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ia basiliiiuc, sans tuer ni blesser porsonne (1).
Ce fut celte horrible catastrophe qui nécessita la construction de la m.ignitique basilique en stvle ogival que nous admirons aujourd'hui, il est probable que les travaux coramencL'rent immédiatement , quoique l'histoire garde le silence jusquà i'IïO, où elle nous fait conn.iître que l'abbé Evrard, à l'aide des aumônes des fidèles et des dons offerts par les prieuis dépendant de l'abbaye, releva la nef en grande partie détruite par l'orage (2). Le sens bien compris de ce texte importa: t nous conduirait peut-être à admettre que le chœur était déjà rétabli quand l'abbé Evrard prit en main le gouvernement (lu monastère. Cette pensée trouverait confirmation dans quelques détails architectoniqucs qui mènent k croire que la reconstruction a dû commencer par le chevet et les parties voisines. D'un autre côté, nous voyons des peintures aux armes de France et de Caslille, à la jonction des nervures, au centre des voûtes de la nef, qui démontrent que cette portion de l'église a été bâtie sous le règne de saint Louis. Nous ne connaissons pas du moins d'explication plus plausible à donner de la présence des fleurs de lis et des tours de Castilleaux clefs de voûte de la nef et de l'intertranssept, et de leur absence aux voûtes des travées absidales.
Pour achever l'énumération des dates que nous avons pu trouver, nous dirons qu'en 1299, Pierre de Châteauregnault bâtit le réfectoire, et qu'en IWO, Pierre de Mont-Plaie construisit le grand réfectoire. Les deux chapelles absidales, bâties en prolongement des secondes nefs collatérales, furent fondées de lo'ÎO à lo'+O, la première dédiée à saint Maur, à gauche de l'autel et à droite du spectateur, par l'abbé Jean Robert ; et la seconde dédiée à saint Benoît, du côté opposé, par le moine Sébastien Testu. Une crypte insignifiante fut construite sous le sanctuaire il y a deux siècles. Nous y avons lu cette inscription : Hœc crypta fada fuit 1639. Peut-être y reconnaîtrait-on à quelques restes de maçonnerie la disposition semi-circulaire de J'abside romane.
Nous avons précédemment mentionné quelques chapelles particulières situées dans 1 intérieur du monastère. Nous devons les faire connaître, à cause de leur importance monumentale et historique. La première fut consacrée à la sainte Trinité, en 102i, par l'archevêque Arnoul ou Arnulphe, sous l'abl»é Causbert, deuxième du nom. La seconde fut dédiée k sa'nt Aubin, en 1058, par l'archevêque Barthélémy 1", sous l'abbé Guillaume. La troisième, bâtie dans le voisinage de l'infirmerie, fut dédiée h saint Nicolas, en
(1) Aiino 1224, posl malulinom officium in feslo sancti Malhi;e a lolo coiivcnUi persoliitiim , exorla sul)ilo procella honibilis parlem basilicsc niaxiinam, nulle) lanicn interenipio, subverlit.
(2) Evranlus basilic* naviin turbine et fiilgure niajciri parte subversaiu fideliiini eleemosynis adjiilus, et priornni a nionasloriodependentiiiin subsidio, ciuavii lëx'diticari aiinu non longe 124U.
1097, par l'archevêque Uaoul II, la veille de la l'êle de Saint-Martin d'été, sous l'abbé Jean I'^ Une quatrième chapelle avait été consacrée à saint Gilles ; elle était célèbre par le concours des peuples qui s'y rendaient en foule, mais on ignore le nom de son fondateur.
La tour de Saint-Julien, bâtie sur un plan quadrilatéral, est construite d.ms de graves proportions. Elle était autrefois couronnée d'une pointe pyramidale en ch irpente, détruite depuis 1789. La hauteur totale, depuis le sol jusqu'à la moulure supérieure de la corniche, est de 25 mètres environ, sur une largeur de 11 mètres. Cet édifice porte, fortement empreints, tous les caractères de l'architecture romano-byzantine de la seconde période. L'ensemble et les détails s'accordent parfaitement avec ce que nous observons dans une multitude de monuments élevés et ornés sous les mômes inspirations. Deux épais contre-forts d'ang'e fortifient la masse déjà robuste par elle-même. Vers les deux tiers de leur élévation, ils subissent une déviation assez maladroite, et montent ensuite d'un seul jet jusqu'au comble. C'est ici la solidité exprimée naïvement, sans nul déguisement. Nous sommes loin de ces hardis et légers contre-forts que l'art ogival a su distribuer avec tant de science et de goût autour des gigantesques cathédrales.
