‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 122 sur 195 · SOI · texte numérisé non relu

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rite au plan gt-onu'lral. On compte vingtcin(j clinpolli's, cent lr(Mite fenôtros et un nouibrc intini de coloiniesct de colormeltcs. Voiei les dimensions princi|iaIos du monuinent : longueur totale, V.Hi mètres depuis le grand poi'tail juspi'à revtrémité de la cliapolle de la sainte Vierge ; largeur, 32 mètres, 30 centimètres, d'un nun' h l'autre; fiauteur de la grande nef sous voAle, 28 mèfri's ; au centre est la lanterne élevée de ô'i mètres 30 ceniimètres sous clef di> voûte, et soutenue par quatre gros |)iliers portant ciiacun 12 mètres GO centimètres ue circonférence ; la longueur de la croisée est de oï mètres 60 centimètres. Le chœur est entouré de quatorze colonnes et éclairé par quinze grandes fenêtres. Avant 1V30, sa partie sujx'rieure ne recevait le jour que parun petit nombre d'ouvertures étroites et dépourvues d'élégance. Il la it s ivre le poiutour de l'absidt' pour trouver les caractères du style primitif du monument. Les fenêtres à lancettes , la plupart géminées, attirent les regai ds autant par la grâce de Iciirs formes que l>ar la vivacité éblouissante de leurs peintures; les colonnes cylindriques , ou engagées aux angles des piliers, sont surmontées de cha[)iteaux à crochets, où les feuillages sont variés et très-délicatement sculptés. La base appendiculée laisse voir parmi les moulures qui la composent une gorge profondément creusée, ainsi qu'on le pratiquait communément au commencement du xiir siècle.

En 1^67, sous le cardinal d'Estouteville , le chapitre fit faire les stalles qui existent encore, dont les consoles sont décorées de sculptures extrêmement curieuses. M. E.-H. Langlois en a publié, il y a quel({ucs années, une monographie intéressante. Tous les sujets sont traités avec le sentiment particulier à cette époque; naïveté, finesse, verve, facilité, telles sont les principales qualités de ce travad qui excite sans cesse l'attention des observateurs. Parmi les chapelles accesso'res, deux surtout se font remarquer par leurs dimensions : celle de Sain:-Etienne , qui servait à la paroisse de ce nom, supprimée à la révolution, et celle de la Sainte- Vierge , dont nous parlerons plus longuement en faisant connaître les magnifiques monuments funéraires qu'elle renferme. Cette dernière cha[)e]le, longue de plus de 25 mètres , est une des [)lu-; belles qui existent à rab>ide des grandes cathédrales. Elle constitue à ell ' seule une construction indépendante, qui formerait un oratoi:e très-distingué , en la supposant dans un état d'isolement. Elle étale toutes les richesses de l'arcliilecture, comme un témoignage permanent du dévouement des populations au culte de Marie, mère de Dieu. Les monuments funériires ae la cathédrale de Rouon mériteraient tj eux seuls une liinguedescri[)tion ; nous ne pouvons en parler que très-brièvement. Dans la chapelle du Petit Saint-Romain, la l)remière du col'atéral droit, près du transsept, se tiouve le tombeau de Kollon, premi(;r duc de Norniandie. Le prince avait u'ttbord été inhumé dans le sanctuaire, au

