CRU
l'Histoire lie France, p,-ir MM. de JouiTroy cl K. Broloii. — (\)urs d'anliiinili^s monumentdles, 1" [)arlio, par M. tie (Miiiiiiont. — Les instructions (lu comité historique des arts et monuments, par M. A. Loiioir. — Précis d'archeolofjic celtique , par l'abbé J. Corblet. — BouctiLT (le Fertiles , Antiquités celtiques et antédiluviennes. — Description des médailles f/auloises, [)ar M. Duchalais. — Antiquités de la iiretagne, par M. do Fréi.iiiiiville. — Antiquitates septentrionales et celticœ, aiictore Iveyssler. — Monumenta antiqua, ancloro King.
CÉNACLK. — Terme consacré , chez les anciens, jtour dire le lieu où l'on mange. Ce lieu ou dite salle, était ordinairement situé à l'endroit le plus ('levé de la maison. Le mot de cœnoculum se trouve souvent dans la version latine de la JJible, et il signilie ordinairement le dernier élage d'une maison. Il est dit , au chapitre premier des Actes des apiMres, qu'après que Jésus-Christ l'ut monté au ciel, ses disciples relournèrent à Jérusalem dans une maison , et (juils montèrent in cœnaculum , c'est-à-dire au lieu le plus élevé de la maison, (jui était un lieu retiré et propre à faire la prière. C'était sans doute une espèce de terrasse.
La veille de sa [)assion, Notre-Seigneur dit cl ses disciples de lui préparer à souper dans Jérusalem, et qu'ils y trouveraient un grand cénacle tout préparé : cœnaculum grande stratum , une salle h manger , avec les lits de table à l'ordinaire. On a moniré à Jérusalem, dit dom Calmet, dans les siècles postérieurs, une grande salle, qui lut ensuite convertie en église par l'impératrice Hélène, où l'on prétendait que notre Sauveur avait fait la dernière cène et institué l'eucharistie ; ma's on a grand sujet de douter que cette salle ait été garantie de la ruine de Jérusalem [lar les Romains. {Dictionnaire de la Bible, art. Cénacle.)
Nous voyons sur le mont Sion , écrivait M. Poujoulat, au mois d'avril 1831 (Corresp. d'Orient, tom. V, pag. 162), le monument le plus entier qui nous soit resté de la domination latine à Jérusalem, l'église du Saint- Cénacle, convertie en mosquée depuis l'an looO; c'est ce sanctuaire que le comte de Toulouse |)rrsentait à ses chevaliers comme une première con(piôte digne de lewr zèlo religieux; il renferme dans son enceinte les sépulcres de David et de Salomon; ce fut le lieu de la cèno du Christ avec ses apôtres, (iiuillaume de Tyr et d'autres chroniques racontent (jue Godefroy concéda l'église du Saint-Cénacle à un prieur et à des religieux de la règle de Saint-Augustin , à condition qu'ils entretiendraient cent cinquante chevaliers pour la défense de la terre sainte. Quand les cénobites franciscains vinrent pour ia première fois à Jérusalem, ils s'établirent dans nu monastère à côté du Saint-Cénacle ; en 15G0, conuneje l'ai dit [)lus haut, les musulmans s'emparèrent du Cénacle pour le consacrer au [)ro[)hète , et chassèrent les religieux d^ leur couvent; le monastère, depuis lors, a toujours élé habité p.ir des familles musulmanes; ces deux édifices, con-
.slruils en pierres de taille, sont semblables à nos vieux monastères d'Occident.
Le Saint-('énacle , écrivait l'auteur du Voyage en Orient (tom. II, pag. 297), est une grande salle voûtée , soutenue par des colonnes et noircie par le temps : si la vétusté est admise comme preuve, il porte les marques d'une antiquité reculée. Situé sur le mont Sion, liors des murs de la ville d'alors, il serait fort possible que les discif)les s'y fussent retirés après la résurrection, et qu'ils s'y trouvassent rassemblés à l'époque de la Pentec(Me, ainsi que l'affirment les traditions populaires. Cependant, le sac de Jérusalem , sous Titus , ne laissa guère debout que les tours et une partie des murailles ; mais les sites restaient ainsi suffisamment indiqués ; et les premiers chrétiens durent mettre une grande importance à en perpétuer le souvenir par des constructions successives sur les mêmes lieux, et souvent avec les débris des anciens monuments.
CÉNOTAPHE. — C'est un tombeau vide , de deux mots mots grecs, «vô?, vide, zû-fo;, tombeau , monument érigé à la mémoire d'une personne réellement inhumée autre part , ou dont le corps, perdu dans une bataille, dans un naufrage, n'a pu être retrouvé ; il n'y a point de différence extérieure essentielle entre un cénotaphe et un sarcophage. On a élevé des cénotaphes à toutes les époques.
CEP DE ALIGNE. — Rinceau de feuilles de vigne et de raisins, courant, le plus souvent, dans une gorge , et très - commun au xv' siècle.
CÉRAMIQUE. — L'art de fabriquer des vases et ustensiles en terre cuite, et de les décorer par la plastique et la peinture, a reçu le nom d'arf céramique.
L'abondance des matériaux répandus à la surface du sol, qui sont proi)res à la confection des poteries , la facilité d'imprimer h des pâtes molles une forme quelconque par le seul moyen des mains , et la poss.bilité de leur donner une sécheresse et une solidité suffisante à l'ardeur des feux du soleil , ont di\ faire de l'art céramique l'un des premiers que les hommes aient mis en pratique.
Aussi cet art" était-il en honneur dès la plus haute antiquité. Si l'on en croit Hérodote, les vases grecs des habiles potiers de Samos étaient déjà célèbres du temps d'Homère, et un anti(|uaire, l'abbé de Mazzola , a même été jusqu'à prétendre (jue les poteries campaniennes ou italo-grecques , qu'oL a désignées pendant longtemps sous le nom improjjre de vases étrus(|ues, sont antérieures au x' siècle avant Jésus-Christ.
Les poteries grec(jues étaient déjà rares du temps de Jules-César; mais la destination religieuse de ces curieux monuments de l'industrie céramique , qui les lit placei dans les tombeaux , nous les a conservés. Ignorés i)endanl près de quinze siècles , ils ont reparu il y a tout au [ilus cent cinquante ans? à une é[iO(jue où {{as honnnes instruits pouvaient en ap[)récicr le mérite comme ob-