‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 121 sur 195 · CA'I · texte numérisé non relu

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sieurs prélats el do Raymond de Saint-Gilles, comte, de Toulouse, de Uouergue et de Nîmes'; ce prince lit donation à la nouvelle église d'un domaine situé à une demi-lieue 'Je la ville. L'édilice était vaste et élevé dans de belles proportions : le plan était à trois nefs, de 50 mètres de longueur sur 22 de largeur ; la façade était décorée de représentations sculptées en demi-relief, dont les sujets tirés de l'Ecriture sainte, étaient la (Création du monde, Adam chassé du [>aradis terrestre, Abel tué par son frère (>aïii, l'Arche de Noé ; mais cette église devint la victime des fureurs des |)rotestants au moment où l'on songeait h l'agrandir, en 1507. {^n esprit de vertige s'était emparé de ceu\ qui abandonnèrent la religion de leurs pères ; la cathédrale tomba sous leurs cou[)s, et il n'en resta qu'une partie de la façade, du coté gauche, oii se trouve le clocher.

Cathédrale d'Orlc'ans. Sainte-Croix. — La première pierre de la nouvelle cathédrale fut posée le i'2 septembre 1287, par Gilles Pastay, évoque d'Orléans et successeur de Robert de Courtenay, qui avait fait d'immenses préparatifs pour la construction de cet édilice, et qui semblait y mettre toute sa gloire, lorsque la mort vint arrêter l'exécution de ses projets. Ce monument fut élevé, sur un plan magnifique, par un architecte dont l'histoire ne nous a pas conservé le nom. L'intluence de la grande renaissance dans l'architecture chrétienne avait inspiré l'ensemble et les détails de cet édilice. 11 n'éiait pas encore achevé, lorsqu'en 15G7 les calvinistes en tirent écrouler la [ilus grande partie, en faisant jouer des mines dans les principaux piliers. L'ancien portail, qui n'était pas joint a l'église, les chapelles du rond-point et quelques portions du chœur échappèrent au désastre. On ne lit d'abord qu'une rééditîcation partielle, indispensable [)our la célébration des saints mystères, et le monument resta dans ce déplorable état jusqu'en

La cathédrale d'Orléans ne se serait peutêtre jamais relevée de ses ruines, sans la libéralité de Henri IV et sans la protection de Clément VIll. Le souverain pontife accorda un jubilé solennel pour tous les lidèles qui viendraient dévotement h Orléans et qui contril)ueraient de leurs aumônes à la restauration de l'église Sainte-Croix. L'intérieur de la cathédrale d'Orléans est moins riche que celui d'un grand nombre d'autres cathédrales. La partie qui attire immédiatement l'attention des archéologues religieux est l'abside ou le rond-point du cliueur. Le vaisseau princi|)al produit un edct majestueux; les travées en sont soutenues sur des piliers et sur des aies chargés de nervures prismati({ues. Le plan général est à ciiK} nefs; le ch(eur est accompagné de onze chapelles et entouré d'un seul bas-coté. La longueur totale de l'édilice est de 130 mètres sur une largeur de 28 mètres GG centimètres; le transsept est long de 5'i- mètres 60 centimètres; les maîtresses voiites s'élèvent au-dessus du pavé de 32 mètiX'S 50

c^iitimèlres, et les tours, de 80 mètres GO ccntimètiT's,

Cathvdralo. de Pnmiers. Saint -Antom:».

— La caih<''dralc de Pamiers éprouva dans son existence des vicissitu les nondjreuscs, jus(ju'à ce (pi'enlin elle fut rebâtie h |)eu près dans l'état oii nous la voyons mainlen;int, sous le règne de Louis XIV. La direction dos travaux avait été conliée à l'un des archilectes les plus célèbres de son temps, Marisard, qui en donna les [ilans et les dessins. Kn noimnant le siècle de Louis XIV, nous avons tout dit pour faire connaître enlièrement le style (pii domine dans cet édilice ; ce mot seul vaut une descri^ilion.

Cathédrale de Paris. IS'otrk-Dame. — Lorsque Constanlin eut pris la croix r'our eter- (lard, et que plus lard Clovis, le guerrier franc, eut courbé la tète sous le joug de la religion chrétienne, la paix lleurit dans nos provinces. Alors les basiliques religieuses t urcnt le droit de bourgeoisie et s'introduisirent dans les murs de la cité. A ce siècle nous rapportoi.s la date de foi. dation de la plup.jrt des églisi s épiscopah s en Fiance. C'est alors que fut constiuite la basilique modeste de Paris, sur les rives désertes de la Seine, à ce même endroit oii nous contemplons actuellement le gigantesque éditico. Dientùt insulhsante pour les besoins de la population religieuse, cette église primitive lut remplacée par une seconde plus somf»tueuse. Saint Fortunat , évêque de Poitiers, fait connaître, dans son enthousiasme piiétiquo, l'a^lmiration que lui fit éprouver sa grandeur et la richesse de ses ornements. Cette seconde basilique fut élevée, en 555, l)ar Childebert , à la sollicitation de saint (iermain , évêque de Paris , sur les ruines d'un temple de Jupiter, si Ton doit s'en rapjiorter au témoignage de pliisi< urs historiens. Les hordes descendues du nord, qui désolèrent tant de contrées, ruinèrent l'é-^lise de J*ar.s en 875. Lorsque la tranquillité fut assurée par la conversion de Uollon , le monument se releva de ses débris , et à l'aide de réparations et de restaurations successives, dont il ser.dt dillicile de suivre toutes les traces, il parvint jus(pi'à l'épisconat de Maurice de Sully, c'est-à-dire jusqu'en l'année llGi. Cet illustre évêriue résolut do rebâtir, sur un plan nouveau et dans de plus grandes proportions, sa cathédrale qui tombait de vétusté. Il cédait sans doute à l'en-» traînement si remarquable alors, qui Unirait le monde dans des voies extraordinaires et inconnues. Secondé dans sou entreprise par le zèle du peuple et par les largesses du prince, Maurice en jeta les fondements sur i'emiilaccment déjà consacré par la prière des sièclesprécédents. Le j)a|)e Alexandre 111. alors réfugié en France, vu posa la jjremièro jiierre en 11G3. La suite des dates et les calactères de la construction nous font connaître que la nef est postéiieurc au chœur : celui-ci ap[iartient à Maurice de Suily, tandis (jue le vaisseau ai)()arlient, sans contredit, à 1 architecture élancée du xin' siècle : il fut terminé, de même que la fa;;adc principal'j:,