pied du grand autel , qui se trouvait h cette époque vers le haut de la nef actuelle. L'autel avant été reporté plus loin, la dépouille de Rollon fut d ''posée dans l'enfoncement ciniré où elle repose aujourd'hui. La statue couc'iée sur le tombeau esi d'un tiavail assez moderne com|)arativement h l'époque où mourut ce g -and chef des Nortînnans. On cherche involontairement dans cette image, bien maltraitée par le temps et par les hommes, quelques traces d'une ressemblance qui n'existe pas; dans le collatéral opposé, pr/'cisément en face de la cliapefleque nous quittons , est celle de Sainte-Anne : là sont les restes de (iuillaume Longue-Kpée, fils et successeur de Rollon, assassiné dans une île de la Somme par ordre d'Arnoult. comte de Flandre; le tombeau, ijui renfemie ses restes, est semhlableà celui de son père. Le tombeau du cardinal d'Amboise est un des l)lus précieux chefs-d'œuvre de larl de la renaissance. Le corps de ce prélat reposait dans un caveau pratiqué sous le monument; sa sépulture a été violée pendant la révolution. 11 serait téméraire de vouloir essayer de donner une idée derorneraentalion de" ce magnifique monument funéraire, par' des descriptions et des dessins. Les ressources du génie y sont épuisées; les secrets de la sculpture y ont exprimé leur dernii r mot. Deux belles statues en marbre blanc, à genoux sur des coussins, la tête nue et les mains jointes, sont posées sur le tombeau de marbre noir; le sentiment de la prière et de la piété respire dans les visages graves et recueillis. A la partie inférieure du monument, dans des niches sé| arées par des pilastres, sont de charmantes petites statues, au nombre de six, représentant la Foi, la Charité, la Prudence, la Force, la Justice et la Tempérance; toutes ces statues sont en marbre blanc. Comment faire connaître ces mille ciselures capricieuses qui servent à accompagner une foule d'autres statuettes, parmi lesquelles on dislingue la sainte Vierge, les douze Apôtres, saint Romain , évêque de Rouen ? Tous les trésors d'une imag nation pleine de goût y sont déployés avec luxe et prodigalité.

Cathédrale de Saint-Brieuc. Sai\t-Brieuc.

— La seconde église bâtie par saint Brieuc est la cathédrale elle-même, dont la fondalion remonte ainsi vers la fin du V siècle. Destinée à la célébration de l'office des religieux venus d'Angleterre , elle servait en môme temps pour la léunion des lidèles qui se rassemblaient autour de leur saint pontife , consacré évêque dans son pays natal. Après avoir gouverné selon le Seigneur le troupeau confié à ses soins , saint Brieuc mourut en paix , en 502. Vers 1230, saint (juillaume , évêque de Saint-Brieuc et second patron du diocèse, entreprit de reb;ltir ce temple, (jui menaçait ruine ; c'était à une épocjue glorieuse |)ar le triom: lie îles arts catholiques. On lui dit qu'il était tt0[) âgé pour conduire à bonne fin une entreprise si nnpoi'tanle et capable d'épuiser les trésors d'un roi. Avec cette confiance cntièie en la

