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d • la présence môme de Dieu, elles parlent encore par un synd)olisme expressif.
La cathédrale d'Amiens, dont le plan ost en forme do croix latine, |)résonte l.'iS métros 35 cenlimètros dans sa plus grande longueur, 32 moires <ja contimèlres de largeur dans œuvre; la croisée a 0) mètres de longueur sur iï mètres 25 centimèîres de l.irgour; la hauteur totale sous v.u'ito est do VV mètres dans la nef et de W mètres dans le clninir.
Dans le langage populaire, la nef d'Amiens, unie au chœur do Beauvais, au portail de Reims et à la flèche de Chartres, formerait une calhédralo parfaite. Nous avons apprécié ailleurs celte alliance, qui poin-rait bien être monslruouse; mais il est impossible de trouver rien de comparable h la grande nef de la cathédrale d'Amiens: c'est le dernier lernio de la perfection. Un auteur moderne a dil : « La basilique d'Amiens est aux autres temples gotldques ce (pie Saint-Pierre de Rome est aux temples modernes do ))remier ordre (1), » voulant oxprimiT ainsi lincontostable supériorité de cet édifice sur tous les monuments du même genre et de la môme épo({ue. Les colonnes se groupent avec une rare élégance, s'unissent étroitement en faisceaux d'un effet pittoresque, s'élancent hardiment jusqu'à la naissance des arcades des travées. Klhs sont couronnées de clia[»iteaux dignes d'attirer l.'atleiition autant par la variété de leur composition que par l'exécution soignée de leurs ornements. Ce sont des feuillages réuids avec un goû! exquis, d'une pureté de formes, d'une délicatesse de contour, d'une grâce de découpure , d'un fini de travail, qui ne sauraient être sur|)assés. La verve et la science des artistes se sont élevées à une hauteur difficile à apprécier pour ceux qui n'ont pas étudié avec une scrupuleuse attention toutes les merveilles de la sculpture monumentale.
Dans quel édifice trouverons- nous des voûtes plus légères, plus hardies que celles qui s'étendent sur toute la cathédrale d'Amiens ? L'œil aime à suivre leurs courbes gracieuses, à s'ég.i-er dans le.irs valves séparées par de belles nervures, à péi'.élrer dans leurs clefs ciselées à jour, à cintompler leurs arêtes solides. Si généralement les voûtes Ogivales doivent être regardées comme le triomphe dos architectes chrétiens, les voûtes d'Amiens doivent être considérées comme la limite que les forces de riionuiie ne sauraient dépasser. Obligés de suivre le plan arrêté par Robert de Luzarches, Thomas et Renaud de Cormont réunirent tous les efforts de leur science et de leur (aient pour amener à la plus grande perfection possible les parties dont ils dirigeaient lexécution. Ces grands hommes ont vaincu heureusement les plus sérieuses difficultés, el ils ont su comuumiipier à leurs (ouvres ce cachet de véritable grandeur (pii les rend })ropros à sei'vude modèles et de types.
(I) IIuol, Parallile des temples amicnsjgolliiqueaet inodciins.
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Nous avons peine à comprendre pourquoi le chœur do Beauvais est préfère^ à celui d'Amiens par quelques antiquaires. On ne saurait pourtant rien imaginer de jilus harmonieux, de plus grandiose que ce dernier; les proportions en sont vastes, l'effet est saisissant. Ajoutez aux beautés architecturales d'inimitables boiseries, formant une enceinte (lui ne peut avoir de rivales que dans celles d'Auch ou d'Albi. Les stalles, surmontées de dais, sont sculptées avec le mérite propre aux artistes de cet <1ge : ce sont de tous les cùtésdes statues, des bas-reliefs représentant différents traits de l'Ancien et du Nouveau Testament, des Irèlles, des aiguilles, des pinacles, des dentelures, toutes les formes capricieuses et pleines de grâce de la dernière période ogivab-. Le teuips a donné au bois une teinte d'ébène qui reîève encore le fini précieux de l'ouvra^^e, et lui donne le môme degré d'intérêt que la patine aux médailles et aux bronzes anti(jues. Les boiseries d'Amiens, plus heureuses que le monument qu'elles décorent, n'ont jamais été souillées ni par la peinturo, ni par le badigeon; elles sont restées intactes, telles qu'elles sortirent des mains dos sculpteurs, et l'on peut y retrouver l'esprit et la finesse du ciseau de l'artiste.
Malheureusement les belles feiièties de Notre-Dame d'Amiens ont perdu leur ornement ; elles ne gardent plus que des débris des antiques vitraux, faibles vestiges de leur ancienne magnificence. La lumière, arrivant sans ol)Stacle, est beauco ip trop répandue FOUS les voûtes et dans les nefs. L'enceinte, tout entière ouverte aux rayons du SMieil, ne présente, en aucun instant de la journée, celte obscurité mystérieuse qui plaît tant aux Ames chrétiennes dans nos vieilles églis-^s; le jour ne descend point jusqu'au pavé teint des mille nuances de l'azur, du rubis et de l'émeraude, empruntées aux riches vitraux de couleur. Pour exciter en nous de filus vifs regrets, il reste encore ijuelques fragments propres à nous donner une idée de la somptuosité des verrières primitives.
Autour de l'église règne une suite de belles cha[)elles latérales, chaîne mystérieuse qui presse et environne le corps de la basilique. On y trouve un grand nomiire de monuments de sculpture très-recommandab'es.
On serait tenté de dire nue les artistes, inspirés par Tas, ;ect d'un chei-d'œuvre, n'ont voulu l)!acer dans son enceinte que des travaux dignes de sa grandeur et de sa magnificence.
Dans les troubles de la révolution, les vandales, qui ont profané faut d'églises en France, n'ont pu pénétrer dans la cathédrale d'Amiens. Le sommeil des tombeaux n'a pas été troublé, et des mains impures n'ont point arraché tle leurs sépulcres Iesdé})Ouilies mortelles des hommes qui avaient cherché un dernier asile au pied des autels.
La façade principale des grandes églises gothiques nous offre toujours la [ilus éionnante profusion de sculptures et d'ornements de toute espèce. La grûce des formes s'y
trouve alliée h la richesse, cl comme il n'y a rien de plus varié que la richesse et l'élégance dans cette architecture ogivale où le génie de l'artiste, maître de l'invention des sujets, de leur arrangement et de leur exécution, semb'e disposer librement de toute la nature, l'admiration trouve toujours un nouvel aliment devant le frontispice des cathédrales. C'est d'ailleurs un privilège de l'architecture de ces âges ingénieux, que l'on a osé appeler barbares, d'être admirable partout et de n'être la môme nulle part.
On trouve difllcilement, si ce n'est à Reims, à Bourges, h Tours, une façade où l'archir tecte ait étalé avec plus de prodigalité tous les trésors de l'imagination et du goût. Il n'est pas jusqu'aux plus minutieux détails qui ne puissent défier l'observation la plus attentive et la critique la plus sévère. La sculpture des dais, des tabernacles, des aiguilles, des guirlandes, des crosses végétales, ne peut se comparer qu'à une œuvre d'orfèvrerie : c'est le même fini, la même exactitude, la même délicatesse.
Trois portiques occupent toute la partie inférieure de la façade; ils sont disposés en avant-corps, et leur saillie est de niveau avec celle des contre-forts. Ces espèces de porches détachés du fond laissent en retraite tout le reste de la façade et lui donnent plus de légèreté. Ils sont décorés d'un système uniforme d'ornementation. Un stéréobate continu, enrichi de caissons en forme de trèfles, contenant 118 bas-reliefs, règne tout autour. 11 soutient un rang de colonnes peu engagées, dont chacune porte en avant une statue de grande proportion, élevée sur un socle et surmontée d'un dais. De profondes voussures, formées- de lignes nombreuses, chargées de dais et de statuettes, présentent une lierspeetive fuyante d'un grand effet.
11 nous est impossible d'entrer dans la description détaillée de toutes ces admirables sculptures (1). Ce sont des scènes entières d'une complication étonnante , rendues avec une exactitude scrupuleuse, avec un bonheur incroyable. Le jugement dernier y est figuré dans des compartiments séparés, renfermant des drames isolés d'une expression vraie et saisissante. Toute cette grande composition est dominée par la figure du Christ, tigure grave et sévère, ayant à ses pieds la sainte Vierge et saint Jean, le disciple bienaimé. Au-dessus de la tête du Sauveur, on voit le Père éternel, dont la tète repose sur le triangle symbolique.
L'ornementation des voussures est bien conçue et admirablement exécutée. L'idée de l'artiste est une allusion à quelques passages de l'Apocalypse. On y voit dans les premiers cintres les vingt-quatre vieillards, prêtres et rois, assis sur des trônes, la couronne en tête, tenant divers instruments de musique; ils portent des vases remplis de parfums, dont l'odorante vapeur est l'emblème des
(i) Voyez: Description delà cathédrale d'Amiens. par M. Giihert. — Notice sur sur la catli. dWmiens, par M. de Jolimont.
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prières des saints. Une l'ouïe de bienheureux s'y mollirent avec des palmes ii la main , vOtus de longues rohes lilmches, aecoml)agnt''S d'anges placrs autour du trùiie (!(; Du^u, selon toutes ics lois de la hiérarchie céleste.
Conunent traduire exactement la penx'e de l'artiste chrétien dans tous les h.is-rcliefs qui décorent, sur deux lignes parallè'cîs, cliacini des cotés du portail? On y trouve di'S allégories d'iine naïveté cliarmanlc. (Test la Charité donnant un vêtement h un pauvie, mise en opi)Ositiun avec l'Avai-ice qui renferme plusieurs sacs d'argent dans un cotlVcfort ; l'Espérance chrétienne, sous la forme d'une femme modeste, tenant un étendard à double croisillon, placée en parallèle avec le Désespoir, tiguré pir un honune qui se perce de son épée et (pii tond»e à la renverse. Un personnage, couveit triai vêtement militaire, porte à la main un bouclier orné d'un Lion, symbole du courage; il est opposé à la LAcheté, représentée par un homme qui, ayant laissé tomber son épée, prend la fuite poursuivi par un lièvre; à côté de sa tôte est une chouette perchée sur un arbre. La Candeur est représentée sous Temb'ème d'un lis ; rinnocence, qui surpasse la candeur du lis, jjroduira la paix en nous; nous désirons quelle nous soit envoyée du ciel (1). Un autre bas- relief nous montre les tristes effets de la discorde : deux hommes se battent, et l'un d'eux veut étrangler son adversaire; h côté de ce dernier est une cruche renversée , pour indiquer que les querelles sont souvent les suites de l'ivrognerie.
Nous ne pouvons indiquer ici tous les sujets de ces bas-reliefs si curieux. La façade de la cathédrale d'Amiens présento une des plus belles pages de l'iconographie chrétienne du moyen âge. M. Gilbert en a donné une explication bien supérieure à celle qu'avaient hasardée plusieurs auteurs qui avaient écrit avant lui sur l'église de Notre-Dame d'Amiens.
Au-dessus des voussures , le frontispice est coupé par deux lignes d'un grand et bel effet : ce sont deux galeries à jour, dont la première est composée d'une série de petites arcades ogivales, resserrées encore par une colonnette qui les partage en deux, et*dont le chaititeau de feuillages su[)porte deux arcs trilobés, au-dessus desqiels s'ouvrent d'élégantes ouvertures trifoliées; la seconde, plus riche que la première, renferme vingt-deux statues colossales. On cioit (ju'elles représentent les rois de France, de{)uis Childéric II jus pi'à Philippe-Augu4e.
Cette majestueuse et imposante décorition est surmontée d'une rose magniliqcc. Les i)étaies en f)ierre sont disposés avei; beaucoup de symétrie, et par leur complication, leur hardiesse, leur éh'gance, etc., peuvent avantageusement soutenir la comparaison avec les plus belles créations de ce genre; les roses du transsept sont également
(1) S. IJef-narJ, in Canlkum carilicorum.
d'un dessin admirable : vues de l'intérieur de l'église, elles produisent un elfet magi([!ie.
Li grai'.de faïade e>l terminée par une balustrade à jour, à h.iuteur dapfiui, en forme de couronnement : là se teiinin;i loiigiemps h^ port.iil de l,i citliiMlrale d'Amiens, qui formai', ainsi un paiallélogranmuj parfiiit. Les deux tours et la galeiitivoiltée qui les unit à I 'ur base, n'ont été élevées que plus d'un siècle après l'aclièvement total de l'éditice; elles n'ont été terminées qu'au commencement du \v' siècle. Tout porte à croiro que Uobeit de Lu/.arches ne les avait point coml)rises dans son plan, parce (|u ClIes m ui- (juent de proportion avec lu corj)s du monument : ce célèbre arcliitecte les eût certainement courues sur une plus vaste échelle. Outre que les deux tours ont été b.Uies sur un dessin différent, elles sont encore inégales en hauteur et dissemb'ables par l'oinementation. Ce défaut de symétrie nuit à la pers()ective générale de ce grand édifice.
Les deux portails latéraux ne sont pas dépourvus de graniieur. Ils se disliniiuent [)ar un caractère noble et sévère. Les statues qui les décorent sont d'un stylo lirge et d'une exécution bien comprise. Nous mentionnerons surtout la statue de la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus endormi : à ses pieds est un ange qui joue du rebecou violon à trois cordes. Ce groupe est d'une naïveté pleme de grâce; la pose est remplie de sentiment et de délicatesse.
