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dùaïc dAix-la-C!iapelle, est un snrcophage roma n sur lovjucl est ligure Ycnlêvement de Proscrpinc. Nous ne finirions las, si nous voulions épuiser l'indication de tovis les sujets traités dc> la nièuio manière et à la même époque. Ajoutons quelques mots sur les sculptures alléj^oriques, inventées par les l)aïens dans des internions bien connues, et adoptées plus tard par les chrétiens (jui leur attribuèrent une signilicaîion dillerente. L'usage des figures symboliques a.lmis chez les Romains, depuis la plus haute antiquité, n'avait jamais souilert d'interruption jus- (ju'aux siècles chrétiens. Il y avait par conséquent une sorte de langage conventionnel, consacré par le temps, pour exprimer une série d'idées. Ces signes idéographiques étaient si nombreux et si communs que l'œil, la main, la pensée de tout le peuple v étaient accoutumés. De môme que les chrétiens se servirent de la langue ordinaire, malgré la difticuhé d'exprimer certains dogmes pour desquels il fidiait des expressions nouvelles, de même ils furent forcés d'accepter certaines tra litioi.s artistiques propres à rendre tout un ordre ai pensées. Ce n'est pas alors seulement ressemblance de style, imitation de formes analogues, c'est exactement la reproduction d'un type identique : le sens seul caché sous le voile de l'allégorie a été changé. Un des exemples les plus curieux de ce lait est rapporté par M. Rocliette, d'après Bottari; c'est la présence de deux génies nus ailés, jouant avec deux coqs qu'ils excitent à la lutte, suj.t d'un petit bas-relief qui décore, au-dessous d'un bouclier renfermant les portraits en buste 6.3 deux jeunes époux, un beau sarcopiirige chrétien extrait du cimetière de Samte-Agnôs. 11 serait certainement supertlu de s'attacher ici à montrer à quelle source avait été puisée celte représentation, dont to:'S les éléments sont notoirement tirés de l'antiquité profane. Ces deux génies jouant avec deux coqs ne peuvent être que les génies de la palestre, tels qu'on les voit eji effet représentés sur beaucoui)de monuments anciens; lien n'est plu^ commun ni plus avé.é, en fait d'antiquité figurée, qiie i'emi)loi symbolique tlu coq, dans tout ce qui a rapport à l'exercice de la palestre et de la gymnastique, comme aux jeux et aux combats qui en étaient dérivés. Ce qui ne permet pas non plus de regarder ce type profane, sur un monument chrétien, comme l'eifet d'une inadvertance, ou comme une exception unique et sans conséquence, c'est que la même image de deux génies avec deux coqs s'est rencontrée sur un verre chrétien dos Catacombes, dessiné et publié par Boldetti (Ij, sans que, dans ce dernier cas, comme dans celui qui n^us occupe, il soit venu à l'esprit de l'interprète de l'antiquité ccclésiaslique d'essayer d'expliquer dans un sens chrétien une image si positivement païenne. A mon avis, continue M. R. Rochelle, cette image relative aux jeux et aux exercices de la jeunesse grecque et romaine
(1) BolJeUi, Oiscrviiz. iopra i sdcri c'urit., p. 21G.
ne pouvait avoir été placée sous le portrait de deux jeunes époux, morts sans doute à la fleur de l'âge, que par une réminiscence du procédé antique qui faisait servir h une pareille intention l'image dont il s'agit ; et c'est là un des traits les plus sensibles do l'intluence qu'exerce sur resjirit des peuples une habitude longue et invétérée, en dépit de tous les changements de la civilisation et même de la croyance.