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Providence qu'on rcinaniue dans tous les hommes géncrcuï qui se dévouent à l'œuvro de Dieu, le saint évoque répondit qu'il l'achèverait mort ou vif. Cette parole parut d'abord siogulière, mais elle ne tarda pas à recevoir une explication frappante par sa réalisation merveilleuse. La prophétie du serviteur s'accomplit : quand il mourut, en 123i , l'ouvrage était peu avancé; on croit u'il avait seulement biti la chapelle latérale wu uor-d qui forme une partie du transsept. Mais, après sa mort, les nombreux miracles opérés a son tombeau par sa puissante intercession attirèrent tant de pèlerins et d'oblations, qu'il devint facile à Philippe, 'son successeur, de terminer cette vaste construction. Nous possédons de l'époque de ce dernier évèque une grande portion du chœur, jiresque tout le transsept, le portail du nord et quelques restes du portail occidental, qui avait autrefois un narthex, dont on découvre encore les vestiges à moitié effacés par le temps. En 1372, l'évêque Geoffroy de Rohan fit élever la chapelle de la sainte Vierge, qui forme le chevet de l'église et fut longtemps appelée Notre-Dame-de-la-Cherche , du nom de son premier chapelain; elle est bâtie dans le style ogival et n'est pas dépourvue de grâce. Jusqu'au milieu du xv* siècle, c 'tte église offrait, au moins dans l'intérieur, une belle régularité ; Jean Prigaut, qui occupa le siège épiscopal de Saint-Brieuc depuis lioO jusqu'à 1472, rompit cette symétrie admirable en bâtissant au sud , sous le bfas du transsept méridional, une spacieuse chapelle carrée, appelée aujourd'hui la chapelle du Saint-Sacrement. L'intérieur en est porté sur quatre belles colonnes cylindriques, du sommet desquelles s'échappent gracieusement d'élégantes nervures qui tapissent une voûte ogivale en granit. De 1705 à 1720, un pieux évêque, natif d'Auvergne, Louis Frétât de Boissieux , ancien capitaine de vaisseau , voyant avec peine sa cathédrale en ruines, fit démolir la grande nef et les deux collatéraux, en conservant néanmoins la partie inférieure des murs et des piliers , qui présentait une grande solidité; il fit enlever même un des quatre grands piliers couverts de faisceaux de colonnettes qui supportent la voûte au-dessus 'du maitre-autel. Le zélé pontife voulut rétablir le tout dans de belles proportions , en veillant d'une manière spéciale à la solidité de l'édifice. Cette grande réparation, en style du xviii' siècle, montre des voûtes h. plein cintre surbaissé, des cntre-cDlonnements semi-circulaires, des colonnes à chapiteaux d'ordre toscan, avec les moulures plates les plus régulières et les plus insignifiantes. Ce travail, bien exécuté, est irréfirochable dans sou genre , mais dans une église qui conserve des parties distinguées appartenant à la glorieuse période de l'architecture gothique , il souffre une rude atteinte en se montrant en comparaison avec les ogives élancées , les galeries h jour du chœur, et surtout les magnifiques rosaces léguées par le xiii' siècle. Toute la dépense de cettvi vaste entreprise fut couverte par la

générosité du comte de Toulouse, gouverneur de Bretagne et premier chanoine de Saint-Brieuc , h cause (le son duché de Penthièvre , et surtout par les libéralités de l'évoque Louis Frétât , qui s'imposa les plus dures privations pour augmenter ses dons. Non content d'avoir rebâti sa cathédrale, le saint prélat fit encore de nombreuses bonnes œuvres. Il établit à Saint-Brieuc les sœurs de la Croix , et laissa pour les pauvres de la ville un legs assez considérable. Les proportions de la cathédrale de Saint-Brieuc sont assez développées : on compte 67 mètres de longueur totale, sur une hauteur de 18 mètres sous voûte dans la nef, et une largeur de 15 mètres. Malheureusement l'aire de l'église est au-dessous des places et des rues qui l'avoisinent , ce qui contribue à entretenir l'humidité qui s'y trouve naturellement ; bâtie sur pilotis et dans un lieu marécageux, elle ne saurait ôtre assainie, malgré toutes les tentatives qu'on pourrait essayer. Dans les fouilles nombreuses pratiquées à diverses époques sous le payé , on a constamment trouvé l'eau à 50 centimètres de profondeur.

Cathédrale de Saint-Claude. Saint-Pierre.

— La ville de Saint-Claude doit son origine à l'établissement de l'ordre de Saint-Benoît, qui, dans la suite, devint florissant et célèbre. La fondation de cette abbaye remonte à une époque très-éloignée, jusque vers le milieu du v* siècle, au temps où la ferveur des solitaires d'Orient semble avoir passé dans l'esprit des moines d'Occident. L'église abbatiale reçut les honneurs d'église épiscopale au milieu du siècle dernier seulement. L'évôché de Saint-Claude fut érigé en 1742; les souvenirs chrétiens qui peuvent s'y rattacher ne sont pas par conséquent fort, intéressants. La catliédrale est un édifice d'architecture mélangée, qui ne se fait distinguer par aucune particularité bien remarquable. Quelques portions, pourtant, ne sont pas indifférentes à l'archéologue chrétien, curieul d'étudier dans les monuments de tous les âges les vicissitudes et les transformations de l'architecture.

