‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 124 sur 195 · SIU · texte numérisé non relu

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Jessine assez bien une civ.ix de Loriaiiie. Deux tours flantiiiaionl chacune des deux absules, ce qui nous rappelle le so ivenir du niunsler de Bonn et de la cathédrale de Mayence. Les bas côtés n'étaient pas prolongés en nefs déambulatoires, encore comme aux monumen's des bor>ls du Rhin; mais ils étaient terminés à ch.icunp de leurs extrémités, ainsi tjue la nef principale, par des absides accessoires, auxquelles on montait nar plusieurs degrés, et qui accompagnaient les deux chœurs plus spacieux. Le chœur oriental de la nef s'appelait grand chœur, et l'occidental vieux chœur; des cry|)tcs étaient situées au-d'ssous. Le grand chœur était fermé par un jubé et environné latéralement de murs, qui en cachaient entièrement la vue; le vieux était é'evé au-dcssus de son transsept de douze degrés, de sorte que le peuple [)laié dans la nef ne pouvait y déc )uvrir ce qui s'y |)assait; il était pavé d'une Irès-grande mosaïque exécutée en Tan 1*2 :0 et représentant des feuilles de vigne et des raisins, au milieu desquels on voyait en grandeur naturelle l'eirigie de l'évoque qui en était l'auteur; le [)rélat était revêtu d' s habits pontilicaux, et on lisait autour du monument des distiques latins à sa louange. Dans toute 1 église on admirait une foule de statues, de toiiîbeaux et de dales sépulcrales. Vers 138 ), la nef fut voûtée, et le chœur oriental , primitivement construit en style roman, fut remplacé par le chœur actuel, d'architecture ogiyale et plus élevé que l'ancien; larchitecte fut Je;!n Vautrée. Avant celle époque, la grande nef.n'était pas voûtée; son tnit reposait sur des poutres dorées et travaillées dans le genre de ce que l'on voyait encore, il y a peu d'années, à Saint- Paùl-hors-des-Murs à Rome. Les étroites fenêtres romanes à plein cintre de la nef, ayant été fermées par la naissance des voûtes, on se trouva dans l'obligation d'en ouvrir de nouvelles, qui sont également peu étendues et de f jrme ogivale. Il ne subsista plus du style romano-byzantin que les piliers carrés, les arches semi-circulaires de la nef et quelques parties moins importantes aux extrémités des collatéraux:. L'éditice demeura dans cet état jusqu'en 1755, époque où la toiture fut consumée par le feu du ciel. Le chapitre, dominé par le mauvais goût du socle et méprisant toutes les ai.ti- («uités môme les plus respectables, entreprit alors d'embellir la cathédrale, et après avoir dép -nsé des sommes énormes, il réussit à faire disparaître tout ce qui constituait le mérite de l'édilice et à en faire quelque chose d'insignifiant, qui avait l'apparence d'une construction du règne de Louis XV.

Cathédrale de Versailles. Saint-Louis. — La cathédrale de Versailles , construite dans des proportions assez étendues, peut être considérée comme une des plus belles églises modernes. Nous pouvons, par conséquent, la prendre comme un type de l'architecture des deux derniers siècles, telle qu'on l'a comprise depuis l'époque de la renaissance et telle qu'on la pratique encore

de nos jours. Dans l'église de Versailles nous retrouvons encore le plan général de la basilique chrétienne : c'est toujours une grande nef accompagnée de nefs collatérales, avec un transsept'destiné à séparer le chœur du vaisicau. Malgré les innovations, on ne pouvait se soustraire ù ces données essentielles du style chrétien ; c'était comme un dernier hommage qu'on rendait malgré soi à une époque mieux inspirée. Des piliers carrés remplacent les élégantes colonnes qui ornent autant une église gothique qu'elles la soutiennent ; des pilastres insignifiants, même avec leurs cannelures, ne dissimulent point la lourdeur de la mase'sur la!|uelle i!s sont appliqués, tandis que les gerbes des délicates colonneltes qui se pressent autour du pilier central lui donnent un mouvement admirab'e. Les arcades cintrées, qui portent de tout leur poids sur leurs points d'appui, pourront-elles être comparées à ces og ves gracieuses, élancées vers le ciel, avec leur forme aiguë et symbolique.

Cathédrale de Viviers. Saint-Vixcent. — Les documents historiques les plus anciens nous apprennent qu'au commeneeinent du V' siècle. Viviers était une simple bourgade défendue par un chilteau fort. Le christianisme cependant pénétra de bonne lieure dans la contrée dont cette ville devint plus tard la capitale. Dans le cours du nr siècle, à cette époque où le plus grand nombre des églises épiscopales de France furent fondées, iT y avait un évêque à Albe. Des malheurs effroyables vinrent fondre sur cette ville infortunée, qui fut saccagée par Procus et entièi-ement détruite en 420. Ausonius, qui en était alors évêque, transféra le siège épiscopal d'Albe à Viviers, où il demeura toujours dans la suite, lorsque cette dernièie ville fut devenue la capitale du Vivarais. L'église actuelle de Viviers est d'architecture mélangée; deux grandes phases cependant peuvent en revendiquer les parties principales. L'ogive domine dans le chœur et dans le clocher, tandis que la nef est moderne. La partie supérieure de l'église, sans pouvoir être comparée aux autres grandes constructions contemporaines, n'est pas dépourvue de noblesse, d'harmonie et de magnificence; la forme ogivale, partout où elle se montre, porte avec elle un certain cachet de distinction; la nef, partageant le sort de tous les autres b:;tim;nts modernes , n'offre aucun mérite artisticpie; elle pourrait être apportée comme une nouvelle preuve matérielle à lappui de l'opinion de ceux qui regardent le style iiostérieur à la renaissance comme une hérésie esthétique d;ms nos édifices chrétiens. La cathédrale de Viviers est assise sur le sommet d'un rocher qui domine la ville et les environs; la masse en est imposante de loin et se détache vigoureusement au milieu d'un paysage rude et sévère. La tour de Viviers est d'une architecture mâle et hardie; elle est divisée par un cordon en deux étages superposés, décorés de pleins cintres; les arcs sont a|)puyés sur de longs pilastres qui coupent les surfaces trop étcn-

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duos et produ'scnl un bon effet. Le somuiel f.'si octogone, et sur cliaque face on voit une ogive ornée; la [)Iate-forme est entourée de cr('neaux, et lui donne une ccriaine apparence de forteresse militaire, (]ui sied assez bien à ses proportions robustes et à sa position avancée.

nUNCIPALES CATHEDRALES DE FRANCE SUPPRI- MÉES PAR LE CONCORDAT DE 1801.

Nous ne donnons pas ici la description de toutes les églises, autrefois catliédraies, dont le siège épiscopal a été supprimé par suite de la révolution française. Quelques-unes de ces églises ne sont pas assez remarquables pour avoir une notice particulière. Nous nous bornons à donner des notes sur les monuments les plus intéressants.

Cathédrale d'Alet. — L'église d'Alet appartint à iMie abbaye de Bénédictins jusqu'au xiv siècle; un siège épiscopal y fut alors établi. De cette magnifique église il ne reste plus aujourd'hui que l'abside, trois piliers, les murs des collatéraux, une portion du transsei>t gauche et deux tours, dont une est rasée à la hauteur du premier étage; avec ces fragments il n'est pas difùcile de restituer le plan original. C'était une basilique à trois nefs , terminée par une absitle à cinq l)ans, avec des transsepts très-peu saillants, et deux tours placées latéralement, vers le milieu de la nef.

L'abside est la partie la plus riche et la plus curieuse de l'église. A l'extérieur elle est décorée de quatre grosses colonnes à feuillages imités de l'ordre corinthien , mais étroits, maigres et contournés. Une corniche très-ornée soutient un toit plat, et fait des retours en saillie au-dessus des tailloirs des chapiteaux; des oves, des palmettes, des perles, y sont accumulées avec profusion ; et comme on y distingue deux rangées de modillons séparées par une moulure saillante, on pourrait la regarder comme double et formée de deux corniches superposées. Quelle que soit la bizarrerie de l'ornementation, on ne peut disconvenir que l'etiet général ne soit assez agréable.

Tout ce qu'on sait de l'histoire de ce monastère, c'est qu'il fut fondé d'abord vers 813; que l'église fut consacrée une première fois en 873, puis une seconde fois en 1018, sans doute h la suite d'une restauration imjjortante. Il est probable qu'il ne s'agit pas encore ici de l'égli'^e dont nous voyons les ruines, car, en 1032, le comte de Béziers dévasta le monastère.

Cathédrale d'Apt. — L'abbé Boze, dans son histoire d'A[tt , attribue la fondation de la cathéilrale , dédiée à sainte Anne , h saint Castor, qui vivait dans les firemières amuM-s du V' siècle. La tradition jiorte que, pour la bâtir, il tira les matériaux d'un amphithéâtre anti(ine. \"ei'S l(.' milieu du xi' siècle, l'évèque l':ii|)h.uit la lit rebitir h ses frais. Knlin , au XIV' et au xv% elle subit de nouvelles restaurations.

Dans son état actuel , l'église de Sainte-

Aime a trois nefs, dont la principale et celle de iKauche datent de la dernière époque. L'architecture est gothimie, mais lourde et sans grâce. Le collatéral droit reste seul de la construction du xi' siècle; sa voûte est cintrée, d'arêtes, sans nervures; les piliers sont des massifs carrés, sans colonnes engagées. Enfin , le seul ornement intérieur qu'on y remarque, c'est une corniche très-simple, dont les moulures ont un caractère antitpie. Sou>^ l'abside est une crypte assez grande pour servir de chapelle, et divisée en trois parties par des piliers disposés en demicercle vers l'orient, figurant ainsi un chœur entouré de bas cotés. Au centre de l'hémicvcle intérieur on voit un autel fort ancien , dont le devant provient d'un tombeau antique. De cette première crypte on descend dans une seconde, si l'on peut appeler cryjite trois couloirs étroits, parallèles, correspondant aux divisions de la chapelle supérieure. Au lieu de voûtes, de grandes pierres plates, à peine travaillées, s'appuient par leur extrémité sur des massifs épais.

