‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 105 sur 195 · CT · texte numérisé non relu

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Providence a posées dans les fondements do la cité chrétienne (1).

L'extr.iction des reliques des difforcnts souterrains est un fait très-ancien et qui a persévéré jusqu'à nos jours. Les protestants ne pouvaient manquer de s'en emparer comme d'un thème excellent à leurs déclamations contre l'Eglise romaine. Plusieurs écrivains se sont spécialement distingués dans une lutte où. ils ont le plus ordinairement mis à découvert leur ignorance, ou du moins leur préoccupation et leur mauvaise foi. Basnage et Brunet ont employé une foule d'arguments plus ou moins extravagants , pour démontrer que les catholiques tiraient des Catacombes les ossements des gens do la dernière condition, morts païens, et môme ceux des esclaves et des scélérats, morts victimes de la justice des lois, pour les exposer sur leurs autels à la vénération publique. Certes, cette imputation est grave, et nous devons y répondre. Nous le ferons brièvement ; mais nous espérons fournir des preuves sans réplique.

Rappelons ici d'abord ce que nous avons précédemment indiqué , à savoir que les ossements exposés sur les autels au respect des fidèles ont toujours été retirés des tombeaux qui portaient gravés sur leurs parois les signes évidents du martyre. Les emblèmes chrétiens, les symboles du martyre, la fiole de sang , les inscriptions funéraires , voilà des indices qui ne sauraient induire en erreur, môme les plus distraits.

L'histoire nous apprend par des documents positifs que les anciens Romains avaient ado-ilé l'usage général de brûler les morts ; ils en recueillaient les cendres dans des vases et des urnes destinés à cet usage, comme on en connaît une si grande quantité. Cette coutume ne se perdit pas à l'époque où succombèrent les institutions républicaines à Rome; elle fut en vigueur pondant plusieurs siècles encore. Ce fait tend à détruire jusque dans sa base l'asser'tion des protestants qui ont osé avancer que dès la plus haute antiquité, et dès les premiers temps de la république , on avait enseveli dans les souterrains les cadavres • des plébéiens.

Une seule exception à la coutume générale de brûler les morts se rencontre dans h'S traditions de famille des Cornélius. Cette illustre famille, à laquelle appartiennent les Scipions, faisait inhumer ses membres défunts. En 178^, tandis que Séroux d'Agiiicourt était à Rome , on découvrit sous la voie Appienne le sépulcre dos Scipions : c'était un souterrain rempli de sarcophages en marbre , avec des inscriptions funéraires. Les renseignements donnés par l'histoire concordent exactement avec les monuments. Mais cette hal)itude des Cornélius , à peu près isolée dans l'anùquité romaine, si bien remarqu'e par les historiens, est pour nous une garantie de sa singularité. Si la coutume d'inhumer les morts au lieu de les réduire

(J) Es(fuisse de Rome clirét., tom. 1, pp. 87etsu:v.

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«•Il condres eût 6i6 tant soit peu g(''n(''ralo, nous trouverions sans nul doute des témoignages historiques certains qui le porteraient à notre connaissance.

Alais, réi>]iqiient nos adversaires, les esclaves, les criminels , les pk''l)6iens misérables n'étaient pas généralement brûlés ajirès leur mort. Quoiqu'il s il fait mention de bûchers communs, en certains auteurs, nous savons de la manière la plus formelle , que les cadavres des hommes de la lie du peul'ie étaient jetés dans des puits et des espèces de souterrains , hors de la porte E\auiline. Tout le momie a entendu parler es puticuli et des culinœ où pourrissaient des cadavres humains, comme dans une espèce de voirie. On laissait quelquefois les morts en pleine campagne, et Horace fait allusion h cette pratique dégoûtante et b;irbare, qu.ind il loue Mécène d'avoir construit «le spleniliJes jardins sur l'Exquilin , qui, en ajoutant un nouvel éclat ci la cité , avaient rendu la salubrité à cette partie de Rome. Mais le plus souvent on les déposait dans des cavernes , dans le genre de celles dont parle Cicéron. Horace les désigne clairement dans le vers suivant :