L'aspect extérieur de la catliédrale d'Amiens n'affaiblit poirjt l'mipression prof nde causée par la contemplation des parties les plus somptueuses. Les galeries, les contreforts, les clochetons, les ai-cs-boutants, sont construits avec le i»lus grand soin. Partout se révèle un grand talent de construction, une grande richesse d'ornements. y\. Gilbert, après plusieurs auteurs, trouve que l'extérieur de Notre-Dame d'Amiens annonce autant de timidité que l'intérieur fait voir de hardiesse et même de témérité. Disons notre pensée tout entière sur ce sujet : l'architecture chrétienne, grande et élevée, ne peut adoi)ter les mêmes |)rocédés que l'architecture classique, attachée à la terre, retenue par des jiroportions généralement peu hardies; d'un côté c'est la tendance à diriger les constructions jusque dans les nues, de lautro côté ce sont des principes invariables qui fixent une hauteur déterminée. Conunent se décidera-t-on à apjirécier deux styles opj)0sés, avec la mêiue règle et la même méthode ? Ne serait-ce pas agir avec la même ignoiance, la même inconséquence que ces architectes, arbitres prétendus du bon goût, ({ui avaient décrété barbare le stylo catlioli(pie, parce que les coloiuies des églises ogivales ne pouvaient se mesurer avc"!; les modules des oi'drcs antiijues?
Le clocher cenli"al avait été primitivement construit (u piciT.s, vers l'an \-lkO. Il était en forme de tour carrée, surnuintée d'une flèche en c!iar|)ente couverte en iilomb, dont le -lylc était en 'larmonie avec l'ordonnance générale du monument. La foudi-c le dé-
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truisit entièrement le lajuillet 1527(1). Deux ans plus tard, l'évoque François H^iUuin, de concert avec son chapitre, prit une décision par laquelle il ouvrit un concours aux architectes i^.our la reconstruction de ce clocher. Les projets |)résonlés n'oliVaient point toutes les garanties désirahles, et cet état d'incertitude ne taisait que prolonger les regicts des tidèles , lorsqu'un j^auvre comjiagnon chapontitT, originaire de Cottenchy, lires d'Amiens, nommé Loiis Cordon, fut présenté au chapitie par le chanoine Lamelh. Louis Cordon, de concert avec Simon Taneau, autre charpentier, dii igea la construction avec tant d'adresse et d'habileté, que le clocher est encore aujourd'hui un objet d'admiration et l'une des merveilles de l'art : il fut tini le 22 mai 1533. La décoration extérieure de ce clocher se compose de huit pieds-droits ou grands pilastres, posés sur un stjlobate octogone et surmontés de statues de huit pieds de hauteur, représentant Jésus-Christ, la sainte Vierge, saint Jean-Baptiste, saint Pierre, saint Paul, saint Jacques le Majeur, saint Firmin, premier évoque d'Amiens, et sainte Ulphe. Ces ligures sont placées sur des colonnes qui s'élèvent do dessus les acrotères et se rattachent au corps du clocher par de légers arcs-boulants. La partie supérieure du ciocher est ornée de statues d'anges, tenant chacun un instrument de la Passion. Los autres ornements en saillie, qui embellissent cette flèche, sont des dragons à deux tètes, servant de gargouilles; des sphinx et des salamandres, que l'on reconnaît être le cachet de toutes les œuvres d'art exécutées soiis le règne de François I". Ceitc flèche est é evée de 59 mètres i3 centimètres, depuis sa base jusqu'au sommet de la croix, et de 1.30 mè.res o'i- centimètres depuis le pavé de l'église jusqu'à la môme extrémité.
Cathédrale de Tours (xiv' siècle). — La cathédrale de Tours n'a pas été construite au XIV' siècle dans toutes ses parties. Nous en plaçons ici la description, parce que le transsept et plusieurs travées de la nef de cette église sont de cette é,ioquo, et que dans nul monument on ne voit exprimés d'une manière i)lus brillante les caractères propres au style ogival secondaire ou rayonnant. Le chœur et les chapelles absidalcs de l'église raétroiiolitaine de Tours datent du xnr siècle; les travées inférieures de la nef et le frontispice occidental sont du xv' siècle ; enfin les tours sont du xvr siècle , et le sommet porte tous les signes de la renaissance.
Les origines de la cathédrale de Tours sont illustres. Notre église doit sa fondation à saint Catien, envoyé dans les Gaules par le pape saint Fabien, et le prédicateur de la
C'est an (Ivranl qviuze Jvillel, Par fovdre fvi le clocher de céans, Espris du fev, et rasé lovt net; Ovqvel mes faicl plevrent maintes gens.
foi sur les rives de la Loire, au milieu du lu*" siècle de l'ère chrétienne. Elle compte au nombre de ses évèques de nombreux saints, dont le culte public est autorisé et se célèbre depuis de longs siècles. Mais aucun nom n'est plus connu que celui du grand pontife saint Martin , à l'honneur du(juel des églises sont dédiées dans tous les royaumes et dans toutes les provinces de l'Europe chrétienne. L'Eglise de Toin-s compte encore au nouibre de ses gloires le saint évoque Grégoire de Tours, non moins recommandable par sa piété, sa fermeté, son courage, que par ses nombreux et intéressants écrits, où nous lisons les j)remières pages de notre histoire rebgicuse, civile et politique.
Saint Lidoire, second évoque de Tours, consacra , dans l'enceinte de la cité galloromaine, une église oiî il fixa le siège épi'scopal , dans la maison d'un sénateur. Saint Martin agrandit ou restaura , et ensuite dédia cette église , où il reçut l'ordination , à saint Maurice, martyr, et à ses compagnons. Saint Grégoire de tours fit reconstruire l'église de Tours, détruite, en 559, par un horrible incendie qui détruisit en grande partie la ville et les églises. La consécration n'eut lieu qu'en 590. Cette cathédrale ne subsista que jusqu'en 1166 ; elle devint alors la proie des flammes, par suite des discordes de Louis VII, roi de France, avec Henri II, roi d'Angleterre.
Joscion était archevêque de Tours quand ce désastre arriva. On a calomnié sa mémoire; mais il n'en fut pas moins un des plus grands prélats qui aient gouverné l'Eglise de Tours. Il entreprit de relever sa cathédrale de ses ruines encore fumantes ; il y déploya le plus grand zèle, et ses efforts ne furent pas infructueux. C'était dans un temps où les idées étaient agitées et prenaient, en architecture , une direction nouvelle. Un évèque aussi éclairé que Joscion ne pouvait demeurer étranger à ce remarquable mouvement. Les fondements de l'église métropolitaine de Tours furent jetés sur un plan giandiose, de manière que le monument répondît à sa dignité de métropole.
Malheureusement l'histoire ne nous a pas transmis le nom de l'architecte qui dressa les plans de cette cathédrale. C'était, sans doute, un de ces hommes admirables qui se vouaient alors à la construction des églises, hommes doués de génie et non moins [lieux que savants, dont le nom est ignoré sur la terre, mais dont la récomjiense en a été plus grande dans le ciel. Entièrement voués à l'œuvre sainte, ces hommes inconnus de la poslérité, connus de Dieu seul, nous ont laissé des chefs-d'œuvre qui n'immortaliseront aucun nom particulier, mais qui feront à jamais la gloire de l'esprit chrétien.
La première pierre de la cathédrale actuelle fut posée en 1170; mais les travaux, commencés avec ardeur, se ralentirent ensuite. Le chœur et la région absidale ne paraissent avoir é é achevés 'que vers 126i. Tel est au moins le résultat auquel nous sommes jiarvcnus, à l'aide de plusieurs données pré-
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cieuses, jusqiie-lh iK'-glib't'f'S pnr li-s lii';toricns. Nous avons coiisignu nos reclirnlics, et les raisonnemonts qui en découlent, dans un iJjrand ouvrage in-folio, sur « les verières du clueur do l'église métropolitaine de Tours, )) que nous avons écrit en collahoialion de M. le chanoine Manceau, et {jublié en 18V9.
En considérant le nlnn géni-ral de l'édifice, on est frapj)é de l'ailinirable accord qui règne dans tontes les jiarlies qui le composent. 11 y a, en effet, dans les i)ro|)orlioiiS de cette grande basilique, une harmonie ravissante. Les dimensions sont établies dans le rapport suivant: longueur, 100 mètres; largeur, 30 mètres ; longueur de la croisée, 16 mètres ; hauteur des grandes voûtes , 28 mètres; hauteur des deux tours jumelles, environ 70 mètres.
En liOO, les deux portails de la croisée arrivent à leur perfeclion. C'est cette parîic de la cathédrale de Tours que nous avons choisie comme type du style o;j,ival rayonnant. Elevée dans le cours du xiv' siècle, et achevée la dernière année de ce même siècle, elle en présente tous les caractèr.'^ architectoniques. On sait que celte époque, dans le style o.^ival, a reçu le nom de style rayonnant, par opposition à celai de style à lancettes attriljué au xiii* siècle, et à celui de style flamboyant, altiibué aux édifices du XV' siècle. Les antiquaires anglais appellent style perpendiculaire celui qui a présidé chez eux, au XV' et au xvi' siècle, h la construction de leurs monuments civils et religieux. Ces dénominations sont prises du caractère le plus apparent des constructions ogivales ; elles sont empruntées encore à une seule et même partie de l'édifice , de manière que la comparaison est plus aisée à établir. Au xni' siècle, en effet, les fenêtres, surtout dans les parties inférieures de la construction, affectent la forme de fors de lance, ou celle de la feuille que les botanistes appellent lancéolée: c'est Vugive à tiers point. Au xiv* siècle, les fefiètres s'élargissent , se remplissent de meneaux nombreux et sont couronnées par un 'i'éseau ou tracery composé des formes rayonnantes des quatre-fcuilles et des rosaces. A cette même époque, les roses prennent un développement extraordinaire , et les compartiments qui en constituent le réseau reçoivent une com[)lic.ition surprenante. Au XV' siècle, les meneaux des fenêtres se contournent à leur sommet et imitent assez bien dos langues de feu. Enfin, en Angleteire, le style perpendiculaire se distingue j)ar la direction et la dislribution des meneaux, qui se dirigent, en elfet, parallèlement les uns aux autres, o'e manière à former un tracery où les lignes perj)cndicula:res dominent.
Les deux grandes roses du transscpt de Tours , après la rose méridionale de l'église de Saint-Oucn de Rouen, sont ])eul-ètre ce que le xiv siècle a [)roduit de plus remarquable. Celle qui orne la muraille seiilentrionale de notre éfilise mérite tous les éloges qu'on lui a donnes par l'élégance de sa ibrrac
DiCTIONN. D'ARCIlÉOLOGIIi SACRÉE. L
générale, l'arrangeme: t de ses diverses parties, la variété des comi)inaiso: s, relfet pi- (punit I roduit par riiabile dislril»ution des jours plus ou moins grands, lédat et l'harmonie des verrières i)einles. La rose s'nf)puie sur une galerie entièrement jiercée à jour et ornée di; vitraux. Les divisions cjui correspondent aux pétales d'une Heur s'é- {)aiiouissont avec une gnlce exquise. La dcscri[)tion est impuissante h bien rendre ces miUi! détails qui embellissent l'ensemble , dont l'œil peut bien se rendre compte, mais qui s'analysent diflilcilement. 11 est |)res(|ue superflu de noter ici que toutes les moulures des meneaux sont toriques, et que les colonnettes de la galerie le sont également : les moulures prismatiques ne sont usitées comme système de décoration qu'au xv et au XVI' siècle. — Voy. Rosace, Rose , Styi.b
HAYONNANT.
Les fenêtres du Iranssept de l'église métro,olitaine de Tours sont fort larges, divisées en cin(| i)arties par trois meneaux et couronnées [)ar plusieurs rosaces à cinq divisions.
Les colonnes sont ornées de chapiteaux h. feuillages : ragencement des feuilles est élégant; ce ne sont plus des feuilles recourbées en crochet à leur sonnnet ; ce ne sont pas des feuilles découpées et maigres. On saisit clairement la transition entre les feuillages de convention du xnr siècle et ceux du W siècle, empruntés à la nature, mais choisis dans une végétation vul;;aire, comme les chardons, les mauves frisées, etc.
La grande nef, accompagnée de latéraux et de chapelles nombreusi s , date du xiv* siècle , (juant à la partie inférieure de l,i construction et jusqu'à la naissance des galeries, le reste est du xv' siècle, et en |)ortc tous les cara tères aichitectoniques. Le vaisseau de la cathédrale est complété par l'entrée des portails , qui , contre l'ordinaire , sont Irès-ornés à l'intérieur. Les arcades eu sont entourées de festuns, de fleurs, de guirlandes, de sculptures d'un travail varié. La galerie est aussi admirable sous le rapport architectural que sous celui des vitraux, où sont peints des personnages en [lied , revêtus de manteaux armoriés. Toute cette m-uraille eA transparente et dominée par une superbe rose flamboyante. Aucune cathédrale, à l'exception, peut-être, de celle d(! Reims, ne possède un portail intérieur aussi soirqituensement décoré.
Aux beautés de l'architecture et (fe la sculpture, la cathédrale de Tours unit celles des vitraux peints. Le xin' '«iècle y a laissé (juinze giandes verrières aux Iiaulesfenêlres (lu chtcur ; quinze vitraux de petite dimension aux galeries ; plusieurs fragments do grisaille également aux galeries, et neuf vitraux d'assez grande dunension aux trois chapelles absidales au fond du rond-{)oint. Le XIV' siècle y a placé les verrières des deux grandes- roses du transsept : elles soiit fraîches comme au moment où elles ont été finies et conservées dans un [)arfait étal d'intégrité. Ce même siècle en avait vu
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iiieliro (J'.mtroî iini ont ('Hi'' brist^cs pendant la iiTandc i-i'-voluiion fr-anraiso , ainsi quo colles (1(1 w sièelc , dont iî ne reste , outre la j:;rande fcnôtre et la rose du frontispice méridional , que des fragments peu importants. Les vitraux du xv siècle furent, en {^raiule partie^ tkHruits par un orage terrible qui ravagea les bords de la Loire en 17i>0; la révolution a fait le reste.
