‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 134 sur 195 · CER · texte numérisé non relu

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jets d'art, et v puiser des notions bien prc^cieuses pour l'histoire et l'archéologie.

.Les Etrusques, apr(>s les Grecs, ont fabriqué des poteries qu'on retrouve aujourd'hui dans diiférents endroits de l'ancienne Etrarie.

Les Romains nous ont aussi laissé plusieurs sortes de poteries, qui ditrèrenl par les époques, les matériaux et les principes de leur fabrication. Presque toutes présentent de l'intérêt sous le rapport de l'art. On les trouve répandues partout où les Romains ont étendu leur empire.

Le moyen âge ne nous a pas laissé de poterie artistique, et aucun document écrit no fait supposer l'eKistence de pro,luits que le temps aurait pu anéantir entièrement. Il faut arriver jusqu'au commencement du xv siècle pour trouver chez les peuples européens des poteries qui n'aient pas été unifjuement destinées aux usages domestiques les plus vulgaires, et que l'art se soit plu à décorer. Aussi le moine Théophile, qui écrivait au xiV siècle , lorsqu'il passe en revue toutes les industries artistiques des peuples do l'Europe, ne trouve-t-il à parler que des poteries grecques.

Dans le chapitre 16 du livre ii de sa Diversarum artiiim schedula, qu'il intitule : 2)e« rases d'argile peints avec différentes couleurs de verre, Devasis fîctilibus diverso colore vitri pictis, il s'exprime ainsi : « Les Grecs fabriquent lies plats, des vaisseaux et d'autres vases d'argile qu'ils peignent de cette manière : ils prennent 1 s différentes couleurs (les oxydes métalli(]ues), et ils les bro'ent chacune se, larénnmt avec de l'eau; avec ce mélange ils peignent des cercles, des arcs, des carrés qu'ils remidissent d'animaux , d'oiseaux , de feuillages et de toute autre chose, suivant leur goût. Lorsque les vases sont ainsi ornés de peintures, ils les placent dans un fourneau à cuire le verre à vitre, et allument au-dessous un feu de bois de hêtre sec, jusqu'à ce que, environnés par la flamme, ils soient incandescenis. Alors, enlevant le bois, ils bouchent le fourneau. Ils peuvent décorer certaines parties de ces vases, soit avec de l'or en feuilles , soit av .c de l'or ou de l'argent réduits en poutlre. »

Il résulte de ce passage du traité de Théophile, que les Grecs du Bas-Empire savaient décorer leurs poteries, soit avec des couleurs qui y étaient ûxées par l'action du feu, et qui ne s ml autres que des couleurs vitritiables, de véritables émaux, soit par l'application de l'or et de l'argent en feuille et au |)inceau. Théophile ne dit pas de quelle nature étaient ces poteries , et si elles avaient reçu [)réalablement une glaçure quelconque. A cet égard, rien ne peut nous éclairer, car il n'existe, que nous sach ons , dans aucune collection, de ces poteries à sujets émaillés des fabriques du Bas-Empire.

Si d'autres peuples que les Grecs avaient fabriqué des poteries ué luxe à l'époque où vivait Théophile, ce savant moine, qui a expliqué les procédés des différentes industries de toutes les nalioas civilisées, n'aurait

pas manqué d'en parler. Les conjec'ures (fue nous lirons de son silence prennent, au sur- [ilus, un caractère de certitude d'après l'exame/. de'i; anciens inventaires. Lorsqu'on y rencontre quelques productions de l'art céramique parmi les choses précieuses qui y sont décrites, ce sont toujours des poteries de l'Orient. Ainsi, dans l'inventaire de Charles Y, de 1379, on lit, au t^ 193 : « ung petit I)ot de terre en façon de Damas. » au f . 201 : « ung i)ot de terre à biberon sans garnyson, de la façon de Damas. »

La poterie de Damis état donc la seule qui méritât de hgurer parmi les choses précieuses de toute nature qui remplissaient le garde-meuble du roi. On sait que Damas fut pondant longtemps la ville industrielle par excellence de l'empire grec; el!e possédait de nombreuses fabriques qui continuèrent de subsister après que les Arabes se furent emparés de celte ville, et sous leur domination elle alimentait encore l'Europe de leurs produits. Voy. Faïence égaillée, Argile, Poterie.