< IIoc miserae plebi stabat commune sepulcrum.i Nous concédons ces faits ; nous ne nions pas cette coutume de porter souvent à la Voirie le cadavre des malfaiteurs et des esclaves , mais nous sommes bien éloignés d'admettre les conclusions que Ton en veut tirer. Le tort des écrivains liétérodoxes , en cette occasion comme en beaucoup d'autres, c'est de vouloir tirer des conséq ence? générales d'un fait parliculier , et d'étendre à la totalité des cimetières chrétiens ce qui ne pourrait à la rigueur s'appliquer qu'aux souterrains situés en dehors de la porte Exquiline. Les anciens puticuli, au témoignage de Varron , étaient tous situés dans le voisinage de cette porte Exquiline, tandis que les Catacombes entourent Rome de tous côtés, qu'elles la ceignent de toutes parts , dans un immense rayon et jusqu'à une grande profondeur. La question reste donc intacte et sauve en faveur des catholiques. 11 est même à remarquer que ce n'est point dans cette direction que les chrétiens se sont plu à porter les corps de leurs ffères ; ils avaient un:' aversion profonde pour les sépultures profanes, et ils professaient un trop grand respect pour les restes de leurs martyrs , de leurs parents et de leurs amis, peur les mettre en terre à c(jté des ossements des criminels et des gens qui formaient le rebut de la société.

On a attaqué l'aulhenlicité des reliques provenant des Catacombes , non-seulement dans le siècle dernier, mais encore dans les premières années du siècle actuel. On a combattu plus vivement [)eut-ètre encore les coutumes de l'EgHse romaine, louchant l'extraction des ossements des martyrs, que ne l'avaient fait les écrivains du xvn'ctdu xvni' siècle. Ceux qui se mirent à la tète de cette lutte, renouvelée des amères discussions et

des continuelles récriminations des protestants et des philosophes contre les pratiques de l'Eglise, s'imaginaient avoir entre les mains des armes mieux trempées que celles de leurs devanciers. Ils faisaient grand bruit des progrès de la science historique, et surtout de la critique des monuments. Ils ne chercliaiont pas non plus, tant s'en faut, à dissimuler leurs prélentions et ii cacher le but qu'ils $0 jiroposaieut d'atteindre : ils ne voulaient lien moins que détruire la vénération sécu'aire que les chrétiens professent pour les Catacombes, et mettre en suspicion les reliques placées sur tant d'autels et exposées au culte des fidèles. Ce sujet n'était d'ailleurs pour eux qu'un champ de bataille sur lequel ils appelaient nos dogmes les plus sacrés pour les combattre, el, suivant leur langage arrogant, pour les vaincre et les détruire.

Le moment était mal choisi pour insulter aux tra iitions chrétieimes sur les Catacombes de Rome. Li science archéologique comptait ses plus habiles adeptes parmi les c-itholiques et les défenseurs du siège pontifical. Nous comptions déjà des noms illustres entre les érudits et les antiquaires qui ont écrit sur les sépultures des martyrs, les Mabillon, les Montfaucon, les Muratori, les Foggini , les Lupi , lesRoldetti , les Bottari,les Bianchini, los Fabrelti , les Benoit XIV, les Buonarotti, les Mamachi, etc. Dans ce siècle, nous possédions des savants non moins distingués : Séroux d'Agincourt, l'auteur de V Histoire de l'Art par Us monuments, ce Français passionné pour l'étude de l'anti {uité, qui partit pour Rome afin d'y étudier pendant quelques mois les œuvres de l'architecture romaine, et (jui y passa cinquante ans de sa vie ; Raoul Rochette , Visconti, Cancellieri, Marini , Adami , Settel-^ RhL'inwaki, AVolkmann, Sickler, le P. Marchi, le b iron Marie-Théodore de Bussierre, D. Guéranger et les Bénédictins de Solesmes, etc., etc. Certes, de pareils noms sont synonymes de la science grave et impartiale, et de l'ensemble de leurs travaux résulte cette conclusion que les Cacatombes sont des tombeaux chrétiens creusés à l'âge des persécutions, et que rien n'est plus naturel que d'y retrouver aujourd'hui ce ^pii y a été autrefois déposé.