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SOUS le rrgne de Pliilippe Auguste, en 1223. Une inscriplinn en caractères gothiques, qu'on lit autour de l'embasement du portail nuTidional , atteste que cette partie de lY'difice n'existait point encore en 1257, et qu'elle ne fut commenc(''e qu'au mois de lévrier de cette année , sous Re^nault de Corbeil , évoque de Paris, par l'architecte Jean de Chelles , se disant modestement maître maçon. Le portail septentrional, construit en 1313, remonte au règne de Philippe le Bel, qui y consacra en partie le produit de la confiscation des biens des Templiers. Pour terminer cette indication des époques qui ont vu s'élever les parties les plus imnortanîes du monument , nous dirons que les chapelles ab.=;i(Jales et celles situées autour du chceur furent bâties dans le courant du xiV siècle. La Porte-Rouge , ainsi nommée de la couleur dont elle était couverte, ne fut achevée que dans le xv*. Quelques auteurs ont attribué sa conslruction h Jeansans-Peur, tandis que d'autres prétendent qu'elle est due aux bienfaits de Jean, duc de Berry, frère de Charles V. Telles sont en abrégé les dates essentielles à savoir pour bien comprendre les détails archilectoniques de la cathédrale de Paris. Le plan de Notre- Dame de Paris figure la croix latine. L'édifice est soutenu par cent vingt piliers de pro[iortion et de structure différentes, mais régulièrement disposés et qui forment une doubîe enceinte autour de la nef et du chœur. L'ensemble offre donc cinq nefs parallèles, un vaste transsept et une rangée de chapelles latérales de chaque côté. Cette façade , flanquée de quatre grands contre-forts et divisée en plusieurs étagi-s par d'élégantes galeries, a 42 mètres 60 centimètres de largeur, sur G8 mètres d'élévation. Elle présente à sa partie infi'rieure trois grandes ogives à voussures profondes , qui servent d'entrée aux nefs. Les sculplnj-es qui décorent ces trois portails sont fort curieuses; elles ont été plusieurs fois déjà décrites et expliquées. Dans le tympan de la porte centrale est représentée la scène terrible du jugement dernier. Les autres décorations du portail central et des j)ortails latéraux présentent des faits tirés de la Bible ou de l'Evangile *et des A'ies des saints.

Cathédrale de Périgueux. Sai?«t-Front. — L'Eglise de Saint-Front était autrefois une simple abbatiale : Saint-Etienne, dans la cité, avait le titre de cathédrale. Plus modeste que celle bAtie par les moines, l'église épiscopale avait reçu une profonde empreinte de l'imitation de la grande basilique byzantine. Le plan avait subi de grandes modifications ; la croix grecque ne se dessinait pas avec ses entre-croisements égaux; les cinq coupoles ne se dressaient pas régulièrement comme à Saint-Front , mais la construction de ce mémorable édifice fut pour Périgueux un événement trop important pour ne pas exciter viyemrnt l'émulation des artistes de la ci lé. L'antique cathédrale a cruellement souffert des injures du temps et du fanatisme dcslîommes; les protestants en ruine-

ront les deux cou oies antérirures quand ils se rendirent maîtres de Périgueux. Dimensions générales de la cathédrale de Saint- Front de Péiigueux : longueur de la croix grecque, GO mètres ; hauteur des piliers, 13 mètres 30 centimètres; hauteur des coupoles, 28 mètres 66 centimètres; hauteur des grands arcs, 19 mètres 60 centimètres. En pénétrant dans l'intérieur de la cathédrale de Périgueux, on est surpris de l'aspect étrange que présentent toutes les parties du monument. On se croit immédiatement transporté dans un pays nouveau, tant les dispositions générales qui frappent les yeux sont différentes de celles qu'on rencontre ordinairement. Les coupoles orientales, les lourds piliers, les grands arcs, le jour mystérieux répandu dans la vaste enceinte, les ornements peu nombreux et sévères, tout concourt à produire sur l'esprit une impression profonde. L'effet total surprend , et ce n'est qu'après quelques instants de réflexion que l'on })eut se rendre compte de ses sensations. Fn résumé , l'intérieur de la basilique de Saint-Front est d'un aspect grandiose et imposant. Nous devons maintenant indiquer exactement les traits particuliers de la cathédrale de Saint-Front, c'est-à-dire les modiû-r cations que l'architecte a cru devoir introduire dans l'imitation de son modèle. Nous signalerons en premier lieu l'existence des cryptes sous une partie de l'église supérieure. Les édifices byzantins et l'église de Saint-Marc en particulier, ne nous présentent point cette construction souterraine favorisée, à Périgueux , par la nature et la position du terrain. Depuis longtemps la crypte de Périgueux est obstruée, il serait à désirer qu'on en dégageât l'entrée et qu'on en appropriât l'intérieur d'une manière convenable. Le système général d'ornementation de Saint-Front n'est nullement en rapport avec l'idée principale du monument. C'est une réminiscence de la décoration antique, ayant une frappante analogie avec les procédés communément usités dans les autres édifices contemporains du midi de la France. Nous terminerons cette notice par quelques détails sur le clocher et sur lei ornements extérieurs de Saint-Front. La tour, ornée de colonnes et percée de plusieurs ouvertures cintrées, est une conception très-remarquable de l'architecte de Périgueux. Si elle n'est pas postérieure au reste de l'édifice, comme l'ont pensé quelques auteurs , elle doit être rangée parmi les constructions les plus remarquables de l'époque, et atteste dans l'architecte un talent extraordinaire. Le sommet, terminé par une coupole, s'élève à 66 mètres 60 centimètres. Tout autour de l'édifice, à l'extérieur, règne un entablement continu : appuyés sur cet entablement et appliqués aux voussoirs des grands arcs intérieurs, douze frontons couronnent les douze pans du mur qui forment le développement extérieur de la croix grecque. Les huit piliers qui masqueut les extrémités de cette même croix se terminent par des pyramides qui encadrent les frontons et accompagnent les coupol's.