Le temps, moins encore qu'un vandalisme aveugle, a laissé-, sur les vieux murs de la catîiédrale, des traces de son passage. Les pointes pyramidales de la plupart des clochetons ont été détruites dans le courant du siècle dernier; d'autres parties, comme la voussure dos. deux portails latéraux, ont été gi'ossièrement mutilées. L'inaltérable solidité des matériaux employés dans la construction de l'édilice semblait délier ratta(|ue des siècles ; et il a fallu que la main de l'ignorance et de la brutalité vînt s'y poser lourdement pour broyer sculptures et ornements de toute espèce. Les nic'ies des portails sont vides de leurs statues de saints; les bas-reliefs ont été dégradés; on a mis un soin barbare à faire disparaître le plus exactement possible ces productions admirables de la sculpture chrétienne.
La fiiçade de la cathédrale de Tours est complète. Sous ce rapport, elle jieut le disputer en prééminence mémo aux plus grandes églises gothiques. Les voussures des trois portails so!it chargées de milL' ciselures fines et variées : guirlandes, couronnes, feuilles épanouies, fleurons, tosaces, dais, aiguiUes, pinacles , panneaux , toutes les richesses de l'art du xV et du \\V siècle y sont étalées avec un luxe inojï; joignons à cette merveilleuse orfèvrerie en pierre de beaux frontons pyramidaux, évidés h jour, chargés de grosses feuilles grimpantes et surmontées d'une croix festonnée. Ajoutons encore des galeries légères, quatre contre-forts couverts do panneaux et de crosses végétales, la grande rose centrale, et nous aurons à fteinc lionne une légère esquisse de ce brillaiit tai>leau.
Le sommet des deux tours de nctre cathédrale déiHéeàsaint Gatien n'a été achevé (pi'à l'époque do la renaissance. La façade r.vait été terminée en L'i-VO ; le couronnement de l'uno des tours fut pos;^ en l'i-07, et celui de la seconde en lVo7 seulement. Sur la clef de voûte on lit ces mots : « A Domino fnctum est islud et est mirubile in oculis nos/ris.» Ces mots résument très-bien l'hi- toire delà construction de ce noble édifice. C'est le Seigneur lui-même qui l'a bAti , (|ui l'a arné , j»ar la main de ses serviteurs.
Cathédrale de Saint -Vlour (xv' siècle).— L'Auvergne est une des contrées où l'art de b;Uir en France, au moyen Age, a pris les modifications les plus curieuses. C'est surtout dans les monuments du w et du xu' siècle que l'on en trouve 1 s spécimens les plus remarquables. Le xv' siècle y a été moins fécond et moins original. La cathé-
drale de Saint-Fl()ur ajiparlient ?» cette deinière époque. Kilo présente de nondjreuses analogies de style avec la cathédrale actuelle de Moulins , autrefois chapelle de la royale famille de Bourbon. Ce qui en rend l'aspect général un peu triste, ce sont les matériaux em loyés dans la construction. La tente sombre des roches volcaniques et de la pierre d,' Vol vie n'est jias aussi favorable h l'elfet monimiental d'un grand édifice (jue la teinte moins foncée des pierres mises en usage dans d'autres pays. Cependant , qu md on voit h distance cette construction noire et gigantesque se di''lacher sur le ciel, elle produit un etfet saisissant.
Nous ne connaissons pas la date positive du commencement de la reconstruction de la cathédrale de Saint-Flour, qui eut lieu incontestablement au xv' siècle. Les car.ictères archéologiques ont une si évidente signification, qu'il serait impossible d'élever le moindre doute à ce sujet. Le style og^ivai tertiaire s'y montre avec son élégance et sa délicatesse, mais aussi «ve« sa sécheresse el ses défauts. L'église de Saint-Flour n'a pss dos ornements de sculjiture nondjreux; cela tient à la nature de la pierre, qui ne permit pas au ciseau de sculpter ces feuillages nombreux et variés qui s'épanouissent dans les monuments contemporains. Les chapiteaux des colonnes sont formés de moulures, comme à Moulins, et comme cela se pratiq la fréquemment h la même époque en Angleterre et en Belgique. Les voûtes lapissées de nervures , qui retombent sur de légers jaliers sans chapiteaux, produisent un bon eir. t... La simplicité des formes, qui semble constituer le signe distinctif de toutes les parties de la cathédrale de Saint-Flour, est une simplicité noble et pleine de majesté, qui sied bien h la gravité d'un temple.
La façade, construite à la fin de la dernière époque ogivale, n'offre pas la richesse quelquefois minutieuse des détails que l'on aimait alors à prodiguer dans les provinces où la qualité des matériaux servait l'habileté des ouvriers. Les |)Ortes elles-mêmes n'ont pres(jue aucune décotation. De petites fenèties donnent à la faça le [tresque l'apparence d'une construction civde, et sans les énormes tours qui l'enca Iront, on pourrait méconnaître une église. Beaucoup trop larges pour leur hauteur, ces tours n'appartieniient h aucun style d'architectiu'o; le dernier étage paraît moderne. On lit sur le ]M)i tail une inscnp-tion qui fixe la date de la construction do la façade et probablement aussi de l'église entière : « Cette esglise fust desdiée par le révérend Père Mgr Antoine de Montgon, évèque de Saint-Flour, à l'honneur de Dieu, de saint Pierre, apôtre, et do saint Flour, confesseur. L'an du Seigneur IVGG, cette esglise fust construite par Pierre et Antoine de Montgon, frères et évesques de Saint-Flour. Que leurs asmes reposent en paix. »
Dans l'analyse abrégée que nous allons
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faire de l'histoire et des carnctères arcliitcclouifiuos de chacune des cathiSJrales actuelles do France, nous indiiiuerons, avec toute l'exactitude possible, la date de fondation et les styles d'arcliitecture qui ont laissé des traces sensibles dans la construction du monument. Nous sonuues forcés de né.;li;^er entièrement les parties accessoires. Pour plus grande clarté, nous su'vrons l'ordre alphabétique. Nous placerons plus bas la notice sur les anciennes catliédrales de France, dont le titre épiscopal a été suppriméjiar la révolution et n'a pas été rétabli par le Concordat de 1802.
Cathédrale d'Agcn. Saint-Etienne. — L'anrionne cathédiale d'Agen fut démolie en 1793. Lorsque la tempête do la révolution se calma,, et que le sié.j;e éj)iscopal d'Agen fut restauré, la collégiale de Saint-Caprais devint cathédrale. Cotte ('glisc fut ion lée p ir Saint-Dulcide, évoque d'A-jen, au commencement du V' siècle, si l'on s'en ra[iporte h la tradition. Un auteur prétend qu'elle fut bAtie en iil. Quoiqu'il on soit, saint Grégoire de Tours parle de l'église de Saint-Caprals en 580.
L'édifice actuel est composé de plusieurs parties distinctes. La première et la plus ancienne comprend l'abside et ses trois chapelles, les quatre piliers massifs qui supportent L'intertranssept, et les deux chapelles qui s'ouvrent dans le transsept. Elle appartient au XI' siècle et au commencement du xir, époque à laquelle commença la transition du style romano-bjzantin au style Ogival.
La nef, composéa de deux travées construites en 1508, appartient au style ogival tertiaire.
L'abside est divisée , tant à lintérieur
3u'à l'extérieur, par sept grands arceaux et eux arceaux moindres , simulés sur ses murailles ; trois de ces arceaux ont été percés pour donner entrée aux chapelles qui entourent le chœur; les autres encadrent des fenêtres allongées et à plein cintre. A l'extérieir, les chapelles sont orné 'S de colonnes et de modillons à figures fantastiques, supportant les moulures de la corniche.
Les fenêtres de la nef sont largos et hautes, divisées en trois comj)arliinonls par des meneaux flamboyants.
Cathédrale d'Aire. Saint-Ji: vn-Bvptïste. — Un siège épiscopal fut établi h Aire au commencement du VI' siècle. L'église actuelle oll're un mélange de divers styles. On y trouve réunis le plein cintre roman, l'arcade ogivale et l'ordre corinlhion.
Dimensions : longueur, iS mètres ; largour, 8 m. 56 cent. ; longueur du transsepi, 31 m.; hauteur sous voûtes, 15 m.
Le style ogival se fait rcmar(picr dans les voûtes du tians>ept méridional, de la grande nef, des chapelles les [)lus rapprochées des cilrémités de la croisée et oans ([uohjues constructions accessoiros. Le style romanobyzantin se montre dans les deux cha|)elles aiiossées au sanctuaire, ainsi (pie dans les piliers et les grandes arcades du centre com-
mun. Tout le reste de l'église est iroderne. Cathédrale dWix. Saint-Saiveir. — La
première église ch.éti'nne bUieh Aix remplaça un tem|)le païen, (ilelui-ci étiit consacré au Soleil ou à Phéhus, pcrsûnniricalion de la lumière et de la chahnir. L'édilice chrélien fut dédié; h Dieu sous le titre de la Transfu/uration du Sauveur. A|)rès de grands et nonibroux désastres, l'église métiopolitaine d'Aix fut reconstruite au xi' siècle. A la même époque, on lit élever un cloitre qui subsiste encore, au moins en partie, et qui attire toujours l'attention des anhé!)logiies. Le chœur fut réédilié on 1285 ; c'est un beau travail. Il ne peut toutefois être comj)aré aux monunjonts do la même é[)oque et du même style, édifiés au xm' siècle. La nef est du xiv' siècle. Ce qui est digne de remarque, c'est que, a[)rès des agrandissements Siiccessifs, l'église du xr siècle est d- ve uc seulement une nef latérale de r(''di!ice actuel. La tro'sième nef est moderne; ollo a été construite sous le règne de Louis XIV.
La longueur int 'rioui-e du vaisseau c^t de C5 m. GG cent., et la largeur de 12,Gî) m.
La tour et le clocher sont un ouvrage du xiv et du XV siècle. La hauteur totale e-t de GO m. Les travaux, commencés en 1323, sous la direction de Pierre de Burie, architecte, furent inte.rom[)us par suite de malheurs; repris en lili, ils furent achev.'-s en 1425.
La première pierre du portail f.it posée en liTG. 11 avait été exécuté et orné avec soin. Il n'en reste plus aujourd'hui que l*. souvenir. Plusieurs statues représentant saint Louis, évoque de Toulouse, Louis XI, roi de France, et Charles III, comte de Provence, étaient fort intéressantes, en ce que les têtes avaient été modelées avec la j)lus i;rando ex.icti'ude sur des portraits ressemb'aiils. La révolution a tout détruit. La restauration qie l'on a faite depuis n'est pas proj)re à diminuer les regrets.
Sijr les port:'S extérieures de lagiai]do n( f on voit des bas-r>liefs curieux, reproduisant un sujet assez souvent expi-imé vers la lin du moyen Age, les prophètes et les sibylles. Ces |)()rtf's, en bois de noyer, sont chai-gées d'une inlin:té de détails linement exécutés. On a eu la bonne pensée dassuror la conservation de ces sculptures, en les protégeant avec une secon^le porte il'un travail commun.
Cathédrale d'Ajaccio. NoTUE-DAMEelSAiNi- Elphuase. — Le christianisme (A prêché d^ l)Onno heure dans l'ilo do Corse. Le premier évêquc parait avoir clé Scunt Euphrase. L'église éi)!Scopalc fut roconitruite plusieurs lois, et sur des emplacem nts diU'érenls. L'éditice qui a p:écédé ri''gli>-e actuelle fut démoli dans le temps que Paul de Thermes, général de Henri II , de]»uis maréchal de ï'rance, lit reconstruire la citad lie. \ cello époque les fondements d'une nouvelle cathédrale furent jetés ; mais à peine les murs sortaient-ils de lorro qiie le travail fut suspendu. 11 domou.a en cet étal jusqu'à C9 qu'il fut "Oiins par Joseph Mascardi, a.lmi-
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nistratPiir spirituel d'Ajarcio et aciievé on 151)3, par l'évèiiiie Jules (îiustiiiiani. Ce dernier lait est relaté dans une inscription gravée »ur la frise extérieure :
Votis Adjaccn. dcfoli populi scuatn Ccuncuse farcntc H. Q. P- Circç^orioXIIl annucntc episcoputi mcnsa per quiiHiucntiium prirsule cousidto destitula ceusuin mhiislt^anle a'dibns hisce sacris ereclis Juliu$ Justiiiiiinus Sixto V. S. P. A. elcctus episcopns extremum vosuit lapidcm ut'niam posuisset et primum. atiuo M.D.XCIII.
Celle églisp sainte
fui élevée sur le proiluit de la monsc épiscopale
le siège ayant été cinq ans vacant
rrapivs les vu'nx du p^'upic pieux d'Ajaccio,
ras^enlintonl du sénat de Gènes et celui du
pape (irégoire Xill.
Jules Ginstiniani, créé évèque par Sixle-Quint,
y nul la dernière pierre l'an 1503.
Que ne lui fut-il donné d'en poser la première !
La cathédrale d'Ajaccio, étant de la fin du xvi' siècle, appartient au style avancé de la renaissance itali;'nne. Les voûtes sont en plein cintre ; le portail de marbre blanc , jauni ])ar le temps, est d'ordre ionique, orné de pilastres cannel'S. On a dit et répété que la cathédrale d'Ajaccio est un diminutif de Saint-Pierre de Home. C'est un éditice qui n'est pas dépourvu de mérite, mais qui ne saurait en rien être comparé à son modèle, si l'opinion mise en avant, surtout par le cardinal Fesch, |)eut être soutenue.
On montre dans la cathédrale d'Ajaccio la cuve de marbre blanc dans laquelle fut baptisé l'empereur Napoléon.