CÉROPLASTIQUE. — La céroplastique e>t l'art de modeler en cire; l'or'gine de cet art est inconnue. Les auteurs grecs et lalins en pailent comme d'une industrie usitée de leur temps, s.ms chercher à en faire connaître l'auteur. Les Romains y avaient fréquemment recours, et nous savons qu'ils aimaient à conserver chez eux la figure en cire de leurs ancêtres : ils se faisaient gloire de montrer en public ces figures que l'on portait devant le défunt, lors des funérailles. Les clients , pour flatter leurs protecteurs, parfois en signe de reconnaissance, gardaient chez eux les images en cire de leurs bienfaiteurs patriciens.

L'histoire nous a conservé le souvenir d'une pratique superstitieuse des anciens. Ils ava'ent coutume d'enduire de cire l'autel placé dans le laraire domestique. Celte opération avait pour but de donner la facilité d'y graver les désirs secrets et les vœux qu'on adressait aux divinités qui étaient regardées comme les protectrices de la maison.

Au moyen Age, la céroplastique continua d'être usitée : on s'en servait pour faire dçs images en cire, représentant le visage des saints. En Italie, on a continué jusqu'à nos jours à faire de semblables représentations. On place les ossements des saints dans la cire préparée qui représente bur image, et on met cette figure dans une châsse ou sous un autel. On a essayé d'importer cette coutume dans nos églises de France; m is cette innovation a été peu goûtée. On préfère, chez nous, voir les ossements vénérables d'un martyr, d'un saint confesseur, ou d'une vierge, entièrement à découvert, plutôt que de les cacher dans une enveloppe, dont les traits sont mensongers, et nous osons le dire, parfois ridicules.

CHAINE. — Barre, bande, ou triangle de fer qui sert à relier deux murs ou deux parties d'une construction quelconque, tendant à s'écarter l'une de l'autre. La chaîne s'arrête ordinairement à ses deux bouts j^ar

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d'autres pièces perpendiculaires qu'on appelle ancres.

Une chaîne de pierre est une file verticale de pierres de taille, l)Atie sur l'angle ou dans le [ilein d'une construction de inoellins ou de l)riques,pour lui donner plus de solidité.

On appelle aussi chaîne ou chalnemenl une armature de fer placé.' cpiehiucfois dans l'éj)aisseur niùnie des murailles et destinée à en prévenir l'écartenient ou à diminuer le fâcheux elfet du roulement d'une construclion, du t.sssenient ou d'une dislocation.

CHAHIK ÉPÎSCOPALE. — La chaire è()iscopale, en latin cathedra, est le trône sur lequel siège l'évoque dans son église appelée cathédrale à cause de cela. Anciennement elle était souvent de pierre, de métal ou do bois; plus tard elle fut communément de bois.

La chaire épiscopale fut primitivement placée au fond de l'abside, derrière l'autel })rincipal, position qu'elle eut constamment dans les basiliijues. Nous avons indiqué comment l'i.utel f it placé au fond de l'abside, dans les églises de la période ogivale : le trône é[)iscopal fut alors dressé dans le sanctuaire, du côté de l'épîlre. Il n'y a pas longlem[)S que l'on voyait encore dans plusieurs de nos grandes églises épiscopales des chaires antiques, la plup;irt en pierre, au fond du rond-i)oint du sanctuaire. Dom Claude de Aert, dans le 1" chapitre du second volume de son Explication de la messe, dit que l'archevêque de Reims, les évoques d'Autun, de Metz, d'x\rras, etc., en prenant possession de leur siège, allaient s'asseoir sur une chaire épiscopale très-ancienne, placée derrière l'autel. La chaire de la cathédrale de Reims était attribuée h saint Rigobert : pendant la vacance du siège archiépiscopal, on y plaçait une crosse antique qui y demeurait jusqu'à ce que le siège fiit occupé par un nouveau titulaire. Celte chaire vénérable de la cathédrale de Reims fut brisée à l'époque de la révolution, en 1793. 11 en existe une de môme nature dans une église de Toul : on l'attribue faussement à saint Gérard; elle est du XIII' siècle, en pierre et, dans certaines parties , curieusement ciselée. Dans {ilusieurs églises de l'Italie méridionale, il en existe également |>lusieurs qui sont en marbre. Celle de saint Nicolas, à Bari, est portée, en avant, sur les é[)aules de trois I»ersonnages (jui ont un genou en terre. Tout autour on a gravé ce distique latin :

Inclitus atque bonus scdcl linc in scde patroniis Prœsul liariniis llelias et Canutinus.

Les pieds de l'évoque, lorsqu'il est assis dans sa chaire, reposent sur un marchepied appuyé sur deux lions couchés. Le siège épi.scopal de San-Sabino n'est pas moins reniarfiuahlc; il est en nun-bre. Le siège est port(' siu- le dos de deux éléphants, et orné de tètes de monstres, de gritrons et de feuillages.