Sans revenir sur ce que nous avons dit précédemment, nous rappellerons à quelques voyageurs anglais, plus zélés pour le protestantisme que versés dans les sciences d'érudition, qu'ils ne sauraient, par leur autorité personnelle, contre-bilancer l'unanime témoignage de toute l'antiquité ecclésiastique, et faire passer les cryptes romaines [lour des lieux de sépulture commune aux chrétiens et aux païens, ou bien encore pour ces puiiculi dont nous avons déjà parlé, dans lesquels on jetait le corps des esclaves et des gens du bas peuplf dont la famille ne pouvait pas faire les frais du bûcher. Notre illustre Malii.lon, dont nous avuns déjà invoqué le témoignage et autpiei nous aimons à recourir, a fait voir, avec la plus grande évi-

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dence, que les galeries souterraines des Galacombos n'avaient rien qui piU les fa re confondre avec les espèces de fosses communes dans lesquelles on jetait les cadavres (les malfaiteurs, des esclaves et des malheureux. Ces remarques de l'érudition ont été, de nos jours, renforcées f>ar les plus lumineuses et les plus solides observations de l'archéologie. S'il est désormais un fait hors de toute atteinte, c'est que, en ftisaut même abstraction des tém;)ignages innombrables des monuments les plus autorisés de l'antiquité chrétienne, la seule élude des peintures, des mosaïques et des verres peints trouvés dans les Catacombes , conduit à cette inévitable conclusion que ces souterrains sont des sépulluies exclusiveme;it chréliennes, ouvertes au ii' et au m' sièc'e. Assurément il ne faut pas avoir une grande intelligence, ni faire de grands frais d'érudition, pour savoir avec (pielle certitude il devient possible de p.ononcer sur l'époque à laquelle on doit rapiiOitor telle peinture, tel objet d'art, par la seule appréciatif du caractère et de la manière; et Ion ne saurait nier que l'ana'yse arciéologique ne vienne directement en conlirmation des faits historiques.

Nous donnerons encore quelques détails sur la discrétion qui p.ésidc tnijours dans l'exhumation des corps dépos 'S dans les Catacombes, et sur les [)récautions qui dirigent dans la distribution dos reliques aux diverses églises de la chrétienté.

Ce fut sous le pontiticat de Clément VIII, dans les premières années du xvii° siècle, que l'espérance de retrouver encore quel({ues corps de martyrs engagea le saint-siége à faire tenter des fouilles dans les Catacombes, pour ainsi dire retrouvées. Les avenues restées inaccessibles en paraissaient entièrement dépouillées, et n'oOfraient que des tombeaux vides ou dépourvus des signes du martyre. On osa percer à travers les éboulements, et, en enlevant le sable amoncelé jusqu'aux voûtes, on découvrit de nouveaux sentiers; mais tous les corps qu'on y rencontra ne furent pas pour cela réputés des corp»s de martyrs.

L'extrèmeréservequePiOmeatoujours gardée dans ce qui concerne le culte des saints, réserve à laquelle les protestants imparlia ix ont plus d'une fois rendu hommage, ne permettait pas de laisser celte matière de la découverte et de la reconnaissance des corps saints, sans règles spéciales et propres à prévenir les abus. Toute la question consistait à détermineravec certitude le fait du martyre. Les signes présumés qu'on [iouvait alléguer étaient le chrisme , monogramme formé du XP (xt,/f'j) que plusieurs vo daient interprélir Pro Christo , au moins quand il se lisait sur la tombe des martyrs; l'inscription in pnce , à cause de ces paroles : Corpora snnctorum IN PAGE sepulla sunt ; les couronnes quelquefois gravées sur les pierres du tombeau; les palmes ([uon y trouvait aussi, mais plus fréquemment, soit qu'elles fussent tracées sur le marbr.', peintes sur la brique, ou enfin

grossièrement dessinées sur le ciment; enfin le vase de verre placé à côté d'un certain nombre de corps, près de la tcte, et marqué au fond et sur les parois d'un sédiment rougeiUre, présentant l'apparence d'un reste de sang desséché par l'action de l'air depuis des siècles.