Cathédrale (VAIby. Sainte-Cécile. — La première cathédrale d'Alby fut dédiée à la sainte Croix. Elle fut ensuite abandonnée ; on en voit encore les débris entt*e le palais des anciens comtes d'Albigeois et l'église métropolitaine actuelle. Celle-ci fut fondée par le cardinal lîernard de Castanet, évêque d'Alby. La première pierre fut bénite et posée le 15 août 12S2. La consécrali(m de Fédilicc eut lieu seulement le 23 avril 1^80. L'achèvement des travaux n'eit lieu qu'en 1512 c'est-à-dire 233 ans après lafondition. Ces circonstances expliquent pourquoi l'on rencontre plusieurs styles d'architecture dans le monument de Sainte-Cécile.
Les dimensions de l'église sont de 105,25 m. de longueur, sur 27,28 m. de largeur. Comme elle est entièrement bàlio en briques, c'est incontestabbMuent la plus grande construction de ce genre en France. Sa tour, également en biiques, a O'i- mètres d'élévation. On comprend que do tels matériaux de construction ne sont guère propres à la décoration monumentale. Aussi l'extérieur de l'église de Sainte-Cécile est-il plus remarquable par la masse et les grandes proportions de l'ensemble, que par le mouvement des lignes nombreuses et variées et ]ior les détails de la sculpture. Le poitail méridional, construit en 1380, lar Dominique de Florence, évoque d'Alby, e^t en pierres et décoré de sculptiu'es dans le goût Italien. Malheureusement le marteau des vandales de la révolution les a broyées en
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grande partie. Le péristyle, commencé par Louis d Amboise, vers la tin du xv" siècle, et lini par ses successem-s, était autrefois couvert d'une voûte, dont on voit encore h'S ruines. Le tenr s et la révolution ont dégradé cet admirable ouvrage ; mais il gardi^ encore sa majesté, et par le |)ittores({u « (lo son ordonnance, il prépare aux eliets q.i attendent l'observateur, dès qu'il aura franchi le seuil de l'église. « Il ne manque à ce beau péristyle, dit M. Du Mège, pour être considéré comme une des plus importantes créations de l'art architectural, que d'être dégagé des construilions qui lenvirorment en partie et qui empêchent d'en saisir à la fois l'ensemble et les détails. »
Toutes les beautés de l'église d'Alby sont h l'intérieur. La gi^nde nef, qui n'a point de collatéraux, est divisée par le jubé en deux parties à peu près égales. Tout autour, sont Jiratiquées vingt-neuf cliape'les, au-dessus desquelles régnent de spicieuses galeries placées à la moitié de la hauteur de l'édifice.
Le jubé de la cathédrale d'Alby et la clôture du chœur sont toit en | ierre et jouissent d'une réputation bien méritée. La sculpture du xv siècle y a épuisé ses délicieux caprices, sa patience, son inépuisable variété. Feuillages finement découpés, dentelles, réseaux artistement entrelacés, moulures délicates et multipliées, clochetons élancés, plantes grimpantes, anibesques, enlacements, tiges festonnées de f uilles et de guirlandes, dais, niches à pinacles, statues, rien n'a été négligé pour en faire une des plus brillantes créations de l'époque ogivale la p'us renommée pour la richesse de l'ornementation.
Ce qui fait de l'église métropolitaine d'Alby un monument original et unique en son genre en France, ce sont les peintures h fresque qui en recouvrent toutes les murailles intérieures. Les savons auteurs des Vues pittoresques et romantiques de l'ancienne France, en parlent dans les termes suivants :
« Rien en France ne peut être comparé h cette magnifique décoration; dans toute sa longueur, celte voûte n'offre qu'un tableau immense, que les nervures divisent en brillaiits compartiments. Tout ce vaste champ est peint ea azur, et sur ce fond d'outre-mer une riche imagination a fait courir avec une grâce infinie d'élégants rinceaux d'acanthe, dont les enroulements sont remplis de sujets tirés des livres saints. Des images allégoriques y sont représentées avec un sentiment profond du sujet, et toujours heureusement inventées dans l'intérêt bien entendu de l'unité des décorations du temple. Les arabesques sont rehaussées d'or, les moulures des nervures, des arêtes des voûtes, sont dorées ; mais ce ne sont point de longues lignes riches seulement du orillant mé:al qui les recouvre, elles présentent des encadrements ornés avec un goût exquis. Cet ouvrage inouï est dû à des artistes qui appart-naient à la brillante aurore des arts de
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l'italie, cl dont les éludes sélaiciil formées devant les fresijucs admirables qui couvrent tant de monuments élevés sur eelle terre, la plus riche peul-ôtrc et la plus parée du monde entier. »
Cathédrale (VAlqrr. Saint -Philippe. — Lorstpie la domination fran(;ais(^ l'ut assurée en Alri(jue, un évèclié fui créé à Alger et une mosquée convertie en cathédrale. Jésus- Cljrisl reçut ainsi les ad irations des chrétiens dans un édifice souillé par les sui erstilions musulmanes. La grande mosquée d'Alger eill peut-être mieux convenu pour é,-dise épisco|Kile, parce (lu'elle fut bâtie |)ar des mauis clirétiennes ; h. la lin du siècle dernier , les captifs chn-tiens furent employés h ce grand et i)énil)le travail. Klle présente d'ailleurs des rapports fra,>pants de ressemblanc!^ avec plusieurs de nos églises modernes d'Occident.
La cathédrale actuelle d'Alger fut déiiiée à Dieu, sous le vocable de Saint-Philippe, apôtre, patron du roi des Français, Louis-Philippe, qui contribua à rétablissement de l'évèché. Elle a la forme d'un |>arallélogramme de !2.'J,50"" de l()ngueur, sur 18,70'" de largeur; la tribun' placée au-dessus dos colonnes à 3°' 30 c. de largeur. Au centre s'élève une grande coupole. On y voit eiicoie CO chalnessu-pcndues à la voûte, destinées autrefois à port r des lampes. Une foule de dessins capricieux; en arid)esq!ies se déroulent de toutes |)arls sur l'intrados de la C()U[)ole, cl renferment dans leurs contours des inscriptions écrites en caractères arabes.
Seize colonnes monolithes de marbre rouge, de 0,00 centimètres de diamètre et 3"" d'élévation, portent touies les parties supérieures de l'édifice. Les colonnes sont réunies les unes aux autres par des arcades pointues de forme moresque. Leurs espacements sont réguliers, et au centre de chaque travée elles soutiennent de petites coupoles peu élevées. On cojiipte jusqu'à 22 de ces dômes accessoires.
Tout autour du monument, à l'intérieur, comme dans la plupart des mosquées, les murailles sont couvertes de faïences brillantes , jus(iu"à \\ hauteur de 3,30'". Ces faïences, richement orn/es, qui apparaissent dans l'art arabe dès le viir siècle, peuvent Ctre considérées comme une imitation des mo.saï(|ues de Kyzance et do llaveiine; elles sont couvertes lio dessins fantastiques trèsvariés. Toute la décoration du monument est empruntée au règne végétal : on sait (jiie les altistes arabes ont fidèlement obéi au (]oran qui défend de représenter des figur> s humaines dans rorncmcnlation des mosquées.
Cathédrale dWngers. Saint-Mai iuck. — La cathédrale d'Angers est b.'.tie sur un plan très-régulier, en forme de croix latine et à , une seule nef. Klie a OO,'»?"" de longueur, sur 16,.'{8'" de largeur. La grande nef, ornée de bcbes fenêtres gémin/'cs, h plein cintre, date du XI' siècle. Les trois voiltes, en coiipf)lc de la même nef, sont du milieu du xii" siècle. Le portail et le chœur sont également
du XII' siècle, tandis que les ailes du transsepl appartiennent au comraenccDienl du xm* siècle.
Les voûtes delà cathédrale d'Angers sont la partie la plus originale du monument; elles sont fort curieuses et vraiment belles. Elles semblent un peu surliaussées à leur point central et sont divisées en valves nombreuses |)ar des nervures toriques. La disposition en est cependant bien dilférente de celle des voûtes en étoile du xv*^ et du xvi° siècle. M. (jodard-Faullrier , auteur d'une Histoire d'Anjou estimée, frappé de ces formes, ainsi (pie de quelques autres, qui se remar(juent h rhô|)ital de Saint-Jean, bàli par Henri H, et dan-s d'autres monuments de la même épnqvie, a cru devoir désigner l'art aïKpiel elles ap|>arliennent sous le nom de.stjfle Planlngcnct. Oiioi qu'on drdve penser de celte opinion, il est certain (punies monuments de l'Anjou et de la Touraine, élevés sous la domination des princes IMantagenet, offrent des caractères parliculiers et une rare perfection de détails dans l'orncmcntalion des chapiteaux des colonnes.
Le portail occidental de la calhédrale d'Angers, dans sa partie la j)lus ancienne, est très-intéressant. Sur le tympan on voit la figure du Sauveur accompagnée des .«^ymboles des quatre évangélisles. Les })ieds-droits de la grande porte sont ornés de statues représenlant Moïse, Aaron, Josué, David et quelques autres personnages dont on n'a pu reconnaître lo nom.
Les deux llèches, commencées on 1518, furent achevées en 1523. Elles ont souH'erl de plusieurs ouragans; elles ont été restaurées à diverses époques.
Cathédrale d'Angoulême. Saint-Pierue. — On a prétendu que la cathédrale d'Angoulême remontait h une époque très-reculée, et que certaines parties de la construction avaient éié conservées d'un tem| le anti(pic b;Ui par les Romains et consacré à Jupiter. En 1120, sous lo règne de l,ouis le (iros, la calhédrale d'AngouIêmc fut entièreiiienl rebilie, a primo lapide, par les S(»ins de Gérard II, évêque dAngoidême et légat apostolique. L'inspection du monumeiit actuel et la critique arche l()gi(pie sullisent pour le ffure rapi)orter au xii" siècle. Les caractL>res de l'anhilecturo romano-byzanline do transition y sont apparents et incoiitestabh^s. Los voûtes en coupoles , (pii ont échappé cl la destruction, sont très-çurieuses : elles alteslent les inlluoncrs byzantines qui ont exercé leur action sur les monuments de Périgueux, do Cahors, do Souillac et de Solignac, et dont nous retrouvons des vestiges dans tpichpios moiuiments des bords de la Loire, comme à Loches et à Kigny, au diocèse de Tours.
Los bis-côtés du chœur cl les fenêtres à ogives du côté méridional de la nef datent do la période ogivale.
En 1502, les calvinistes dévastèrent la cathédrah^ En 15(i^. ils violèrent les tombeaux, renversèrent des pans de muraille, lirent tomber Uiio parUc dos voûtes, bouJc-
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Vî'rsrrent toutes It s chapelles, et ruincreiit de fond en comble le grnnd clocher, qui, dans sa chute, écrasa l'église de Saint-Jean et la chapelle de Saint-Gelais. Dès la fin du s M' siècle, on travailla à restaurer ce monument; mais ce ne fut qu'en 1628, que, par les soins et aux frais du doyen iean Mesneau, cette église a reçu quelque éclat.
La façade principale forme la partie la plus intéressante de la cathédrale actuelle d'Angoulème. Au premier coup d'œil, el!e paraît divisée en cinq enlrecolonnements, ou plutôt en cintj arcades allongées, dont l'une, cell ' du milieu, plus large et jilus élevée que les deux autres, monte jusque vers le sommet de l'entablement. Elles sont séparées j)ar de hautes colonnes à chapiteaux ornés de feuillages. La seule fenêtre du frontispice présente, h droite et à gauche, six statues debout, dont les deux inférieures sont placées clans des cintres. Au sommet de l'arcade, un cadre ovale, une espèce d'auréole elliptique, entoure la statue de Jésus-Christ. Comme à Sainl-Trophime d'Arles, elle est accompagnée des figures emblématiques des qua re évangélistes, riiorame ou l'ange, l'aigle, le bœuf et le lion. Dans l'archivolte, on voit huit anges en aJoration; il y a, en outre, à celle façade, dix iiranJs médaillons.
La partie inférieure des qu tre autres arcades présente autant de cintres renfermant, à leur sommet , les statues des douze apôtres, placées trois par trois.
Le reste des enlrecolonnements est subdivisé en douze cintres ornés de douze statues ; huit autres statues s^nt placées dans des niches, sous les archivoltes des arcades. Sur la petite corniche qui règne au-de>sus de ces a.'cades s'appuient six autres cintres ornés de vingt-un médaillons.
On peut consulter une notice de M. E.
Castaigne sur la cathédrale d'Angoulème, oCi tous les faits historiques relal.fs au monument sont relatés avec soin et accomp;ignés d'une descri[)lioii archéologicfue exacte et intéressante.
Cathédrale d'Arras. Saint-Vaast. — La cathédrale d'Arras a été démolie quehiucs années a|)rès la grande révolulion; il n'en reste p-as aujourd'hui pierre sur pierre. Sur l'emplacement on vient de bâtir une église dédiée h Saint-Nicolas.
On a choisi l'abbatiale de Saint-Vaast pour en faire la nouvelle cathédrale. A l'époque oH la r.^volution chassa les religieux de leur monastère , l'église était en construction. Les travaux furent repris et terminés il y a dix ans à peine. C'est un éJiflce en style corinthien, à trois nefs, avec Iranssept. La voûte de la nef majeure est en berceau, soutenue sur des plates-bandes ; les collatéraux sont recouverts de plafonds. Les dimensions générales de l'édifice sont : longueur, 80 m.; largeur, 15 m.; hauteur, 23 m.