Cathédrale d'Arles. — L'église d'Arles a été construite en lOiS. La façade seule présente actuellement de l'intérêt î l'intérieur, réparé à différentes époques, n'offre rien de remarquable. Nous en empruntons la description a M. le comte de Villeneuve.

« La façade s'élève sur un vaste escalier de huit ou dix marches; elle se termine en fronton , dont les deux cotés inclinés portent une corniche soutenue d'espace en espace l^ar des consoles dont la, face représente des figures allégoriques, des muftles de lion ou des feuillages distribués sans symétrie. La porte est profondément enfoncée; elle est surmontée d'un grand arc à plein cintre qui remplit le tympan du fronton, et s'élève jusqu'au sommet de l'angle. La décoration accompagne, en retour, l'enfoncement de la porte ; elle consiste en une colonnade portée sur un stylobate très-élevé , et surmontée d'une frise qui va foimer le soflite de la porte, et règne ainsi sur tout le développement de la façade; elle sert d'imposte au grand arc qui en occupe le centre. Au-dessous de la frise sont deux moulures. qui imitent le méandre et les vagues des (irecs. Au-dessus est une moulure ornée de feuilles d'acanthe: celle-ci est réi>étée au fronton et au bandeau extérieur de l'arcade.

« Il y a de chaque côté du portail six colonnes, les unes carrées, les autres rondes el octogones : elles forment cinq niches dont deux sur le front , deux sur clwuiue côté rentrant, et une à l'angle. Les figures qui sont à l'extérieur et dans l'embrasure de la porte, représentent des a])ùtres vêtus de longues robes; celle de l'angle à gauche est de saint Trophime en habillements épiscopaux ; visà-vis, au lieu de l'image de saint ?:tienne, patron de l'église, on a sculpté sa lapidation el l'ascension de son àme, que les anges portent au ciel. Les colonnes sont d'une pierre d'un grain très-tin, dont la couleur imite le bronze. Elles sonJt soutenues, les unes par des têtes de lions, les autres par des lions

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entiers qui dévorent des hommes; imagina-* tion singulière et qui se retrouve fréquemment dans les églises du moven ;^ge. Les chapiteaux des colonnes sont variés, et leurs intervalles chargés de sculptures. La porte, qui s'élève de deux marches au-dessus du premier palliiT, est partagée dans sa hauteur par une colonne d'un bsau granit violet de J'ile d'Elbe. Le chapiteau et la base sont ornés de ligures humaines. Un nombre infini de moulures remplit l'enfoncement de la grande arcade. Le bandeau intérieur est occupé par des figures d'anges disposées symétriquement. Au centre du tympan est Dieu le Père, entouré des quatre animaux allégoriques. Il juge les hommes, et ce jugement solennel est l'idée fondamentale de toute la composition.

« Le genre humain est représenté sur la frise, les douze apôtres occupent la partie qui est au-dessus de la porte : sur les parties extérieures on voit les âmes qui ont reçu leur sentence. A la gauche du spectateur sont les élus ; ils sont couverts d'amples robes et semblent aller avec joie recevoir leur récompense. Du coté opposé, des figures nues, liées cl une même corde et entraînées par les démons, marchent au milieu des flammes. Ce sont les réprouvés livrés déjà aux effets de la malédiction éternelle. Dans les parties de la frise qui occupent la profondeur de l'arc, sur les flancs de l'édifice et dans les vides des niches, sont sculptés des sujets accessoires qui tiennent au sujet principal. On y voit saint^Michel pesant lès âmes; la tentation d'Eve, p'rincipe des malheurs de la race humaine; la naissance de Jésus- Christ, gage de rédemption et de salut; des scènes de la vie agreste ; enfin des supplices où l'horrible et le grotesque se mêlent ensemble, comme dans les conceptions de Dante. M. Millin a remarqué que les figures vêtues portaient le costume romain. »

Cathédrale d'Auxerre. — Au rapport de l'historien Etienne, qui écrivait du temps de saint Auna're, la construction de la première église connue à Aujxerre est attribuée à saint Am;ltre, vers la fin du iv siècle ou le commencement ^du v ; elle était, dès le principe, dédiée' à saint Etienne. Quelques auteurs en [)lacent la fondation en 415.

Depuis cette époque l'église d'Auxerre fut plusieurs fois délruite et toujours réédifiée sur un plan plus vaste. L'église de Saint- Amûtre lut agrandie par saint Didier, en GIO. Elle fut hrûlée et reconstruite sous le pontificat d'Hérifrid, et. plus lard, presque entièrement reconstrune sur un noiive<iu p!an par Guy, évêque, en 932, qui le pr.mierlui donna la forme d'une croix et y fut iidiumé après l'avoir comblée de présents. Cette église fut de nouveau entièrement réduite en cendres en 1030, sous le pontificat do Hugues de Chailon, qui la construisit en pierres de taille et bûtit les belles cryptes qui existent encore. D'après la chroni(iue les Gestes des e'i-écfues d'Auxerre, l'église de Ciuy, bâtie avec des matériaux de peu de sohdité. s'écroula de fond en comble au com-

mencement du \r siècle, dans un immense incendie qui détruisit la ville tout (>ntière , à l'exception de l'église de Saint-Alban. Cette inuuense construction avait sans doute occupé tout le M" siècle et une partie du xii'. L'église était donc nresque neuve enco:e, lorsque Guillaume ae Seygnelay monta sur le trône épiscopal.

Cet évèqup, d'un esprit ardent, d'une activité prodigieuse, d'un génie porté naturellement aux grandes entreprises, résolut de rebâtir son église d'après les idées qui dominaient en architecture.

En jetant 1 'S fondements de la nouvelle cathé.Jrale, Guillaume de Seignelay avait cru que l'on pouvait conserver ile.ix belles tours qui flaiiquaient l'ancien chœur; mais ces deux énormes massifs, isolés de leurs points d'appui, ne tardèrent pas à menacer ruine, et peu de temps après, ils s'écroulèrent avec grand fracas.

Guillaume de Seignelay, malgré le? ressources immenses dont il disposa en faveur de la construction de sa cathédrale, ne jmt la voir terminée , et qu :nd il quitta le siégo épiscopal d'Auxe.re pour cel.i de Paris, il espé: ait qu'il serait promptemenl terminé. Mais, partageant le sor; de la plupart de nos grandes basiliques, le monument d'Auxerre n'a. jamais été complètement achevé. Pendant la premiè e moitié du xiv siècle, l'œuvre se poursuivit avec activité; mais, en 1338, quatre ans après la funeste batiille de Poitiers, pendant que le roi Jean était prisonnier à Londres, Auxerre tomba au pouvoir des Anglais qui mirent la ville au [»illage durant huit jours. Ces calamités interrompirent forcément les travaux de la cathédrale.

Résumons quelques dates historiques.

L'église fut fondée en 1213. Henri de Villeneuve faisait achever l'abside ou sanctuaire en 1221; Améic Guénaud, le grand autel en 1334-, Jean Baillot, le portail latéral du nord en liOO; et le dernier des deux François de Dinteville , la grande tour en 1643.

L'église, aux yeux de l'archéologue, montre évidemment la trace diverse des siècles q;ii ont contribué à son édification. Chaque style de la période ogivale y est empreint, et nous devons ajouter qu'il y est exprimé avec grandeur et noblesse. iMalgré des variétés dans les détails, l'harmonie de l'ensemble n'est pas troublée.

Le plan de la cathédrale d'Auxerre est en forme de croix latine : le t a.issept est établi à une distance convenable de l'abside, ce qui contribue beaucoup à donner au monument une disposition agréable.

Dimensions piincipales : longueur, 100 mètres; ]arg'?ur aux iranssepts, 39 mètres; largeur dans la nef, 15 mètres; hauteur sous voûtes, 30 mètres; ha'iteur de la tour, 70 mètres, depuis le sol jusqu'au couronnement.

Tâchons maintenant d'analyser les dispositions architcctoniques [)rincipales. Les travées du chœur n'offrent pas une forme seml)lablo. Les piliers ne s .nt pas entourés de colonnettes groupées de la même manière : ainsi quelques piliers }irésentent des colon-

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intles cinloniK'es; (.rautros les nion'rciit aiipuytk's seulcmont sur le (aill')ir du cIi-iimtoau; d'iuilrps oncore los ont en faisceau s'él vaut do la h isc inférieure jusqu"^ la retoMilti-e des voûti'S. C( Ko variét'- n'est pas désagréable à l'œil, et iiouitant nous préférons la symétrie (jui fut déployéi; cnnslaninii.'Ul dans les autres j^ivandes cathédrales. Les grands arcs supporlent la gdcrio. I-cs petites ogives sont poi-tées sur de cliarniantf s colonnettes au fiU grêle et au cli ipilcau oi-né de feuillages. An-dessus tiu trii'orium et h la partie basse du 'lercstory, règne un passage étroit qui donne conmuuiication d'uiie travée h l'autre. Ei.fin, les fenêtres qui dominent ne sont pas généralement très-élevécs et sont en forme de l;incettes géminées. Cette analyse d'une des travées du chœur peut servir pour toutes les aulrcs travées : c'est la même dis|!Osition , mais avec quelques niodilieations provenant des tiges divers des autres parties de l'édifice.

Nous ne saurions refuser un tribut bien mérité d'éloges aux magnifiques roses qui constituent, sans contredit, un des i)lus splendides ornements de l'église Saint-Etienne d'Auxcrre. Ces trois roses, placées au [)ortaiI occident.d et aux deux portails latéraux, sont largement ouvertes et richement garnies de meneaux eu pierre finement découpés ; le dessin en est bien conçu et heureusement exécuté. Ces roses font d'autant plus d'impression qu'elles sont encore garnies de vitraux peints.

