‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 116 sur 195 · HIC lACET PERPETVVS IN ClIRISTO · texte numérisé non relu

HIC lACET PERPETVVS IN ClIRISTO

DEO SVO PERBENEMERITVS QVI VIXIT ANNOS XXV l.EONTIA MATER TITVI.VM POSMT IN PACE

( Muratori, pag. 1923, 5. )

Nous ne pousserons pas plus loin ces citations : nous les avons failes pour montrer de (luelle im[)ortance en théologie sont les vieilles inscriptions des Cafacorabes. Les protestants y trouvent la condamnation de leurs doctrines. Que pensent-ils, par exem[)le, des inscriptions suivantes ? N'y voit-on pas un témoignage frappant en faveur de la croyance cathohque, qui admet l'existence du purgatoire et rellieacité de lintercessioii des saints au[>rès de Dieu, pour les chrétiens qui vivent sur la terre ?

SEPVI.r.RVM. QVI. IN. IIANC. AEDEN ^'ENE. RANDAE XPI MARTVRIS. CAECILIAE

srrvs EST. in. qvo. et. qviescit. in. pace

MOSClIVS. IIVMIEIS. KIACONVS. SCE. SEIUS

AI'LIf.E. OMNES. EXPOSCENS. VT. PRO >IE

DNVM EXORETIS. QVATENIS. EIVSDEM. SA

CRATISSIMVE. VIRGINIS. INTERVENTIONE.

CVNtTORVM. CONSEQVI. MEREAR. INIlVLGENTIAM

DELK.TORV.

Cette insrriplion est extraite du Trésor de Muratori, pag. lOlV h. Le même auteur en rapjiorte uik; autre ( pag. 1910,2.) pl.U'éo sur le tombeau de Martin, moine et évèipie:

ROi;0 vos OMNES QVI HINC TRANSITIS ORARE PRO ME.

CAT

Une autre iiiscriplion, plus ancienne encore que les précé'dentes, est rapportée par Lupi, pag. 167. Elle appartient h lvcifera

quœ MKHVIT TITVLVM INSCRIBI LT QVIVIS DE la.VTUIBVS LEGERIT ROGET DEVM UT SANGTO ET IN'NOCENTI ESPIRITO AD DEVM SVSCIPIATVR-

Peut-on rien voir de pkis précis pour montrer refîîcacité des prières pour les morts? Si Ton prie pour les morts qui ont encore quelque chose à expier, c"est qu'ils sont dans un lieu intermédiaire entre la terre et le ciel, c'esl-a-dire dans le purgatoire. L'inscription du diacre iMoschus ne montre-t-elie j)as également la croyance à Yintcrccssion ries saints : Qualouts cjusdem sacrotissimœ rirginis, id est Cœciliœ, intcrventione cunctoruin consequi merear indulgcntiam delictorum ?

En terminant notre travail sur les Catacombes, nous faisons à notre lecteur un souhait dont nous empruntons les termes à une inscription des Catacombes ( Boldetti, pag. i20) :

QYI LF.GERIT VJVAT IN CHRI3TV.

CATHÉDRALE (Eglise).— L L'église cathédrale est cellii qui possède un siège épiscopal. C'est Véfjlise par excellence ; et dans les auteurs oii trouve très-f équemment le nom de la ville où elle est située, comme église de Lyon, église de Rouen, église de Bourges, église de Tours, etc., jour désigner la cathédrale. On l'appelle souvent encoie Végliscinère, parce que primitivement l'évèque seul conférait solennellement le baptême dans son église ou dans le baptistère, monument attenant à la cathédrale et en faisant partie essentielle. De là les privilèges sans nombre qui fuient accordés aux églises matrices ou boplisnialcs.

Tracer l'histoire d'une église cathédrale, c'est écrire l'histoire ecclésiastique d'une ville et d'une province ou diocèse. Aussi, en archéologie, rien de plus important, ai double point de vue historique et artistique, que la description de ces édifices.