Cathédrale d'Anch. Sainte-Marie. — L'égUse épiscopaie d'Auch fut rebâtie plusieurs
fois, à la suite d'alTreux malheurs qui pesèrent sur cette partie de la France. En 8io, elle fut reconstruite par l'évècpie Taurin II ; en 10V8, par saint Austinde ou Austense. Le 12 février 1121, l'archevêque Bernard de Sainte-Christie consacra solennellement lo grand autel. A peine achevée, l'église eut à soutl'rir des excès de Bernard IV , comte d'Armagnac. En 1371, Arnauil d'Albert, neveu du pape Innocent VI, entrefirif de n bâtir son église cathédrale. En 1378, lo pape Clément Vil fn-orise cette œuvre. Après une assez longue interruption , on reprend les travaux en l'i-29, sous l'archiépiscopal de Philippe II de Lévis. Un incendie détruisit l'édifice sous le cardinal Jean IV de Lescund'Armagnac, qui occupa le siège d'Auch de 1473 à li83. La restauration en fut ei.treprise sur-le-champ par François, cardinal de Savoie, élu par le chapitre archevêque de Paris, l'année môme du désastre , en l-'t83. Jean V de la Trémouille, monté sur le trône archiépiscopal en li90, fit continuer les travaux avec zèle. En 1507, François II de Clermonl-Lodève fut nommé archevêque d'Auch et poussa l'œuvre avec activité : c'est à sa munificence que l'on doit les magnifiques stalles du chœur et un grand nombre des plus belles verrières. En 15i8, l'église métropolitaine fui consacrée par Jean Dumas, évêque de Cardyle, en Syrie, vicaire général de l'archevêque d'Auch, alors retiré en Italie. Quelques parties accessoires étaient à finir. Léonard de ïra; es, en 1597, acheva les voûtes et compléta les vitraux du chœur. Dominiq :e de Vie, peu de temps après, donna les verrières des chapelles de la nef et fil encore d'autres largesses. Enfin, le couronnement fut donné à l'œuvre par Henri de Lamothe-Houdancourt, archevêque d'Auch en 1662.
Le plan de la cathédrale d'Auch est en forme de croix latine; il y a trois nefs, un Iranssept, et, au chevet, une grande chapelle absidale semi-circulaire. Dimensions : 165,90"" de longueur; 22,74"" de largeur; 11,04™ largeur de la nef majeure; 26,64"" hauteur sous voûte. L'édifice est porté sur quarante piliers largement espacés.
Le chœur de celte église est t:n des pf s beaux de France par son étendue et sa décoration. Nous ne disons rien ici des stalles {Voy. Stalle); elles sont comptées parmi les chefs-d'œuvre du genre. Les vitraux peintsjouissent d'une grande réputation; on peut l'es regarder comme les plus beaux entre ceux qui datent de la fin delà période ogivale. Les sujets sont empruntés à la Bible et à l'Evangile ; on y voit les prophètes, et au milieu d'eux, les sibyl'es : on distingue spécialement les sibylles de Samos, d'Afrique, d'Euro;. e ou de Cumes. Tous les personnages sont en pied, d'une dimension plus grande ({ue nature, entourés de décorations architecturales.
La façade occidentale est bâtie en style grec.
Cathédrale d'Autun. Saint -ïazabe. — C'est à l'an 343 qu'il faut ra: p ricr la première
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('glisc cpiscopolo crAuUin. Elle fut di-diéi! à saint Nazaire, parce (ju'cllo itossédail la l'i-liqiie précieuse d'un lin.^e l(;iiit du san^ do l'e généreux inarlyr de Milan. Après (l(>s désastres , des ruines et des reconstructions ' niuUi()liécs, là cathédrale d'Autun dut iMrc reb;Uie au conmicncement du \u' siècle.
L'ieuvre fut ontiejuise av(îc pçramle ardeur. Le zèle se refroidit jjroniptenient. Eiilin, on abandonna ré(liiice,(]iii ni> fut jamais acîievi;. Durant la reconstruction , dès l'ann'e 1195, les chauvines célébraient rollice divin tanlôt dans la nouvelle cathédrale , où ({ueliiues parties avancées étaient appropriées h cet usage, tantôt dans la chapelle di^s ducs de Bourgogne. Plus tard, (piand les ducs de Bourgogne quillèrcut Autun pour lésivler îi Dijon, ds .ihandonnèrent la chapel'i! du ch,\teau aux chanoii.es de la i)rennère ville. Celte concession, faite au moment où les ressources étaient épuisées , suit mt le zèle étant éteint, décida à prendre la cha[)e'lc ducale pour église cathédrale. I/é^liso de Saint-Na/aire, malgré son triste état d'abandon et de délabrement, garda longtemps encore le titre de cathéd.ale. Jusqu'à Tannée 1770, les évoques d'Autun, eu |)rcnaut poss"Ssion dtîleur évèché, allaient s'assooirdans une chaire en pierre, située derrière l'autel, ii\)\)G\éo la chaire de saiiH Lé(jcr. La tradUion attribuait à ce saint et courageux évèque cette chaire ou ce trùne é[)iscopal, d'une simplicité tout évan;j,élique , semblable à la chaire que l'on voyait jadis dans l'église métropolitaine de Reims.
La chapelle du cliàteau, aujourd'hui cathédrale d'Autun, fut fondée par Hubert V\ vers l'an lOCO; continuée par Hugues, son petit-lils; consacrée, en 1132, pnr le pape Innocent II, et achevée seulement sous l'épiscopat d'Etienne, en 1178. Elle e4 consacrée sous le vocable de saint Lazare, parce 3ue quelques reliques de ce saint, apportées e Marseille, furent déposées dans le sanctuaire.
La cathédrale d'Autun, dans ses deux parlies les }tlus importantes , présente les calactères architectouiques du wV et du x.v° siècle. C'est un des monuments les plus importants de la France. Le style du xn' siècle y a pris un dévelopi)ement particulier et revêtu des formes i)ropres à l'école que l'on dpi)elle Ecole hourgaiffnonne. Les coloiuies y sont transformées on [lilastres cannelés , dans le genredeceux qui décorent les portes d'Arou et de Saint-André, à Autun. Les arcades et les voûtes sont ogivales; mais l'ogive s'y montre avec la forme usitée durant la phase de transition du xii' au \nr siècle. Le [)ortail est très-beau ; l'art de ia sculpture y a déjiloyé tous ses trésors d'imagination , dadresse et de patience. Nous navonsjamais rien vu a. Heurs de plus conqilet cl de |)liis original. C'est ce caractèr(! d'origiudité ([ui fait le mérite du grand poilail de la cathédrale d'Autun. On le peut regardorcouun(> une œuvre à jiart dans les monuments iVan-jais, cl \\ doit o(;cuper une place fort imporlaidci dans riiisloire archéologique de nutie i ays.
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L'adside de la cathédrale d'Autun a éU; b^tie par le cardinal Uollin, en 1V(;5, ainsi (]i:e la channanti! tiibuncen | ierre (pii soutient liî bulIVt d'orgue. Plusieurs des chapelles ont été érigées et décorées h diverses épo(ju<'s. dans le cours des W et xvi' siècles. La llèche pyramidal' en pierre est encore l'ieuvre du car.linal Uollin. E'ie fut C(msh-inte a[)rès l'incen lie de l'i-(i5 , qui détruisit une grande (lèche en bois et endommagea fortement les voûtes.
Cathédrale d'Avif/tion. Notrf.-Daaik i)i;s Do^js. — L'église d'Avignon fut fondée dès la plus baide antitpiité ecclésiast cpie. Sans discuter ici une opinion hi'Tisséc de dillicullés, (pu prélen I (pie sainte Marthe de lîé- Ihanie |)rècha la première la foi chri''tii'ruirî dans cette contrée, nous savons (jue saint Paul, env(jyé dans les (lau'es par le [)ai>e saint Fabien, évangélisa les poi>ulatioiis de Narbonne, de Biîziers et d'Avignon, il établit saint Uuf évèque de celte dernière ville. L'église épiscopal ' fiil rebjtie, ou peut-être seulement restaurée par Constantin. Cet c.nl)ereur, devenu chrétien, assista h un concile d'illyrie et ordomia la construction de |)lusieurs églises. Un titre mentionné dans le Gallia Christiana nous apprend que celhi d'Avignon était du nombic, cl ([u'elle était placée sous l'invocation delà sainte Vierge. L'évê(iuo Aventius en lit la dédicace solennelle au mois de septembre 326, et consacra en même temps trois autels qu il y avait fait ériger. C'est lui des actes les plus anciens où il soit fait mention de la plur.Jité des autels dans la même église.
Los barbares du Nord et les Sarrasins dévastèrent Avignon et ruinèrent la cathédrale. Charlemagne releva l'é'glise et lui accorvlade nombreux [triviléges.
M. Mas, auteur d'une notice curieuse sur le monument d'Avignon , [)rétend que le porche de l'égli-se est antérieur au règne de Cliarlemagne, et qu'il date probablement du VI" au vil' siècle. Cette opinion est inadmissible : nous ne l'avons indiquée que parce que plusieurs historiens ont voulu la soutenir. Les caractères archéologiques ne permettent pas de le rapporter à une époque l)lus ancienne (pie le xii" siècle.
I/intérieur de la cathédrale d'Avignon est irrégulier, h cause des réparations et des additions (jui y ont été laites successivement. Les arceaux intérieurs et extérieui^ sont à plein cintre ; la jd.is ancienne voûte est ogivale. En 1070, on agrandit la nef et l'on reconstruisit le chœur.
Le souvenir des papes qui ont résidé à Avignon depuis 131)8 ,ius(prà 1377, et de ceux (jui V -^o'il restés peu lant le grand schismo dOccident, dejtuis 1378 jusqu'à r«03 , est encore vivant dans les monuments civils el religieux de la vdie. C'est au grand regret des amis de nos antiipiités monumentales que l'on voit se dégrader cha(iue jour les restes giganlescpies du palais d'/s pajies.^
Cuihédralc de Hin/nix. Notki.-Dvmi.. -Saint J':xuiicre passe |tour avuir bàli li première
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(''Valise cpiscopa'ede Bayeiix. Ag-amlic et reconstruite h plusiiHirs reprises, li cathédrale l'a niince, ainsi (juo la ville, parles pirates tl'i Nord, en 8)1. En 10 tC, elle fat dt'truitc jujr un incendie qui r&duisil la ville en cemires. L'évèque Hugues en commença la rééditication ; mais il mourut en 10'i-9. Son successeur, Eudes de Contovillc, aidé par son frère Guillaume, duc de Normandie, Ht faire la dédicace par Jean, arclieviupie de lîou?n, en 1077 ou 1078. En HO'.), la cathédrale est de nouveau ru'née par la guerre (}ui eut lieu en-îre HiMiri l", roi d'Anglcte Te, et Hélies, comte du Maine. El e fut rélahlio, eu 1159, par révèque iMuli|H»o de Harcourt, et Henri, son successeur.
Dans son état actuel , la catliédivile de Bayeux otîre dC'^ vesti.j;es de ses diverses reconsiruc ions. Le massif des tours doit être ra|)por!é h l'an lOVG; la grande nef, jusqu'à la galerie, à l'an 1077. Toute la partic supérie:ire, entreprise a{)rès les mallieurs occasionnés par la guerre, date de llOiî. En 1159, de grands travaux furent commencés, qui se prolongèrent jusque dans le xiii' siècle. L'absitle, véritable clief-d'œuvre de goût et de délicatesse, fut achevée, vers 11221, par Uobert des Ablèchos, tandis que le portail djitôtre attribué à la belle architecture du xiV siècle, et le transsept h la fin de ce même xiv* siècîe, ou pe .t-être môme au commencement du XV'. La cou; o'e, conunencée en 1\.7, fut détruite en 1G76 ; elle ne fut rebâtie en pierres qu'en 171V et 1715, sous l'é- 1 iscojiat de Fianços de Nesmond.
Dimensions principales : longueur totale, 102 m. ; largeur de la nef, 10 m. ; largeur des cnllaiéraux, 5 m.; largeur des chapelles des b>s côtés, 5m.; largeur totale, 20 m. ; hauteur d's voûtes, 23,30'"; longueur du transsept, 37,00"" ; élévation des deux fièches du portad, 76,60°*; hauteur de la tour de Ihorloge,
Sous le sanctuaire et une partie du chœur règne une crypte très-spacieuse ; elle est du 3ti' siècle.
Calhédroile de JRajfotmc. Notrp-Dame. — Le piSQ de la cathédrale de B lyonne est grand et régulier ; il est à trois nefs, mais le transit pt n'est marqué que par l'espacement des tiavées à la naissance du chœur. La longueur est de 78 m. ; la largeur, les chapelles non comprises, est de 28 mètres.
Les caractères archéologiques de ce raoiiument ont été appréciés par AI. le colonLd (Ueizes, et les dates historiques établies par le chanoine Veillet, dans un travail resîé manuscrit, ainsi qu'il suit. L'é-.li^e a été fondée en il iO ou 1141. Le chœur et l'abside datent du xu' siècle. Une partie du clocher et les basses nefs furent bâties dans les premières années du xiV siècle. Dès l'année 1335, la haute nef était en construction, et la preuve en est tirée de la présence, en deux endroits de la voûte, des armoiries du cardinal Guidaume Gandin. Ce cardinal, mort en 1330 , énonce dans son testament les sommes qu'il avait données peu de temps •"uparavant pour entreprendre les arcades de
h\ voûte principale et delà voûte du transsept, ainsi que jmur placer des vitraux peints. Les dernières travées delà nef ne doivent pas rc»monter au delà des premières années du xv* siècle, comme l'indiquent les caractères do l'architecture ogivale prismatique, et comme le démontre le placement des armoiries de France et d'Angleterre , tellement rapprochées qu'elles doivent se rapporter à l'époque de 1430, lorsque les prétentions du roi d'Angleterre eurent é:é confirmées par le faible Charles VI : alors l'écu britannique fut écartelé des t;ois Heurs de lis. Enfin le clocher, commencé en 1501, fut continué en 1515 et ju^■qu■en 15'i-'i- ; le pavillon qui le couvre est de 1G05.