C'est ici le lieu de parler des vitraux peints encore si nombreux dans la cathédrale d'Auxerre. Ces vitraux sont fort intéressants à étudier : il y en a plusieurs cUi xiii' siècle, (fui peuvent soutenir la comparaison avec les plus belles créations du môme genre. La rose de la croisée du sud représente le Père éternel au milieu des puissances célestes. La rose du grand portail représente un concert céleste. Le premier cercle présente nue couronne de séraphins se voilant de leurs ailes de feu. Elle fut fondée par huit chanoines dont les noms nous ont été conservés. Ces chanoines firent peindre leurs saints patrons dans huit panneaux de la galerie qui règne au-dessous de la rose. Ces peintures furent exécutées, en 1573, par Cornouailles. La rose de la croisée du nord représente allégoriquement les litanies de la sainte Vierge ; cette dernière rose est charmante et bien conservée.

Quelques monuments accessoires, échappés à la destiuclion, se voient encore à la cathéihale d'Auxerre. Sans parler des torab(;aux dont quehiu.es-uns recouvrent les restes de persomiages éminenfs, nous nommerons l'aigle du chieur, en cuivre jaune, du xiv siècle ; cette aigle a|)[)arteiiait h une autre église et a rem|)lacé celle de la cathédrale qui était plus reuïarquable encore : deux bénitiei'S en fer fondu, du xm' siècle ; ces morceaux sont très-iirécieux pour l'iiistoire des arts au moyen ag--

Si l'intérieur de Saint-Èlieiuie d'Auxeric est si ieuiaiiiUii!>lf, Tevlérieur méi ile aussi

l'attention. La masse générale produit un ctFet im;)osant, sans être lourde et disgracieuse; c'est que cett(^ masse n'est pas dépourvue de mouvement : elle est animée par une fo:de de formes plus ou moins saillantes, dont les parties se rattachent très-bien au corps du monument. Les contre-forts, les arcs-boutants , les clochetons, donnent de la vie h Ces hautes murailles. Le défaut i)rincipal h évit<T dans ces constructions gigantesques, où la soliiiité ne devait jamais être sacrifiée h de vains caprices d'ornementation, c'est la froideur et la monotonie

Le grand poi'tail de la façade occidentale serait compté au nombre des plus célèbres frontispices , si la tour méridionale était achevée et si la partie centrale n'était f)as si étroite. Il offre dans son ensemble de belles proportions : les portes sont magiiiliquement ornées , les voussures riches et les ornements (listribués avec régularité.

Cathédrale de liazas. — On rapporte communément la fondation de la basilique primitive au IV ou au \' siècle. La cathédrale de Bazas eut nécessairement à souffrii- lors des diverses invasions des barbares ariens. A l'époque de la conquête des Normands, au IX' siècle, elle fut alors rasée. Au \% Conibaud la rétablit ou plutôt en continua le rétablissement qui fut ach' vé, de 1070 à 1080, par Raymond I!, dit (e Jeune. Ce dernier évoque mourut en 108V, sans avoir la consolation de consacrer sa nouvelle église; la consécration en fut faite doue ans p.lus tard, sous l'épiscopat d'Etienne de Sentes, par le pape Urbain IL Au xiii* siècle , en 1233, et sans qu'on ait lieu de penser que l'église ait été ruinée de nouveau , elle fut agrandie ou plutr>t reconstruite dans la forme que nous lui voyons aujourd'hui, par l'évêque Arnaud do Pins ou des Pins. En effet, il ne reste plus de l'édifice de Raymond II que les ]nliers de la nef, à partir de la sixième travée; et tout le reste de la nef, l'abside et les bascôtés, portent lo caractère du xnr siècle. Les voûtes des bas côtés sont de ce même xui* siècle ; elles furent achevées ou restaurées en 1598 et 1599. Celle de la nef fut refaite ou réparée h partir du xv' siècle , et après les guerres de religion. Le décor extérieur fut terminé seulement au xvii% en 1035 , au moyen des fonds légués à cet effet par l'évêque Arnaud de Pontac.

On trouve une description assez, étendue de la cathédrale de Ba- as et des sculi)tures des portails, dans une brochure publiée en 18V(), par M. Ch.dcs Moulins et M.LéoDrouyn.

Cathédrale de Cavaillon. - - Le plan de l'ancienne cathédrale de Cavaillon est celui d'une basili(iue régulièrement orientée, terminée par une abside hexagone h l'extérieur, mais semi-circulaire à l'intérieur. Autrefois, sans doute , l'église était divisée eu trois nefs, mais des c' apelles latérales 0(;cu- ])ent mamtenant toute la largeur des bas côtés. Les nnn-sùe la nef s'app.uient sur d'énormes piliers qui s'élèvent jusqu'aux retombées do la voiUe , sé[)arés par des arcades eintiées, tandis ipie la voûte est en ogive.

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La partie inférieure des piliers, depuis le sof jus'prau-tiessiis des arcades, est décorée de pilastres : le haut, de colonnes torses ou cannelées, fuselées, engagées dans les axgies rentrants Ibrmé-^par l'intersection des piliers et du mur de la nef. Sur le fiU de (juelquesunes de ces colonnes, on voit des animaux sculptés en relief. Les chapiteaux sont à feuillages, en général bien exécutés et refouillés profondément, de manière que l'opposition de l'ombre des parties creuses augmente la saillie de celles qui sont détachées.

Six colonnes terminent les angles extérieurs de l'absiile; une seule a un chapiteau CDrinthien pur, les autres sont à feuillages plus ou moins bizarres.

A l'entrée du chœur s'élève une voûte ovoïde, h pans coupés dans le bas, avec les symboles des évangélistes, ornements ordinaires des pendentifs. Une tour oclogouc, assez basse, flanquée de colonnes romanes, domine tout l'éditice. Quant à la façade, elle est moderne et laide.

La cathédrale de Gavaillon porte le nom de Saint-Véran {sanctus Veranus) : elle a été dédiée en même temps à la sainte Vierge, en 1251, par le pape Innocent IV.

Cathédrale de Clialons. — La cathédrale de Chalons-sur-Saone a subi bien des vicissitudes et des reconstructions. D'abord consacrée à saint Etienne , premier martyr , elle fut, au vr siècle, placée sous 1 vocable de saint Vincent , lorsque Childebert y déposa les reliques de ce sanit diacre. Saint Agricol agrandit le temple, l'orna de marbres et de mosaïques, au rapport de saint Grégoire de Tours ; mais, saccagé par les Sarrasins, il fut rééditié par les soins de Charlemagne, qui y convoqua un concile. Ce ne fut que vers la tin du xir" siècle que l'on reconstruisit le monument actuel , et dans lequel on lit enti-er quelques-uns des matériaux du temple antérieur. Cette cathédrale ne fut entièrement achevée qu'au x\" siècle , et consacrée par OUivierdo Alatreuil, en li03.

Dimensions : hauteur sous voûte, 21 mètres 12 centimètres ; largeur des trois nefs, 21 mètres 12 centimètres ; largeur au transsept, 3'i- mètres 32 centimètres; longueur, C2 mètres 6G centimètres. En ajoutant à ces C2 mètres de longueur totale, cinq mètres pour le vestibule, on aura les 200 pieds de longueur que saint Grégoire de Tours assignait aux basili([ues construites de son temps ; ce qui prouverait que la cathédrale de Chàlons, malgré ses reconstructions, aurait été successivement rebâtie sur les mêmes fondations.

Quatorze entre-colonnements, dont sept de chaque côté , constituent la nef majeure de l'église. Toutes les arcades de la nef reposent sur des piliers carrés, la plupart cannelés, cantonnés latéralement de demi-colonnes, et ornés de chapiteaux richement sculptés, presque tous offrant une grande variété d'ornements.

Le chœur et l'abside, au moins k leur partie supérieure, datent du xnr siècle. Les chapelles accessoires sont du xv et du xvr siècles.

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La porte ouverte dans le croisillon méiidional du ti'ansse[)l donne accès à la partie conservée d'un beau cloître bâti au xiv' siècle. Cathédrale de Dol. — Les anciens évoques de Dol , sutl'ragants de l'archevêché de Tours, tentèrent autrefois de se soustraire à leur juridiction, à l'instigation des ducs de Bretagne. Ce grave ditféreml dura tiois siècles : les papes , enlin , décidèrent en faveur de l'antique métropole dont on n'a jamais depuis contesté les droits.

La cathédrale de Dol mérite une attention particulière. A l'exception delà façade et des [)orches latéraux, toute l'église présente l'aspect à la fois sévère et gracieux de l'architecture ogivale durant sa première phase. Tout le monument est exécuté sur le môme plan, et on serait tenté de dire par les mômes ouvriers. Le plan, d'une régularité remarquable, représente une croix latine, le transsept divisant l'église en deux parties égales. A l'orient , la muraille du chœur fait un retour à angle droit comme dans les églises anglaises, et l'on trouvera un autre rapport avec l'architecture des monuments religieux de la Grande-Bretagne dans une chapelle allongée, qui remplace l'abside à l'extrémité orientale du chœur.

Dans la nef, deux rangées de piliers soutiennent les arcades. Ils se composent de quatre colonnes accouplées , qui semblent plus légères qu'elles ne le sont réellement. Du cùté de la nef centrale, une colonnette mince comme le meneau d'une fenêtre, part de la base commune des quatre colonnes formant pilier , et sans s'y attacher , s'élève jusqu'aux retombées des voûtes. Dans les bas cotés , même décoration ; seulement , la colonnette est moins élevée, et n'arrive qu'à la hauteur de la naissance des arcades inférieures. Ces colonnettes si frôles sont de granit ; probablement elles sont garnies d'une armature en fer.

L'ogive des arcades de la nef est dessinée fortement par de larges moulures, alternativement saillantes et creuses , des quarts de rond et des scoties, composant une élégante archivolte , oii le mélange de lumière et d'ombre se combine agréablement. Au-dessus règne une galerie avec deux ogives par travée, séparées par une colonnette. Le haut de la travée est occupé par trois fenêtres , dont la plus élevée , celle du milieu seulement, est ouverte ; les deux autres sont tigurées. Devant cette fenêtre passe une autre galerie beaucoup plus étroite que la première et dépourvu;^ de balustrade. Une seule fenêtre géminée et surmontée d'une rose éclaire chaque travée des collatéraux. Dans toute la nef, les chapiteaux, d'une grande simplicité, se composent d'un bouquet de larges feuilles et de ciochels saillants.