Dans la cathédrale d' Cantorbéry, en Anjrleterre, on conserv(! encore la chain^ d'intronisation des archevêques : elle se trouve

DiCTION.V. D'AuCU/fflLOGlE SACRÉE. I.

dans la partie orientale de l'église qu'on ap- I)elle communément la couronne de Becket.

Ajoutons que le trône de Dagobert, si connu en France, et qui se trouvait dans le trésor- de Saint-Denis, ressemble beaucoup k qucluues-unes de ces chaires épiscopales mobiles, sur lesquelles on représente les évoques assis dans certaines compositions des vitraux peints et dans les miniatures des manuscrits. On en trouve une bonne description par M. Lenormand, dans le tom. I" des Mélanges de littérature et d'archéologie^ recueil publié par les PP. A. Martin et Ch. Cahier.

Chaire [à prêcher). Un des sujets les plus diOiciles à traiter convenablement est certainement celin de la chaire à prêcher. Les auteurs, en plusieurs points, sont en désaccord, et de leurs discussions il ressort peu d'instructions utiles. L'abbé Thiers a traité directement des chaires et des jubés ; mais si l'auteur ne manquait pas d'érudition historique, il ne possédait pas la science des monuments, et ses recherches ne furent pas toujours suflisammeni dirigées par cet esprit de sage critique, indispensable à la bonne exécution de travaux de cette nature.

Les apôtres et leurs successeurs, les évê" ques , sont essentiellement les docteurs du peuple fidèle. C'est à eux spécialement qu'il appartient de prêcher les vérités chrétiennes dogmatiques et morales. La chaire de l'évêque est le symbole de sa juridiction et de sa primauté dans une église qu'il dirige de droit divin : «Le Saint-Esprit a établi les évoques pour gouverner l'Eglise de Dieu. » On a donné ce nom non-seulement au siège d'honneur sur lequel l'évoque est placé dans le sanctuaire ou le chœur de son église cathédrale, mais encore à la tribune d'où la parole divine est annoncée au peuple assemblé.

Après le triomphe de la religion chrétienne, sous Constantin, lorsque les réunions des fidèles furent nombreuses, les évoques montaient à l'ambon, d'oii se faisait la lecture de l'Epître et de l'Evangile, pour déclamer leurs homélies et débiter leurs instructions. L'ambon est donc la chaire primitive. Telle est du moins l'opinion du savant cardinal Bona, et elle est appuyée sur un grand nombre d(î passages des auteurs les plus anciens, notamment de saint (Irégoire de Toiu'S. Yoy. Amhon. On lui donne alors le nom de trihune ou de tribunal : cette expression se trouve souvent dans les écrits des Pères. C'est ce qui a fait dire au poète Prudence, dans une hymne à l'honneur de saint Hippolyte :

Fronte snb adversa gradibus sublime tribunal Tollilur, antistes prœdical undc Deum.

Ajoutons à ce passage de Prudence quelques t'Xles en faveur de l'opinion du cardinal Bona. Epiphane le Scolastique dit que saint Jean Chrvsostome prêchait sur l'ambon: Jiesidens super ambonem, ubi solebat facere sermonem. Eu 'i-81), lorsque Macedonius, pa» triarche de Constantinople, voulut se purger

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du soupçon d'hérésie, il monta, dit Nicéphore sur l'anibon pour haranguer le peuple.

11 est Yraisemblal)le que dans les éiAlises paroissiales, surtout à la campagne, où le clerf^i n'était pas nombreux, l'anibon, de bonne heure, aura été changé exclusivement en chaire h prêcher. Nous ne connaissons toutefois aucune chaire que l'on puisse authentiquement attribuer à une époque trèsreculée , et l'archéologie n'a pas trouvé , dans ses recherches, de monument antérieur au xiu* siècle. Lorsque le jubé fut substitué à l'ambon, dans nos églises, il est probable que ce changement amena l'établissement des chaires, telles qu'elles existent aujourd'hui, à cause de la dilliculté pour l'orateur de se faire entendre du haut du jubé. On trouve dans certains auteurs des textes qui prouvent que l'on prêchait du haut du.jubé, et Lebrun Desmarettes, dans ses Voyages liturgiques, ailirme avoir ainsi vu prêcher à la cathédrale de Rouen. Mais il serait difficile de prouver que cet usage a été général et qu'il a duré longtemps. Ainsi, pour exprimer en deux mots notre opinion sur l'origine de la chaire, nous disons que l'ambon fut la chaire primitive, que le jubé en tint lieu quelquefois, et que la suppression de l'ambon tit éablir des chaires dans le genre de celles dont nous nous servons actuellement.

