‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 131 sur 195 · CAD · texte numérisé non relu

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cienne, la cathédrale ne fut achevée qu'au XIV' siècle, et consacrée seulement, en 13G3, par l'archevêque Thierry. Trois Ages successifs et fort divers de construction y sont parfaitement marqués dans les arcades du clKeur, dans celles de la nef, dans les fenêtres de l'étage supérieur. Les arcades du chœur ont des ogives très-aiguës, qui indiquent évidemment qu'à l'époque de leur éditication, le règlement définitit^dc l'art ogival n'était point connu en Saxe: les a cades de la nef, destinées à être cintrées, et réduites après coup en ogives, prés;^ntcnt des écarlements excessifs. Les fenêtres qui éclairent le vaisseau ont seules la mesure consacrée par les artistes français, nui ont déterminé, au xHi' siècle, les connitioiis fondamentales du système ogival; mais les archéologues nationaux savent bien que ces fenêt: es datent du xiV siècle, et l'on en peut conclure avec justesse que les Saxons, qui ne pratiquèrent l'ogive qu'un siècle après qu'elle avait été répandue en France, n'en connurent encore le vrai système qu'un siècle après qu'il avait été composé chez nous.

Le chœur mérite d'être examiné s 'parement. Il est entouré d'un pourtour dans lequel sont pratiquées de petites chapelles qui, rondes dans leur base, deviennent polygonales en s'élevant. A l'intérieur, il présente le singulier entassement de quatre étages entièrement divers; les ogives aiguës, qui forment le plus b is, viennent se perdre dans un second étage dont les compartiments sont séj'arés par qua're magniliques colonnes romainps, la première de granit gris, la seconde de porphyre rouge, la troisième de vert antique, la quatrième de porphyre rose, ton- es quatre aux chapiteaux corinihiens, sii])poitées Cdmine des objets précieux sur des consoles formées par des faisceaux de colonnettes. Ces quatre colonnes encadrent de petites tribunes carrées, acc')mi)agiiées à uroite et h gauche de niches rondes, où les sculptures byzantines étalent leurs costumes encore antiques. Le troisième étage est formé par de grandes tribunes dont l'ogive varie, dans aes rapports toujours voisins de ceux qui mesurent le plein cintre; dans les inte.vallos de ces tribunes, ornées de colonnelles byzantines, apparaissent des statues du môme style.

Enliii, le quatrième étage est rempli par de grandes fenêtres de ili verse largeur, où le trèlle se double et se triple, et dont l'arc à peine aigu semble être une des premières réformations du cintre byzantin.

Le jubé, dont on décora le chœur de celte église, au coinmencemeiit du xvi' siècle, est construit dans les formes les plus complexes du siyle flamboyant. La chaire date de l'él)oque de la renaissance ; e'.le est l'œuvre de Sébastien ^Ertler et chargée de sculptures élégantes.

Cathédrale (VUlm. — Celte église est une des dertiières productions de l'art du moyen <Age; elle est faite de briques, comme la plupart des maisons qui rcntourcnt. Mais la bricjue, qui [)araît chélive dans les habita-

tions or linaires, produit un effet tout contraire dans cet édifice iaunense ; elle fait sentir plus vivement la puissance des hommes

3ui l'ont construit. L'architecte de la cathérale d'Ulm a mis un frontispice de pierre devant le monument de brique ; poui- donner à cette façade tout le luxe possible, sans faire un contraste désagréable avec le reste du bâtiment, il l'a sillonnée de la tête aux pie Is de hlets d'une élégance paifaite. Une seule tour compose tout le poi-lail; bien qu'elle soit restée aux deux tiers de l'exhaussement projeté, elle produit un eifet très-imposant. Le porche est creusé dans sa base, et orné de bas-reliefs gothi(|ues de la forme la plus naïve et la plus curieuse.

Trois nefs partagent toute la largeur de l'église; celle du milieu est soutenue par des piliers gigantesques, au-dessus desquels sont percées de hautes ogives.

Commencée vers le milieu du xiv' siècle, la cathédrale d'Ulm resta incomplète à la fin du XV' siècle. Aujourd'hui, cette église, bAtie par des mains catholiques, est envahie parles prétendus réformés : c'est assez dire que cette magniiicence architecturale est un perpétuel reproche aux froides doctrines dn protestantisme, qui ne sut rien édifier, mais qui fit tant de ruines !

Cathédrale de Fribourg en Brisgaw. — Cette ég'ise, dédiée à saint Nicolas, fut commencée, en 1123, par Conrad, duc de Zahringen et terminée en 1283. Sa flèche à jour est renommée pour sa hauteur, sa légèreté et ses belles proportions.

Cathédrale de Milan. — Cette cathédrale, y compris le toit et jusqu'au faîte de la flèche, peut être regardée comme un bloc de marbre statuaire. Elle fut commencée, en 1385, par Jean Galéas Msconti, premier duc de Milan. L'architecte fut, selon les uns, l'Allemand Henri Gamodia; selon les autres, Marc de Campiglione, près de Lugano ; César Césarianus l'attribuait entièrement aux Allemands. C'est la plus haute et la plus vaste église gothique qui ait été entièrement terminée. Ce qui lui manque, c'est la parfaite pureté de style ogival : il y a des parties en style autre que le style généralement empfoyé pour le corps de l'édifice. Les piliers de la nef sont ronds; ils ont pour chapiteaux des niches renfermant des statues en pied. Il n'y a ni triforium, ni vastes fenêtres, mais les ailes sont doubles. Cette église est trèssombre, surtout dans sa partie orientale.

CAULICOLES. — Les caulicoles {cauliculi, jietites tiges) sont des espèces de petites tiges, sortant entre les feuilles d'acanthe du chapiteau corinthien, dont elles paraissent soutenir les volutes. Elles sont au nombre de seize : huit grandes soutiennent les volutes des angles, et huit petites se trouvent sous les fleurons de face. Ces petites tiges sont ordinairement cannelées, et quelquefuis torses ; à l'endroit où elles commencent à jeter les feuilles, elles ont un lien en forme de double couronne. On les nomme aussi tif/ctcs.

"Les caulicoles ont été imitées dans les

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