Au lieu de granit, on s'est servi pour les voûtes d'un tutl'eau léger ; elles sont en blocage, très-minces, renforcées de nervures rondes, qui se croisent diagonalemcnt.

Le chœur répète la décoration de la nef, m-iis en la perfectionnant. Comparons ensemble deux travées : eu place des quatre

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colonnes groupées, formant los piliers de la nef, dix colonnetles en faisceaux, d'inégal diamètre, soutiennent les arcades du cJKeur. 11 y avait deux arcades à la première galet ii; de la nef; il y en a trois dans le clneui-, 'j;{-niinées, trilobées, surmontées d'un (juatrefeuilles. Au lieu des trois fenêtres de la nef, il n'y en a qu'une dans le chœur, mais aussi large que les trois premières ensembl(î : elle se décompose d'abord en deux ogives, et le haut de son tympan porte une rose ; chacune des ogives inscrites a de même un quatre-feuilles à son sonmiet, et se subdivise elle-même en deux trilobés.

Dans le chœur, les chapiteaux ne diffèrent de ceux de la nef que par un travail plus soigné ; leurs crochets, par exemple, sont garnis, à leur extrémité, de feuilles plus délicatement scul|)tées que ne semble le comporter une matière aussi rebelle à l'ornementation que le granit.

Un rang de chapelles borde les bas côtés du chœnu-. La chapelle de la Vierge ne se distingue des autres que j)ar sa profondeur, inie ornementation i)lus soignée et ses fenêtres plus larges et plus multipliées.

Une observation, qui ne peut échapper à quiconque a voyagé en Angleterre, c'est la grande analogie qu'olfre la cathédrale de Dol avec les premières églises gothiques de ce pays. La forme rectangulaire du chœur, la chapelle de la Vierge, la décoration intérieure, rappellent fortement l'une des plus imposantes cathédrales anglaises , celle de Salisbury. Ce rapport singulier de style et surtout de plan semble contirmer la tradition répandue en Bretagne, qui attribue à des architectes anglais la construction des principales églises de cette province. On ne connaît [loint, jusqu'à i)résent, le nom de quelques-uns de ces artistes, mais les rapports constants de commerce et de politique entre la Bretagne et l'Angleterre, aux xiii' et xiv° siècles, permettent de supposer que les deux pays ont employé les mêmes architectes, ou du moins des architectes de la même école.

Nous ne nous sommes ainsi étendus sur la cathédrale de Dol, que parce qu'elle est le monument le plus {)ur et le plus remarquable du style ogival de toute l'ancienne province de Bretagne.

Cathédrale de Laon. — Il nous est impossible de suivre toutes les révolutions par lesquelles a dû passer la cathédrale de Laon di'[)uis sa |)remière fondation par l'évêque saint Uemi. Cette église fut en butte aux mêmes calamités qui désolèrent le plus grand nombre des églises episcopales de France.

La cathédrale de Laon, après avoir traversé plusieurs siècles célèbres ])ar les orages qui les désolèrent, fut détruite à la suite de luttes sanglantes entre les habitants de Laon, l'évêque Gaudry et les seigneurs qui avaient pris son [)arti. Les historiens ont llétri la mémoiie «le Gaudry : au ton acerbe qui règne dans leurs écrits, on reconnaît les liahilanls de Laon, (jui, mécontents du pouvoir féodal de l'évéiiue et (\^s Si'igneurs, dic-

tèrent ou inspirèrent un récit où rè^ne uno évideiile partialité.

(Juoi (pi'il en soit, nous nous bornerons à la simple narration des faits qui intéressent riiisloire de l'église épiscopale de Laon. En 1108, le peuj le de Laon se souleva contre l'évêque daudry et le massacra. Dans l'effervescence générale, on pilla le pa'ais épiscopal, et, par un malheur trop commun dans ces scènes de violence et de désordre, le f u fut mis à la maison d'un des mendires du chapitre. En quehiues instants l'incend.c s'étendit et gagna les maisons voisines, et atteignit la cathédrale elle-même. A la vue de ce lléau épouvantable, la multitude accourut pour arrêter le progrès des tlammes ; mais tous les efforts furent inutiles : le feu dévora une grande parlie de la vi'le, et détruisit la cathédrale. Ainsi, en quelques heure , malgré des efforts désespérés, l'église de Notre-Dame, dix autres églises ou chapelles avoisinantes, le palais de l'évêque, les maisons des chanoines bAties h l'ombre de leur bnsiliiine, une fiortion de la ville, disparurent. Baldric ou Gaul Iry fut tué le jeudi de la semaine de Pâques. Sigebert dit dans sa cluoni([ue que le roi de France Louis le Gros clultia sévèrement les auteurs de la révolte. Guibert, abbé de Nogent, son contemporain, dit de Gaudry, qu' c'était un homme remarquable par^ sa science et sa l>iété : il i^'ait été chancelier de Henri, roi d'Angleterre, et chargé par lui de j)lusieurs ambassades honorables auprès du rt)i de France. 11 fut assassiné par un certain Berr nard de Bruères, parce qu'il n'avait pas voulu appouver le droit de comnmne réclamé par la ville de Laon.

Pour reconstruire la cathédrale de Laon, on eut recours à un expédient digne des siècles de foi. Plusieurs chanoines et Anselme à leur tête partirent conJuisanl le trésor des reliques à travers la France. Ce fut le 7 juin 1112 que le cortège se mit en route. Les châsses parcoururent, en quatre mois, l'Ilede-France, la Touraine, le Berri et une partie de la Bretagne et de la Normandie ; au mois de novembre, les chanoines étaient de retour, ayant recueilli de larges aumom^s. Lo succès avait couronné leurs elforts. L'année suivante, le 23 mars 1113, une nouvelle procession se dirigea vers l'Angleterre, en ])assant par l'Artois. Cette seconde ambassade fut encore plus heureuse que la première : les chanoines rai)[)ortèient des richesses considérables, et, dans les transports d'une sainte joie, on se mit à l'a-uvre do Notre-Dame avec une pieuse émulation.

Aussi (juelques auteurs, trompés sans doulo l)arles récits des chroniciueur* du xii' siècle, ont-ils avancé que l'église fut < ntièrenuMit rebâtie en un an et demi. Us ont certainement coid'ondu les faits : au lieu de l'achèvement des travaux il faut admettre la consécration de l'autel principal, ou nlus probablenient encore la consécration d'une parlie qui aurait été d'abord terminée. U sutlit do considérer l'édilice actuel pour être convaincu (pie les forces hunniiies sont impuib-

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santés h faire et à parachever, en dix-huit mois, une conslnietion aussi gigantesque. Nous ne saurions donc admettre la date du 1() sepîembre 11 IV comme celle do la dédicace solennelle de Notre-Dame de Laon ; nous émettrons notre sentimen-t dans la question présente, «apî-ès avoir soigneuseui'nt étudié le monument de Laon, sous le rapport archéologique. A deux voyages dilTé-reats que nous avons entrepris dans celte intention, nous nous sommes convaincus que celte église, fondée dans les premières années du XII' siècle, fut tciniinée à la tin de ce même siècle, ou au commencement du XII'. 11 y a dans les pirties supérieures de réilifice des signes non équivoques de l'art ogival du ommencement du xiii' siècle.

La calhétlrale de Laon est bâtie sur un plan vaste et très-remarquable; les dimensions en sont étendues. Les principales dimensions sont : longueur générale, 352 pieds; largeur du transsept, 122 pieds; largeur de la nef, y c mpris les collatéraux, 75 pieds; hauteur sous voiUe, 75 pieds; hauteur de la lanterne, 120 pieds.

La grande nef est accompagnée de latéraux (jui suivt'Ut le transsept lui-môme, dis[)Osition dont les exemples ne sont pas aussi communs dans le centre de la France que dans le nord, où nous avons eu Toccasion de l'observer plusieurs fois. L'abside se termine par un mur plane et non par un dicvet arrondi ou polygonal. C'est encore une particularité dont les exemples ne sont pas communs chez nous dans les grands édifices.

Cette église, dans laquelle l'architecte voulait déployer toutes les magniticences de son art et toutes les ressources de son génie , était destinée à recevoir six clochers ou tours, deux à cha(|ue extrémité du portail principal et deux aussi sur chacun des croisillons. 11 n'en fut élevé que quatre.

La disposition architecturale des tsavées de la nef est fort belle. Des colonnes monocylindriques supportent la galerie. Cette galerie s'étend sur toute l'étendue des collatéraux comme à Notre-Dame de Paris, à Notre- Dame de Chàlons-sur-3Iarne, à Saint-Etienne de Caen, à Noyon, etc. Au-dessus des galeries s'étend unclongue série d'arcades à jjlein cintre, qui simulent un triforium; au-dessus de ces arcades s'ouvrent des fenêtres ogivales, Les chapiteaux des colonnes sont ornés de feuillages fantastiques et variés.

Sur le chapiteau des colonnes s'appuient de légères colonnettes qui s'élancent jusqu'à 'a voûte |>ouren recevoir les nervures. Cescolonnettes sont annelées, et, jusqu'à leur sommet, elles sont partagées par cinq annelures.

Dans la nef on voit quatre pifiers d'une construction originale et fort remarquable. La colonne centrale est accompagnée de six colonnettes séparées et isolées dans toute la longueur de leur fût; elles montent pour supporter les nervures. Dans le transsept, à la travée centrale , on observe un pilier également très-curieux : il est forme de quatre colonjnes groupées.

Lus travées du cliujur nous offrent les dis-

positions suivantes : ogive simple appuyée sur des colonnes monocylindri(]ues; galeries ayant jour sur l'église par deux ogives encadrées dans une i)lus grande; galeries aussi profouiles que sur les bas cùtés, sans balustrades; au-dessus, une seconde galerie aveugle, composée de trois petites ogives. Le tout est surmonté d'une fenêtre ogivale d'une dimension restreinte.