Cathédrale deSaint-Dié. S\int-Dié. — L'historien Riguet nous apprend que saint Dié, évêque de Nevers, mourut le 19 juin de l'an 629 , dans la première cellule qu'il s'était bâtie au. pied du mont Saint-Martin. Ce fait nous initie aux premiers principes de l'église épiscopale de Saint-Dié. En cherchant à apprécier le style de l'église de Saint-Dié, nous croyons devoir citer quelques mots de Mgr l'évêque de Belley, dans son Manuel des connaissances utiles aux ecclésiastiques. On attribue aux Lombards les cathédrales de Saint-Dié et de Besançon; on attribue aussi aux Bénédictins l'usage des petites colonnes qu'on voit souvent autour du choeur de certaines églises, entre lesquelles sont de petites fenêtres allongées, évasées à l'intérieur. Cette citation, pour quiconque est initié aux principes de la science archéologique, est propre à faire connaître le système général employé dans la construction. Pour nous,

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qui avons rejette la (l(''noniinalion de style lombard, comme niaïKiiiarit de justesse el do ilarté, nous voyons dans ce monument Ta])plioalion du st.\le romano-byzantin, avec les principaux c/iractères qui lui sont propres. Le travail du xi' siècle est bien évident dans plusieurs portions de la cathédrale. On reconstruisit à cette époque, et d'après les procédés usités dans les autres villes de la France, les colonnes du cAté méridional. Un rapide exposé du plan de l'édifice démontrera ficilement à quel Age les membres essentiels doivent en être rapportés. La nef est séparée des collatéraux par se[tt piliers h droite et à gauche; les quatre pilieis impairs des deux côtés sont carrés, garnis de auatre colonnes engagées, se prûlonge>int à l'inlérieur de la nef jus(iu'à la naissance de la voilte, où sont posés k'urschapiteaux, et semblent supporter tout l'édifice. Le côté gauche ou septentrional est divisé en trois grands arcs à plein cintre, sans ouverture, dont le sommet approche du cordon supérieur tracé sur l'alignement des chapiteaux, et dont les extrémités rej)osent sur 'es quatre piliers principaux. Le massif renfermé dans chacun de ces trois arcs est subdivisé en deux arceaux, supportés par des piliers plus petits, composés de quatre colonnes accouplées sans chapiteaux. Le côté droit ou méridional ne présente aucun vestige des trois grands arcs que nous venons de décrire; les chapiteaux des colonnes principales sont traités avec soin et historiés avec goût; on y distingue des feuillages fantastiques et des figures bizarres d'hommes et d'animaux. Les piliers intermédiaires ne sont plus, comme à gauche, formés de quatre colonnes accouplées, ils sont cariés, tlanqiiés d'une colonne engagée à chacun des trois côtés extérieurs; la face tournée vers la nef est plane, ainsi que cela s'est fréquemment observé dans les monuments contempoiains de l'Auvergne. Ces deux côtés de la nef afiparliennent à l'architecture romano-byzantine secondaire. On a voulu leur donner une antiquité beaucoup plus reculée, m.ds c'est h tort; les règles de la critique monumentale ruinent absolument l'opinion de ceux qui prétendent y voir de beaux fragments d'architecture carlovingienne. L'église de Saint-Dié de collégiale devint cathédrale au siècle dernier. Il n'y eut qu'un s.ul évèque en titre avant la révolution de 1789. Le siège supprimé par le premier concordat ne fut rétabli qu'en 1823; depuis cette é|)oque, l'église épiscO|)ale de Samt-Dié a vu se renouer la chaîne des anciens jours et peut espérer de jouir longtem|is encore d'années saintes et prospèles.