La commodité de la chaire proprement dite fut vile appréciée, et on en plaça nonseulement i.ans les églises, mais encore dans les cloîtres des monastères , dans les réfectoires de ces mêmes maisons, et même sur les places publiques. Ainsi, on en trouve dans un cloître à Saint-Dié, et dans les réfectoires des anciens monastères de lievcrley, de Shrewsbury, de Chester, etc., en Angleterre : ainsi encore il y a une chaire en dehors de l'église à Saint-Lô , en Normandie, et dans la cour extérieure du collège de Sainte-Madeleine, à Oxford.

On peut conjecturer avec fondement, d'après certains textes, que dans beaucoup d'églises la chaire était mobile, très-simple et reléguée dans un coin de l'éditice, quand elle ne servait pas; au momimt où le prédicateur devait y monter, on l'ornait d'étoiles, de tapisseries, de courtines. L'existence de ces chaires mobiles n'expliquerait-elle pas suffisamment pourquoi nous trouvons actuellement un si petit nombre de chaires antiques dans nos cathédrales du moyen âge ? Comme elles étaient d'une construction assez grossière, où l'art n'entrait pour rien, on n'a pas trouvé de raison de les conserver, lorsqu'on eut pris le parti de fixer les chaires aux piliers ou aux murailles des églises. Bans certains pays, on conserve encore l'usage des chaires mobiles, et on les couvre d'ornements, en quelques circonstances, comme nous l'avons noté précédemment. Ne serait-ce pas encore un vestige des vieilles coutumes ? ^

On voit en Angleterre, à Beaulieu, dans le Hamshire, une belle chaire en pierre, du xrv* siècle. EUe est hexagonale, et chaque côté, orné de deux petites arcades trilobées

îi colonnettes, est s:''|)aré de l'autre côté par une es[)èeede contre-fort en éperon. Au-dessous des arcades trilobées est une espèce de guirlande de quatre-feui.les creusés dans la pierre. La chaire s'appuie à la muraille sur un encorbellement orné de feuillages. 11 n'y a point d'abat-voix : on arrive h cette chaire par un passage creusé dans l'épaisseur de la muraille, et au-dessus du siège du prédicateur il y a une voûte à croisée d'ogives, ])ratiquée également dans l'épaisseur de la muraille. Cette dis[)Osition , toute simple qu'elle est, produit un bon effet.

La plupart des chaires sont en bois et construites à six ou à huit pans ornés de moulures et de feuillag^^s ou simplement de panneaux à rubans. Sur quelques-unes de ces chaires on trouve des restes de dorure et de peinture; mais elles ne sont pas antérieures au \Y' siècle. Il est à remarquer que le même plan a été partout adopté à cette époque, et les chaires ditlërent bien plus par la richesse des ornements que par la diversité de la forme. Il n'y a d'exception, sous ce rapport, que dans les grandes chaires monumentales de Vienne, en Autriche, de Nuremberg, de Mayence et de Strasbourg. Il faut encore noter que les chaires des cathédrales sont assez grandes pour contenir plusieurs personnes; car la coutume s'est conservée, en plusieurs églises, lorsque l'évêque monte en chaire dans les circonstances solennelles, qu'il soit accompagné de deux archidiacres.

Au xvr siècle, on a exécuté quelques chaires en pierre, dans le genre de celle qu'on voit à Beaulieu, en Angleterre. Nous avons cité celle de Faye-la-Vineuse, au diocèse de Tours. Voy. Abat-voix.

Nous devuns ajouter quelques mots sur la destination présumée des chaires extérieures, qui ne sont pas encore trop rares en France. Jl est à remarquer qu'elles sont placées de manière à dominer sur le cimetière, qui jadis entourait l'église, comme cela a toujours lieu en Angleterre. Cette circonstance seule en explique la destination : les prédicateurs y montaient h certains jours, lorsque les fidèles s'assemblaient pour prier sur la tombe de leurs parents, de leurs frères et de leurs amis.

Nous ne terminerons point cet article sans dire un mot des chaires de la Belgique; elles sont construites d'après un système particulier : nulle part ailleurs on ne voit rien qui y ressemble. Ce n'est pas toutefois que nous les admirions beaucoup : il règne bien plus d'imagination que de goût dans leur composition. Celle de Sainte -Gudule de Bruxelles est la plus célèbre : elle avait d'abord été faite pour l'église des Jésuites, à Louvain. Elle représente Adam et Eve chassés du paradis terrestre par un ange armé d'une épée ilamboyante. Du côté opposé à celui où est l'ange, la mort, sous la forme d'un squelette , considère et poursuit sa proie. Le reste de la chaire est formé d'un gros tronc d'arbre, rarbre de la science, et les degrés pour y monter sont accompagnés

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d'une baluslnde composée de branches enti('lact''esavecl)Cîuicoii| «l'arl. Des animaux do tonte espèce sont griin|)és dans les branches de l'arbre, où ils produisent, il f;iut en convenir, un elb't ass.'z grotesipie. Celte chaire fut faite iiar Verbru;;g.-n, en 1699.