La Congrégation des cardinaux, préposée au jugement de toutes les questions qui concernent les saintes reliques, après un mûr examen, rendit un décret le 10 avril 1668, dans lequel, ajournant sa décision sur la valeur des autres signes dont nous venons de parler, elle prononça que la palme jointe au vase de sang formait l'indice trcs-certain du martyre, faisant défense de procéder à l'enlèvemenl des corps qui ne seraient pas revêtus de cette garantie.

On ne saurait trop louer la haute sagesse de l'auguste tribunal qui porta celte décision, corroborée depuis par un grand nombre de réglera 'n's d'application éman^'s do la mémo autorité. Tout homme de bonne foi veria ici une preuve de plus de l'extrême délicitesse avec laquelle l'Eglise traite les objets qu'elle croit pouvoir oifrir à la vénération des peuples. Elle sait trop bien que noire Dieu eA un Dieu de vérité, pour croire qu'on le puisse honorer par le mensonge, et elle est d'autant plus éloignée de propager les fausses reliques et les faux miracles, qu'il est juste de dire que, prtr suite de l'application des règlements dont nous venons de parler, un plus ou moins grand nombre de corps de véritables martyrs est condamné à rester sans honneur, jusqu'au jour de la résurrection dans la poussière des Catacombes. Il f^ut avouer que voilà un genre de superstition bien raisonnable, ou, si l'on veut encore, une cupidité bien consciencieuse.

Quant aux signes de la palme et du vase de sang dont la réunion est nécessaire pour constater le martyre , voici ce que D. Mabillon a écrit sur le premier des deux : « Mon opinion est que la palme est un indice propre aux tombeaux chrétiens, et je me sens incliné à la considérer comme un symbole do martyre au moins probable, destiné à signifier la victoire sur le péché et les tyrans. Bosio avoue qu'elle était commune aux chrétiens et aux païens, et c'est jîour cela que la sacrée Congrégation n'a voulu, dans sa sagesse, la ri connaître pour très-certain indice de martyre, que lorsqu'elle se rencontro non isolée, mais jointe à la fiole de sang. Pour moi, je croirais plutôt que la paime n'était jamais gravée sur les tombeaux gevitils, mais bien plutôt le cyprès, ain-i qu'il consle d'après Pline et autres auteurs [)rofanes (1). »

(i) « Sane palmam Clirislianorum sepulcris propriain esse credere maliin, et ferc inclinai aniraus ut eam probabile saltcui martyrii symbolum.exisUmein, a;l denotandam niarlyrunide peccalo et lyrannis victoriam. Hanc paganiset Chrislianis conimunem olini fuisse Bosius lalelur. Unde consuUisslnie sacra illa Congregatio palmam non solilarie sumplam, sed cuni sangiiincis conjnnctam pliialis, pr.o cerlissimo sig«o raariyrii agnoscil.Qiianquara vix crcdiderini paluiam

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Ainsi donc la pilnie est un indiro probable qui passe h l'état de certitude, si le vase de 5a n g s'y trouve joint. Pour coiiinf-endre toute l'autorité de ce dernier si^^ne, il faut se rai)peler que les premiers cliréticns, en ensevelissant les corps des niartyi s et en lavant leurs blessures, étaient attentifs à recueillir en môme temps le sang (ju'ils avaient r('[)andu. Cf'tle pri'caution leur était inspirée p.ir Je désir de donner une plus complète sépulture aux athlètes du Christ, et aussi de perpétuer la mémoire de leur victoire. Ce fait est constant par les monuments les plus graves, et les exemplesn'en manquent pas dans les Actn sincera mnrtyrum, publiés |)ar dom Ruinart. Nous nous contenterons de rappeler le martyre de saint Cyprien , après les faits qxie nous avons mentior.nés ci-dessus. Dans l'histoire du martyre du saint évèque de Carthage, on voit (jue les lidèles étendirent des linges sur la t ne a;!tour du saint martyr, afin de recevoir le sang au moment où !e bournau lui trancherait la tète (1). Dans les intervalles du supplice, nous lisons que les chréli. ns essuyaient le sang qui coulait des plaies du saint diacre Vincent, pour garder ensuite ce précieux gage de sa constance comme une bénédiction pour leurs maisons (2).