('athédrale rfe 5cVz. Notre-Dame. — Lorsque le christianisme eut établi dans prcsc^^ue loutes nos provinces son inlluence bieniaisante et régénératrice, la vieille cité des Sagiens eut pour évèfiue saint Laluin ou saint Lain ; ce fut lui, vers VVO. (jui je a les premiers fondements de l'ancienne église. Suivant une coutume que nous nous plaisons 5j)éLialemcnt ù mentionner tommi,' une de

nos plus admirables traditions catholiques, la cathédrale primitive fut consacrée sous l'invocation de la sainte Vierge. Pendant cinq siècles les générations pieuses se pressèrent dans cette enceinte sacrée; puis de grandes calamités pesèrent, au x' siècle, sur la France : les Normands marquèrent partout leur passage par les ruines et le sang ; il n'esi aucune ville im|)ortante qui n'ait gardé le souvenir des dévastatinns exercées par ces terribles nirates. En 910, ils parurent devant la ville deSéez, et, quelques jours après, elle ne montrait plus qu'un amas de débris et de cendres. L'église épiscopale subit le malheur commun; elle fut entièrement détruite. A cette époque calamiteuse siégeait Azon. Guillaume de Jumiéges, dans sa chronique, nous apprend que cet évèque releva sa cathédrale, et il ajoute môme qu'il la rebâtit avec les matériaux délabrés des fortifications de la ville. Nous ne possédons aucun détail descriptif sur le monument romanobyzantin ; s'il était permis de proposer quelques conjectures, nous dirions que cet édifice devait plutôt satisfîiire aux conditions de la solidité qu'aux lois de l'art. Rebâti précipitamment à la suite de cruels désastres , alors que les populations décimées étaient réduites aux plus dures privations, il suffisait aux besoins les plus pressants du culte, sans présenter la magnificence des constructions postérieures. Cette seconde cathédrale devait encore périr par le feu. Le même Guillaume de Jumiéges nous apprend que l'évêque Yves de Bellesme ayant été contraint de mettre le feu aux maisons qui l'entouraient, afin d'en débusquer les brigands qui y étaient réfugiés, l'église en fut atteinte et entièrement consumée. Cet accident arriva vers l'année lois. Lorsque l'évoque Yves de Bellesme alla trouver le pape Léon IX à Reims, où il avait convoqué un concile, le 0 octobre 10i9, il reçut ies plus vifs reproches [)Our avoir incendié son église. Il se soumit à la pénitence, et forma le projet de la réédifier plus grande et plus somptueuse que celle que son imprudence et sa précipitation avaient détruite. Il partit courageusement pour l'Italie, afin de solliciter de ses parents, Boëmont, prince de Tarente, et ïancrède de Hauteville, des secours pour seconder son entreprise ; il alla jusqu'à Constantinople, où l'empereur lui donna des sommes considérables. On mit la main à l'œuvre vers l'an 1053, el il ne fallut pas moins de soixante à soixantedix ans pour la reconstruire. Les travaux furent arrêtés par un nouveau malheur : l'édifice s'écroula lorsque l'ouvrage s'avançait, en llli, parce que les fondements de l'an cienne cathédrale, qu'on avait voulu conserver, calcinés par le feu, ne purent supporter le poids de la construction ; l'églisi; ne fut consacrée qu'en 1126, et alors elle était loin d'être terminée, puisqu'on y travaillait encore quatre-vingts ans (jIus tard. Quelques années avant les guerres de religion, Jacques de Silly, prélat <\\ï\ sut faire un noble em[)loi d'un immensi! patrimoine, avait fait construire l'une dos deux magnifiques roses qui

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enibellisscnl le transscpt de la cathédrale. Il avait encore relevé un grand pilier entre les deux tours, près du l>énitier, et donné plusieurs vitraux. L'extérieur de cet édiliee , sans être très-remarquable, n'est cependant pas dépourvu de mouvement; le frontispice j)rincipal, surtout, est imposant dans sa sévérité et curieux par son oi-iginalité. Les arcades à deux étages superposés, qui dominent la voussure large de la grande porte d'entrée, excitent au plus haut point l'attention des observateurs. Cette disposition pittoresque, à peu près unique en France, rachète par la richesse des lignes nombreuses son aspect étrange, en dehors des compositions communes. Les deux tours, surmontées de tlèches aiguës, de hauteur inégale, dont la plus élevée atteint jusqu'à 75 mètres, produisent un effet admirable.