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Colle décoration ori^iiuvlc n est l'asd^'pour- Vue de caraclère ei de grandeur; malhcun usement elle a élé forteraenl endomraa-

^''Calhédrale de Perpignan. Sm^t-Jean.- Après avoir été fixée rendant p u s de neu Vivlesâ Elnc, la résidence de 1 évoque et col^dMcharitrefurenttransférécshPerpignan

en 1G02. Ce fut le 30 juin 1602 que les relinues d -s saintes Eulalie et Julie, patronnes du diocèse, qui se trouvaient dans la cathédrale d'Elne, lurent transportées à Perpignan, la fondation de la cathédrale actuelle de Perpignan remonte au xiV siècle, sous la douuhalion des rois de Majorque, possesseurs du comté de Roussillon, après la séparation de cette couronne de celle ^Aragon. Les deux premières pierres de cette église furent po- SJes le 5 des calendes de mai 132V par Sanche douzième roi de Majorque, et par «erenger Baille, évèque d'Elne, On perpétua e soutenir de ce fait par deux inscriptions nue l'on peut lire sur deux pierres P acees au bas de la nef. Dimensions princii)ales de la cathédrale de Perpignan %^onp?^^V'.& 77 porte d'entrée jusqu'au fond ^el^ abside, 77 mètres 90 centimètres ; largeur de la nel, 1 J mètres 50 centimètres ; hauieur du sol à la ?î,ûte, 27 mètres 27 centimètres. L intérieur de l'église de Saint-Jean ne nous offre qu une seule nef, remarquable par sa grandeur, ses nobles proportions et son imposante majesté. C'est assurément un des plus beaux vaisseaux qui existent. La voûte qui le recouvre es? d'une belle exécution, et se dis ingue par son élévation et par sa hardiesse. La nef Lt sans colonnes ni tuiliers, et la voûte na pour sui)port que les arceaux de Pfrres de aille appuyés" sur les murs de séparation des chapelles. Avec des élémen s si simples, il était difticile d'obtenir un plu^ ^«1 eliet. En sortant de l'église par la porte latérale on trouve une chapelle bfktie au xvV siècle, nour recevoir un crucifix sculpté en loio. il avait premièrement été placé dans une des chapelles du vieux Saint-Jean , mais le liou étant beaucoup trop étroit pour contemr les membres nombreux de la congrégation du Dcvot-Crucitix, on transporta la sainte ima^^e dans la chapelle qu'elle occupe aujouid hui. La tour qui accompagne la façade est lourde et sans grâce. On a élevé par-dessus, en 17U, une cage en fer, qui contient es cloches de l'horloge; la disposition de cette cage, dont la hauteur est d environ 15 mètres, est hardie et unique dans son genre.

Cathédrale de Poitiers. Saint-Pierhe. - La première basilique épiscopale établie à loitiers, aux temps les i)lus recules de 1 antiquité ecclésiastique dans les Gaules, lut soumise à une foule de désastres. Les Sarrasins, les Normands, les malheurs sans cesse renaissants de ces siècles toujours tourmentés par des orages, la ruinèrent a diverses reprises. Le zèle des évoques ei des fidèles, aussi persévérants pour édilier nue le génie du mal pour détruire, la releva dans le même cmplacniHMil. En 101», un incendie alfreux, qui réduisit presque loulc

la vil!.', en cendres, n'épargna pas la catludrale. (luillaume IV, comte de Poi lors rés(»lut de réparer h's ravages du tcriib e lléan et dès 1022, il fit sortir de ses débris une n.mvelle église épiscopale, consacrée par Isambert IV. Cet édifice, à p:'ine achevé subit le malheureux sort de celui qui 1 avait précédé. Au milieu du xn' siècle, Henri, deuxième roi d'Angleterre, sur les instances d'Aliénor ou Eléonore ^ ^^l'/'^f'"^'/,^ épouse, reconstruisit la cathédrale sur u plan plus vaste et avec une magnilicence en rapport avec sa haute fortune. Les travaux furent commencés avec grande ardeur ; mais, un peu plus tard, le zèle s'étant refroidi, e monument, commencé vers 1152, après avoir éprouvé «le nombreuses interruptions, ne fut consacré que le 17 octobre de 1 année 1379, par Bertrand de Meaumont, alo;s 6vcque de Poitiers. Pen.lant ce long laps de temps, l'architecture religieuse avait moditiô SCS principes ; nous en trouverons des signes non équivoques à la partie inférieure de la cathédrale actuelle. Le portail principal, dans ses parties les plus importantes, ne date que du xiV siècle. Quelques détails du sommet des tours sont plus récents encore et doivent être attribués au xv; siècle. Ouand on considère attentivement l église de Sain - Pierre, quelques réflexions s'otfrent naturellement à l'esprit sur les caractères qui la distinguent. Nous aimons beaucoup à pro-

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céder par comparaison, parce que, dans i appréciation des monuments, c est un excellent moyen d'analyser les traits communs e les signes particulieis. Le roi Henri II fit élever à Angers plusieurs éddices très-iutrressants, contemporains de la cathedra e de Poitiers. La chapelle et la grande salle de l'hospice Saint -Jean doivent être mentionnées en première ligne ; c'est 1 expression complète de la transformation, auxii' siècle, de l'architecture catholi(iue. Nous avons remarqué un certain air de famille entre le monument d'Angers et celui de Poiti.'rs. Il est impossible d'y méconnaître les mêmes principes, un peu moditiés i»ar des causes locales. Si l'Anjou avait emprunté le s\ylo i)0itevin pour la construction du célèbre doitre de l'ancienne abbaye de Saiiit-Aubm, le Poitou n'a pas été étranger h 1 innuence angevine dans l'érection de l'église de Sainl- Pierre. Nous trouvons aussi (ludqucs rapports entre la cathédrale de Poitiers et 1 eglise de Saint-Maurice d'Angers, surtout dans les belles voûtes (lui couronnent ces deux édifices, que l'on doit attribuer a la môme période architectonique. L église cathédrale de Poitiers se développe dans les dimensions suivantes : longueur inlérieuie, 9i mètres M centimètres ; largeur <iaiis .a nef, 30 mètres 30 centimètres ; largeur dans la croisée, 5ii mètres 50 centimètres ; hauteur de la voûte principale, 29 niètres ôvi centimètres ; hauteur des voûtes latérales, 2i mètres 20 centimètres ; élévation de la tour droite du portail principal, 3V mètres; de la tour à gauche, 32 mètres. Lorsqu on I.énètre dans l'intérieur de l'église de t^a n'-