A la paix de l'Eglise, on savait si bien que l'ampoule teinte de sang déclarait manifestement le martyre, qu<' ^aint A mbroise, parlant de la découverte qu'il avait faite des eorps des saints Gervais et Piotais, atteste expressément avoir trouvé le snnfj triomphal de ces deux martyrs, et en célèiSre la couleur, encore reconnaissable , avec les merveilles qui furent opérées à son occasion (3). Au même siècle, saint Gaudence, évêque de Brescia, atteste que le sang des martyrs, conservé dans sa fiole, suffit pot r prouver leur passion (k). Saint Grégove (".e Tours en parle de la même manière (5); et, au IX' siècle, le pape saint Pascal, dans sa lettre sur l'invent.on <le sainte Cécile aux

genlilium tiimulis unqiiam impressam fuisse, scd poilus cypressuni, ut ex Plinio ;>liis(Hie profanis ;nictoribus conslal. » (D. Mabilloii, L put. Euscb. lian , pag. 211.)

(1) « Linleamina vero et inamialia a fraliii)iis anic euui mitlcbanUir. > {.\c:a procomutiria .S. Cipiiuii, ap. Ruinarl.)

(2) « Plerique veslcni liiicam Slillante tingunt sanguine Tulanicn ul sacrum suis Domi rescrvenl poslcris. »

(PiîLDKNT. l'erislepli , Injnm. S. Mue.)

(3) f El l»ic san;^uis clanial coloris inilicio : sanguis clamai operalionis pra-conio : sanguis clamai passionis Iriumpiio. » ( S. Ambios., ephl. ad sororem, 22, n. 25.) « Collcgimus sanguiiicm Iriumplialeni. > (Id., e hntat. iiri,init., cap. 2, n. 9.)

(4) I Posl ip.-.os habc.nns Genasium, I*iotasi;un atque Na/.arium, be.ilissimos martyres, rpii se anic paucos aniios apud urlx-m Mcdiolanenscm sanclo saceriloli Ambrosio rovclarc. iligiiali suni, «{iioiiim sanguiniîMi iciiemus gypso coltccuim, niliil aniplius relinenies ; tenemus onim ^anglllnt'm (|ui lesiis csi passionis. » (S. liaiul ni. Brixin., hoini . ht detii al. basilkce, p. 550.)

(y) S.Grogor. Turou.,rf(; G'.ona nuitijr. m, cap. 17.

D.crioNN. !)'.\:\rniioi.ociHî sacuku. 1.

Catacombes, déclare avoir trouvé avec le (■orjis les linceuls encore teints de sang, dont les fidèles avaient essuyé le corps do c» tte admirable vierge (1).

Hien n'est donc pi s certain que l'intention (Uii pr miers chrétiens lorsqu'ds plaçaient ces (ioh s de verre auprès des corps (pj'ils ensevelissaient dans les Calacombes. Au reste, la matière que ronl ennent ces fioles ayant été autrefois, comme le rai)porte <lom -Mabillon, envoyée au célèbre Ledjnilz, et soumise par lui à l'analyse, ce savant homme y retrouva tous les princijyes qui dénotent la présence du sang humain. La n.ème exp'rience , tout récemment reconuuen(<*e h Rome avec les moyens perfectionnés de la chimie actuelle, a produit le même résultat, et le témoignage de la science , une fois de jilus, a confirmé celui de l'histoire.

