C.VT
slruclion do lacatliûdralo était poiincs peuples clirtMiens un héritage sacré, qa'unc génération léj^nail h celle qui la suivait, liélilaj^^e toujours accueilli avec enthousiasme, cultivé avec amour. L'évèque Evrard de Fouilloy mourut lorsque l'église sortait à peine do (erre ; Robert de Lu/arches le suivit de |)rès dans la toml)e. Sous Tépiscopat de Gaudefroy ou (leotl'roy d'Eu, la direction de l'œuvre fut confiée ^ 'l'homas de CormonI, lui éleva la construction jus(|u'à la naissance nos voûtes, en 1228. Son tils, Renaud de Cormont, lui succéda dans la continuation de la noble entreprise, qu'il eut le bonheur de terminer en 1288. Par une sagesse (fui mi'rilc toute espèce d'éloges, le plan jirimilif (racé par Robert fut scrupuleusement suivi par ses successeurs : ce qui nous explique la pure unité qui règne dans toutes hvs j)arties du monument. La seule modilica'ion qui l'ait altéré, c'est l'addition de chapelles latérales autour de la grande nef.
Robeit de Ln/.arches, Tiiomas et Renaud de Cormont sont du petit nombre des architectes de ce temps dont le nom soit parvenu jusqu'à nous. 11 fallait que ces hommes eussent des connaissances très-étendues en architecture pour parvenir à élever une basilique aussi vaste et aussi remarquable; tous trois faisaient sans doute partie de ces corporations d'arlistes cjui, s'étant voués à la construction des édifices religieux, parcouraient alors le monde chrétien, offrant leurs services dans les diocèses, pour bâtir et réparer les églises. Le chef de l'en! reprise était ordinairement appelé maître de l'œuvre, et quelquefois, plus nio lestement encore, maître -maçon. C'était lui qui dirigeait les travaux sous l'inspection de l'évoque. Les architectes qui bâtirent, au xiii' siècle, les églises cathédralesde Cologne, de Strasbourg, de Fribourg en Brisgaw, et plusieurs autres églises d'Allemagne, étaient agrégés à des associations de môme nature.
L'intérieur de la cathédrale d'Amiens, par ses dimensions colossales, l'élévation des voûtes, la hardiesse des arcades, la beauté des colonnes, la délicatesse des fenêtres, l'heureux accord des proportions, l'unité de style, la régularité de lensenible, Iharmonie des détails, est pout-ôtre l'œuvro la plus irréprochable de toute la i)ério;le ogivale. L'ampleur des différentes parties qui s'étendent dans de justes rapports, la majesté des grandes nefs qui s'allongent dans une perspective sur|)renan'e, la gravité du chœur C't du .sanctuaire, tout concourt à donner au monument un caraclère imposant et religieux. Qu'ils sont loin de Ih nos monuments contemporains avec leurs dorures, leurs marbres et leurs peintures I Ils él)louisscnt l'œil par l'éclat de leurs ornements, mais ils ne réveillent dans l'àme aucune émotion élevée: ils ne sont point lia!)ilrs par cet ruprit nijjstérieux et divin dont on ressent si bien la douce influence en [)én('ti-ant dans une de nos grandes cathédrales ! Les églises gothiques sont vivantes, pour ainsi iliic; animées