‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 98 sur 276 · MAR · texte numérisé non relu

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siastiques du \ive siècle et dans les œuvres dos peintres chrétiens. On conserve à la sacristie de la cathédrale de Mayence un manipule très-ancien.

L'extrait suivant de l'inventaire de l'ancienne cathédrale de Saint-Paul, a Londres, donnera une idée des manipules du moyen âge. — Stola et manipulas in medio de ciglatoun , limbati in circuitu aurifrigio , et in extremitate brruilati cum nodulis de périt» et lapilli* insertis, et de ficitml in manipula novem lapides, in stola très. — Item, stola et manipulas de simili panno, cum anrifrifjio stricto in circuitu per linïbbs , et in extremitate de aurifrigio fino , interlaqueato cum avibus. — Item, stola et manipulas de albo dgaspro limbato de aurifrigio stricto per circuitum; et in extremitatibus de vineis et avibus breudatis '/-• uuro fino. — Item , manipulas de opère pectineo, cum nodis contextis argenti ftlo, et in eirtremitalibus de aurifrigio, cum flaribus et listis de perlis albis parvulis. Stola de serico riridi contexta cam nodulis deauri fila, cum extremitatibus similibus manipula prœcedenti. — Item, unus mànipùlus indici coloris, cum imaginibus Apostolorum ; cum aurifrigio stricto et nodulis per circuitum.

Le manipule était originairement porté dans la main par les clercs, et non sur le bras. Dans le recueil de Baluze , intitulé : Capitulare regum francorum, il y a une gravure d'après un très-ancien manuscrit , qui représente les moines de Saint-Martin , à Metz, offrant une Bible à Charles le Chauve. Tous les moines sont figurés revêtus des ornements sacrés, et ils ont tous le manipule dans la main gauche. On peut faire la même remarque relativement à la représentation de l'archevêque Stigand, sur la tapisserie de Baveux. Les exemples de ce fait ne sont pas très-rares.

MARBRE. — En France, le marbre a été rarement employé dans les édifices religieux. On en trouve dans les monuments de la période romano-byzantine, surtout dans le midi de la France. Quelques édifices de style ogival de l'époque primitive en offrent également , comme la cathédrale de Lyon et l'ancienne cathédrale de Vienne en Dauphiné. Dans cette dernière église, les bases et les chapiteaux des colonnes sont en beau marbre blanc antique.

Quo qu'on ait fait peu usage du marbre nour l'établissement des autels et des fonts baptismaux dans les églises du moyen âge, ce n'est pas une raison suflisante pour le proscrire de nos églises. La coutume du moyen âge ne parait fondée sur aucune autre raison que sur la difficulté ou même l'impossibilité de se procurer des marbres choisis. Aujourd'hui que l'on peut avoir aisément de beaux blocs de marbre, on peut sculpter des autels et des fonts baptismaux avec cette matière si riche, si brillante et si durable. Nous avons vu quelques beaux exemples modernes d'autels sculptés en marbre suivant les styles archi tectoniques du moyen âge. Les résultats en sont heureux, et on doit encourager ce genre de décoration. 11 est

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certain que plusieurs des sculptures les plus fines, môme à l'intérieur des églises ogivales,

auraient été conservées dans un état d'intégrité parfaite, si elles avaient été exécutées en marbre, au lieu de l'être en pierre. Nous ne pensons pas toutefois que le bon goût soit plus satisfait que l'archéologie par l'emploi du bronze incrusté ou appliqué sur le inarbre blanc, comme cela a été pratiqué à l'autel principal de la charmante église do Brou, près de Bourg en Bresse.

MARCHEPIED. — Le marchepied d'un autel doit être composé d'un ou do trois degrés, jamais de deux seulement. Yoy. Autel.

Voici lesymbolismedes marches de l'autel, d'après Guillaume Durand •. .( Les marche* de l'autel signifient spirituellement les apôtres et les martyrs qui ont versé tout leur sang pour l'amour du Christ. L'épouse des Caustiques les appelle des degrés de pourpre. Elles représentent les quinze vertus, dont les quinze marches qui conduisaient au temple de Salomon étaient aussi l'emblème. Le prophète les dépeint dans les. quinze psaumes de degrés; il dit que celui-là est béni qui s'élève par degrés dans son cœur. Elles étaient encore figurées par l'échelle que vit Jacob, dont le sommet atteignait le ciel. Ses marches indiquent clairement le progrès des vertus par lequel nous montons à l'autel, c'est-à-dire au Christ, selon ce que dit le Psalmiste : Ils montent de vertu en vertu.

MARQUETERIE. — La marqueterie est un ouvrage fait de différents bois durs et précieux, variés en couleur, appliqués sur un assemblage en menuiserie et représentant des figures, des fleurs, des feuilles, des ornements de toute espèce. Les bords et les extrémités en sont quelquefois garnis de tilets d'étain, de cuivre ou d'ivoire. Il y a aussi des marqueteries en lames de cuivre gravées en chantournées sur un fond d'étain ou de bois.

Les Italiens excellèrent dans l'application de la marqueterie à l'ornementation des meubles. Dès le commencement du xve siècle, les procédés de la marqueterie avaient reçu de notables améliorations. On était parvenu, à l'aide d'huiles pénétrantes et de couleurs bouillies dans l'eau, à donner aux bois des teintes assez variées pour imiter le feuillage des arbres, la limpidité des eaux, et pour produire, par la dégradation des tons, les effets du lointain. Giuliano da Maiano, vers lioO, Giusto et Minore, qui l'aidèrent dans ses travaux, Guido del Servellino et Domenico di Mariette, ses élèves, Benedetto da .Maiano, son neveu (li-98), qui avait aussi sculpté sur bois, Baecio Cellini et Girolamo délia Cocca sont cités par Vasari comme les plus habiles artistes en marqueterie du xv' siècle. 11 faut nommer au xvi', parmi les plus célèbres, fra Giovanni de Vérone, fra Ralfaello de Brescia, fra Damiano de Bergame, et les Bartolommeo de Pola.

Ce genre de décoration fut principalement appliqué aux .stalles et aux bancs des églises, ainsi qu'aux armoires des sacristies.

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