CHALCIDIOUE. — Les auteurs sont i)eu (raccord sur ce qu"d fiut entendre par le chnlcidiqur. L'opinion la plus vraisemblable est que les chalcidi(jues consistaient en de grandes salles situées de chaque côté de l'héinicycle où se trouvait le trib.inal, de soitc que, dans ce cas, l'ensemble de Tédilice présentait à peu près la forme d'une croix dont les chalcidiques se trouvaient être les branches; c'est là ce qui fait 'pie plusieurs archéologues nomment chalcidiuues les croisillons ou les bras du transscpt d'une église.

Les chalcidiques, à proprement parler, sont des salles grandes et superbes. {Voy. Vitruve. lib. v, cap. 1; Ausone; Hygin, à la fal)le IS'i-; Arnobe, lib. m et lib.^ iv.) Ces grandes salles étaient attenantes aux basiliques et aux palais. Si le terrain (jue vous avez pour bAtir est trop long, dit Vitruve, vous construirez au bout un chalcidique. Je voudrais bien, dit Arnohe, voir vos dieux et vos déesses pêle-mêle dans vos grands chalcidiques. On écrit, dit-il ailleurs, que vos dieux font leurs festins dans de grandes salles à manger, qui sont aux cieux,et dans des chalcidiques tout d'or.

CHALUMEAU. — On a fait usage en Occident, pendant fort longtemps, d'un chalumeau en or ou en argent doré, pour donner aux fidèles la communion sous l'espèce du vin; en Orient, comme chez les Grecs qui ont conservé la conuiiunion sous les deux esi)èces, on ne s'en est jamais servi, parce (jue les espèces du pa'n et du vin y sont administrées avec une petite cuilkT. Il est certain toutefois que l'origine du chaliuiieau ne remonte pas, chez les Latins, à la plus haute antiquité ecclésiastique, et que l'emitloi n'en fut jamais universellement répandu. Le premier ordre romain est le plus ancien monument qui en parle, et il ne remonte guère au delà du x" siècle. Le moine Théo[)hile nous apprend la manière dont on le faisait, et nous en donne une description propre à le faire aisément restituer. Voici ses paroles :

« Vous ferez aussi pour le calice un chalumeau de cette manière : fabriquez un fer de la longueur d'un palme et quatre doigts, très-eirdé à l'un des bouts, et de là grossissant graduellement jusqu'à l'autre, qui sera comme une p.nlle; que ce fer soit rond et limé avec égalité. Après avoir aminci de l'argent pur, roulez-le autour de ce fer, unissant les extrémités également au moyen d'un lil; retirez le fer, mettez au feu et soudez. Ayant replacé le fer, battez au marteau uniformément partout jusqu'à ce que la jointure disparaisse. Faites à part un nœud rond et creux, ou carré et massif, praticpu^z-y un trou pour introiluire le chalumeau par la partie inféiieure, prestjue jusipi'en haut, et ayant ùlé le ler de nouveau, vous souderez partout. Lorsque ce sera solide, le remettant

derechef, vous battrez (.le tous ctMés depuis le n(fU(i en bas pour luiii' et dresser, et depuis le n(eud en h.iut. Dans la partie la |)lus large et la T)lus grosse, introduisez un 1er niinco d'une largeur pr()|iorliomiée à la capacité du chalunKîau, avec un petit marteau battez à l'enclume d .^ manière à rendre carré et fin le trou supérieur, qui de )uis le meud doit s'élever en haut du c;dice, et être tenu à la bouche; mais que le bas soit rond et délicat. Cela fait, si vous voulez, vous pourrez enrichir le meud do niello; vous dorerez le reste du chalumeau. » (Lib. m, ca{). iV.)

Dans les auteurs liturgistes et les anciens sacramentaires, on donne |)lusieurs noms à l'instrument d'or ou d'argent que l'on insérait dans le calice pour boire lo précieux sang, et cjue nous avons appilé chalumeau. On le désigne ordinairement sous les noms de calanuis, fistuta,,canuula, sipho, pipa.