Les chapelles accessoires sont bien plus réccnies que le corps de l'édifice; elles ne datent que de la lin du xiv' siècle et du w' siècle. Quelques-unes même, à en juger [)ar la délicatesse de leurs ornements contournés et flamboyants, ne datent que du commencement Ju xvr siècle. Ces chapelles sont établies dans des dimensions très-petites. On a mis à profit la distance qui se trouve entre chaque contre-fort extérieur; ces chapelles sont fermées du côté des collatéraux par des clôtures en pierre dans le style de la renaissance ; quelques-unes de ces clôtures, avecleurslégcres colonnettes cannelées, leurs ornements variés, leurs délicates sculptures, sont fort gracieuses. Il y a seize chapelles d'un côté et quinze de l'autre côté.

Une des richesses de la cathédrale de Laon, c'est la multiplicité des pierres tombales dont el'e est pavée dans toute son étendue. A chaque pas que l'on fait, on foule les pierres sépulcrales d'évèques , d'abbés , de moines, de seigneurs, de personnages, durant leur vie hauts et puissants, aujourd'hui tous confondus dans l'égalité de la mort et du tombeau.

L'extérieur de la cathédrale de Laon est fort pittoresque , surtout pour le voyageur qui arrive par la route de Reims. Rieïi n'est saisissant comme l'aspect des hautes tours, dont l'architecture est très-hardie, et qui sont, pour ainsi dire, transparentes.

« 11 faut , dit le Bulletin dii comité historiijue des arts et monuments, tom. I", une balustrade pour couronner les tours de Notre-Dame de Laon, parce que ces tours sont constamment rasées par uii vent violent qui compromet les visiteurs. H faudrait emprunter le moiif de cette balustrade à la cathédrale de Paris, qui est contemporaine de celle de Laon et lui est analogue de construction , et non pas à Notre-Dame de Reims, qui est plus récente et plus ornée. 11 ne faudrait pas prendre ce motif dans la cathédrale de Laon elle-même , à des étages où il y en a dé,à , jiarce cjue la répétition d'une même bal ustrade à des étages di fférents est contraire à l'espritdc l'architecture goth que qui varie ses motifs et ne les repète pas d'étage en étage. »

Cathédrnle de Lisieux. — Fondée vers l'an 1022, par l'évêque Herbert , cette église fut continuée par l'évêque Hugues , et la dédicace eut lieu en 1055; mais elle ne fut tc-rminée qu'en 1200 , sous Guillaume de Rupierre. Une grande partie des pierres des murailles de la vide fut employée à cette construction.

En 1077, la foudre , qui tomba sur l'église, abattit la croix du transsept et causa d'autres accidents. Vers 1226 , elle fut ravagée jiar le feu; en 1376, elle menaça ruine par l'eflel

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des fossés profiiiids et des oonstriiclions militaires qu'on avait faite s jK'niiant les doinièrcs j^ucitos; Uî IGinars Jo5-{, rai;j;iiil,'(' au su I (lu portail principal s'érroula tout à coup, (,'t dans sa chutî' écrasa une; partie do la nef; enîiu , on 1")(>2, [)illéo par les protestants, Téf^lisefiit entièreuiont dévastée h l'intérieur.

Ces doaiuia.Lçes firent réparés successivement. Au eonnnencenient du xiir siècle, rév6(|ne Jourdain du Homuiet lit faii-e de grands travaux à ce bel édilice. Dans les xv' et xvi' siècles , la partie du franssej)t sur la rue (lu Paradis fut l'objet d'iuinortantes réparations, depuis le portail jusqu'à fa lanterne dudAnie; entin, la flèche écrouléofut rétablie on 1579.

Par suite de ces reconstructions, la cathédrale de Lisieux dut peidre son caractère primitif, et les formes de l'architecture ogivale furent substituées au style roinano-by/antin.

Cette ér^iise est en forme <le croix latin»^ : son vaisseau , fort beau d'ailleurs , manejuo (le largeur, mais il ne manque ni d'élégance ni de hardiesse.

Au jubé en pierre, qui offrait des sculptures religieuses dont la perte est regrettable, ou substitua, en H389, un jubé en bois qui, à son tour, fut détruit le 19 septembre 1792.

En 17i)'3, des soldats de l'armée révolutionnaire pénétrèrent dans la cathédrale, la dévastèrent, brillèrent les sculptures en bois et brisèrent les statues de pierre. Alors furent détruits les tombeaux des évoques.

Cathédrale de Magnelonne. — Le siège épiscopal de Montpellier fut fondé d'abord à Maguelonne , et au moment où l'évèque OEtherius l'établissait, la ville de Montpellier n'existait pas encore. Aujourd'hui, Maguelonne n'a aucune importance, et Montpellier devient de plus en plus florissant. Par suite de grands clésastres, h l'époque de l'invas'on sarrasine, la ville de Maguelonne fut détruite de fond en comble, et l'évoque transporta son siège ji Substantion. Vers l'année 10;J7, l'évèque Arnaldus ou Arnaud rebâtit l'église de Maguelonne et la dédia en lOoV.

L'ancienne cathédrale de Maguelonne porte les caractères du xi' siècle et doit être , en grande p.irtie, attribuée à l'évèque Arnaud. L'intérieur consistant en une seule nef, malgré la profanation et son état de mutiVition, est encore d'une beauté remarquable. L'ogive encastrée dans le plein cintre , indiiiuo évidemment une réparation postérieure. Des documents historiques nous aj)prennent, en effet, que des travaux imi)orfanls furent exécutés en 1178. L(^ portail, tout entier de la restauration de la lin du xir siècle, est en marbre de diverses couleurs, et orné des statues de saint Pie'rre et de saint Paul, sculptées sur les côtés et servant d'accom[)agni'ment à la figin-e du Sauveur, j)Osée au mdieu du cintre. Des arabes({ues délicatement exécutées, et que Vnn dirait arrachées à la frise d'un temule gret;; les nombreuses tombes de marbre blanc et les ligures en relief des prélats de Miguelonne et de Montpellier, dont le sol de l'église est formé , tout r.ippelle la piété du moyen Oge , son ardente foi , mises

en rapport, par la plus amère ironie, avec la proloudc! insoui-iance et l'impie iii<liiréi-en.e de noire siècle.

La longiu'ur du monument dans œuvre est de 40 mètres 80 centimètres; la largeur est de -Ict mèli-es :3;î cei.timètres.

Ou lit au po, tr.il cette inscription gravée en lettres gothiques :

Ad portiim vil.-R silienlos (|iii(|rio voniio, H:is iiiU-aiido iort-s vcslros coinpoiiiti; iiion»;. Hiiic inUMiis, eia, liia scilipcr ( riiniiia plora. Qiiidquiil p^Mcatur, iacrymariuii foule iav.iliir. IJcnianiiis de Tri\iis fdil hoc aiiiio Iiicarnalionis Doiuiiii m" c i.\\° viii".

Ce Homard de Tréviers, dont il est ici fait mention, était chanoine de Maguelonne.

Cathédrale de Léon. — Le premier évè(jue de Léon fut saint Paul-Auréiien, mort dans les derinères années du vi' siècle. Il n'est l'ien resté de cette première construction détruite par les Noi-mnnds vers 873. Au xin' siècle on réédilla l'église sur le même emplaciMuent. Los comtes de Léon, qui fournirent, dans le même temps, deux évêques do leur famille h cette même église, durent contribuer liuissamment à sa constiuction. Ce second édifice, élevé au xnT siècle, ne subsiste plus lui-même entièrement; il n'en reste aujourd'hui que les tours, moins leurs flèche-', que l'on croit })lus modernes; le poi'che qui sépare les tours, la nef tout entière et SOS collatéraux jusqu'aux transsepls. Au coannencement du siècle suivant, Guillaume de Kersauzon, évèq'e de Léon, ajouta, dans le collatéral du niiii, la chapelle de saint Martin, où il fut enterré" en 1327. Du temps de Cuillaumede Rochefort, sacré évoque de Léon en 13V^, on éleva le transsept sej)lentrional et on termina les voûtes de la nef. Le chœur et l'autre transse|)t devaient ap[)artenir alors à l'architecture roniano-byzantine; mais ceux d'aujourd'hui ne peuvent pas remonter au delà du xv' siècle, de même que les chapelles du pourtour, dont ]ilusieurs paraissent avoir été retouchées au xvi" siècle.

Les arcades de la nef sont élégantes; leur forme est l'arc en tiers-point, et l'archivolte est comi)Osée de cordons ou nervures alternativement en relief ou en creux. Outre les uatre piliers qui supportent les tours éviées dans toute leur hauteur, on compte jusu'aux tianssepts six arcades, sur chacune esqnelles s'ouvre une fenêtre. Les collatéraux n'ont également qu'une seule fenêtre par travée. Les menaux de ces fenêtres on iunt généralement deux lancettes géminées, surmontées d'un œil-de-ba'uf, le tout encadré dans une arcade |)rincijiale; les meneaux, on certaines fenèli'<'S, s'élèvent peï'pendiculairement ju<;(iu'à la naissance de l'ai'cado, où ils se bifurciueiit. Les aicades de la nef retombent sur des colomies l'u faisceau, engagées latéralement dans les piliers. On remarque c<'j)endant (pu'lques demi-colonnes re{)0.^ant sui" des consoles. Les chapiteaux se composiut d'une corbeille héiissée de ces développements végétaux appelés crosses ou

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nochot.'î, ou df" feuilles d'eau imitées de l'anliquo, île feuilles de ehènc, d'oseille et de fraisier. Dans la troisième arcade, du côté de l'Evaugile, on voit deux chajjiteaux historiés. Entin quelques corbeilles sont entourées, au-dessous du tailloir, d'un Ulet bordé de perles.

Le long des fenêtres règne une première galerie en ogive trilobée. Une seconde galerie, mais obscure, existe au-dessous de la |)remière, à la hauteur de la tribune de l'orgue. Elle est formée, pour chaque travée, d'une arcature couiposéc de deux ogives en lancettes et de deux ogives surbaissées, surmontées d'un trèile.