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Pierre, on est frappé par le petit nombre," l'élévation et respacemont des |)iliers. 11 y en a six de chaque coté ; ils sont composés d'un massif enîouré de colonnes grounées en faisceaux d'u.ne élégance admirable. Los chapiteaux sont scul[)tés avec goût, les colonnettes se dr;'Ssont et s'élancent avec une grâce parfaite. Les arcades sont ogivales et accompagnée^ 'de moulures toriques, à l'exception de celles qui décorent par application les murailles des bisses nefs, qui sont S(Miîi-circulaires. La nef principale a de la niajesté, il y manque peut-être un peu de cette grandeur mystérieuse des cathédrales f^Mjtiiiques. Autrefo s toutes les fenêtres elaient garnies do vitraux peints ; les protoslan^s, dans leurs dévastations sacrilèges dans les églises catholiques on ont brisé une grande partie. Los voûtes delà catliéd-rale de Poitiers sont établies sur de belles nervuri's rondes, d'une forme tout à fait caractéristique. Elles sont légèrement surélevées en coupoles et partagées en compartiments nombreux.

Cathédrale diiPuy. Notre-Dame. — Vers la fin du X' siècle, nous voyons assis sur le trône épiscopal du Puy un membre de cette célèbre famille d'Anjou, dont le nom retentit à chaque page de l'histoire de ce siècle et des suivants, et qui exerça une si grande influence sur rarclntecture del'éjioque, parles nombreuses constructions qu'elle éleva de toutes parts. Gui d'Anjou, frère de Geoffroy- Grise-Gonnelln , fils de Foulques le Bon, avait d'abord été abbé deCormery, de Villeloin eu Touraine, et de Saint-Aubin à Angers. Devenu évoque du Puy, il bâtit sur le sommet de la montagne une église qu'il dédia à l'archange saint Michel, en 99i. Il reste dans la catliédrale actuelle du Puy quelques vestiges de cette construction, quoique les parties essentielles ne puissent être rapportées qu'au XI' siècle. Ce môme Gui d'Anjou usa de son pouvoir et de ses alliances pour doter son église d'un grand nombre de biens. II fit concession à son cliapitre de plusieurs propriétés considérables, énumérées dans un litre conservé dans le Gallia Christiana. La cathédrale du Puy, dont les parties les plus imporlantes doivent être rapportées au w et au xii« siècle, est remarquable autant par la hardiesse et la bizarrerie de ses constructions, que i)ar le caractère imposant de sa masse. Assise sur la crête de la montagne, elle lève majestueusement sa tête au-dessus des autres édifices [)ublics et privés, et se dessine d.ms le lointain avec des proportions colossales. La ville du Puy est bâtie à ses pieds, en amphithéâtre, sur le versant méridional du mont Anis, que domine une immense roche balsaltique, à la jonction de trois belles vallées qu'arrosent la Loire, la Borne et le Dolaison. De quoique côté que l'on entre dans la ville, le regard est frapj)é pat l'aspect grave du monument. L'intérieur de la cathédrale du Puy a subi de funestes altérations. En voyant ici comment le mauvais goûta éendu ie toutes paits et d'une main prodigue un hideux badigeon jaunâtre, on

ne peut maîtriser son indignation : c'est foujours un acte de barbarie de défigurer un vieux monument, mais c'est une profanation de déshonorer si brutalement une antique et vénérable église. Le chœur, la nef et le centre du transsept ont éprouvé beaucoup de chmgemeiits ; le transsept a été supprimé^ complètement, parce que, dit-on, il menaçait de tomber en ruine. Malgré toutes ces déplorables mutilations, on éprouve un sentiment jirofond en parcourant l'intérieur sombre et mystérieux de l'église de Notre-Dame du Puy. L'ordonnance générale à trois nefs rappelle facilement la disposition des autres grands édifices de la môme époque, quoique dans ses proportions massives et lourdes on ne retrouve ni la hardiesse ni l'élancement des constructions contemporaines. Les voûtes sont bâties d'aj)rês les principes d'un système peu usité, et dont nous nous j)laisons à consigner scrupuleusement la marche et les infiuoncos partout où nous les rencontrons. Elles forment des espèces de coupoles correspondant aux travées, séparées les unes des autres dans la nef, au-dessus des arcade.*;; cette construction rattache la cathédrale du Puy h cette série de monuments qui, comme Saint-Front de Périgueux, ont reçu d'une manière plus immédiate l'empreinte des idées orientales. Sur les murailles intérioures on découvre encore les traces de vieilles peintures byzantines cruellement endommagées; on distingue une ligure colossale de saint Michel, auquel l'église avait été consacrée à la fin du x' siècle.

Catliédrale de Quimper. Saim-Core?jtin. — L'absence complète de documents écrits nous met dans l'imiiossibilité de suivre les changements survenus dans l'église épiscopale, pendant des siècles remplis de malheurs et de désastres. Au même endroit, et sur une place qui a conservé le nom de Saint-Corentiti , s'est élevée la cathédrale actuelle. Sa construction est signalée pour la première fois dans un acte de 1239, par lequel Rainaud, évô(iue de Quimper, donne la première année des revenus de toutes les églises vacantes qui étaient à sa collation, pour subvenir aux frais de la réparation de l'église cathédrale. C'est à l'époque de cet évêque zélé pour le rét blissement de son église , que nous devons rap[)orter les travaux les plus importants. Le xin"' siècle a laissé son empreinte visible à la partie supérieure de l'édifice , dans une architecture noble et caractérisée. Quelques années plus tard , en 12^5, sous l'épiscopat d'Alain Morel, les travaux se continuaient avec ardeur. La chapelle de Notre-Dame de la Victoire, formant actuellement l'abside delà cathédrale, et qui parait avoir été d'abord seulement adjacente, y fut réunie et consacrée en 1295. On distingue facilement sur les murailles les traces de cette jonction postérieure. ïhébaut de M.destroit , évêque de Quimper, conçut lo projet de reprendre les travaux de sa cathédrale , si longtemps interrom[ius. H avait amassé des sommes considérables et terminé tous les [)réparatirs , quand la mort vint ie