Bociiuillot décrit ainsi le clialumeau eucharistique : « Le bout que l'on trempait dans le calice était large et convexe ou l'ait en bouton, et l'crtitre bout, qui se tenait dans la bouche, était plus petit et tout uni. On le tenait enfermé dans un petit sac de toile ou

d'étoffe fait exprès Après que le prêtre

avait pris le corps du Seigneur, il mettait lo gros bout du chalumeau dans le calice, ))renait le précieux sang par le petit bout et donnait ensuite au diacre le calice et le chalumeau. Le diacre prenait le calice de la main gauche et tenait le chalumeau directement au milieu avec les deux premiers doigts de la main droite ; il les tenait ainsi sur le côté droit de l'autel, jus([u'à ce qu(j tout le monde et enfin lui-même et le sousdiacre eussent communié. Il tirait ensuite le chalumeau du calice, le suçait par les deux bouts l'un après l'autre, et le donnait en garde au sous-diacre. On le lavait après avec du vin par dedans et par dehors, et on l'enfermait dans son sac, et le sac dans l'armoire avct; le calice. »

Lo cardinal Bona dit que le souverain pontife, quand il ofTicie, se sert d'un chalumeau pour boire le j.récieux sang, et eu laisse pour les ministres du sacrifice, qui en prennent avec le même chalumeau. Cet usage est encore aujourd'hui en vigueur.

Nous lisons dans les Voyages liturgiques de Lebrun-Desmarettes : « A Cluny, après que le célébrant a pris la sainte hostie et une partie du précieux sang, et qu'il a communié de l'hostie les ministres de l'autel, ils vont au petit autel à côté, etlo diacre y avant porté le calice, accompagné de deux chandeliers, tient le chalumeau d'argent par lo milieu, l'extrémité étant au fond du (?alice, et les ministres, ayant un genou sur un petit banc ta[)issé, tirent et boivent le précieux sang par cec lalumeau. »

De|)uis que l'Eglise latine a supprimé la communi04i sons lespèce du vin |)our les fidèles, le chalumeau a disparu de nos églises, et nous n'eu connaissons aucun qui ait été conservé.

CHAMBRANLE. — Ensemble de moulures de pierre ou de bois qui forment iencadi e-

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mcnî d'une baie rectana;ulairc. Il est différent selon les ordres, et quand il est simple, on le nomme bandeau.

CHAMP. — On appelle champ la surface sur laquelle s'rlève en sai'lie nii haut-relief ou un bas-relief; la paroi d'une muraille; ]d face d'un piédestal, d'un tombeau ; une surface de vitrail; tout suiijectile servai.t à recevoir la p.ein!ure ou la scidi)ture de sujets ou d'orni^ments, une inscription; le fond sur le uiel se détache ce sujet, une ligure. Voy. CArroiCHE.

Le champ d'un sujet, d'une figure, peut être colorié, doré, enrichi d'ornements peints, de mosaïque, d'incrustations.

Le champ d'un tal)leau, d'une tapisserie, c'est le fond, lequel est d'ordinaire o!)SCur, et où il n'y a rien de peint. On appelle aussi le champ d'une raétiaille le fond où il n'y a rien de gravé. On dit encore qu'une draperie seit de champ à une peinture, quand une tigure est peinte sur la draperie.

Le champ, en blason, est la surface de l'écu : on le dénomme d'après son métal ou son émail : ainsi, on dit : un champ d'or, d'argent, d'azur, de gueules, de sinople, etc.

CHA>XEL ou Chanceau. Voy. Cancel.

CHANDELIER. — Les chandeliers d'église varient dans leur forme, leur usage et leur signification mystique. On peut les distinguer de la manière suivante : chandeliers d'autel , de procession , pour l'élévation , pour le eierge pascal, et chandeliers triangulaires. Voy. Autel , accessoires des autels.

On doit distinguer cinq parties dans un chandelier d'autel : le pied, la tige, le nœud ou pomme pour prendre facilement le cliandelier, la coupe pour recevoir les gouttes do cire, enfin lapointesur laquelle le cierge est fixé. Quelle que soit rornomenlalion euiployéc dans un chandelier, elle doit toujours être subordonnée à cette forme essentielle.

Quant h la matière, les chandeliers d'autel ont été faits en argent, en argent doré, en cuivre argenté ou doré, en bronze, en cristal et en bois. (W. Pugin. Gloss. of écoles. ornam., pag. k'î).