Il y a dans l'ancienne cathédrale de Léon, dédiée à saint Pol, plusieurs accessoires dignes d'attention, entre autres des stalles du xvr siècle et des fonts baptismaux très-anciens.

Une tombe portait l'inscription suivante :

Qiiisqiiis ados, SIC morle cades; sta, respioe, plora ; Siim (|iiO(l eri<, inoJiciini cineris;pronie,preci)r, ora, ViTiuibiis liic ilonor, sic iransit gloria niundi, El vi'lul hic ponor, ponilur omnis honor.

Cette inscription est plus complète que celle que nous avons donnée à l'article Ban- DEuoLi.E (voy. ce mot). Pour avoir de plus amples détails sur la cathédrale de Saint-Polde-Léon, on consultera avec fruit une notice de M. Paul de Courcy.

Cathédrale de Narbonne. — L'ancienne église archiépiscopale de Narbonne, dédiée h saint Just, et cjui appartient à la période ogivale, consiste en un chœur, des bas côtés, et treize chapelles, situées à droite, à gauche et en tôte du chœur. On admire surtout la hauteur de la voûte qui a '4-0,11 mètres d'élévation, la légèreté des piliers, la richesse et l'élégance de l'ornementation, la beauté des vitraux et la hardiesse d'exécution de l'édifice. On ne peut cependant le regarder que c )mme un édifice inachevé, car il n'a jamais reçu le perfectionnement, ni même l'étendue qu'il devait avoir d'après le plan primitif.

La construction de ce monument fut commencée en l'2T2; celle du chœur, des cha- [)elles et des deux grandes tours ne fut achevée qu'en 1332; ces deux tours manquent d'élégance et de légèreté.

Ce monument resta imparfait jusqu'au commencement du xvir siècle. On fit des tentatives à diverses époques pour l'achever; enlin, depuis 18i0, les travaux ont été Bt'pris avec activité.

La ville de Narbonne est riche en antiquités. Millin, au chapitre 119 de son Voyage dans les départements du midi de la France, a donné les détails les plus curieux sur ces anti [uités.

Cathédrale de Senlis. Cette cathédrale, déliée à Notre-Dame , reconnaît pour patrons secondaires sauit Gervais et saint Prolais. L'examen attentif du monument actuel montre les traces de diverses catastrophes qui le ruinèrent successivement. On voit encore des débris de plusieurs époques architectoniqucs parfaitement caractérisés.

La plus ancienne mention historique que nous connaissions de la cathédrale de Senlis, sous le rapport do la construction, se trouve dans la Vie de révè(iue Malulfe, qui vivait en oS'i-. D'après un nécrologe, Odon, évèquc de Senlis, r.bàtit la cathédrale; mais l'obituaire ne s'exjirime pas assez clairement, en sorte (ju'on lie sait auquel attribuer cette œuvre, d'Odoii L', qui vivait vers la fin du x"" siècle, ou d'Odon II, qui vivait en 1068.

L'église fut rebâtie au xn' -iècle, et le travail dura trente ans. Vers 1155, Thibault ou Tliéobald, évoque, entreprit la reconstruction de cette église, qui fut achevée sous GeollVoy, et inaugurée en 1191.

Elle fut incendiée par le feu du ciel en 130V, et restaurée ensuite par parties à différentes époques. Le mélange des st. lesnrchilectoniques demeure comme pour prêter témoignage à ces grands changements.

L'intérieur de la cathédrale de Senlis offre une ordonnance régulière et , sous le rapport du plan, ne s'éloigne pas sensiblement de nos autres grands monuments contemporains. La base des murailles, jusqu'à la naissance des grandes fenêtres , et à l'excejitioii des transsepts , paraît appartenir au xir siècle. Quelques signes architectoniques l'indiquent positivement, et nous n'en voulons pour preuve que certains chapiteaux à feuilles grasses , dont les enroulements sont distinctifs. Les hautes fenêtres et les voûtes indiquent un âge un peu plus récent. Les chapelles accessoires, de même que les transsepts, sont plus modernes encore : on y voit des voûtes à festons et à pendentifs qui accusent la fin du xv" siècle et le commencement du xvr.

Les bas côtés sont surmontés de vastes tribunes qui s'étendent ,sur tout le latéral , comme à Paris , à Laon, à Notre-Dame de Chàlons, à Saint-Remi de Reims. Les colonnes monocylindriques de l'abside sont foit remarquables; elles sont légères et admirablement proportionnées; elles sont couronnées de chapiteaux à feuillages extrêmement riches. Malgré quelques mutilations et quelques changements, ces chapiteaux offrent des feuilla.es élégamment distribués , profondément découpés , et pouvant le disputer aux plus belles compositions du même genre.

La base des colonnes est appendiculée et repose sur un socle carré.

On voit des colonnes monocylindriqu 's alternant avec les piliers, comme à Noyon. Cette disposition se rencontre rarement dans le centre de la* France.

Les voûtes des bas côtés sont supportées sur de grosses nervures toriques que le xii" siècle [leut justement revendiquer. Les arcs doubleaux, très-solidement établis , présentent une large moulure carrée , bordée de deux tores.

L'extéiieur de la cathédrale de Senlis ne présente pas beaucoup de mouvement. L'asl)ect général est lourd; les contre-forts sont épais et surmontés de deux petits clochetons à feuilles grimpantes , en assez mai;-, vais état. La façade })rincipale , sans rieu

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possédor (le tn'S-imposniit, oiïro dos (li.s[>oî^, lions orit;iii;ilcs, et .siii'toul présonle deux louis par.illrles, dont Tune est suniioiitoe li'mie p.vtvnnidt' élc|j::;inte.

Le iVontispice |)i'oseiite à la partie infi'-i-iem'c une large porte centrale à voussure et deux portes lati'-rales ti'ès-c'-troites. Audessus de la porte prin(wpale, il y a une ienc^tre à divisions qui n'a rien de très-remarquable. Le sonnnel du IVontispice est plus curieux. Les trois l'Oses portent les caivutèr archéologiques de la lin du \ir siècle. La disposition de ce frontispice peut assurément fournir un nouvel argiunént en faveur de la variété qui forme un (\es traits de rornemenlation du st.»le ogival. Unité et variété, tel est !e prob'ènie que les artistes du moyen Age semblent s'être posés et qu'ils se sont etibrcés de résoudre.

Mais ce qui rend le principal portail de S.'ulis fiarticulièrement digne d'attention , c'est l'élévation, la légèreté et l'élégance du clocher méridional, regardé comme l'un des plus beaux de Fr;mce, et digne d'être comparé, dans son genre , au clocher neuf di; l'église de Chartres, qui, plus moderne, plus compliqué et plus riche de détails, est peutêtre moins sévère de forme et moins parfaitement beau. Celui de Senlis , qui a 211 pieds de haut, du sol à l'extrémité de la croix qui le surmonte, surpasse en hauteur les coteaux les plus élevés des environs.

Cathédrale de Tarbes. — Presque entièrement détruite par un incendie, en IVGO, sous l'épiscopat de Koger de Foix-Castelbon, cette modeste cathédrale fut rebâtie, de iklï à 1V79, par l'évêque Menaud d'Aure, fils de Sanche-Garcie, vicomte d'Asté. Moins de cent ans après, elle éprouva un nouveau désastre. Les barons de Castelbajac et de Bénac, envoyés par le comte de Grammont, lieutenant général du roi en Bigorie, concluaient une trêve avec le baron d'Arros, commandant des huguenots béarnais ; et celui-ci, au môme instant, donnait à Lizier, l'un de ses capitaines, l'ordre de surprendre Tarbes. Liziers'eraparede la ville le 12 mars 157i ; les chanoines se retirent sur la voûte de la cathédrale ; Lizier veut y monter i)Our les faire prisonniers, mais il est renversé par une tuile qu'un chanoine lui lance vigoureusement à la tète. Dans cette désastit^usc journée, la cathédi-ale ne fut qu'endommagée et pillée, et non ruinée ; et, en elïet, toutes les parties hautes de l'édiUce accusent la lin du XV' siècle et non la lin du xvi'.

Voici quelques notes archéologiques sur Notre-Dame de Tarbes. Croix latine ; |)orte moderne au nord, à l'extrémité du transsepl; nu-dessus de la porte, une rose enfermée dans une grande archivolte à plusieurs voussui'cs. Abside principale semi-circulaire, h trois fenêtres cintrées qui paraissent du xii' siècle, et pci'cée, près du toit, d'une série d'ouvertures carrées du xv'. Deux chapelles absidales, en quart de cercle, à droite et à gauche de l'abside principale.

La tour s'élève à l'intersection des bras do kl croix; elle est octogone, écrasée et soute-

nue, à l'est, par deux énoimes contre-forts simples, très-saillants, du xV siècle , qui montent prcsipie jusiju'au toit.

Cuilii'dralcde Tout. — L'ancienne cathédrale de Toul est un des plus beaux édifices ri'ligieux qui soient en France ; elle a été commcni-éc par révê(pje saint Gérard, mort en 9i)V, et achevée seulement en IWG. Le portail fut bàli i\ cette dernière é|)oque par Jacquemin de Commercy, l'un des plus habiles architectes du royaume. Sa largeur est de 33 mètres. Le [murtour des trois po)tes, orné de cordons brodés, est garni de niches nombreuses , à bases et à dômes élégamment sculntés h jour. Au-dessus de la porte principale est une rosace garnie de vitraux de couleur, encadrée dans un vaste triangle; au-de-siis et au-dessous, trois galeries à balustres en feuilles de trèlle régnent sur toute la largeur du portail, qui est évidemment postérieur au reste de l'édifice.

