit de l'abbaye de Saint-Denis , écrit du temps de Charlemagne , d'après dom Martenne, après la prière que l'on récite en prenant la chasuble, on lit la prière suivante : Ad manipulant. — Prœcinge me, Domine, virtule, et pone immaculatam viam meam. La raison pour laquelle cette prière est après celle que l'on récite en prenant la chasuble, c'est que primitivement les prêtres ne prenaient le manipule qu'après la chasuble , comme les évêques le font encore aujourd'hui. Dans le Pontifical de Salisbury, on lit la prière suivante pour le manipule : Da mihi, Domine, sensumrectum, et vocem puram, ut implere possim laudem tuam. Amen. D'après Alcuin et Àmalaire, le manipule, selon son nom de mappula et de sudarium, était originairement une serviette ou un mouchoir. Mais le manipule ne tarda pas à devenir un ornement et h être enrichi d'or, d'argent et môme de pierres fines, comme tous les autres vêlements ecclésiastiques. Riculphe, évoque d'Elne en Roussillon , en 915, laissa à son église six manipules ornés d'or, dont l'un avait de petites clochettes. Dans les anciens auteurs, le manipule est souvent désigné sous le nom de Fanon {Voy. ce mot).
La forme primitive du manipule, comme celle de tous les vêtements ecclésiastiques , était d'abord très-simple. Le manipule avait environ quatre pieds de long, et il était orné de franges aux extrémités. Ces mêmes extrémités reçurent plus tard des croix en broderie, et furent un peu élargies à cause de cela. Mais cet ; largissement était loin d'être aussi considérable qu'il l'est présentement. Les manipules en usage au moyen âge étaient souvent ornés avec grande magnificence de broderies à l'aiguille et même de perles et de pierres piécieuscs. On en voit de beaux modèles sur les pierres tombales des ecclé-