Les chandeliers ne paraissent pas avoir été placés sur l'autel lui-même, avant le x" siècle; ils étaient disposés tout au'.our. Jusqu'au xvr siècle, le nombre en était communément de deux, un de chaque côté du crucilix. Comme il est évident, d'après des dessins et les inventaires, la coutume de mettre deux chandeliers seulement sur l'autel n'était pas propre à certains pays. Les anciens autels j)eints à fresque , en Italie, et figurés dans l'histoire de l'art par Séroux d'Agiucourt, n'ont que deux ch.andeliers. Dans un ouvrage allemand intitulé Der Weise Konig, par Hans Eurgmaier, l'autel où le pape luimême célèbre la messe n'a également que deux chandeliers. Dans VHistoire de saint Louis, roi de France, par le sire Jehan de

Joinville (Paris, 1761, pag. 31 1), nous avons une description très-iutéressalite des ornements a[)partenant h la Sainte-Chapelle, à Paris, avec le nombi-e des chandeliers à mettre sur Tautel selon le degré des fêtes : « Et en chascun itmr férial ou iour que l'on ne dit pas IV leçons, estoient deux cierges sur l'autel qui estoient renouvelez chascun iour de lundi et chascun mercredi : mes en chascun samedi et en toute simple feste de ix. leçons estoient mis quatre cierges h l'autel; et en toute feste double ou demie double ils estoient renouvelez, et estoient mis à l'autel six cierges ou huit; mes èsfestesqui estoient moult sollempnex, douze cierges estoient mis à l'autel; et aussi en l'anniversaire de son père et de sa mère, et de tous les rois pour iesquexil fesoit faire anniversaire en sa chapelle. »

D'après d'anciennes gravures, nous voyons que quelques-uns des anciens chandeliers avaient plusieurs pointes : il en existe encore un semblable dans l'église de Léau, en Flandre.

Les chandeliers anciens étaient bas, pour la plupart, avec des cierges peu élevés. (Nous avons déjà parlé de la forme des chandeliers, voyez ci-dessus, col. 457 et 458. ) Les cierges très-hauts sont d'une introduction moderne. La coutume actuelle de la liturgie est de placer six chandeliers sur le grand autel. Nous devons ajouter que celte coutume, quoique comparativement moderne, est fondée sur des laits anciens. Ainsi, dans l'inventaire de la cathédrale de Salisbury, on fait mention de trois paires de chandeliers pour le grand autel. Aussi dans la Chronique de Hollinsched, tom. Il, pag. 857, à la descriiition de la chapelle privée du roi Henri Vlîl, élevée dans le Camp du drap d'or, Vautel était garni de cinq paires de chandeliers d'or.

Extrait d'inventaires de chandeliers d'autel appartenant jadis à des autels d'Angleterre :

Cathédrale d'York. « Deux grands chandeliers de vermeil, avec des vases et des roses gravés sur le pied, don de lord Alexandre Nevil, jadis archevè([ue d'York, pesant 6 livres 9 onces et demie. — Item, deux chandeliers en argent, ornés de cannelures à la partie supérieure, don de M. John Newton, trésorier, pesant 5 livres 2 onces et un quart. — Jtem, un haut et grand chandelier en vermeil, avec les armes de Scrope, don de lord John Scrope, pesant 8 livres 4 onces. — Item, deux chandeliers destinés au service de chaque jour, carrés, pesant 5 livres 2 onces. — Item, deux chandeliers en cristal, avec de* nœuds et des pieds en argent, pesant 6 livres (juatre onct s et demie. »

Cathédrale de Lincoln. « D'abord deux gi ands et beaux chandehers d'or, appuyés sur de grands pieds semblables, avec vingt cohtre-forts en or sur chacun d'eux, se tenant sur une base jiercée comme les compartiments d'une fenêtre, avec quatre \)\sc.es vides pour mettre des armoiries, quatre grands contre-forts et quatre petits, sur cha-

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fini d'eux ; au-dessus de chaouTï de cos con- Ire-fitrts il y a un cldclielon. Entre les (luatre j;ri\i)ds contre-ftirts il y a (juatre fenêtres |)er- (•('•es à jour. Lo nu'U 1 est très-fort, avec (lill'i'ieuis petits coutre-forts, au-de'^sus desquels est une coupe entourée de ri-iMieaiix. et de contre-forts, cointnc un chat au fortilié : au centre de la coupe est une poinli; pour liclier le cier^^e. Ces deux beaux chandeliers lincnt donms par Jean, lils du loi Mdouard, duc de Kancaster : ils pèsent YoO onces. — Jlrin, deux cliand: liers do vtMineil, dont un pesait "l't- onces, l'autre pesait 09 onces, don de lord Jnlui Buckinghani, évè(iue de Lincoln. — Itdii, deux chandeliers en nr,-;cnt doré en partie, se louant sur un grand pied, avec six tourelles dorées, ayant un ;^ros luiiud au milieu, el, dans le haut, ayant six tourelles autour de la coupe, avec une pointe d'air;ent sur chacune d'elles ; l'un do ces chandeliers pèse 93 onces, et l'autre 89 onces ; don de lord John (>had\vorlh, évoque de Lincoln. — Jtcm, un chandelier en vermeil, avec un n(eud au niilien et diverses ligures, connue le couronnement de la sainte A'ierge, la Salutation, avec tiois branches, trois boules et trois pointes, pesant 80 onces et demie. — Item, deux chandeliers d'argent, avec deux nunids et rinscripti(jn suivante : Orale pro anima Richardi Smith, etc.» (Dugdale, Monasticon Anglicanum.)