L'appareil est généralement bien soigné, et peut soutenir la comparaison avec ce que les constructeurs de cette époque ont plus élégamment et plus convenablement établi. Partout règne une gravité sévère et une mâle énergie, que l'on ne rencontre que dans les édifices d'un caractère fortement accusé. L'austérité est à peine tempérée par quelques ornements jetés autour des fenêtres et au-dessous de l'entablement ; encore la décoration de ces parties ne dépasse-t-elle pas les limites d'une extrême sobriété. La baie des fenêtres est accompagnée de deux colonnettes sur lesquelles viennent tomber les moulures de l'archivolte. Les formes en sont bien senties, et nous rappellent une disposition heureuse que nous avons souvent observée dans beaucoup d'églises de la Touraine, du Poitou, de la Normandie et de la Bourgogne. Les chapiteaux des colonnettes sont composés de feuillages faiblement découpés et mollement dessinés. Les ornements qui forment la décoration sont des tores rompus, des dessins en échiquier, des feuilles et des losanges. Ces mômes formes se voient à la corniche supérieure. Les cintres des fenêtres sont composés de claveaux régulièrement taillés; il en est de même des autres arceaux, situés à l'intérieur de la tour, à l'endroit qui représentait autrefois une espèce de porche ou de narthex. L'ordonnance adoptée par l'architecte dans ce pronaos était sage et remarquable. Deux arcs ouverts ou simulés, séparés par une colonne médiane, et accompagnés de deux autres colonnes latérales, se montraient sur chaque face intérieure. Cette disposition a été modifiée lorsqu'on a fait une immense ouverture
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ogivale pour l'acilitcr l'cnlrée de l'égliso. 11 faut convenir (jue, si la pens(''e première était convenalilo, elle a été mal exécutée; car il serait diflicile de rencontrer des chapiteaux et des moulures tnàlés avec plus de |)arliarie.
Chaque face extérieure de la tour est ornée de deux étages de fenêtres. Les baies ouvertes primitivement à l'orient ont été fermées au moment de la construction de la basilique ogivale. Lorsque cette tour servait h l'église romano-byzantine, le faite n'atteignait pas h une hauteur aussi considérable, et laissait libres toutes les ouvertures. A l'intérieur se trouvait une voûte qui a dispaiu depuis longtemps, à en juger par l'état actuel des lieux ; peut-être môme n'a-t-e!le jamais existé, quoiqu'elle dût entrer dans le plan de rarcliitecte.
Dc>s restes d'architecture romane se rattachent h cette tour, et nous devons les indiquer avant de discuter l'âge de la tour ellemême. Du côté du nord, toute la muraille du XIII'' siècle est appuyée sur des fragments plus anciens très-visibles. Il n'est pas nécessaire d'avoir un œil bien exercé pour reconnaître à un appareil de médiocre dimension, très-soigné dans son ajustement, dont chaque pierre est séparée par une épaisse couche de mortier, une maçonnerie antérieure aux parties voisines. Entre chaque contrefort on remarque un pan de muraille antique plus ou moins éten lu, qui ne se relie qu'imparfaitement avec les parties superposées, et qui s'en détache par un léger surplomb. En continuant à examiner tout le flanc septentrional de l'église, on se convainc de plus en plus de l'importance de l'édifice roman. De t)eaux arcs à plein cintre, d'une bonne exécution et parfaitement conservés, se montrent à la base du mur du Iranssept et des collatéraux du chevet.