CathédfQle de Sens. Saint-Etienne. — Les reconstructions de l'éghse de Sens, comme celles de la plupart de nos autres grandes églises, attestent autant les fureurs des barbares qui désolèrent la France, les dévastations des guerres continuelles qui ensanglantèrent la première partie du moyen âge, que la fragilité des édifices qu'on élevait alors. Les ravages du temps et des éléments hAtaient rapidement la destruction des premières églises chrétiennes, qui, au rapport de saint Grégoire de l'ours , n'étaient bâties qu'en bois. Parmi les accidents qui assaillirent la cathédrale de Sens, le plus funeste fut peut-être riiiceodie de 970. Tels furent les ravages du terrible iléau, que la construction tout entière s'abîma dans les flammes et qu'il n'en resta qu'un amas de décombres. A cette époque si désastreuse pour l'église métropolitaine de Sens , était assis sur le trône épiscopal Archambault, fils de Robert, comte de Champagne, prélat dont les mœurs étaient plus militaires qu'ecclésiastiques. Quelques auteurs ont prétendu qu'il avait fait rebâtir les cryptes et relever le sanctuaire. Il est bien plus probable que ce fut saint Anastase, son successeur, homme plein de vertus et de talents, qui jeta les fondements de l'éghse nouvelle. Sévin, pontife ardent et éclairé, conduisit les travaux commencés à un heureux achèvement et fit la dédicace solennelle de l'église en 997. Par suite d'accidents très-graves, cet édifice fut presque entièrement rebâti, de 1143 h 11(38, par les évoques Henri Sangliers et Hugues de Toncy, qui le laissèrent tel que nous le voyons encore, à l'exception des deux tours et du transsept, qui doivent être rapportés à une époque postérieure. En pénétrant dans l'intérieur de Saint-Etienne de Sens, il est impossible de n'être pas fiappé de la disparité des styles d'architecture qui ont présidé à l'érection de ses diverses parties. Le style roraano-byzantin tertiaire, si facile à reconnaître à ses caractères de transition, domine dans les nefs et le chœur, tandis que, dans la croisée. Je style ogival du xv* siècle se montre dans les ornements des fenêtres, des roses et des portes. Quelques fragments intéressants, échappés aux ruines des édifices

antérieurs, rappellent les constructions du XI' siècle. Ainsi les bas-côtés du sanctuaire portent le cachet du xi' siècle ; la croisée ou transsept et la plus grande partie des nef-^sont de la tin du xii' et du commencement du xiii'; enfin, les trois arcades à l'entrée de la grande nef, du côté droit, ajiprochent de l'époque de la renaissance. Le plan de l'église métropolitaine de Sens est régulier dans l'ensemLle ; les chapelles seulement sont moins systématiquement disposées : elles sont au nombrede vingt, dix autour.du chœur et dix autour de la nef. L'effet général du monument est noble et sévère ; sa grande nef est d'un bon style; on y reconnaît sans peine à ses colonnes, à ses fenêtres et à ses voûtes, les inspirations d'usi art transformé; le génie chrétien semblait préluder à ces immortels chefs-d'œuvje.

Pour les antiquaires versés dans l'étude de l'archéologie religieuse, la cathédrale de Sens est un édifice d'un haut intérêt. Placée aux limites de l'architecture romano-byzantine, elle -porte l'empreinte de la magnifique rénovation de l'architecture catholique au xiii' siècle. Elle conserve quelques traces de la période architectonique qui expire; elle se dresse sous l'influence d'une vie nouvelle, féconde en prodiges. La cathédrale de Sens n'est pas seulement remarquable par son architecture mélangée, elle attire encore l'attention par les restes de ses magnifiques vitraux, par divers monuments de sculpture, des tombeaux et des curiosités du trésor, arrachés à la destruction et à la spoliation révolutionnaire. Les verrières du chœur, de la chapeLle de saint Savinien et du bas-côté du nord du chœur sont du xiir siècle ; on les doit à la générosité d'Etienne Béquard, archidiacre de Sens en 129Y. Comme toutes celles qui remontent à cette époque, elles sont admirables par la vivacité des couleurs, l'harmonie des tons, l'effet saisissant de la mosaïque.