Le cloître qui accompagne la cathédrale de Bayonne forme une constr!!clion accessoire fort curieuse. 11 est analogue à ceux d'Elue et d'Arles et il présente des particularités propres à intéresser les antiquaires.
Cathédrale de Beauvais. Saixt-Pieuue. — La cathédrale de Beauvais consiste en un chœur très-étendu, avec transsept et collatéraux autour de l'abside. La grande nef n'a jamais été exécutée; mais il y a tant de magn ficence dans ce chœur, les lignes archi^ tecturales y sont si grandes, si pures , si hardies, que le chœur de Beauvais a toujours passé pour un chef-d'œuvre. Les fondements de cet édifice furent posés par Hervé, 40' évèfjue de Beauvais. Roger, son successeur immédiat, élu évèque en 090, continua l'œuvre de son prédécesseur. Ce monument fut érigé avec une cer'aine recherche et une certaine somptuosité; mais il fut atteint par l'incendie, à deux reprises différentes, en 1180 et en 1225. Ce fut à cette dernière époque que Miles de Nanteuil , alors évèque de Beauvais , résolut de reconstruire sa cathédrale sur un plan grandiose. Mais l'architecte fit hardi jusqu'à la témérité. Les piliers étaient trop largement espacés , les arcades avaient une immense ouverture et une trop gande portée. A peine construites, les voûtes, appuyées sur des contre-forts trop faibles, s'écroulèrent, sans qu'on en pût arrêter la chute. En 1272, les voûtes étaient reconstruites ; mais le 29 septembre 1284, par une épouvantable catastrophe, les voûtes tombèrent une seconde lois; plusieurs piliers furent emportés dans le désastre. Cet accident força à bâtir des piliers intermédiaires à ceux qui existaient primitivement. On employa quarante ans à ces réj)arations..
En 1338, l'évèque de Beauvais et le chap'tre de la cathédrale, voulant achever le chŒ'ur de celte vaste basilique, choisirent l'habile architecte Enguerrand pour l'exécution de cet important travail. Ses dessins et ses projets ayant été approuvés par l'évèque Jean de Marigny, les travaux furent commencés avec la plus vive ardeur. Mais alors s'ouvrit pour la Fiance et pour la Picardie une série de calamités qui arrêtèrent l'élan général : les guerres intestines qui ensanglantèrent alors nos provinces pendant plus d'un siècle, et roccu[)ation d'une grande partie du territoire par" les armées anglaises, ne pcr.
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mirent pas de s'occuper cicllvemcnl de mener à fin les constriK lions (''bauclires. Après bien (les niallieurs, le 21 mai d(! l'an loOO, s(jiis ]'épisco[)at do Villiers do i'Ilo-Adaiii, la pi'Oniière pierre de la croisée fut bénite et poséo avec uncérénionial pom|)0!i\. Jean Vaast, de lîeauvais, et Martin Cauibiclie ou (wunbriehe, de Paris, tons ileux arehileclcs et maities maçons , furent charités de la dii'éeliun des travaux.
Par les libéralités do Louis XII et de François I", on continua et l'on acheva l'entreprise. Après la mort des deux architectes (jue nous venons de nonnner, la surveillance de l'œuvre fut donnée à Jean Vaast, lils du premier, et à Franeois Maréciial, qui lu terminèrent en 1555.
Au lieu d'acliever la nef, dont ils avaient commencé unetravée,lesdeux architectes voulurent lutter contre les grands travaux de Michel-Ange, dont la rononnnéc leur faisait connaître la gloire. On parlait, dans toute l'Europe, de la hauteur et de la liardicssc de la grande cou[)ole de Saint-Pierre, h Konie. Jean Vaast et François Maréchal , piqués d'énndation, construisirent au-dessus de la partie centrale du transsept une tour pyramidale de 9G mètres de hauteur, et dont la base avait IG mètres de largeur sur chaque face. La tour qui ijervait de base h cette pyramide , percée à jour de toutes parts , était ornée de vitres peintes, et ses quatre angles, surmontés d'obélisques, se rattachaient au corps de la pyramide octogone par plusieurs arcs trèsdélicatement travaillés. L'intérieur en était voûté en ogives, de manière que le spectateur, placé au centre du transsept, pouvait en considérer toute la hauteur. Voy. Dôme, Coupole. Cette magnifique pyramide ne subsista que cinq ans. Le jour de l'Ascension de l'année 1573, elle s'écroula avec un épouvantable fiacas. Après cette catastrophe, on se contenta de réparer les voûtes du transsept méridional qui avaient beaucoup souffert de la chute delà pyramide, et tous projets furent abandonnés.
Dimensions de la cathédrale de Beauvais : longueur totale, 63 mètres; largeur des transsepts, 58,60 m.; hauteur des voûtes, k8 mètres.
Cathédrale de /?e//e//. Saint-Jean-Baptiste. — L'ancierme cathédrale était d'architecture romano-byzaotine. La nouvelle, récemment bâtie, n'ofî're pas une grande pureté de style ; la construction en est même assez médiocre, à cause du mélange et de la confusion des formes ogivales.
Cathédrale de Besançon. Saint-Jean. — La ville de Besançon avait jadis deux cathédrales, l'une consacrée à saint Etienne , premier martyr, l'autre dédiée h saint Jean-Baptiste. Cette dernière était l'église baptismale, isolée de la première , où révôijue avait établi son siège épiscopal. L'une et l'autre ce|)endant, dès le principe, étaient honorées du titre d'église épiscopale. C'est pourcpioi , au moyen âge , elles furent toutes les deux regardées comme églises cathédrales; à cette épocpie, il y eut même de fréquents démêlés cuire
les cha|)itres de ces deux églises, à cause do leurs prérogatives. L'église de Saint-Etienne, bâtie sur le mont C<i.'lius, fut renversée lors de la constructiorr de la citadelle.
La cathé(lra!(î actuelle de Saint-Jean do Besançon est un édilice a[»partcnant à l'architecture romano-byzantiiie; elle doit être comptée au noiid)i(! de nos rares églises éf»iscopales rebilties au moment de la régénération des arts chr-éliens (;t consei-vées jus(pj'<i nos joui'S. On y reconnaît des signes certains du style architectonique q .i [>révalut aux XI' et xir siècles.
Plusieurs chapelles intérieures s<".nt décorées avec luxe. A la p'irlie inférieure de la cathédrale, à la place de la porte d'entrée, se trouve un s cond chœur d'architictiirc grecque, dont la construction e»t récente. La tour des cloches, étant tomb'e en 1726, fut rebAtie dans un style moderne, ainsi que le portail et la chapelle dédiée au saint suaire.
Cathédrale de lilois. Saint-Louis. — L'église do Blois no jouit des honneurs d'un siège épiscopal qu'à la fin du xvii' siècle. L'église de Saint-Solenne, évêque de Chartres, mort à Maillo , aujourd'hui Luynes , en T ouraine, fut plusieurs fois ruinée et rebâtie, au moyen âge. En loii, elle avait été reconstruite à peu près entièrement. Dès 1568, les calvinistes s'en emparèrent et s'y livrèrent à toutes sortes (l'excès. En 1609. les habitants de Blois construisirent la tour, suTTuonléc de son petit dôme h jour, ({ui (Jomnie encore et la cathédi"ale et la ville. Cette tour résista aux coups de la tempête horrible qui, dans la nuit (lu 5 au 6 juin 1678, renversa r(;gliso et occasionna tant de malheurs sur les bords de la Loire. Touchées de tant d'infortunes, MarieCharron, époiisedumar((uis deColbei't, minisire des finances de Louis X.1V, et la marquise de Soumeri, sa sœur, supplièrent le l'oi de relever l'église de ses ruines. Leur pr-ièro fut exaucée : Louis XIV ordonna la restauration complète de l'église de Blois. Le nouvel édifice fut consacré, le 9 juillet 1730, sous le vocable de saint Louis, pour [lerpétuer à jamais le souvenir de la générosité du roi.
L'érection de l'évèché de Blois ne date (|uo de l'année 1693.
Dimensions de la cathédrale de Blois :
longueur dans œuvre, 60 mètres; largeur totale dans aaivre , 30,80 m.; hauteur i^e la nef sous la clef de voûte, 18,70 m.; hauteur (les latér-aux, 8,70 m.; élévation du clocher, 50 mèlres.
Cathédrale de Bordeaux. Saint-André. — La basili(jue primitive de Bordeaux , mentionnée jiar saii.t Cr-égoire de Tours, fut détruite i)lusieurs fois j)ar les barbares et jiar le malheur des temps , notamment en 725, par les Sarr-asins; en 8V8 et 8o'i- , par les Normands. En 1096, irne giando église romano-byzantine l'ut consiic:ée, le J"mai,, par- le pap'O l'rhain IL
La nef de l'édifice actuel, dans sa plus. grande [larlie, ài»par'tienl à la dernièi-e inoiti(' du xU siècle, (pioiipie , à rinlt'iieur, ni\ travail [lo-iéiieur eu art altéré le taratlèrc
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On y décoiivro, en d'anîres ei;t.lroits, les caracltres de l'éiioqne transilionnc'Io au \\i' siècle, et ceu\ du stylo og'val du xiii' et du xiv siècle. Nous savons, en ctlet , par une ' bulle de Clément, que l'on faisait des travaux importants h l'éi^lise mè'ropolitaine de Bordeaux en 1307. Vu tremblement de terre Ut tomber l'S voûtes en Vrll. On ne commença a les recdustruire que 'i8 ans après; la restauration n'en fut achevée que dans les prem'ères années du xvi' siècle, par les soins de Jean Foix., archevêque de Bordeaux.
La cathédrale de Bordeaux a la forme d'une croix latine; elle se compose d'une nef sans latéraux, lon^::ue de 7*2 mèlre^, largo de 18 nièîres. et haute de 27 mètres; d'un transsejit dont la longueur est de -V'h^G m.; la largeur de 9,05 m., et la hauteur sous voûte de 33,33 mètres; d'un chœur, comprenant quatre grandes travées, et d'un sanctuaire formé circulairement par cinq autres travées, se dép'oyant ensemble sur une longueur de 33,9o"mètres et sur une largeur de li mètres.
Les murailles des sept travées de la nef portent les caractères évidon s des constructions romano-byzantines. Des arcad.'S cintrées, prises dans l'épaisseur du mur, ornées de dei.ts de scie, avec chajMteaux et archivoltes tlnement sculi>tés, forment la zone inférieure et accusent la tin du xr siècle et le commencement du xir". Elles sont surmontées d'une galerie dans le style ogival du XIV* siècle, récemment établie, qui sé})are la zone supérieure bMie au xiii'= siècle. La nef est éclairée par des fenêtres ogivales géminées, couronnées d'une rosace de médiocre dimension. Au-dessus de cette espèce de grande galerie on voit d'autres fenêtres plus étendues, dont l'ouverture est concentrique aux arcades ogivales ou formerets de la voûte. Cette disposition originale produU un heureux effet.
Quatre travées, près du transsept, portent des colonnettes groupées, qui s'élmcent du sol jusqu'à la naissance des voûtes. Les ornements des chaj)iteaux, les moulures qui accompagnent les colonnettes, les nervures diagonales des voûtes, la simplicité d 'S clefs de voûte, ra;>pellent la plus grave époque du xni' siècle. Dans une aulre par!ie, jusqu'à la hauteur de la première galerie, on observe des piliers romans ;ivec la pureté de style du xi' siècle et tous les caractères de la seconde éiiO(iue romano-byzantine. C'est dans cette paitie de la nef qu'on a relevé les voûtes, ruiuées par le tremblement de terre de li37. On y remarque les nervures pi-ismati(pies, les lleurons ouvragés, les culsde-lampe ciselés et les autres particularités du style ogival ll.unboyant.
Dans la partie orientale, l'église métropolitaine de Bordeaux porte l'empreinte évidente du style du xiv' siècle. Il est à regretter que la ligne des voûtes so t brisée à l'extrémité supérieure de la nef; la partie moderiiu est plus haute de 7 mètres que les voûies anciennes.
Les portails sont malheureusement tiès-
mutilés. La façade du nord est accompagnée de deux llèches aiguës, hautes de b'O met es, qui forment le couronnement de la cathédrale de Bordeaux.
Cathédrale de lîoiirf/es. Svint-Étienne. — Les historiens ne nous donnent rien de bien certain sur la première église épiscopale de Bourges. La tradition rap|)orte que l'oratoire ]>rimitif, consacréàl honneur de Jésus-Christ, fut une portion de la maison du sénateur Léocadius, qui commandait dans les Gaules pour l'empereur Décius, vers l'an 25L Cette église aurait été détliée au premier martyr saint Etienne, par l'évêcpie saint Ursiu. Ouoi qu'il en soif, un temple plus vaste fut élevé par saint PalaKs, et cet éd fice, également d'dié à saint Etienne, mérita les éloges de saint Grégoire de Tours: Ilœc est nunc ecelfsia apud Biluri(/as nrbem miro ope-rc composita et primi martyris Stephani reliquiis illitstrata, et ceux du poëte-évêque de Poitiers, saint Fortunat, qui parle de la délicatesse de ses colonnes et de la richesse de leurs ornements [Venant. Fortunat., Carm., lib. I, cap. k). Bodolphe deTurenr.e, évoque do Bourges, entreprit la reconstruction do son église au ix' siècle. Les tiavaux fin^ent continués i ar ses successeurs, et spécialement par Gauslin, mort en 1030: ce dernier était fils d'Hugues Capet et frère ilu roi Bobe.t le Pieux, dont il employa les largesses au profit de l'œuvre de saint Etienne. Le style ogival domine dans la basilique actuelle de Bourges. La voûte du centre a été aciievée sous l'épiscopat de Jean de Sully , 73' archevêque, ou de Guy, son frère et son successeur, mort en 1280. Au rapport do certains auteurs, le roi Philip{)e le Bel avait puissamment contribué à l'achèvement complet des voûtes, en 1315. Enfui, les travaux in!é-ieurs furent terminés sous l'épiscopat de Guillaume de Brosse, qui consacra solennellement l'église le 5 mai 132'!., le dimanche avant la fête de saint Nicolas.