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frapper en liOS. Catien de Monceaux, son successeur, accepta riiéritige de dévouement de son prédécesseur , et lit construire les voOtes du cliœur ; répitaphc de son tom- • beau faisait connaître cette action, confirmée par la présence des armoiries qu'on voit cutore sur les nervures d -s voûtes. Cet évéque mourut en lilO. Bertrand de llosmadoc occupa le siège épiscopal avec le plus gtand honneur. Homme actif et intelligent, dévoré du zèle de la maison du Singneur, il recueillit d'immenses secours dans son diocèse. Les seigneurs et les fidèles rivalisèrent do désintéressement , et s'imposèrent les plus généreux sacritices pour l'achèvement de la cathédrale. Ainsi furent élevés les trois portails et les deux tours, dont on posa solennellement la première pierre en ik2ï. Les murs de la nef et les bas côtés furent commencés en môme temps. Favorisé par une foule de circonstances et par la longue durée de son éjiiscopat, Bertrand de Rosmadec lit faire aux travaux d'immenses progrès ; sous son impulsion forte et incessante , l'édifice s'éleva dans ses parties les plus vasles. L'influence qu'exerça son génie sur cette belle construction fut tellement remarquable , et se grava tellement dans les souvenirs, que plusieurs historiens, et entre autres Cambry et Emile Souvestr.e, ont avancé que l'église de Saint-Corentin avait été commencée par lui le 26 juillet \ï^ï. En continuant de rechercher exactement toutes les dates historiques relatives à la cathédrale de Quimper , nous trouvons que les cinq successeurs immédiats de l'évoque Bertrand laissèrent languir l'opération déjà très-avancée. Ce fut Alain le Moult qui les reprit, et qui fit construire, de liSi à 1W3, r«ne grande partie des voûtes de la nef. Raoul de Moxel, prolitant de la ferveur excitée par le jubilé de la première année du xvi' siècle, recueillit de nombreuses aumônes, au moyen desquelles il acheva entièrement la grande entre|)rise si courageusement poursuivie pendant plusieurs siècles. Le pape Alexandre VI, pour seconder ses efforts, avait accordé des mdulgences spéciales à ceux qui contribueraient à l'achèvement du saint édifice. Le plan de la cathédrale de Saint-Corentin représente la croix latine, dirigée dans sa longueur, suivant une ligne allant de l'est à l'ouest, selon les lois généialement observées dans l'orientation des édifices religieux. L'abside polygonale est terminée par une chapelle pms étendue ({uc celle des collatéraux; la nef est accompagnée de bas côtés, et le chœur de déambulatoires; le transsept, bien marqué, n'a pas toute l'étendue que feraient naturellement supposer les dimensions du reste de l'ieuvre. L'axe central de cette église est fortement incliné.

Dimensions princij)ales tfe la cathédrale de Quimper : longueur totale, depuis le ii,rand portail jusfju'au fond de la chapelle de Notrebaïue de la Victoire, 92 met; es; largcnir de la nef, des bas côtés et des (;haj)elles latérales, 15 mètres 79 centimètres; hauteur de la voùle au-dessus du sol de la nef, 20 mè-

tres 20 centimètres; hauteur des deux tours carrées du frontisfuce , kO mètres 80 centimètres; largeur totale du frontispice, 3'»- mètres. La nef est soutenue par dix arcades , cinq de chaque côté, qui présentent dans la masse une disposition identiipie h celle du chœur; les arches sont un peu surbaissées et entourées de nombreux filets, la [ilupart maigres et prismati(|ues. Il est aisé de reconnaître partout dans le vaisseau les traces d'un art moins sévère que celui qui a guidé dans l'éditication des parties supérieures. Le trilorium de la nef a été commencé .<ur le même plan que celui du chfjeur et (le l'abside; malheureusement il n'a [)Oint été complètement achevé. La galerie supérieure ne présente que des pierres d'attente et une nudité qui réclame impérieusement quelques travaux d'embellissement. Le transsept, par sa disposition générale et ses détails, doit se rapporter à la même phase architecturale que la nef. Les fenêtres qui l'éclairent s'ouvrent dans de larges dimensions , et prêtent un vaste champ à l'épanouissement des meneaux flamboyants.

Cathédrale de Reims. Notre-Dame. — Nous passons sous silence les recherches qu'on a faites sur les principes de cette vénérable église, mère de toutes les églises de la Gaule celtique. Nous nommerons seulement l'édifice élevé par les soins de saint Nicaise vers 401, parce que ce fut là que le roi des Francs courba sa tête sous l'empire (Je la religion chrétienne. Vers le commencement du ix* siècle, ce tem[)le, chancelant de vétusté, fut re!)Ali sur un plan plus vaste, parles soins de rarchevê(iue Ebon , monté sur le trône épiscoiial vers 822, sous le règne de Louis le Débonnaire. Larchitecte Rorauald en dirigea les travaux, qu'il termina vers 8iG, sous le pontificat d'Hincmar. Cet édifice avait été construit avec toute la magnificence à laquelle pouvait atœindre fart dans ces âges reculés. Au témoignage de Flouoart, historien de l'église de Reims, ce monument était un des plus somptueux de toute la France. Les voûtes et les murs décorés de |)eintures et de dorures éclatantes, des [lavés de marbre et de mosaï(Jue, des vitraux magnifi.jues, des scul[)tures belles et nombreuses, de riches tapisseries, de nombreux chefs-d'œuvre d'orfévierie, attestaient aux regards émerveillés la pieuse muniiiccnce de ses fondateurs. L'incendie qui dévora une partie de la v.lle de Reims, en 1210, détruisit la cathédrale. Le désastre fut promptement lép.iré. Le fameux arclnlccte Robert de Coucy en dres=;a le plan d'après les inspirations de la noble architecture de ces âges catlioli(iues; l'archevê(iue Albéric Humbert en i)osa la première pierre l'année suivante. Avant d'entier dans (pu'lques détails pru|)res à nous faire connaître la singulière beauté de l'église mi'fropolilaine do Reims, nous devons en donner les dimensions exactes. Elle s'étend dans une longueur de 1V8 mètres sur une lai'geur de 31 mètres, et une élévation sous voûte de 37 mètres GO centimètres. La croisée est large de 50 mètres; depuis le pavé jus-