Cathédrale de Soissons. Saint-Gervais. — Les fondements de la cathédrale actuelle de Soissons furent posés dans le cours du xii' siècle, sur l'emplacement de l'église qui avait succédé à l'oratoire primitif. Une vieille pierre, enclavée dans une muraille, et qui porte tous les caractères désirables u'anliquité, fixe par ces deux lignes l'époque de la construction de l'édifice :

Anno tnilleno ducenteno duodeno

Hune inlrare chorum cœpit grex canontcorum.

Il paraît que dès le commencement du xiii" siècle les travaux furent continués avec la plus grande activité ; les caractères architectoniques l'attestent d'une manière évidente. Ce n'est pas à dire que tout jusqu'aux moindres détails appartienne au même siècle et au même système artistique. L'art chrétien , dit M. l'Abbé Poquet, est venu successivement déposer dans l'église de Soissons, avec son génie propre, des richesses variées et parfois ses capricieuses transformations. Le j>lan de la cathédrale de Soissons est régulier; il présente cependant une particularité assez remarquable dans la disposition d'un des

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bras (lu transscpl en forme d'abside ; en voici Il'S d ijieiisions i)!-inci[)ales : longueur totale, 100 mètres ; lars^fuir, 26 mètres ; hauteur sous voûte, 3'J mètres 30 centimètres. L'ellet de l'ensemble est comparable à tout ce ([U(^ nos moiniments reli;4ieux peuvent nous ollrir de plus riche et de plus soletuiel. L'ordonnance des travées est très-p:ttores(iue, les arcades sont bien dessinées, les ornements sont parfiiitement en ia[)[)ort avec la gravité du corps de l'éditice. Pour résumer en un mot notre jugement sur la cathétlrale de Soissons, nous dirons qu'elle doit être placée aux premiers rangs parmi nos plus belles églises gothiques. L'extérieur de la cathédrale de Soissons ré[)ond bien aux dispositions intérieures : c'est la mémo gravité et la môme majesté ; le portail principal se développe dans de belles proportions ; rornementation monumentale y est noblement représentée.

Malgré les injures du temps et les outrages des hommes , on peut encore admirer la symétrie pittoresque des parties principales.

Cathédrale de Strasbourg. Notre-Dame. — La réputation de la tlèche de Strasbourg est depuis longtemps populaire che : toutes les nations de rEuro[)e. A[)puyée sur un portail dont les proportions sont nobles et majestueuses , elle se fait distinguer par sa merveilleuse légèreté, par les ornements innombral)les qui en couvrent les massifs et en indiquent les divers étages, [ar la décoration prodigue qui embellit le corps de la tour, par les tourelles (iégagées, où l'on voit monter les spirales déliées de ses quatre escaliers. La tinesse des détails s'unit à la grâre des formes, en sorte qu'on est embarr<.ssé pour décider si l'élégance l'emporte sur la richesse du travail. La disposition savant » de la pointe aiguë, entourée d'anneaux d'une sculpture puissante et magique, terminée par une glorieuse couronne surmontéo du signe de la croix, concourt à porter au suprême degré l'étonnemcnt et l'admira' ion qu'inspire co chef-d'œuvre de l'arcliilectui-e sacrée du moyen âge. Selon le témoignage des chroniques anciennes , celte cathéJrale n'avait été construite qu'en bois. C'est un fait constant, coniirmé par un grand nombre de passages de nos historiens ecclésiastiques, que les éJitices les plus inijiortants, élevés daiîs ces /Ig^'s recul ';s, ont été b;His avec des matériaux fragiles, ce (|ui nous expliqu ; les nombreux incendies qui détruisaient si facilement et si fréquemment les églises les plus grandes; ce qui nous explique encore po!U(pioi les monum lits de la premièic [)criode romano-byzantine sont aujourtriiui si rares en France. Dès 873, un incendie ellioycible porta la désolation dans la cathédi'alo de Strasbourg; réparée avec soin, elle fut pillée et incendiée, en 1002, pai- Uermann , duc de Souabe et d'Alsace, qui voulut se Viinger par cet attentat de ce ([uc révè(jue Wernher avait pris le parti de Henri, duc de Bavière , soii compétiteur à rem])ire. Quel<|ues années [)lus tard, eu 1007, un malheur plus grand encore vint londre sur le monument : le feu du ciel le