Vers la fin du xvn* siècle, dora .Mabillon, après avoir fait le voyage de Rome, durant lequel il avait cru reconnaître que l'al^sence ^\es précautions indiquées et oi données dans le (!écrcl du 10 avril 1668 avait dû produire (iaiis le passé plusieurs abus, cr; t devoir publier son sentiment dans un opuscule latin, depuis traduit en français , qu'il intitula : Epistola Eusebii Romani ad Theophitum.

Nous avons vu plus haut le sentiment du docte bénédictin sur les Catacombes, comment il les considère comme des sé[)ultures exclusivement chrétiennes, comment il confesse que la palme jointe au vase de sang forme un indubitable signe du martyre; comment il rend justice à la sagesse du décret romain ; on ne pourrait donc interpréter ses intentions dans un sens défavorable aux corps saints qui sont extraits avec les [irécautions de droit, c'est-à-dire ceux qui sont délivrés avec l'ampoule de sang et le pîocès authentique de leur découverte. Nous n'entendons |)as plus que lui [)ren re la défense de ceux qui seraient dépourvus de ces signes inùisi)ensables; nous louerons seulement la rare droiture de ce savant religieux qui, craignant que certaines expressions un jieu dures de son livre ne fussent de na ure h cho(|uer les iaibles , crut devoir donner une seconde édition, dans laquelle il fortilia les traditions romaines par de nouveaux arguments, et protesta contre toutes les fausses interprétations qu'on aurait pu faire de son zèle contre des abus anciens , mais toujours répréhensibles.

Nous terminerons ces courtes ( xplicatioi s, dont les dernières sonteuq>runtées à un opuscule de donUiuéranger, intitulé : Explications sur les corps des saints martyrs extraits des Catacombes de Rome, et sur le culte qu'où leur rend, en insérant ci-dessous quelques paroles d'un homme , d'un catholioue , xl'uu évèqiie qui, plus heureux que d'autres, a trouvé grâce devant les espiits forts i^iv

(l)i Ubi eliam linleamina, cnm qniiius sacralissimum COI pus cjus abslcrsum csl ( »; plagis cpias S|>icul;:lor trina ^u'rcussionc crmldilcr inge^soral. in uiiiim levoiiila pteiiaiiuc crooro invcnimiis. > ( I'hsclialis 1, l'pisl lu (tt! inteiitu c^rp.re S. Cad ùr, ap- Lable>ut )

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xviii' siècle : nous lo reiiroduisons avec <;onlianeo devant ceux du xiv. Voici comment s'exprime Fénelon dans un discours au sujet de la translation du corps d'un martyr des Catacombes romaines, donné par le souverain pontife h une église de Paris :

« Précieuses dépouilles du martyr ([ue nous célébrons, vous sort.'Z de ces lienx souterrains oil la nouvelle Home, mère des marlvrs, porte dans ses entrailles ceux que l'ancienne llome, idolâtre et enivrée du sang des saints, a persécutés. Heureuse la Franco qui vous ouvre son sein avec cette pieuse })ompel Heureux le jour qui éclaire cette fêle ! heureux vous-mêmes , mes frères , à qui Dieu donne de la pouvoir célébrer!

Fleurissez ! revètez-vous de gloire , sacrés ossements, et répandez dans toute la maison de Dieu une odeur de martyre (I) !

« Qu'importe que la mémoire de la sainte vie et de la cour;igeuse mort de celui que nous honorons soit ensovelic ■ .'ans les débris de tant de corjis sacrés ? Cel ui qui les ranimera au (iernier jour saura les distinguer et séparer toutes leurs cendres. Il n'a pas oublié ce que celui-ci a fait et soulfert. 11 a compté toutes ses douleurs, et maintenant il le courorme. Pour nous, mes frères, il nous suffît de savoir que c'est un de ces généreux lidôles qui ont livré leur âme pour le nom du Seigneur Jésus-Christ. Fiole pleine du sang qu"il a répandu, et vous, palmes qu'il a méritées par son martyre, vous serez à jamais, dans les assemblées des justes, la marque de sa gloire et du triomphe de la vérité (2). »

Peintures dans les Catacombes ; procédés usités ddiis les cimetières sacrés; principaux sujets ; caractère (jénéral de la peinture à cette époque; images de Notre- Seigneur j de la sainte Vierge et des apôtres.