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qu'au sommet des tours, on compte une hauteur de 83 mùires. Le plan est celui de la croii latine, mais le transsept est beaucoup plus rnpproché du chevet que dans la plupart des autres éjilises du môme Age. Sept chapelles se développent on rayonnant autour du chevet ; elles sont disposées avec élégance, avec celte grAce particulière que les archiloctes de ces beaux. temps savaient communiquer à tout ce qui sortait de leurs mains. La grande nef est dépourvue de ces chapelles latérales qui font l'ornement de nos grandes églises du xiv*siccle;et que l'on regarde comme en formant un complément indispensaule. La masse des piliers est ronde, cantonnée en croix, comme dans bcniconp d'églises ogivales, de quatre colonnes également cylindriques, d'un diamètre moins considérable. Les chapiteaux à volutes recourbées, à feuillages légers et gracieux, sont d'une élégance parfaite. Ils otfi ent toute la supériorité de la sculpture au xiii' siècle. Plusieurs colonnettes appuyées à leur sommet s'élancent d'un jet hardi jusqu'à la voûte pour en soutenir les nervures; elles sont groupées en faisceaux et coupent l'édifire de lignes simples et nobles. La partie inférieure du portail occidental, divisée par trois ouvertures, offre plusieurs traits de ressemblance avec la partie correspondante de la cathédrale d'Amiens. On y remarque peutêtre moins de granJiose et de majesté dans l'ensemble , mais aussi beaucoup plus de richesse dans les sculptures et dans les détails. C'est vraiment un admirable coup d'oeil que ce vestibule tout chargé de statues, de niches, de dais, de pinacles, de dentelles, de feuillages, d'aiguilles et de clochetons; l'art chrétien y a é[)uisé toute sa verve féconde. C'est une création entière pleine de vie et d'animation. Les parois latérales de ces trois entrées sont décorées d'une série de statues colossales au nombre de trentecinq, appuyées sur un stylobate d'assez mauvais goût, que nous croyons, avec plusieurs monumentalistes distingués, avoir été refait dans le cours du sièc'e dernier. Elles représentent des patriarches, des prophètes, des rois, des évèques, des vierges et des martyrs. Telle est la pensée de M. Gilbert, de lii. de Julimont et de tous les auteurs qui ont écrit sur l'église métropolitaine de Reims, il faut user de la plus grande réserve dans l'interprétation des monuments figurés du moyen Age ; de fréquentes erreurs ont été commises à ce sujet. Les archéologues inclinent aujourd'hui à penser que généralement, autour du grand portail des cathédrales, on a cherché à représenter les ancêtres de Jésus-Christ ou bien les patriarches et les conducteurs d'Israël. C'est comme l'ancienne loi qui préiècfe la nouvelle alliance. Sur le pilier symbolique qui partage en deux l'entrée principale, on a placé l'image de la sainte Vierge, sous l'invocation de laquelle le temple est consacré. Les faces de ce pilier sont couvertes de bas-Tcliefs reproduisant la chute de nos premiers parents. Quelle inspiration phine de religieuse poésie ! 'auguste

Mère de Dieu rappelle la rédemption aprè.-î la fatale sentence ; c'est la vie au-dessus de la mort. Les pieds-droits et les linteaux des trois portes sont chargés de sculptures historiques et allégoriques. On y découvre môme des emblèmes des travaux agricoles dans les diverses saisons de l'année, des attributs d'arts et de métiers. Mais c'est principalement dans les voussures do ces portes et les frontons qui les surmont'^nt que l'aFtiste a donné carrière à son géni-;» en traçant avec son ciseau un poëme religieux tout entier. On y reconnaît les personnages et les figures de l'ancienne loi , précurseurs du Messie, le règne do Jésus-Christ, le grand mystère do la réuemption, le triomphe de la loi nouvelle, la conversion des gentils. Ce grand tableau est terminé par la résurrection générale, le jugement dernier, la punition des méchants, la récompense dos justes qui triomphent dans les demeures célestes; enfin, l'apothéose et le couronnement de la sainte Vierge, entourée des anges et des chérubins, dominent toute cette composition; elle règne sur l'entrée du temple dont elle est la patronne. Telle est en abrégé la description d'une des plus belles pages que nous ait laissées le moyen Age. Rien n'a été négligé dans la décoration de ce superbe édifice. On a su tirer un excellent parti des accessoires les plus insignifiants : les gargouilles, partout si grotesques, sont ici allongées sous la forme de chimères, et supportent des statues allégoriques, dont quatre rappellent les fleuves qui arrosaient le paradis terrestre. A la retombée dos angles des pignons, on a creusé des niches pour y placer des anges qui tiennent des vases ou des instruments d3 musique. Au-dessus des frontons aigus qui couronnent les voussures, on remarque quatre contre-forts d'une rare élégance; ils accompagnent la grande rosace, traitée avec toute l'habileté qu'on était en droit d'attendre d'artistes de si grand talent. Chacun sait que les roses furent toujours une des parties de prédilection des architectes du moyen Age. La rose du portail de Reims est surmontée d'un grand arc ogival dont la voussure est ornée de dix statues ayant rapport à l'histoire du roi David. La galerie des rois, placée au sommet de la façade, consiste en une charmante colonnade qui règne sur les quatre faces du portail, en suivant les parties saillantes des contreforts ; elle est formée d'une suite de petites arcades aiguës , ornées de découpures en trèfie surmontées de petits frontons triangulaires soutenus sur de légers faisceaux de colonnettes d'une extrême délicatesse ; on y compte quarante-deux statues de rois de France, depuis Clovis jusqu'à Charles VL Les rois sont dans l'attitude du repos, tenant leur robe d'une main et posant l'autre sur la poitrine, quatre ou cinq tiennent le sceptre en main, tous ont la couronne sur la tête. Les deux tours régulières s'élancent avec grAce et hardiesse au-dessus de ce! te riche galerie; elles complètent la magnifique façade de Notre-Dame de Reims. Svcllos et

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l(^gères, elles sont évidc'es 5 jourpardelarges ouvertures, qui leur donnont une apparence tout aérienne ; quatre tourelles, également découpées, servent moins à les soutenir qu'à les accompagner. Assurément il ne manquerait rien à ce portail, pour être le plus parfait de tous ceux qui existent, si les deux tours portaient deux Huches en [)ierre, telles qu'elles étaient sans doute dans le plan de J'archilccte. Les dimensions de ce portail sont de 47 mètres de largeur d'un angle à l'autre.