L'église abbatiale de Saint-Julien est élevée dans les plus heureuses proportions. La perspective en est ravissante. Quand on entre [)ar la rue Koyale, l'œil est frappé de l'elfet pittoresque dt s faisceaux de colonnes et de colonnettes, de j'onlonnance majestueuse des travées, de la légèreté des voûtes, et de la richesse do la splendi le fenêtre qui épan uit ses nombreux meneaux au fond de l'abside. Toutes les parties se rattachent les unes aux autres suivant les lois d'une sage symétrie. Il existe en France peu de monuments du XIII' siècle où l'art ait déployé plus de gran Jeu!', clc noblesse et de science. Ce qui distingue toute la basilique de Saint-Julien, (le même que la partie ahsidale de l'égiise méiropolilaine, c'est une i)ureté de style qui excite l'admirat'on des connaisseurs. Les lignes tCensemble y sont posées avec une netteté et en même temps avec une vigueur peu communes ; les dét;iils s'accordent parfaitement avec la niasse générale; aucun accessoire no vient alfliger le regaril d'irrégularités cliO(pianles. L'imiiression (pie l'esprii éprouve en considérant l'intérieur de Saint-Julien, est d'aulant ji!us saisissante qu'elle est causée uni(iuement par des beau-
tés architecturales : l'attention n'est détournée par aucun oi nement d'un autre ordre. Dimensions générales : longueur totale, 46,85 mètres sans y comprendre la tour; largeur tot-ile, '20 '". ; largeur de la grande nef, 9,90"'.; largeur des basses nefs, 4,35 ".; longueur du transsept, 30 "" .; largeur du transsept, 8,20 '".; hauteur sous voûte h la nef, 21 "".; hauteur sous voûte aux nefs mineures, 9 ".; hauteur ju5(ju'aux galeries, 9 "". Le plan otfre une disposition originale. La croix latine est tigurée par rentre-eroisement de la nef majeure et du transsept. Jusqu'aux branches du transsept, le vaisseau principal est accompagné de deux collatéraux, et jusqu'au mur absidal il est accompagné de quatre bas-côtés.. Dans les édifices d'une certaine (dimension* les nefs mineures tournent autour du chevet et forment un déambulatoire. Le plan de l'église de Saint-Julien offre une exception que l'on retrouve à la cathédnlede Laon et à Saint-Martin de Clamecy. La région absidale est donc terminée brusquement par une ligne droite. La perspective générale y perd quelque chose de mystérieux. Les chapelles accessoires établies en prolongement clés collatéraux n'appartiennent pas i:u plan primitif : nous avons dit plus haut c[u'elles furent ajoutées au milieu du XVI* siècle. L'axe longitudinal n'a subi aucune déviation, selon la coutume ordinaire au xiir siècle.
Lorsqu'on examine les divers caractères architectoniques, on reconnaît immédiatement dans tout l'extérieur le travail de la première période ogivale. Il n'y a qu'en un seul endroit, à la chapelle voisine du croisillon du transsept septentrional, que l'on pourrait reconnaître des traces de construction un peu plus ancienne. Si nous nous en rapport ons entièrement à l'analogie, nous dirions que cette portion doit être attribuée aux dernières années du xii^ siècle. A l'extérieur, on juge j)lus aisément encore de la dilférence qui existe entre cette travée et les parties voisines. La fenêtre est plus étroite et moins ornée, la cornicke ne montre [las la même conformation ({ue parlout ailleurs.
En faisant une rapide descrijjtion des divers membres de la basilique, nous verrons plus clairement lessortir les caractères de l'archileclure ogivale primordiale. Les piliers de la nef majeure sont cantonnés de (pjatre belles colonnes, et surmontés de chapiteaux à feuilles recourbées ; ceux de la ré,j,ion absidale sont arrondis en forme de colonnes monocylindriques.
Les colonnettes engagées dans les quatre piliers d'angle de l'inleitranssept sont trèsbien groupées et artislement détachées les unes des autres. Des moulures fortement accusées, des saillies convenablement ménagées, servent à faire valoir les fûts élancés, sans qu'il y ait. la moindre confusion dans les lignes. Nous n'avons jamais et nulle part observé rien de plus heureusement c-nçu ni de plus richement distribué. Los chapiteaux en son! ornés de feudiages élégamment agencés; ils forment une corbeille gracieuse,
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oCi r..irt a su ravir à la nature de belles végélations lobées largement épanouies. Toutes les colonnes et colonnettes, sans exception, reposent sur la base constamment usitée au ■xni' siècle. Plusieurs moulures surbaissées, dans lesquelles l'analyse reconnaîlrait les formes des bases antiques modifiées, séparé s du fût par une scotie profonde, s'appuiont sur un socle carré ou épannelé.