Le plan de la cathédrale de Bourges est à cinq nefs, sans transsepts. Les chapelles du chevet sont au nombre de cinq ; un grand nombre d'autres sont établies dans toute la longueur des collatéraux. La masse de l'éiiifice es! a]>puyée sur soixante jiiliers, largement espacés et disfribiiés dans la grande nef, de manière qu'il y a t alternativement une colonne [)lus volumineuse, entourée de plusieurs colonnettes, et une colonne moins considéralile, également enlourée de colonnettes. La longueur totale de la cathédrale de B.iurges est de 116 mètres, sur une largeur de iTmètres; dans la grande nef, la hauteur, sous clef de voûte, est de 37 mètres 50 centimètres ; les [)remiers bas-côtés ont une élévation de 21 mètres (iO centimètres, et les seconds de 10 mètres; les deux collatéraux, pris ensendjie, ont une largeur de 10 mètres. Les construct ons les plus anciennes de l'église métropolitaine de Bourges sont incontestablement les cryptes qui s'étendent, sous le sanctuaire, le cha'ur et deux portails latéraux. Les ftariies les plus vieilles ne paraissent l'as ])ouvoir èt.e attribuées à une
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époque plus reculée que le xii' siècle. Los clmpelles absidales doivent renionler au mèiiie temps, elles son! fort curieuses et b\ties en encorbellement sur les contrelbrls tpii séfiarenl les fenêtres de la crypie. A l'extérieur ces cliapelles sont couvertes tl'uu toit pyramidal en octogone et eu pierres semblable h un c/oclieton.
Les vitraux peints de Bourges sont une des gloires de cette célèbre église. On coin|)te 183 verrières peintes à diilcrentes é,)oiiiies du moyen âge, et pour la |)lu|)art peintes au Tim' siècle. On y voit représentés des suje's enipruntés h TÀncien et au Nouveau Totaiiient, des traits de la vie de Notic-Sei.;neur et de la sainte Mcrge, les ligures des |)rojilièles, des apùtres et de plusieurs saints évoques, de longues légendes exi)rimées dans de très-tiombreux. médaillons. Nous possédons une be le monographie des vitraux du xiii' siècle de Saint-Etienne de llouiges; les figures, supérieures en mérite au texte, ont été dessinées par le P. Ar'liur Afartln, et le texte a été écr t [)ar le P. Ch. Cahier.
L'extérieur de la (alhédiale de Bourges ne répond pas entièrement à la beauté de l'intérieur. Les portails latéraux du xii' siècle forment un accessoire très-pi(piant à Tédifice dont Tensemble est du style ogival. La décoration en est riche , très-originale et d'un elfet pittoresque. Le poitaii occidental est imposant avec ses cinc] voussures gainies de statuettes et d'ornements variés. La façade cependant manque d'harmonie, à caus3 des additions qui ont été faites à des époques diverses. La tour située à gauche a été commencée en 1308; elle est la [)lus haute, et le caractère de la construction indique bien le style de la première mo.tié du xvr siècle.
La cathédrale de Bourges passe pour un des chefs-d'œuvre de l'architecture ogivale, et est comptée au nombre des i)]us beaux monuments religieux de France. Elle méiite à juste titre la réputation dont die jouit. C'est incontestablem nt un des édifices les plus admirables que le moyen âge catholique nous ait légués.
Catli édraïe de Cah ors. S v i xt - Eti e \ x e . ^ Nous avons déjà eu occasion do mentionner jilusieurs fois la cathédrale de Cahors, qui est, en etfet, un de nos monuments fiançais les plus intéressants, à cause de sa [)hysionomio byzantine.
Dimensions générales de la cathédrale de Cahors: longueur totale, 8o,o0"'; largeur, 33,30'"; hauteur des [)iliers qui sup{)ortent les coupoles, 19,60'"; hauteur des arcades sous clef, 19m.
Les deux voûtes en coupole de Cahors ont 19 mètres de diamètri;. Elles sont parfaitement cons rvées et peuvent servir de ly,. e aux constructions byzantines et même carlo\ingiennes. Le cintre alfecte à rexlérie.a* la forme conique à soiinnet obtus; on l'a plusieurs fois recouvert d'éjiaisscs couches de moitier pour le préserver de l'infiltration des eaux pluviales.
Ouatrc ouvertures ou fenêtres, placées aux
quatre points cardinaux, éclairaient les coupo'es. La voilte en était peinte, ainsi quo l'atteste un vieil hislorien. M.'.leville dit dans sa Troisinne Ccntuinr, an 290 : « Sainct (îaubert fust m'esipie de Caors après sainct (lenul|>!!e. Tous les deux avecipie sainct Urcisso et sainct And)roisc, aussi par après eves(pie dudii t (]aors, se voyent peints dès plusieurs siècles en l'une de ces belles coupes de l:i vouste de l'église cathédrale avec le nom soubz chaque i)einture. »
Le roml-j'Oint du chevet, de même que les chapelles absidales, ne date que de la fin du xi*' siècli^ et du connnencement du xii*. La voûte qui recouvre l'abside est ogivale et fut élevée en 1293. « Alors, dit M. Calvet, fut construite cette belle voûte ogivale «(ui, prenant |)Our b ise les colonnes du xi'^ siècle, s élève au-dessus de l'abside et la couvre de ses élégantes nervures. » De.ix étages do vastes fenêtres h ogives, tréfiées et divisi'es par de légers meneaux, remplissent le vide qui se trouve entre les sup[)orts des nervures de la vuûtc.
Plusieurs chapelles latérales ont été ajoutées, dans la nef, au plan [irimitif. El'.es furent l)Atics dans le cours des xiii', \i\' et xv siècles, telles que les chajielles de sainte Catherine, de saint Biaise et de la sainte Vie;-ge.
Un narthex du xii'^ siècle, caché longtemps derrière une mura lie, est une des |)arli, s les plus curieuses de la cathédiale do Cahors; M. Calvet en a fait la descri; tion. On voit sur le tym[)an la figure de Jésus-Christ dans une auréole, accompagnée de divers grou[»es de 1.1 hiérarchie céleste. La statiie de la sainte Vierge est })lacée au-dessous de ccl e de son divin Fils; cIIj est entourée des apôtres placés dans de belles niches. Ph-sieurs sujets sont sculptés en bas-;elief : on dislingue sans peine le martyre de saint Etienne, p.itron de la catiiédral;-, et ditférv'Htcs scènes de la vie de saint Gcnoulph, {>rcmier évêquo de Cahors.
Cathédrale de Cambrai. Notrk-Dame. — La cathédrale de Cambrai, comme toutes les églises éjiiscopales, olf. ait une histoire fort curieuse; aujourd'hui il n'en re>te pas pierre sur pierre. Elle fut vendue le 0 juin 1790 et démolie bientôt a;)rès. Le grand clocher, avec sa llèclie p.. ramitlale, était seul resté deliout, connue po;ir |)orter témoignage contre le vanddisme des prétendus p-atiKtes; niais, privé de ses points d"ap[)ui, il ne tarda pas à se lézarder. Il s'écroula le 8 janvier 1809.
Cette église, illustrée [jar le pas>age et le souvenir d'un grand nombre de per>onnages distingué^, conservait surtout la m;nioiro d'un pr*''lat qui restera à jamais la gloiiu do Cambrai. Fénelon est un nom depuis longtemps devenu po()ulaire; il est s\nony.i.o lie la douce j)iclé jointe à l'élévation du lalent.
L'église abbatiale du Saint-Sépulcre, bàlie ou commencement du xvin' >iècle , fat choisie, en LSOV, pour remplace;- la cathédrale. Le fondateur de la première chapelle et de ianciciuie abbaye fut saint Lietbe.jj,
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32' (''T(Vjiio tl(> Ciiiubrai cl d'Arras; il (lomia \o nom (le Saint-Sé,>uk-ro à colle conslruclidii IM nivelle, h «on retour du pc^leriiinge qu'il avait entrepris ^^ la tète d'un i^rand nombre de ses dioct^ains pour visiter les lieux saints. Le monastère fut entièrement reUUi, de 170;} h 17-29, par les soins de Louis de Marba.v, i2' ahbtS et de Joseph d'Ambrine, son successeur in)médiat.
Le plan de la cathédrale actuelle de Cambrai est h trois nefs et en forme de croix latine, avec une moditlcafion dans les transsejits qui sont terminés en hémicycle. Les dimensions j^énéralessont dongueur totale, 75,!)3 m.; largeur dut ranssept,Vl, 90m.; lar^'cur de la grande uef, 9.15 m.; largeur des collatéraux, V,55 m. Cntfictlrale tle Cnrcassoiine. Sai\t-,Mu:ul:l. — L'éj;lise de Saint-Vincent fut l'église cathédrale de Carcassonne jusqu'à là révolution de 1793. Elle fut abandonnée en 1802 pour l'église de Saint-Michel , cathédrale actuelle. Cette dernière église, élevée au XIV' siècle, porte l'e.upreinte évidente du stjle I gival secondaire. Les dimensioi s sont : longueur, 30 m. ; largeur, 16,60; hauteur sous voûte, 20,50 m.
Cathédrale de Chdlons-sur-Marne. Saint- Etienne. — Saint Alpin, évèque de Chàlons, ost le premier qui consacra un temple chrétien à i;intér;eur de la ville. L'église épiscopale primitive fut plusieurs fois reconstruite et agrantlie. Au x' siècle, e'ie fut renversée I)ar s dte des fureurs de la guerre. Au xir siècle elle fut détru te par la foudre. Restaurée avec beaucoup de zèle p.ir les habitants de Chjilons, elle fut consacrée par le pape Eugène III, le 28 octobre lli7.
Quatre-vingt-trois ans après sa dédicace solennelle, la cathédrale de CliAlons fut de nouveau renversée par le tonnerre. La ruine lut pres(jue complète; quelques restes encore subsistants de nos jours échappèrent seuls au désastre; Philippe II de Nemours de J^Jervile travailla à la rééditier. Sous Gilles oe Luxembourg et sous Henri Clausse, elle revut de nouveaux accroissements. Le premier lit construire sur la tour du nord une i^cne llechn en bois, qui passait pour une acs merveilles de son temps ; le second fit agran.hr la nef de deux travées. La facaJe actuelle lut bitie en 1628.
-En 1668, un efTroyable incendie réduisit en cendres les charpentes et la flèche en tjois de Cilles de Luxembourg : elle écrasa, dans sa chute, la voùle du sanctuaire. En 1 ibJ, un ouragan terrible fit tomber la rosace tu portail méridional; en 1821, on fut obb-*^ de (leraolir les flèches accident ])lus grave
travaillait à la restauration du portail méii uion.d.
pour éviter enlin en 18V2,
un on
l)jmensions générales de la cathédrale de ^h Ims : longueur totale, 90,W m.; largeur gf..„^ransse,its, i0,70 m.; largeur des nefs, -^0,00 m.; hauteur des voûtes de la nef principale 27,8 m.; hauteur des voûtes des nefs ialerales 16,23 m. ; élévation des flèches, y tompris les tours, 63 mètres.
i-o l'iaii est eu forme de croix latine, à
trois nefs, avec d'ambulatoires. Le transsept, comme à Reims et àMi-t/., est plus rapproché de l'abside que dans la plupart d> s grandes églises ogivales. L'abside, à partir dos piliers du transsept, ne renferme que sept travée^' et ost entièrement occupée f)ar le sanctuaire. Autour du rond-point on admire trois maguili({ues chapelles absidales du xiv siècle. La gr.mde nef ost un des vaisseaux les )>lus majestutnix des calhédrah'S de France, i^il ' ost formée de dix travées et soutenue pir dix-huit piliers; ces jnliors sont cylindriques cl ofl'rent à rob-ervafeur une particularité curieuse, c'est (pic hna' base appondicuK'e indique un i^ge |>lns rculé que leur chapiteau à crochets et à feuilles déco pées. Les voûtes ont [-resiine toutes été refaites. Le pavé de la cathédra'e de Chdions est presque entièrement composé do pierres tombales d'une belle exécution.
Cathédrale de Chartres. Notue-Dame. — Celte cathédrale jouit d'une grande renommée, et assurément elle la mérite bien. 11 n'y a j)eu(-èlre aucun monument du moyen-Age> en France, en Anglelerre, en Allemagne, qui offre à l'archéologue d'aussi nombreux: et d'aussi variés objets d'observation. Les vitraux peints ne le cèlent à aucune œuvre du m0ni3 genre, et la statuaire, soit à lintérieur. soit à l'extérieur, y a laissé des niillors de statues, de bas-reliefs el de sculptures de toute espèce.
L'édiliee primitif, ruiné ci jilusieurs époques, fut toujours relevé sur le même emplacement. Il'fut réduit en cendres on 8oS, quand les Normands entrèrent à Chartres par un stratagème de leur chef Hasting. En 973, l'église devint de nouveau la proie des flammes f)ondant la guerre que Thibault le Tricheur, comte de Chartres, do Blois et de Tours, soutint contre Hichard, duc de Normandie. Enfin, en 1020, un autre incendie dont on ignore la cause détruisit encofo la cathédrale. Cet accident arriva sous l'épiscofiat de Fulbert, qui se livra ensuite avec une extrême ardeur à sa réédiflcation ; mais les travaux n'étaient pas encore fort avancés lorsqu'il mourut on 1029. il n'y a que les cryptes ou grottes souterraines que l'on puisse lui attribuer, quoique les historiens aient regardé à tort la plus grande paitie de l'église actuelle comme ayant été b'.tie sous sa direction.