La forme intérieure de la cathédrale de Toul est celle de toutes les anciennes basiliques. La nef principale, soutenue par dixhuit piliers, se dévelop{)e sur une longueur de 80 mètres, et sur une hauteur sous vo Ue de 3G mètres. Elle a deux bas cotés, et à sa gauche est un cloître foiuiant un promenoir carré-long, destiné originairement aux jirocessions intérieures. Il a six divisions parallèles à l'église, et neuf dans l'autie sens. Le sol des galeries est de onze marches j)lus bas que celui de l'église, et le préau est plus élevé que les galeries de toute la hauteur du soubassement. Toutes les ouvertures du chœur et de l'église sont en ogives à divisions paires, surmontées de rosaces. Tous les chapiteaux sont h double ou triple rang de feuilles de chou ou de vigne. La voûte de la nef est soutenue de chaque côté par neuf colonnes accompagnées chacune de quatre colonneltes engagées, deux cjui supportent les arcs-doubleaux des ogives de la nef, une pour l'ogive transversale des bas côtés, et enfin la quatrième qui se prolonge jusqu'à la grande voûte, au-dessus du rang des fenêtres qui l'éclairent.

La hauteur de chacune des tours, y compris celle des fli'urons ou couronnements, est de 7G mètres environ. On voit encore à l'ancienne cathédrale de Toul une chaire en pierre, communément désignée sous le nom de Saint-Gervais : elle est du xu' siècle.

Catydrale de Tréyuier. — Malgré son irrégularité, l'ancienne cathédrale de Tréguier olfre un as[)ect noble et imposant. Fondée vers le commencement du ix' siècle, elle fut dévastée ou détruite à plusieurs re[)rises. L'histoire mentioime une grande restauration qui aurait eu lieu en 12%, mais qui aurait été presque inutile, puisque en 1339 il fallut reconsti'uire l'église presque entièrement.

Le plan de l'ancienne cathédrale de Tréguier représente une croix latine; le chœuî-, un [)eu moins long que la nef, se termine par trois absides à cin(] pans. Kn entrant dans la nef, on est d'aborti sur[)iis de son irr-égularité. rson-sculeiiient les arcades n'ont point toutes la même hauteur, mais ses piliers

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uuMno ne se roirospondeiU nulletiieiit ; et dans leur variole on ne reconnaît pas plus (rintonlion que de goût. A cùté de piliers cvlindriiiiies on en voit d'octogones, d'autres portent des colonnes engagées. L'ouverture des arcades élant irrég;:îière, et leur hauteur la même, on ne peut assigner de ibime générale à leurs ogives. Tout-:'S les arcades ont pourtant ce ra|)i)Ort co.nauin qu'elles se composent de deux ogives en retraite l'une sur l'autre. D'ailleurs aucun ornement n'en mariue l'archivolte; seulement les angles saillants de l'ogive intérieure sont épannelés.

Au-dessus des arcades de la nef règne une galerie peu élevée, et, sur la portion du mur entre le sonnnet des arcades, et le sol delà galerie, s'étend une espèce de frise ou un large cordon orné de rosaces et de menus détails d'une grande variété, je ne dis pas seulement par le choix des motifs, mais surtout par l'exécution. En clfet, quelques parties sont sculptées en creux, et d'autres en relief. Il y en a dont le style se rapporterait au xvi* siècle.

Les voûtes de la nef et des bas côtés sont en o-ive, garnies de fortes nervures croisées diagonalement : d'autres nervures plus saill;;ntes tieîuient lieu d'arcs-doubleaux. Dans la nef piincipale, elh-s retombent sur un taisceau de trois colonnes engagées, à chapiteaux de feuillages.

Loi'sque de la nef on passe dans le transsept septentrional, on trouve avec surprise, à son extrémité, deux arcades en plrin cintre, avec des piliers et des colonnes engagées, dont lestjle rora uio-b^'zantin est bien marqué. Leurs chapiteaux , très-bien travaillés, olfrent sur leurs coibeiiles ces ornements gracieux d'une très-faible saillie ; on dirait un réseau de rubans artistement tressé autour de la corbeille. Derrière ces arcades s'élève une tour assez haute, carrée, à lenôtres cintrées.

A l'autre extrémité du transsept on voit une tour plus élevée, de construction gothique. L'étage supérieur semble dater du XV' sièc'e. Au-dessus s'élance une très-haute flèche en pierre. A la forme des ouvertures et au style des ornements on reconnaît l'œuvre du xvi^ siècle. Une troisième tour carrée a.sez basse, repose sur le centre du transsept, dont elle est, sans doute, contemporaine; quatre énormes piliers, cora- [)Osés de colonnes en faisceaux, lui ^rvent de buse. \u lieu de rose, le transsept sud n'a qu'une large fenêtre à meneaux flamboyants; le transsept nord ne reçoit la lui/iière que par des fenêtres latérales.

Le chueur reproduit la disposition de la nef, mais avec une ornementation plus riche; les galeries surtout présentent un luxe d';u'chivolte et de moulures d'un elï'et trèsagréable. Dans la forme des fenêtres on [)eut observer comme une fusion du style llamboyant français et du style perpendiculaire aiiglais.

On remarquera dans les chapiteaux du chiéir et des chaDelles latérales une forme

tout h tait étrangère du véritable style go. Ihiiiue dans noire pays. lis se composent de deux tores séparés par une gorge, avec une astragale au-dessous; le tailloir est octogone; cette forme esls^'uiblablo, ou du moins analogue à celle de beaucoup de chapiteaux du \iv' siècle, en Angl. terre.

En résumé, l'ancienne cathédiale de Tréguier, sans être dépourvue d'intéiêt, ne peut pas êti-e comparée à la plupart des éditices du même genre, bâtis dans la province ecclésiastique de Tours.

Cathédrale de Vienne. — Depuis l'établissement de la religion chrétienne dans les (iaules, l'église de Vienne a été justement célèbre jusqu'au moment où la révolution fiançaise, qui a fait tant de ruines, a causé la su;)[>ression d^ Si)n siège arch épiscopal.

Vei's l'an 718, saint Eolde, évoque de V.enne, lit construire une église sur l'emplacement qu'occupait auparavant celle des Machabées, et la dédia à saint Maurice et à ses compagnons, martyrs. Saint Volfère, archevêque de Vienne, obtint de l'empereur Charlomagne des dons nombreux et considérables pour l'église de Saint-Maurice : il ordoima , en 805 , qu'elle fût réparée el augmentée. Ce prélat fut un des signataires du testament de Charlemagne.

Ce ne fut que postérieurement à la donation de Rodolphe III, que l'on songea à construire une basilique digne à la fois de l'église archiépiscopile de Vienne et du patron de la ville. Des documents certains nous apprennent que la première p'erre fut posée, en 1032, sous l'archiépiscopat de Léger. Mais, dès l'an 1080, il y eut une suspension dans les travaux, ficcasionnée par l'espèce d'anarchie qu'entraînèrent les dissensions de l'empereur Henri IV et du pape Grégoire VIL

Gui de Bourgogne, oncle d'Adélaïde, reine de France, épouse de Louis le Gros, fut promu au siège archiépiscopal de Vienne en 1088. Devenu pape en 1119, sous le nom do Calixte II, il n'oublia pas son ancienne église. Il passa à Vienne, en revenant de la Bourgogne, et il y célébra la fête de la Purification en 1120. Les bienf.its du pape Calixte II, et des donations considérables, faites jiardes seigneurs du voisinage, mirent les archevêques de Vienne et le chapitre de Saint-Maurice dans la possibilité de continuer les travaux commencés par l'évêque- Léger. Mais malheureusement les dissensions intérieures de l'église de Vienne et les guerres qu'elle eut à soutenir retardèrent l'achèvement de ce monument. La façade de ce noble édifice ne fut terminée qu'en 1533.

A répo![ue désastreuse de guerres de religion, le lameux baron des Adrets arriva à Vienne, avec son corps d'armée, le 2 mai 1302. La fureur des troupes protestantes s'exerça sur la cathédrale. Les soldats cassèrent une partie des statues qui décoraient la façade et les portails ; ils brisèrent les vitraux de l'église à coups de fusil, volèrent les plombs qui couvraient les clochers et enlevèrent les images et les tableaux qu'iK*^ brû-

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liront avec los litres et les pn|iit'rs ((ui tumbèrcnt sons k-urs mains. Loisfin'auiiioisd'octobre loG7, les protestants loviin-enf à N'ieinie, It'ur rage s'exerra encore sin- l'église Saint- Maurice. Lesiirotc-stanls ont-ils jamaissufairo autrje chose que des ruines, en quelque pays que ce soit, sous tous les rapports ?

Dimensions de la cathédrale de Vienne: la façade, tournée au couchant, a 90 [lieds d'é- Jdvation au-dessus du sol de l'église ; elle est couronnée de chaque côté par une tour carrée servant de clocher, qui la domine di; 28 pieds. La largeur de la façade est de lli pieds, La voûte de la nef est supportée, à d.roite et à gauche, par douze piliers : elle a 80 pieds d'élévation, à |)artir du sol ; la longueur totale de l'église dans (euvre, v compris le chœur, est de 288 pieds, j.a largeur de la nef entre les piliers est de ^^2 pieds. La largeur des bis côtés de la nef est de 12 pieds. La profondeur des chapelles latérales est de IG |)ieds 8 pouces. Ainsi la largeur totale de l'église, i)rise des parements intérieurs ties murs, est de 107 |>iiHls G pouces.

La forme de la cathédrale de A'ienne est C'die d'une basilique terminée par trois absides. Les huit premiers piliers de chaque côté, à |)aitir de l'abside, appartiennent au commencement du xir siècle. A l'intérieur de la nef, ces piliers sont décorés de pilastres cannelés et rudentés ; d.'S colonnes engagées soutiennent les lelombées (]es arcades, et les ehapiteaux des uns et des autres sont historiés et de style byzantin. Les arcades de la nef, en ogive, et entourées de billettes, indicpjcnt une épo }uc de transition par l'emploi d'une forme nouvelle , combinée avec des ornements très-anciens. Ces arcades paraissent être du milieu du xii' siècle.

Une galerie percée d'arcades ogivales i ègnc autour de la nef et du cliœur. Les arcades autour du chœur reposent sur des colonnettes gothiques, mas dans le reste de la galeiie les colonnes sont remplacées par des nervures. Ainsi cette portion de la galerie est bien postérieure à la première, qui ellemême l'est évidemment à l'érection des piliers à chapiteaux romans. Au-dessus et au-dessous de la galerie, mais dans le chœur seulement, on observe un cordon ou frise d'ornements rouges f rmant des dessins bizarres, mais assez gracieux, s mblahles h ceux de la cathédrale de Lyon. Des palmettes, des tigurfs d'hommes et d'animaux, une iidinité d'arabesques imi)0ssiijles h décrire, composent cette frise. Le dessin en est g'ossier, mais l'exécution en est parfaite.