DiCTIONN. d'AuCUÉJLOGIE SXCllÉE. L

détruisit coiupliHement , et Weridier commença , en 1015, h reb;Hir tout l'éditice sur des fondations nouvelles. Knfin, dans le cours du \ii- siècle , de grands désastres vinrent, h diverses reprises , endommager l'édifice, La piemière pierre du portail fut posée cri 1277, et celte construction fut entreprise et dirigée par le célèbre architecte Firwin , né à Steinbach, petite ville du duché de Bade. Son nom, ainsi que relui de Jean son (ils, continuateur de l'(euvre , et celui de Jean Hidtz, qui termina la tlèche en I'i.39, sont du i)etit nombre de ceux qui ont échappé au naufrage des temps. Nous ne devons [)as omettre le nom de Sabine, fille d'Lrwin , artiste habile, qui sculi)ta i)lusieurs statues au portail méridional, et peut-être aussi quelques-unes de celles (]ui ornent le Pilier des Anges. Si les parties intérieui-es de la cathédrale de Strasbourg répondaient aux parties extérieures, et surtout à la grande façade, ce serait incontestablement le monument le plus parf;!it et le plus merveilleux qui fat sorti de la main des hommes. Mais à côté des œuvres les |)lus surprenantes du génie humain, on rencontre toujours quelques imperfections, quelques défauts; on dirait qu'un signe de faiblesse doit constamment être rapproché de nos plus magnifiques travaux, comme témoignage de notre grandeur et de notre infirmité. Le chœur, le transsept et même la nef sont bien inférieurs à ces mêmes parties dans plusieurs de nos autres cathédrales. Nous n'avons point ici ces vastes nefs accompagnées de latéraux, interrompues par le transsept et se prolongeant autour du rond-point dans une perspective admirable. Nous ne sommes point frappés par la hardiesse des voûtes , par la succession des arceaux gothiques , par la majesté du chœur et des cliapellesabsidales. Le chœur primitif est d'une simplicité extrême et dans un développement si rcsti-eint, qu'on a été obligé, pour l'agrandir, (Vy ajouter non-seulement tout le milieude la croisée, mais encore une travée de la nef. Ce défaut est encore rendu plus sensible par la grande fenêtre percée au fond du chevet, q;ii fi-anpe dès l'entrée d'une manière peu agréanle. Cette impression défavorable, qui sai it au premier coup d'œil jeté sur l'ensenible de l'intérieur de la cathédrale de Strasbourg, est un peu diminuée par l'examen du vaisseau; on rendra justice à la noblesse des proportions de cette partie, à la couj)e ingénieuse des piliers, à l'élévation de la voiite centrale et à la beauté des vitraux coloriés qui répandent dans ce temple auguste un clair obscur magique. Les colonnes sont établies avec beaucoup de symétiie et couronnées de chapiteaux sculptés avec la délic^itesse de l'art au viu' siècle; leur corbeille , composée de Heurs vaiiées, est encore ornée aux angles de belles feuilles recourbées en volutes. Les feuill.iges , découpés avec une grâce infinie, sont disposés tantôt sur deux rangs et tantôt sur '.rois-; c'est une végétation i'ich:3 et élégante. Deux chefs-d'œuvre isolés réclament notre attention, la chaire et le baptistère. Celui-ci, exécuté en pierre sur

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