Toutes les arcades ont été tracées d'après ' l'application du principe généralisé de l'ogive. Ce ne sont plus les cintres indécis du xii^ siècle ; on n'y découvre plus do veslig s de cette espèce d'oscillation qui marque les progrès de la transformation ogivale et les derniers souvcniis de l'ère romano-byzantine : c'est l'expression du système complet. Les courbures des gran les arcades sont dessinées de manière à pouvoir êlre inscrites dans un triangle équilatéral. Cbacun sait qu'aux siècles suivants l'ogive devint plus aig'ié, et qu'au xvi'^ siècle elle se déforme et devient presque méconn<iissable.Les contours en sont garnis de moulures toriques plus ou moins nomlircuses. On compte de chaque côté de la nef majeure neuf arcades qui correspondent à autant de travées.
l.a p.;roi intérieure du croisillon du transsept méridiona', et la muraille qui suit le collaléral du rai^m'^ côté sont ornées d'une série d'arcatures. Cette disposition, quoique ne se répétant po.nt du côté opposé, est fort curieuse ; elle est rarement pratiquée dans nos monuments religieux de Touraine,tan lis qu'elle se rencontre fréquemment dans les édiûces contemporains du nord de la France.
Les galeries circulent tout autour de la ])asilique. Edes s'ouvr -nt à l'intérieur par de larges arceaux trilobés, dont le centre repose sur une légère colonnette. Le triforium n'est pas transparent comme à l'église métropolitaine; la nef y gagne en gravité, mais y perd en élégance, irest vrai que le triforium ajour ne se rencontre pas communément dans les églises ogivales de la période primitive. Cette disposition, à Saint-Julien, tient à ce que les rampants des toits des nefs mineures viennent buter au niveau de la partie inférieure des fenêtres principales. Nous devons noter comme une particularité intéressante que les colonneites de la galerie du fond du transsept méridional sont appuyées sur des figures bizarres. Cette idée, plus singulière qu'heureuse, se trouve rendue de la môme manière dans la grande nef de la cathédrale de Saint-Cyr de Nevers : les antiquaires regardent cette forme comme di.^ne d'attention, précisément à cause de son emploi très-rare. N'oublions pas non plus de mentionner des feuilles à crochets placées sous les moulures de la corniche en saillie au-dessous de la galerie.
Nous ne sorti; ons pas de cette branche du transsept sans appeler l'attention sur la rose qui j'éclaire ; elle appartient à la naissance de cette forme rayonnante si pompeuse et ^i éblouissante dans nos églises gothiques des tiitTérents âges; elle domine trois arceaux h voussure profonde, d'un eîfel imposant. Les
meneaux se relient à un centre circulaire, et se rattachent les uns aux autres par des demicirconférences tracées simplement à rond de compas. Cette rose n'est pas dépourvue de grâce comme forme architecturale, mais nous n'osons pas la comparer aux magnitiquos fleurs ogivales qui épanouissent les mille divisions de leur corolle mystique au frontispice de nos cathédrales. Il n'est personne, tant soit peu versé dans la connaissance de nos monuments chrétiens du moyen âge, qui ne sache que les roses de l'église métropolitaine de Tours sont comptées au nombre des chefs-d'œuvre du genre. La rose du transsept septentrional , au-dessus de l'autel dédié à saint Martin, est surtout remarquable.
Dans le transsept du nord, à Saint-Julien, on a pris un autre parti : des fenêtres à lan cettes remplacent la rose, et les arcatures ont été suppriniées. Sur la muraille on distingue encore quelques traces d'une peinture à fresque. Nous avons aperçu en d'autres endroits des vestiges de peintures antiques presque effacées. La peinture murale des époques ogivales n'a laissé malheureusement que des souvenirs et des fragments isolés. Aujourd'hui que les artistes et les antiquaires recherchent avec ardeur les moindres débris des décorations anciennes, c'est toujours une bonne fortune que de pouvoir signaler quelques rinceaux et quelques compositions d'ornement. Les restes que nous avons observés sont situés à une assez grande élévation, et sont surtout visibles au pilier d'angle de la nef et du transsept méiidiona!.