Cathédrale de Rennes. Saint-Pierre. — Vers le milieu (lu iv' siècle, il y eut un évôohé h Rennes, capitale des liedones, peuplade de l'Armorùitie, et plus tard capitale de la grande province de Bretagne. Ce l'ut saint Modéran qui, le premier, occupa le siège épiscopal et fonda la basilique chrétienne en 328, suivant un vieux plan de la ville fort curieux. Saint Mélaine, une des plus brillantes illustrations de l'Eglise de Rennes, usa de son autorité à la cour de Clovis pour rebâtir un grand nombre d'églises ruinées par le malheur des temps ; secondé dans ses travaux par les libéralités du prince, il n'oublia point sa cathédrale, qu'il tit agrandir et embellir. Apr^s la mort do ce saint évêque, l'histoire garde un profond silence sur les changements survenus à la basilique épiscopale jusqu'à l'année 1181, où nous voyons Philippe, auparavant abbé de Clermont, près de Laval, jeter lesfondementsd'unenouvelle église, qu'il reconstruisait sur l'emplacement de la première. Il est dit dans la Vie de cet évêque qu'en creusant les fondations du chœur ou de 1 abside, on trouva un immense trésor, et que cette ressource inattendue fut employée à terminer les travaux commencés. L'édifice, delafindu xn' siècle, élevé sans doute dans de belles proportions et avec un grand luxe d'architecture, subsista jusqu'en 13i5, époque à laquelle il fut restauré et même rebâti en partie par Charles de Blois. En li90, la duchesse Anne, reine de France, à la sollicitation d'Yves- Mayeuc, évêque de Rennes, jeta les fondements des tours et des portails. L'ouvrage fut interrompu jusqu'en 15il. Depuis ce temps, les Etats, le parlement et la commune ont l'ait les frais de l'éditice. En 170), le chapitre demanda au roi la permission de démolir l'église qui menaçait ruine. Un airèt du conseil, de 1702, autorisa la démolition , qui ne fut pas exécutée faute de fonds. Un outre arrêt du conseil, du 2 juin 175'i., ordonna de nouveau la démolition, dont la direction fut attribuée à l'intendant par arrêt (!.=> 1755. L'entière di'-molition de la cathédrale fut achevée en 175G. Suivant un relevé fait par l'ingénieur Abeille, en 1750, l'église avait, de[)uis les tours, 76 mètres de longueur sur 36 (le 'argcur, non com;iris la largeur des croisillons du transsept. La nouvelle cathédrale, conuuencée en 15V0, montre au portail [)riiicipal quehpies détails d'ornementation propres au style de la renaissance. L'ensemble du monument a^)partient au style ioniipie ; le jilan est en tonn») de croix ijrecque. Mesures générales : lonijiieur,

C8 mètres ; largeur, 20 mètres ; hauteur des colonnes,? mètres. Les fenêtres cintrées sont peu nombreuses : il y en a cinq de chaque cêté de la nef et sept autoui- du chœur et du sinctuairc. Nous réjiéîerons pour la nouvelle cathédrale de Rennes ce que nous avons dit I)Our Saint-Vaast d'Arras: on ne peut se décider à appeler belle une construction de co genre.

CalfiMrale de la Rochelle. Saint-Louis. — Le monastère de Maillezais ne tarda pas h devenir llorissanl en recevant des dons et des privilèges n(jmbreux. Il avait atteint l'apogée de sa gloire, lorsqu'en 1317, le pape Jean XXII érigea l'abbaye en évôché. Les ruines de l'anciiMine cathédrale de Maillezais sont encore grandes et pittoresques ; on y distingue les caractères de deux architectures dillerentes. Lorsque Louis XIII prit la ville de la Rochelle et y fit son entrée le 1" novembre 1628, celte ville n'avait [las de siégo é|)iscopal et dépend lit, pour l'adrainistralion ecclésiasti(7ue, de l'év.xhé de Saintes. Dès ce moment, le roi conf;ut la pensée d'y transférer l'évêché de Maillezais. Ce fut Anne d'Autriche, régente du royaume pendant la minorité de Louis XIV, qui réalisa ce projet. Le pape Innocent X , par sa bulle du 2 mars 16i8 , autorisa la translation du tilre épiscopal. Le premier évêque de la Rochelle fut M. Jacques Raoul de la Guibourgère , d'abord conseiller au parlement de Bretagne, puis sénéchal de Nantes et maire de cette ville. La nouTelle cathédrale fut établie à la Rochelle dans le temple des religionnaires, qui fut réconcilié et consacré sous la protection de saint Louis, roi de France. Cet acte important eut lieu le 28 octobre 16V8. Malheureusement l'église ne jouit pas longtemps de cet honneur; elle fut détruite entièrement par un violent incendie le 8 février 1687, La nouvelle cathédrale, kltie sur l'emplacement de l'ancien temple protestant et destinée à renfermer dans son enceinte l'égnse de Saint-Barthélémy elle-même , fut commencée, en 17i2, par Gabriel , architecte do Louis XV. Suivant le plan primitif, elle devait s'étenlre dans une longueur de 86 mètres ; mais par suite d'événements malheureux, cette église n'a jamais été achevée Sa longueur dans l'étal présent est de 56 mètres, et sa largeur, d(^ 38 mètres; ce qui la rend tout à fait insul'lisante pour les l)esoins du culte. Nous ne dirons rien du style qui a présidé à son architecture; il suflit de savoir dans quel temps elle a été construite pour en reconnaître les formes principales et en apprécier l'exécution. En la comparant aux églises modernes de Paris, nous ne ferons point son éloge et nous en ferons mieux t.(Mitir le caractère.