En abordant l'étude des peintures chrétiennes des Catacombes, nous devons discuter l'Age auquel on doit en attribuer l'exécution et faire connaître les procédés lechni(jues usités en peinture dans l'antiquité, dont l'application a été faite aux monuments iconologiques des cimetières sacrés. Nous possédons d'assez nombreux docujnents historiques, surtout dans la Vie des papes par Anastase le Bibliothécaire, sur la décoration des tombeaux et des oratoires ; mais ces renseignements ne remonti'nt l'as au delà d'une é[)Oque antérieure à la conversion de Constantin. Il résulterait de là que les représentations peintes des Catacombes ne sauraient être rapportées qu'au iT' siècle et aux siècles postérieurs. Mais quand on examine les peintuies ell^-smôtpes et qu'on les com; are entre elles, on ne tarde j)as à se convaincre qu'elles ne sauraient toutes être attribuées au siècle de Constantin. Non-seulement le système général de la décoration, le caractère, les ty-

(1) Œuvres de Fénelon, toni. XVII, sermon pour iu icie d'un mariijr, pag. 271.

\-i) ibid., pg. 27y.

pes, mais encore une foule de détails do iiaturc variée , conduisent l'archéologue h établir ileux épociues ditlerentes, auxquelles il rapporte les plus remarquables compositions. Dans les unes, sans doute les plus anciennes, on remarque des traits évidemment imités de l'art païen sous les empei-eurs qui vécurent à la tin du ii' siècle. C(^ sont les mêmes poses, les mêmes draperies, le même style, en un mot, les mêmes principes qui président à l'exécution des œuvres païennes et des œuvres chrétiennes. En comparant les monuments profanes avec les monuments sacrés, on acquiert promptement la conviction qu'ils ont entre eux des r,ip[)orts frappants. L'argument d'analogie, si foit dans les matières archéologiques , peut être ici invoqué dans toute sa puissance. D'autres peintures, celles qui furent exécutées sous la direction des souverains pontifes et alors que les persécutions avaient entièrement cessé , offrent moins de réminiscences idolàtriques. On y sei;t toute l'impuissance de l'art, malgré ses efforts pour s'affranchir et suivre des ten ances propres; mais on y découvre beaucoup moins de formes copiées des tableaux inspiras par des croyances différentes. L'observateur remarque avec quelque surprise la ressemblance générale des peintures primitives des Catacombes avec les peintures idolâtriques. Quant à l'ensemble des dessins qui forment la décoration » c'est un système absolument identique ; il n'y a que Tiutention qui soit changée. Les anciens Romains ornaient leurs sépultures de Heurs, de guirlandes, de couronnes, d'animaux symbohques ou fantastiques : au milieu des feuillages apparaissent des génies ou des figures emblématiques. Les chrétiens adoptèrent le môme parti. Comment auraient-ils pu exprimer leurs idées en peinture, sans recourir aux types créés par le paganisme pour rendre des idées analogues? Un fait qui, au premier abord, paraît étrange, trouve son explication dans la nécessité et dans l'ordre naturel des c oses humaines. De même que les chrétiens ne purent, dès l'origine, rendre leurs pensées qu'en prenant à la langue ses formes littéraires, de même ils furent obligés, pour manifester leurs idées artistiques, de suivre les modèles admis et de ne pas s'écarter des traditions consacrées. Dans le premier cas, ils modifièrent ou changèrent complètement la signification des mots, pour exprimer des choses nouvelles , comme lorsqu'ils employèrent le mot gratia pour désigner h grâce chrétienne , cette grâce dont saint Paul nous révèle quelques-uns des profonds mystères ; dai;s le second cas, ils modifié rent également le sens de cette langue imita^ tive dont les figures sont les lettres, dont les formes humaines, végétales ou conventionnelles, forment les principaux éléments. Dans cet emploi, il n'y a rien que de permis et de légitime ; les signes destinés à montrer extérieurement notre pensée sont on eux-mêmes absolument indifférents:

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