Dans un ouvrage sur Les Cathédrales de France, publié en 1843, sous les auspices de Mgr Dufètre, évêque de Ncvers, nous avons écrit les lignes suivantes, que nous transcrirons ici :

« L'étude des cathédral' s de France est éminemnienl utile et agréable aux esprits sérieux. Llle intéresse éga em(;nt, soit que l'on aime à considérer les admirables transformations que l'architecture a subies de siècle en siècle, sous le souille de l'inspiration chrétienne, soit que l'on préfère s'attacher à la recherche des causes de cet entraînement immense qui poussait l'art dans di s voies mystérieuses, en employant les {topu- 1at;ons entières à la réalisation des plus gigantesques proj( ts. Au point de vue de l'art, comme sous le rapport historique, cette étude peut faire naître les réilexions les plus religieuses et les plus philosophiques. Qui pourrait résister à des émotions profondes, en wontcmi)lant les cathédrales de Reims, d'A-

miens, de Paris, de Bourges ou de Chartres? Il suffisait bien pour le triomphe de notre foi que la doctrine évangélique surpassât toute doctrine venant des hommes; mais pour notre consolation , Dieu a voulu que les monuments du christianisme fussent élevés bien au-dessus des autres monuments construits pour des destinations diverses.

« L'aspect seul d'une cathédrale, quand on sait en comprendre la signification , est un des 1)1 us admirables spectacles dont puisse jouir l'œil de l'homme sur la terre ; il y trouve l'image d'un temple i)lus auguste, et comme le vestibule de la Jérusalem céleste. Nous voici devant un des plus beaux: édifices du moyen âge : c'est la cathédrale de Reims, d'Amiens, de Bourges ou de Chartres. Voyez d'abord cette façade grave et solennelle; assombi'ie à sa base par les noirs renfoncements de ses trois portails, elle devient plus légère, à mesure qu'elle s'éloigne du sol. Mille ornements divers s'unissent pour en couvrir toute la surface : dais , aiguilles, pinacles, fleurons , guirlandes , couronnes , statues, bas-reliefs, figures fantastiques, se développent selon les lois d'une symétrie pleine de goût. Au point où les ciselures et les broderies deviennent plus délicates et semblent flotter au souille des vents, on voit s'élancer ces clochers, ces flèches de toutes hauteurs, de toutes dimensions, luttant d'efforts pour atteindre le ciel et y [>ortcr jusqu'aux ideds de Dieu les odeurs de l'encens et l'invocation des peuples. Emblèmes des vœux et des soupirs des fidèles, toutes les parties de la construction se dirigent en haut. Le monument pose à terre, mais c'est pour prendre son essor vers les régions supérieures. La ligne horizontale, génératrice des formes de l'architecture païenne, est entièrement brisée; à sa place se dresse la ligne verticale, qui tend toujours à monter, symbole des aspiraiions de l'humanité vers son divin Auteur; allégorie sublime des efforts de l'Eglise militante !

« Inclinons notre tète sous ce portail, devant cette multitude qui garnit les voussures et qui {)euple ces niches innombrables. Toutes ces ligures sont celles des martyrs et des confesseurs de la foi, des saints pontifes qui en ont été les gardiens, des anges et des autres soldats de la milice céleste, qui veillent autour du trône de Dieu. La figure du Christ domine toutes les autres, accompagnée de celle de sa divine Mère, symbole de la justice el de la miséricorde, tous ont les yeux tixés sur i ous, comme pour nous demander compte des sentiments qui possèdent notre cœur et des pensées que nous portons au pied des autels.

« Franchissons le seuil de la basilique. O merveilla 1 Au lieu de cet aspect grave et mélancolique de l'imposante fa(;a;!e, c'est comme une apparition des splendeurs célestes! Les voûtes semblent suspendues en l'air, comme une tente magnifique soutenue par les anges. Les colonnes s'élancent avec grâce et s'unissent étroitement en gerbes 1 gères; les arcades se succèdent dans une perspective enchantée; l'œil mesure avec étonneincnl les

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