Cathédrale de Rodez. Notre-Dame. — La calhéiralc de Rodez eut à traverser quatre si(''cles sur lesquels l'histc^ire garde le |)lus profond silence, et, vers la tin du xiii' siècle, elle s'écroula avec un grand fracas. Ce fut le 16 lévrier 1275 que cet accident atfreux arriva, sous l'épisconat de Raymond de Ca!mont. La sainte entrciuisc fut comracacé©

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à Roneî avoc le plus vifcntliousiasme, mais elle ne fut pas continuée avec la même ardeur. Une fuule de circonstances malheureuses vinrent arrêter le premier essor, firent languir les travaux, ([ui se confinuôrent moJlement pendant plu.'^ieurs siècles. Raymond de Calmont mourut en 1292, et fut remplace par Bernard de Moustier, et plus tard par (iaston de Corn , qui ne tirent que passer. Pierre de Plaigne-Chassagne fut un évùque plein de talents et de rac^rite, mais ses qualitt^s furent cause qu'il ne ri'-sida pas à Roaez ; il fut employé souvent par les souverains pontifes, qui lui confièrent les missions les plus délicates. Malheureusement pour l'achèvement de la cathédrale de Rodez, pendant le temps que les papes séjournèrent à Avignon , les évoques résidèrent à la cour pontificale et furent remplacés par un vicaire chargé de l'administration. En des mains étrangères, l'œuvre dut nécessairement beaucoup soulTiir, c'est k peine si , dans le cours d'un siècle , les historiens ont h enregistrer quelques augmentatioLS et quelques embellissements apportés aux travaux déjà avancés. Quelques chapelles et quelques travées étaient successivement bAties par les évèques , qui laissaient à leurs successeurs le soin tie continuer. Ce fut un héritage qu'ils se transmirent ainsi jusqu'au glorieux François d'Estaing. Guillaume de la Tour dOliergues, évêque de Rodez, au milieu du xv' siècle, se voua tout entier à l'accomplissoment des projets si lentement conduits h exécution. Les ressources ne lui manquèrent pas : déjà le chœur était achevé ; Guillaume continua la nef jusqu'à la quatrième travée; alors il se démit de l'épiscopat en faveur de son neveu Bertrand de Chalençon. Celui-ci crut qu'il était de son devoir de travailler à réaliser les desseins que Guillaume avait poursuivis avec tant d'ardeur. Le palais épiscopal faisait obstacle à l'agrandissement de la nef, l'évoque n'hésita pas à le sacrifier. Ce fut encore lui, le premier, qui entreprit des travaux d'embellissements à l'intérieur de sa cathédrale. Il fit sculpter cette magnifique boiserie, l'une des plus belles, sans contredit, de celles qui ornent les cathédrales de France , et l'un des plus curieux monuments de la sculpture sur bois à la fin du xv' siècle. C'est au même évèque que nous devons encore la construction du jubé qui ferme le chœur du côté de la nef; ce jubé, quoique mutilé, est précieux cependant sous le rapport de l'art. Tant de constructions du même genre ont été si stuf)idement démolies, qu'on est toujours heureux Je retrouver quelques restes couverts de la splendide décoration architecturale du moyen iige. Le jubé de Rodez est loin assurément de celui de la cathédrale de Saint e- Céci e d'Albi et de celui de l'église paroissiale de Sainte-Madeleine à Troyes; il mérite néanmoins d'attir er l'attention des archéologues. Voici les principales dimensions de la cathédrale de Rodez : longueur totale , 97 mètres 45 centimètres dans œuvre ; la plus grande largeur prise dans la croisée d'une

porte à l'autre est de 3(1 mètres ; la hauteur de la tour principale, 80 mètres.

Le plan de la catliédrale est en forme de croix latine, avec collatéraux et chapelles accessoires; ces chapelles, au nombre de V'ngtsept, présentent quehpies ditrérences dans leur disposition, suivant répO(]ue arehitectoniqu' à laquelle <>llcs api)artiennent. Toutes celles qui accompagnent la nef et les deux premières du cùié du chœur, au delà du transsept, sont élevées sur un [)lan carré, tanilis que c lies qui rayonnent autour du sanctuaire, sont disposées sur un plan hexagonal.

Cathédrale de Rouen. Notre-Dame. — La cathédrale do Rouen fut détruite et réédiliéo à [)lusieurs reprises, surtout à l'époque de la grande invasinn des Normands, au milieu du IX' siècle. Elle ne tarda pas à sortir de dessous ses ruines, imisque, en 912, Rollon, converti à la foi chrétienne, y reçut solennellement le baptême et la décora magnifiquement. Après cette convention, qui permit à la paix de refleurir dans toutes nos provinces , l'église de Rouen éprouva de grands désastres. Au x' siècle elle fut agrandie par Richard 1"; les travaux, commencés avec grandeur et sur un vaste plan, furent continués par son fils l'archevêque Robert. Ils ne furent terminés que sous l'épiscopat de Maurille , monté sur le trône archiépiscopal en 1055. Cet évoque zélé élève la pyramide en pierre qui portait son nom, et fait la dédicace du temple, en 1063, en présence de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, et des évoques de Bayeux, d'Avranches, do Lisieux, d'Evreux, de Séez et de Coutances. En 1117, la foudre tombe sur la cathédrale. A peine relevée de ses cendres , elle est de nouveau consumée par un incendie en 1200. Malgré la gravité des événements qui, après trois siècles de séparation, replaçaient la Normandie sous la puissance immédiate des rois de France , il paraît que la nouvelle eonstruction fut suivie avec une incroyable activité, puisque, dès l'année 1217, on ne s'occupait plus que des parties secondaires de cette entreprise gigantesque, dont l'immensité effraye aujourd'hui la pensée. L'église actuelle est donc dans sa masse principale l'ouvrage des prcmièr-es années du xni^ siècle, avec cjuelques parties plus anciennes, comme la base de la tour Saint-Romain et beaucoup d'autres, qui ont été ajoutées postérieurement ou qui ont subi des modifications considérables. La chapelle de la Sainte-Vierge appartient au xiv' siècle, les deux portails latéraux, au siècle suivant, le grand portail et la Tour de Beurre, ainsi que la pyramide qui s'élevait au-dessus du centre des transsepts , témoins de la libéralité des d'Amboise , furent édifiés dans la première partie du xvi* siècle. Le plan général est en lorme de croix latine avec deux collatéraux jusqu'aux transsepts, et quatre jusqu'aux chapelles absidales. Les bas côtés se prolongent dans les croisillons du transsept, disposition d'un bon effet et qui contribue peut-être à donner une plus grande régula-

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