Les fenêtres de l'église abbatiale de Saint- Julien sont construites avec régularité : la baie en est divisée en plusieurs compartiments par un ou plusieurs meneaux , et l'amortissement en est rempli de figures de trèfles , de quatre-feuilles , et de rosaces. L'œil se porte instinctivement et presque exclusirement sur l'immense fenêtre percée dans le mur oriental. Il est difficile de rencontrer la hardiesse , la légèreté , la souplesse, l'élégance , réunies dans un même degré de perfection. Les formes rayonnantes du tympan sont largement ouvertes et admirablement unies les unes aux autres. Si ce grand fenestrage était animé de l'éclat des p3intures sur verre , il produirait un effet prodigieux.
Les voûtes constituent peut-être la partie la plus intéressante de la basilique de Saint- Julien , au point de vue archéologique. Elles sont bâties avec toutes les conditions d'élégance et de stabilité. Leur portée étendue, leur légèreté, les rendent plus admirables encore. Tout ceux qui ont un peu abordé l'élude des constructions savent que l'érection des voûtes, avec leur ossature et leurs courbes rigoureusement déterminées, présente de nombreuses difficultés à vaincre. Les perfectionnements divers dans l'art de bâtir, depuis la substitution de l'arc à l'architrave, se sont successivement opérés par la solution des grands problèmes relatifs à
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l'élablissemont dos voiUcs. Los arcliitcclcs (le la p.'Ti -wie romano-byzantine ne sont jamais arrivés à surmonter toutes les causes de destruction dans leurs voûtes à plein cintre, soit en berceau, soit à arôtes. Après un temps plus ou moins long, les lois de l'équilibre exerçaient cruellement leur empire et ruinaient leurs (Ouvres. Seuls, les artistes qui employèrent les croisées d'ogive triomphèrent de tous les obstacles ; leurs œuvres seraient immortelles, si quelque chose pouvait être innnortel ici-bas. Qu'il nous suftise de dire ici que la science de la construction des voûtes a fat de ses principes une application irréprochable à Il net' et aux collatéraux de l'église de S.iint-Julien. Ajoutons cependant que toutes les voûtes des nefs m neures ne sont pas formées de
Cierres d'appareil, mais de libages ; les coures névinmuins ont été conservées avec la plus grande exactituls. L'intrados en a été rev(Hu d'un enduit épais sur lequel on a simulé les appireils avec de larges traits.
Au xni* siècle, le plan des églises ne comportait pas de chapelles accessoires le long des bas-côtés de la nef: elles se plaçaient seulement en rayonnant autour de l'abside. Sous oe rapport, l'église de Saint- Julien ne fait pas exception aux règles générales : aucune chapelle ne rentre dans le plan primitif. Les deux absidioles ajoutées aux secondes nefs mineures du chevet ont été bâties beaucoup plus tard, comme nous l'avons déjà dit. L'addition de ces chapelles ne forme point disparate avec le plan primordial, elle semble en faire le complément. Une fenêtre à plein cintre les éclaire à l'orient, et elles sont couvertes de voûtes traversées de nervures nombreuses dans le style avancé de la renaissance. A la chapelle de Saint-Benoît, les nœuds de l'entre-croisement des nervures sont ornés de roues dorées, qui entraient dans les armoiries de labbé Jean Robert. A la chapelle de Saint Maur, on voit figurées à la place correspondante les armoiries du moine Sébastien Testu : la couleur du champ est cachée sous une épaisse couche do couleur noire qui couvre aussi les parties voisines ; l'écusson est en cartouche et chargé de trois lions armés et opposés. Plusieurs nervures viennent tomber sur une charm.inte console de la renaissance, située au côté méridional de cette chapelle.