Les vojtes de l'église n'ont été terminées qu'au xvi* siècle. La façade tout entière appartient au gothi(iue tleuri. Les voussures dés potes sont i emplies par de charmantes statui'S, dont plusieurs portent encore la trace des mutilations du baron des Adrets. Le fronton ou pinacle, qui encadre l'ogive de la porte principale, est inte.-rompu par la première galerie.

Le portail de gauche est orné, à l'intérieur, d'un zodiaque disposé sur une seule ligne dioite, commençant au verscau, sans addi-

DîGTIONN. u'AnCnÉOLOGIB SACRÉE. L

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tioM de figures allégoriques , accessoire!» presque indis()ensables des zodiaques. On remarque des deux côtés de cette porte et de colle qui lui correspond, des colonnes antiques en marbre blanc , cn'evées, sans doute, à des monuments romains.

CATHÉDRALES d'aNGLETERRE.

Dans cette courte description des cathédrales d'Angleterre nous ferons l'analyse du bel ouvrage anglais intitulé : Winkles's archi tic l tirai nnd pictnrcsque illustrations of tfic cathedral churchrs of Evgland and Wales (en 3 vol. in-8'). Avant de commencer celte description, nous emprunterons à M. L. Mlct les lignes suivantes :

« Ce ([ui est étonnant, djt-il {Etud. sur les liraux-Àrts, tom. H, pag. 150), quand on a vu les monuments que construisent aujourd'hui les Anglais, c'est qu'à une époque quelconque de leur histoire, ils aif-nt été capables de construire ces belles et grandes églises qui rivalisent avec les plus nobles créations de l'art chrétien en Europe.

« Certes, s'il était besoin d'une preuve nouvelle nour démontrer la toute-puissance de la foi, le magique ascendant, la suprématie souveraine du catholicisme pendant le moyen âge, on la trouverait d'ans un tel fait. C'est bien là faire entendre les sourds et marcher les paralytiques ! Les Romains y avaient échoué ; eux qui fondaient partout des monuments, ils n'en ont pas laissé un de quelque importance en Angleterre. Mais pour le catholicisme, rien ne devait être impossible. iNon content de soumettre les intelligences et de dompter les cœurs, il était dans sa misson d'exalter, d'agrandir les imaginations, d'élever par la foi au sentiment du beau les peupk s les i)lus engourdis, et de s'en servir comme d'uistrumeiits pour ériger en tous lieux des témoins de sa puissance, et pour apprendre à l'avenir que partout où s'était plantée la foi chrétienne, l'art chrétien avait lleuri.

« C'est du haut de ce point de vue que l'hi-toirc de l'architecture est une riche et b( lie étude. Vous avez devant les yeux une grande famille de monuments, tous issus de la même j)ensée, environnés de la même auréole, et témoignant par leur ressejTiblance de leur communauté d'origine. Puis, sous cette grande unité, que de causes de diversité vous apparaissent! que de variétés, que de nuances produites par des circonstances plus ou moins visibles, plus ou moins faciles à di>t nguer ! C'est dans la double appréciation de ces circonstances toutes locales et des lois générales qui les dominent que consiste la véritable histoire de l'art au moyen Age. »

LISTK CnROOLOGlQUE DES SIÈGES ÉPISCOPAUX DK l'aNGLETERBE.

1. Cantorhéry. — Le siège archiépiscopal de Cantorbéry "fut établi, en 597, par le paj c

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saint Gr>?<^!»ii'C io Grand, qui envoya le palliiiin au moine saint Augustin. Là province crcîé>iûsli(jue do Cantorbéry fut délinitivcment constituée par le pape Léon IH, en 803.

2. Rochestcr. — Le siège épiscopal de Rochester est le plus ancien d'Angleterre après celui de Cantofbéry. Justus. k' premier évéque de Rochesîer, lut consacré par saint Augustin en OOi, dix ans après son arrivée en Angleterre. L'église cathédrale, érigée par Ethelbtrt, roi de Kent, fut dédiée à saiiit André, en souvenir du monastè e de Saint- André, à Rome, dont saint Augustin était membre avant de quitter l'Italie.

3, Londres. — Melitus, premier évoque de Londres, fut ordonné par saint Augustin, archevêque de Cantorbéry, en (iOi. et le roi Ethclbcrt construisit alors la cathédrale de .Sint-Paul.

!i. York. — L'évêché d'Vork fat fondé par Paulinus, un des missionnaires envoyés on Angleterre par saint Grégoire le Gran I, vers 627. Le ])ape Hiiuorius lui envo a le pnllium en G3'f, et donna aux archevêques de Cantorbéry et d'York le pouvoir de se donner mutuellement l'ordination. La première cathédrale d'York fut consacrée à saint Pierre.

5. Ditrham. — Le siège épiscopal fut établi h Durham, sous lé règne d'Oswald, roi anglo-saxon de Northumberland, en 63o. Le premier évèque fut Aidan, moine de Icohukill. Saint Cuthbert, qui est souvent appelé l'apôtre du Nord, reçut la consécration épiscopale de rarchevèque d'York et fut le sixième évèque des Saxons northumbriens.

G.Noricich. — Vn évèclié fut fondé sous le gouvernement de Sigibert, roi des Anglais de TKst, et placé u'abord à Soham, dans le Cambridgps'ure, en G30 ; mais, peu de tvmps après, il fut transféré à Dunwich, dans le comté de SutTolk, par saint Félix, le premier évèque drs Anglais de TEst. Cet évèché fut partagé en deux par Bitu^, mais il fut rétabli "dans ses jjrcmières limites, vers l'année 045, lorsque la chaire épiscopale fut placé ' à Thetford, en 1075, eu conséquence d'un décret d'un concile tenu par Lanfranc : ce décret ordon: ait de [lacer les sièges épisco[)aux dans la ville la plus importante de chaque diocèse.

Le siège éiiscof)al fut transféré à Norwich par l'évèque Herbert de Losing, d'abord abbé dî Ramsey, en 109V.

7. Lincoln. — Un évèché fut éabli à Dorchester, dans le comté d'Oxford, en G35, sous le règne du roi Cynegils, par Birinus, envoyé par le pape Honorius pour tra. ailler à la conversion des Saxons île l'Ouest. Le siège épiscopal, après avoir été successivement transféré à Sidnacester ou Stovv, dans le comté de Lincoln, à Leicester et à Dorchester, fut établi à Lincoln, en 1070, par l'évèque Rémi, un des compagnons de Guillaume le Conquérant.

8. Winchester. — L'évêché de Winchester fat fondé sous le règne de Cynegils, en (336;

la cathédrale fut dédiée à saint Pierre et h saint Paul.

î). LichfieliJ. — L'èvèchi; de Lichtield fut fon''i sous Oswy, roi de Mercie, en 656. En 1075, l'évèque Pierre transpo. ta la chaire épiscopale à Chester; son successeur, l'évèque Robert de Lindsex, la transféra à Coveiitry, en 1102; mais l'évèque Hugues de Nov<-int, en 1186, rétablit le siège épiscopal à Lichtield.

10. Hereford. — Un siège épiscopal fut établi k Hereford en 680, et l'évèque Putta, transféré de Rochester, en fut le premier évèque.

11. Worcpster. — L'évêché de "W'orcester fut fondé originairement sous Elhelred, roi de Mercie, en 080.

12. Salisburi/. — Le siège éjjiscopal fut d'abord établi à Sherbourn, dans le Dorselshire, en 705. Sous le règne de Guillaume le Conquérant, il fut transféré à OM-Sarum. L'évèque Richard Poore l'établit à Salisbury, sous le règne de Henii ilf, et son successeur dédia la cathédrale à la sainte "Yierge.

13. Chiciicslcr. — Wilfrid , archevêque d'York, ayant été chassé de son diocèse par le roi Egfrid, fut reçu par Edil'>vac'i, roi des Saxons du Sud, qui lui doiina Selsey, où il b.Uit une église qu'il gouverna en qualit*^ d'abbé. Eadbert, son successeur, fut sacié évèque de Selsey, en 711. Stigand, cliapeldin du roi Guillaume le Conquérant, (t le vingttroisième évèque de Selse^', en 1071, transféra le siège épiscopal à Chichester.

li. Exeter. — Après plusieurs changements ecclésiastiques assez considérables dans le pays qui devint plus tard le diocèse d'Exeter, le roi Edouard le Conf sseur, résolut de lixer le siège éi-iscopal dans la ville d'Exeter en 1050, et il choisit le monastère dédié à saint Pierre le prince des apôtres.

15. Bath et Wells. — Un évèché fut fondé à Wells sous le roi Edouard l'Ancien, en 909. Après l'avènement au trône de Guillaume le Roux, un changement fut fait dans l'état de ce siège par l'évèque Jean de Villula, n.itif de Tours, en France. Celui-ci avait d'abord profe^sé les sciences avec grand succès à Bath, et lorsqu'il eut été nommé évèque, il y tiaLsféra le siège épiscojjal.

16. Vabbaije d'Ely, un des monastères les plus riches de l'Angleterre, fut fondée par Etheldreda, fille d'Anna, roi des Anglais de l'Est, en 673. Cette princesse en fut la première abijesse, et plus lard cUef d canonisée. Sou> le ; ègiiC de Henri 1 % un évèché y fut établi du consentement de l'évèque de Lincoln.

17. Carlisle. — La juridiction ecclésiastique sur Carlisle et sur son territoire, d'une étendue de quinze railles autour de la ville, fut donnée à saint Cuthbert, évèque de Lindisfarn, et à ses successeurs, sous le règne du roi Egfrid, en 685.

En 1133, sous le règne du roi Henri I", Carlisle fut érigé en siège épiscopal ; le premier évèque de Carlisle fut Athehvold, prieur de Saint-Os wald.

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