Entre les figures symboliques, consacrées à personnifier des êtres moraux, ou des objets existant dans la nature sous une forme inaccessible à la représentation artistique, comme la terre, le ciel, les fleuves et les fontaines, les chrétiens en adoptèrent plusieurs sans en altérer le moins du monde la signification générale et première. Sous les pieds du Christ, on voit souvent un busto d'homme qui tient de ses deux mains un voile déployé au-dessus de sa tète et se dé^ veioppant en cercle. Celte figure, qui représente le ciel avec sa voûte a; rondie, est prise de la langue figurée du paganisme. Buonarotti, qui ne pouvait manquer d'être frappé de cette image, qui paraît si étrange aux personnes qui sont [leu iamiliarisées avec l'antiquité ecclésiastifîue, y voyait reaii du firmament représentée d'une manière allégogoriqiie ; le savant antiquaire romain convenait que le type en était emprunté aux monuments païv^ns, où les divinités des eaux se trouvent figurées de la même manière. La terre est représentée assec souvent de la même façon que le ciel, sous les pieds du Sauveur : c'est le buste d'une femme qui tient dans ses mains l'extrémité d'une dral)erie formant voûte au-dessus de sa tête. Le soleil et la lune sont également figurés sous une forme consacrée par l'usage. Leur présence sur h's sarco})hages chrétiens a la même signification que S!ir les tombeaux païens : c'était l'emblème de la vie humaine qui s'écoule rapidement et dont les jours fugitifs sont éclairés par le soleil et les nuits par la lune. Peut-être même la figure du soleil à un angle du sarcophage, et celle de la lune à un angle opposé, indique-t-ello le commencement elle terme de la vie humaine, comme ces deux astres annoncent le commencement et la fin du jour.
Les sarcophages que l'on est porté à considérer comme les plus anciens ne se distinguent des autres que par certaines particularités de style , qui })ermettent de les rapporter à une" époque antérieure à la fin du iir siècle. Il n'y a, sur ces monuments, aucune date précise, et la critique archéologi(jue i)eut seule guider dans les jugements que nous en portons. Les antiquaires regardent comme pouvant remonter au règne de Septime-Sévère, trois sarcophages figurés et décrits dans Bottar -, le premier, tiré de la Catacumbe de Sainte-Priscille , dessiné à la planche XXVIP ; les deux autres, trouvés aux cryptes du Vatican, d dessinés aux planches XXXIII' et XXXV' du même recueil. Le savant Sicklcr ne fait pas difficulté de les attribuer au ir siècle. Le premier Ct3
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ces ï;arcopliag<'S, du temps d'Aringhi, drposé à la villa Panlili, sciait donc, au jugement des antiiiuaires , le plus ancien monument connu de ce genre. Le st}l' en est remarnu(ible j)ar inie certaine correclion et par oies réminiscences des procédés de la belle époque de l'antiquité. Les poses, les draperies, l'expression des tôtcs, le caractère général indiquent évidemment une main exercée et line science peu connnune des secrets de la plasti(iue. Du reste , toute la comiwsition est chrétienne. Ce n'est pas un monument emprunté à l'art païen et appro|)rié d'une ni:iniè.c plus ou mo'ns heureuse à une destination chrétienne; on voit que l'inspiraiion de la religion nouvelle a présidé à la disposition et au c' oix de tous les sujets. On Iro vo la descrifitidu de ce curieux sarc pliage dans une foide d'écrits : il est, en lui-même, si ir.tércssant , que nous avons cru devoir en placer ici la description abrégée. L'a.'chileclure qui encadre les suje?s sculptés se comp.-se de portiques à chapiteaux corinthiens, sous lesque's se tiennent les quinze personnages qui entourent Jésus assis, en toge romaine, sur la chaire curule, dans l'atlilude de maître et de docteur. Pilate s'y lave les mains; en face est le sacrilice d'Abraham ; d'un côté, c'est \\ figure (^u sublime sacrifice de la croix, de l'autre, c'est le juge faible qui condamne la victime innocente qui doit être immolée sur le Calvaire. Le Christ y est représenté sous la figure d'un beau jeune homme , au visage sérieux et doux, avec de longs cheveux, divisés sur le front en deux tresses, qui retombent sur les épaules, des deux côtés : il porte au menton et à la lèvre su[)éiieure une barbe rare et courte. Ces', du reste, un type magnifique et qui ré[)ond à l'idée que l'artiste a voulu exprimer.
Le sarcophage de Saturnin us et de Musa, ayant des bas-reliefs rei)résenlant la visite des trois rois mages , nous montre l'imago de la sainte Vierge, d'après un type qui s'est constamment gardé dans l'Eglise : il y a, dans les traits du visage, une expression de douceur, de grAce, de candeur, de bonté, de modestie, qui fait pressentir l'idéal auquel s'élèvera plus tard la sculpture chrétienne. Ce monument, par le style général du travail, indique assez clairement lépoquedeConstantin, <i laquelle ap[)artient, avec beaucoup plus de certitude, le mausolée de sainte Constance.
Le premier monument dont on connaisse, par son inscription , la date positive, est le sarcopliage de Junius Bassus. On y lit l'inscription suivante :
iVN. BASSVS. V. c. QVI. VIXIT.