Quelques fragments de vitraux avaient é(.liappé à la ruine générale des verrières peintes de Saint-Julien. En 1812, ils ont été .icquis par le Chapitre de l'église mélropolitaine. Actuellement ils décorent une d-^s (.h ipelles ahsidalos de la c.Uhédrale, à gmche de la chapelle de la Sainle-A'ierge. Ces vitraux sont do l'époque hiératique, h légendes et h mosaïque; les coiniaisseurs les estiment k l'égal des plus célèbres vitres du XIII* siècle.
La charpente de l'église Saint-Julien est merveilleusement établie et conservée. MWe est composée de pièces de bois de cliène b!anc, comme la plupart des grandes char-
pentes de cette époque; c'est une erreur généralement reconnue de croire que le châtaignier seul entrait dans leur confection. Les personnes qui auront le courage de monter sur les voûtes seront bien dédommagées de leurs peines en voyant celte ibrôt piitoresquo de hautes l'ièccs de bois arlislement jointes les unes aux autres.
Nous n'avons qu'un mot à dire de l'extérieur. Les contre-forts sont encoie pres(|ue tous couronnés de leurs cIocli(;tons aigus; plus heureux que ceux de l'église métiO()olitaine, ils n'ont pas perdu leur plus bel ornement. Les arcs-boutants sont unis au corps du monument par une belle colonne surmontée d'un chapiteau à crochets. Les fenêtres ogivales sont ornées à l'extérieur de feuillages recourbés, qui sortent de la moulure médiane de l'archivolte. La nef collatérale du nord, dans le voisinage de l'abside, est éclairée par deux fenêtres circulaires d'un effet assez original.
ÉGLISE ABBATIAl E DE SAINT-OLEN, A IVOLEN.
L'abbatiale de Saint-Ouen passe, à juste titre, pour un d(»j plus beaux monuments de l'art ogival : elle fut fondée, en 1318, par Jean ou Roussel Marcdaig nt, vingt-quatrième abbé, qui en posa solennellement la première pierre. Pendant vingt et une années, cet abbéy lit activement travailler, et sous sa direction on a 'heva le chieur, les chapelles absidales, les piliers qui siqiportent la tour, et la plus grande p.irtie des transsepts. Ces constructions coûtèrent G3,036 livres 5 sols tournois, ou environ 2,600,000 fr. de notre monnaie. Vers liG'i- on bâtit deux travées de la nef; le reste ne fat continué que vers la fin duxv° siècle et au commencement du xvi*. L'édifice ne fut entièrement achevé (|ue vers l'an 1515, à l'exception de la fa(;ade occidentale qui n'a jamais été finie ; la tour centrah? avait été terminée un peu plus tôt que le reste du monument. La longueur dans œuvre de Saint-Ouen est de 135'", 3i. — La largeur totale est do 20'",T2. — La largeur de la nef entre les piliers est de {)'^,hk. — La largeur du transsept est dell^jOV. — La hauteur sous cl(>f de voûte est de 32™, 50. — La longueur des transsep.ts est de 't2"',22.
Dans la seconde chapelle, au nord du cluBur, on voit la tombe d'Alexandre de lierneval, inhumé en liW, architecte (lui avait bâti les transsepts. L'inscription qui la décore est ainsi conçue : « ('i gist m nsire Alexandre de Iîern*cval , maistre des œuvres de maciionneriedu roy nostre sire, du hailliago de Rouen et de cette égiise, qui trespassa l'an de grilce nul ccccxl le V jour de janvier. Priez Dieu pour l'àme de lui. »
Sur des piliers élancés, llanijués de colonnettes élégantes, s'élèvent à une hauteur do 9" 30, les aicades à ogive de la nef, dont le sommet est à. 15'" 23, au-dessus du sol. Alois on voit la galerie élégante qui est entre ces arcs cl la claiie-voie; c tte galerie a G" 25 (Télévalion. Llle est divisée en cinq compai- I uienls par quatre colonnes légères, et oiiiée
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d'un olégnnt couroiinenipnt à jour où l'oii remarque des vases à cinq lobes. Vient ensuite I;) claire-voie de toute la largeur des travt''es, et diviséeégalement en cinq parties. La disposition architecturale intérieure est trè.s-reniaïqudjle et peut servir de modèle aux architectes qui éUidiont l'art ogival. La tour centrale est un chef- .l'œuvre de grâce et de légèreté.