Au Xir siècle appartient le portail occidental, avec ses statues et ses diverses moubin s romano-byzantines. Au xiir siècle on doit rapporter les nefs presque tout entières, les admirables portiques Lit. raux, ainsi que Je chœur et les transsepts. L'examen des parties extérieures vient confirmer cette appréciation archéologique, et lui fournirait de nouvelles prouves, s'il en était besoin. En lIG'i-, un incendie général ava t rendu nécessaire la reconstruction géué.ale du moinuiient.
Après la dédicace solonnello qui fut fait^, en 1260, par Pierre de Maincy, 76'- évèque de Chartres, il restait encore b aucoup de délaUs à achever. Ainsi, la tijLU- du nord ne
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l'iit lorniinro qu'h la lin du \n' >iriIo {•( nu ( oiniiitMiceineiit du \m'.
DiiiHMi'iious |)riuci|)ak'S de la ralh'dialo di' (^liaitri'S : loni;u(Mir totale, 128, (iV m.; Inr-pur, 33, W m.; bautCMir sous votito , 3V,35 m.; longueur du ttaiissept, G-{,37 lu.; hauteur du clocher vieux, 11:2,1') ni.; hauteur du clocher neuf, 1-22,10 ui.; lar^i'-ur de la façade |)iiiicii)ale, 37,50 ni.
(jn(iuante-deu\ piliers isolés forment l'ordonnancc j)itt()resquc du clueur, de la nef, du transsopt et des has-côlés, et tren!e-six massifs, liés par les murs qui en déterminent la circonfé.ence, soutiennent l'édilicc dans tonte son étendue. Les [)iliers libres cantonnés de (piatrc colonnes demi -engagées sont surmontés de cha[)iteau.\ à feuillages et fort élégants.
Les arcades h og'.ve, à rexce|)tion d'un i»; lit nombre, sont surmontées de galeries. Les arcs couronnés de trèlles, de Heurs crucifères et de rosaces, ferment une espèce de ceinture gracieuse. Au-dwssus du triforium s'ouvrent de hautes et larges fenêtres.
Les vitraux peints de Chartres doivent ôtrc comptés au nombre des cliefs-d'œuvre du xiir siècle. Ils ont de nombreux rapports de ressemblance avec les beaux et riches vitraux (le Bourges, de Tours, du Mans, etc., avec des particularités intéressantes qui les distinguent. Les trois grandes roses de la cathédrale de Chartres sont aussi remarquables par leur structure que par leurs verrières.
Autour du chevet rayonnent sept chapelles absidales, dont la plus remarquable, située au centre, est dédiée à la sainte Vierge. Dans la nef, on voit une chapelle accessoire construite en l'*13, entre les piliers butants de la cinquième travée à droite, en accomplissement d'un vœu fait à la sainte Vierge par Louis, comte de Vendôme, dont elle poi te le nom.
La clôti re du chœur est encore une des parties accessoires di» l'église de Chartres les plus dignes d'attirer l'attention des connaisseurs. Le travail en fut commencé en iol'i-, sui- les dessins de Jean Texier, dit communément Jean de Beauce. Quarante groupes, comj osés de nombreu-es statuettes, représentent les principaux traits de la vie de Notie-Scigneur et de la sainte A'iergc. Chaque trait dhistoij-e est séparé par des pilastres décorés d'une profusion d'arabesques et d'ornements d'un excellent cho !x.
Les deux tours de la façade occitientale servent de l)ase h deux lîèches élancées, dont la plus simple est dési„né(! sous le nom de Clocher vieux, et la i)lus ornée, commencée en loU7 el terminée en 151V, est connue sous le nom de beau clocher.
Les portails latéraux, surtout le j)ortail se[)lentrioiial, sont décorés avec tout le luxe d'ornementation imaginable. La statuaire y n placé un grand nombre de statues, de statuettes et de sculptures délicalcs.
Terminons celte courte i.olice en disant que la charpente fut consumée par le feu le 4 juin 1830, par la négli^eiu-e de deux ou-
vriers plombiers. Un charpente en fer lemplace aujourd'hui ranliijue foret de Chartres, qui jouissait d'une iuuuen>e renonunée.
(Jathcdrnle de Clcrmont. Notuk-Dame. — Cette cathédrale, dans sa masse [)rincipale, a|>partient à la première période; de l'architecliue goth!(pie. l-llle fut b.Uic sur les (dans dressés par un architecte noumn- Jean Deschamps, Johftnnes a Cdiiipis; malheureusement elle est restée inachevi e. La fondation eut lieu en 12'i.8; les travaux furent pou-sés avec anhur à partir de 1253. Lu 1202, l'église ét,;it déjà assez avancée lois pie saint Louis vint en Auvergne à l'occasion du mariage de son fds aîné Philippe avec Isabelle d'Aragon; mais, dès 1270, les travaux languirent, et ce ne fut qu,' sous le règne de Charles VU, en I'i-'jO, (jue le projet (l'achèvement de No!re-Dame de Clermont fut lepris. Par suite de circonstances malheureuses, ce projet avorla et les travaux n'eurent pas lieu. Au counnencement du xvr siècle, Jac([u;s d'Amboise restaura la cahédrale de Clermont. C'est h cet évèque qu'( st due la loiture en plomb (jui couvie encore aujourd'hui tout l'édilice et qui doit braver les siècles par sa solidité.
La cathédrale de Clermont avait été entreprise sur un plan très-va-te, h cinq nefs. Les piliers sont composés de [•lusieurs fûts groupés. Le triforium est formé de lanceltcs géminées, trihtbées, surmontées d'une petite rosace à quatre pétales et d'un fronton aigu. La cl lire-voie, combinée sur les mêmes f.'ds que le triforium, est d'un travail fort léguli( r, avec deux meneaux et avec roses à six feuilles rondes et encadrées.
Les tlancs de la nef gothique sont appuyés sur les tours romano-byzantines de l'églis:', où Urbain II, en lOilo, célébra le conciK- où fut résolue la première croisade. D(ux tours latérales, ajoutées au xv' siècle, sont inachevées, de même que les portails auxq;iels elles sont adhérentes.
Les fenêtres de l'abside sont garnies de beaux vitraux peints dans le style du xni* sièc e, dont la plu[»arl représentent l'histoire légeuiJaire de plusieurs saints. Les verrières de la nef sont du xvi*^^ siècle ; un orago teriible en a détruit une partie, en 1835.
CaUiédrale de Coutance^. Notre-D\'me. —
Nous avons eu déjà plusieurs fois l'occasion de parler de la caihéJrale de Co;itanc> s. — yoy. Age des monuments, Analogie.
Dimensions princi()a!cs : longueur totale, T'i- m.; largeur des trois nefs. 20,00 m. ; hauteur des voûtes, 20,00 m.; hauteur du dùuu\ 00 m.; hauteur des deux llèches , 7i mètr^ s.
Le i)lan de la cathédrale de Co .tances est très-régulier ; il est en forme de ci'oix latine, avec Iranssept et nefs déambul.iloiies. Les chapelles qui acconqiagjicnt l'abside sont l)eu prononcées ; elles olfrent peu de [Jiof.mdeur et sont éclairées par trois belhs fenêtres à lancette-. La chapelle de lasainte^'ierg(^ b.Uie au \i\' siècle, est é ablie dans dei proportions élégantes. Les cli;pji!eo des col-
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lalér.T.ix sont mimirahles. FJîos coninmmqiieiil les mus avtc les aiilros, à uiio certaine hauteur, p.ir do larges ouvertures en tonne de tenOtres h meneaux.
Les colonnes et les clia.ùteaux présenlor.t partout des caractères arcliitectoniques l)iea accusés. Dans la ;^rande nef on reconnaît sans peine le style du xu' siècle, et cette transition qui conduit austy^edu \iii' siècle, qui règ!:e dans la partie supérieure de Tédilice. dans le chœur cl le transsejtt.
Les voûtes sont bien Ijfilies : eiles reposent sur des nervures toriques ; nia'S la coupole oj^ivale, élevée sur l'inlertranssept est assurément U!ie d 'S compositions les plus originales et les plus belles du moyen âge. Ce dôme est établi sur pendentifs en forme d'encorbellements, qui racliètent qua(re angles de l'octogone, le plan octogonal étant celui qui a été ado])té par rarchitccle pour être ai>pliqué .\ un espace quadrilatéral. La voûte est étoiléc el éclairée par d'innombrables fenêtres. Chaciue fenêtre est accom[)agnée de deux colonne>tes eftilées, dont les longues lig:ies produisent un bel etiet, tandis'quc leurs chapiteaux à volutes recourbées semblent s'unir pour former une guirlande de feuillages. Deux rangées de galeries superi)Osées ajoutent encore à la décoration di-s murailles intérieures. — Voy. Dôme.
COLPOLE.
L'extérieur de la cathédrale de Coutances e>t grave et animé par le mouvement des Ugnes architei.-turales. Les flèches, la coupole, les clochetons nombreux, produisent ce mouvement qui distingue la plupart de nos grands édilices de la période ogivale.
Cathédrale de Digne. Motre-Dame. — Le siège épiscOi>al de Digne remonte K une liiu.e auliiuitJ ecclés.astiquc ; mais la cathédrale actuelle est moderne et sans aucun mé.itc' s JUS le rapport de l'architecture. L'ancienne cathédrale, sous le vocable de Notre- Dame, est i)àtie en forme de croix latine et présente dans ceuvre 59,50 m. de longueur sur 8,59 m. do largeur et 17 m. de ijauleur. La nef n'a que quatre travées, dout les arcs, ainsi que ceux des voùies, sont brisés au sommet, ils doivent èirc rapportés à l'origine dustyiC ogival, etjointsà d'autrescaractères, ils indiquent que 1 église, dans son ensemble, remo[Ue au \h' siècle.
Cathédrale de Dijon. Saint-Béxigxe. Un siège éi)iscopal ne fut établi à Dijon qu'en i~i.M, par le souverain pontife Clément XiL ' L'érection di cet évêché rencontra de nombreuses diflicu-.lés, surtout de la part des moines de Saint-Cénign ■. L'église ue Saint- Etienne fut choisie pour être la cathédrale ; elle était bien inlérieure en grandeur cl en beauté à l'église abijaliale, mais c'était l'éditice chrétien le i)lus antique de la cité; simple chai)elle au vi- siècle, église conventuelle auxir, elle était devenue collégiale au Kvir : exemple frapiiant de la vicissitude des choses humaines l la révolution a profané la c^Tthédrale de Saint-Etienne, qui est aujourd'itui abandonnée, et l'église abbaliule de Saint-liénigne , dont les moines n'avaient
ïe de
supporté qu'avec jalousie le voisinage l'évèch;'', est deveime l'église cathédrale.
La longueur totale de cet édilice est do es mètres, sans y comprendre le porche extérieur ; la largeur des trois nefs réunies est de 29 mètres, et l'élévation la plus considérable sous voûte est de i'^,^^3 m.
L'église actuelle a é;é rebâtie en 1271. Lo principal mérite en est dans l'unité de style.
Cathédrale d'Evreux. Notre-Dame. — La première église épiscopalc, après plusieurs reconstructi )ns, fut détruite, en 892, par les Normands. Dès 9.)!), Evreux eut ses comtes particuliers, et l'église fut réédifiée avec quclcpie magnificence. En 1118, par suite des mailieurs de la guerre, toutes les églses d'Evreux furent dévastées. En 1119, les An^ glais mirent le feu à la ville. En 1 199, la ville fat encore réduite en cendres par les ordres du roi Philippe. Enfin, en 1379, la cathédrale d'Evreux eut à soutïrir cruellement d'un incendie qui la ruina presque entièrement.
Dans la nef principale, les piliers et les arcades appartiennent à l'époque romanobyzantine, tandis que les galeries et les fenêtres cjui les surmontent ne datent que du XIV' siècle. Le chœur et le transse,)t portent les caractères des constructions ogivales flamboyantes du xV siècle. Les chapelles absidales, à cause de leur architecture ornée, ne |)araissent pas devoir être attribuées à un temps plus reculé que le commencement du XVI' siècle. La lanterne ou dôme gothique, élevée au-dessus de l'intertranssefit, fut construite aux frais de Louis XI, sous réi)iscopat de La Ballue. Enfin le portail principal, du côté de l'évêché, est moderne.
Les vitraux qui ornent la ca hédrale d'Evreux, surtout dans la région absidale , sont dans le style du xvi' siècle, et estimés des coimaisseurs.
Cathédrale de Fréjus. Notre-Dame — L'aspect général de la cathédrale de Fréjus indique ouvertement la fin du xi' siècle et le commencement du XII'. Le style eh est lourd et les dimensions en sont peu cônsidé:ables. L'église est terminée par une abside ou rondpoint assez vaste pour renfermer le chœur et le sanituaire. Une seul > fenêtre éclaire l'abside, et la nef est éclairé j par six fenêtres latérales.
Les murs extérieurs, bAlis à grand appare 1, imitent de 1 tin une construction romaine. Ils sont prob .blement plus anciens cjue i'intôiieur de l'église. La tour placée sur le côté droit de la nef, carrée à sa base, devient octogone au second étage qui paraît ôire une addition du xm' siècJe. Une flèche aigué est appuyé 3 sur la plate-forme, et quoique appartenant au stjle ogival, elle est hmrde et sans élgancè comme le gotliique de 11 Provence.
Le [)ortail principal, construit ou restauré en IojO, est décoré avec assez de lùcKesse.
Le baptistère est un annexe fort intéressant, il est séparé de l'église par un porche; à rmlcrieur il est soutenu par huit color.nos antiques en marbre ^ris, surmontées do cha-