EGLISE ABBATIALE DE SAtNT-DEMS.
Aucun monument en France ne rappelle un plus grand nombre de souvenirs, historiques que l'ancienne abbati.ile deSaint-D-s nis , près de Paris. 11 est im[)ossil)le , pour ainsi dire, de lire une page des annales de notre pays sans y voir figurer l'abbaye et la basilique do Saint-Denis. C'est dans cette église et dans la vaste crypte qui règne sous le sanctuaire et le rond-point de l'ahside que furent ensevebs un si gr.inil nombre de rois de Franco. iM. le baron de Guilhermy, dans la première partie de la Monographie de /'eglise royale de Saint-Denis fait l'énumération lies sépultures principales de nos rois et de nos princes, et établit par des faits l'authenticité des tombeaux et des statues qu'on y observe encore de nos jours. Il résulie des recherches auxquelles il s'est livré, et des textes précis qu'il cite, qu'il faut rapporter au règne de saint Louis la construction des monuments érigés dans la basilique aux prédécesseurs de ce prince. C'est à dater sei!lement du règne de Philippe le Hardi, le fils et le successeur immédiat de saint Louis, que les figures royales qui nous restent peuvent être acceptées comme des portraits authenliques. Danslesstatuesdespersonnagesqui ont régné avant saint Louis, il ne faut voir autre chose que des monuments commémoratifs.
Ce fut en llVl, tandis que Louis le Jeune faisait la guerre en Gascogne, que l'abbé Suger se retira à Saint-Denis, avec la résolution d'accomplir un dessein qu'il avait conçu depuis longtemps. L'église de son abbaye lui parut trop petite et il voulut la rebâtir sur un plan magnifique. Dans cette intention, Suger tit venir de tous les endroits du royaume les plus habiles ouvriers qu'on put trouver, architectes, charpentiers, peintres, sculpteurs, graveurs, etc. 11 résolut même d'envoyer jusqu'à Rome chercher des colonnes de marbre. Mais il trouva en France tout ce qui lui était nécessaire. Les carrières près do Pontoise lui fournirent les matériaux. On commença par l'entrée d ' léglisr». Suger lit ab.jttre le lourd portail construit par Charlemagne ; fit transporter en un autre lieu la tombe de Pépin qui se trouvait dans cet endroit; ajouta deux ailes à l'église et les enrichit de plusieurs chapelles. Ensuite l'abbé Suger fil bâtir le chevet ; lorsqu'on élait aux fondations, le roi y vint et posa la première pierre. Au moment oii le chœur chantait les psaumes et les cantiques et lo:'Squ'on en vint à ces mots : « Lapides preiiosi omnes mûri lui (Tous tes murs sont des pierres préàcas-s), » le roi détacha un amieau orné d'une pierre de grand prix, qu'il portai au
d(»i d, el le j.'ta dans les fondations ; tous les assistants h son exemple en firent autant.
Le dessein de Suger, à ce qu'd paraît, n'était pas de bAtir une église entièrement nouvelle ; après avoir restauré la façade occiilentale et les tours, qui étaient dans un plus mauvais état que le reste de l'édifice , il dirigea son attention sur l'intérieur Une partie des restaurations étant achevée, Suger invita Hugues, archevêque de Rouen, et plusieurs autres prélats , à assister à la consécration qui eut lieu en \i\Q. A cette occasion, l'assemblée invita Suger à poursuivre son œuvre ; il entreprit alors la construction du chœur, qui fut achevé en IIW et inauguré le 11 juin avec une grande solennité en présence du roi , de sa femme , de sa mère , et d'une foule considérable de prélats. Les évoques consacrèi ent le maître-autel et vingt autres autels dans l'église : celui delà Sainte- Vierge fut consacré par Théobald ouThibaud, archevêque de Cantorbéry.
L'abbatiale de Saint-Denis offre des différences notables dans sa construction , qui indiquent évidemment des travaux exécutés à diverses époques. Ma^s l'unité générale de l'édifice n'en est pas déiruite.