Catliédrale de Saint-Paul de Londres.

K Duo candclabra argentea, opère fusorio, cum animalihus variis in pedihus fauricatis, de dono magistri Ricardi de Stratford, ponderis \m^ xiw. — Item, duo candelnbra crystallina parvuln, cum apparatu partim aryenteo, de dono Thomœ de Esshitcy. — Item, duo candclabra aryentea, ciim pomellis deauratis, de dono magistri Willielmi de Monteforti, decani, cum Icunculis sub pedibus, uno déficiente, pondcris i\^ v^ » (Dugdale, Jlist. de iéglise de Snint-Paul.)

Telle a été la sacrilège dévastation des trois derniers siècles en Angleterre, que ti èspeu lies anciens chandeliers subsistent aujourd'hui. Les arcliéologues en ejnl découvert du XV' siècle, en l)ronzc, sur les autels latéraux des églises de Saint-SébalJ et de Saint- Laurent, à Nurendjorg; il y en a égaleaient à la cathédrale de Mayence, cl uno paire dans la chandjre du trésor ^ Aix-1 i-Ciiapelle. L'église do Léau, en Flandre, en possède plusieurs paires en bron/e et une paire en cuivre. Il y en a dans l'église de Jérusalem, à IJruges, (juatic en cuivre doré ; au inuséc du Louvre, à Paris, trois, du xii'' siècle, émaillés. Outre ces chandeliers, ou en connait encore ((uelques autres qui sont dauo les collecl.ons des amateurs.

Quant aux chandeliers de procession, nous n'avons (pie peu de mois à en dire. C'est précisi'inenl h ces esj èces de chandeliers ipK; s'a;»ii|i([Menl les observations ({uo nous avons [>lac(''es ci-de sus, colon, hol el suiv. Dans plusieurs de nos (''glises, où {\l'> vestiges des antiques coulumi'S gallicanes

s'étaient conservés jusque dans ces derniers temps, on portait c;n(i ou sept chandeliers. Cette particularité liturgique s'est perpétuée jus(}u'i\ nos jours dans l'église métropolitaine de Tours, où elle est toujours en vigueur. On y porte un, dcurç, trois, cinq ou sept chandeliers, selon le degré de la fête. On y porte également des torches allumées, au moment de la consécration ; mais les chandeliei'S propres à cette dernière cérémonie y sont inconnus. M. W. Pugin, oui emploie r«îxf(ressi(jn de chandeliers pour l'élévation,. pf>ur donner un exemple de ces espèces do chandeliers, cite les miniatures d'un vieux missel manuscrit. [Saruni missat , plate Lxxni.)

En Allemagne on faisait jadis usage, et on se sert encore aujourd'hui de chandeliers lixes d'une graniie beauté : ils sont placés à coté des chAsses des saints. On en voit dans des églises du W siècle, et ils consistent en uno série d'anneaux su|)erposés, allant toujours en diminuant, et formant uno masse pyramiilalo de lumière. Le dessin en est très-élégant.

11 y avait autrefois en France, dans beaucoup d'églises, des chandeliers à sept lumières ; nous en ciierons quehjues exemples. A l'église de Saint-Jean de Lyon, entre le chœur et le sanctuaire, au milieu est un chandelier à sept branches, ap[)elé râtelier, en latin rastrum ou rastellarium, composé de di'ux colonnes de cuivre hautes de 6 pieds, sur lesquelles il y a une espèce de {loutre de cuivre de travers, avec quelques petits ornements de corniches et do mouluics, sur laquelle y a sept bassins de cuivre avec sept cierges qui l)rùlent aux fêtes doubles de [)remière et de seconde classe.

A Notre-Dame de llouen, entre les trois lami)es et l'aigle qui est au haut du chœur, il y av. lit, avant le pdiage des Huguenots, un grand chandelier de cuivre à sept bo-anches.

Bocquillot, en parlant des chandeliers, dit qu'il y avait en plusieurs églis s, entre autres chandeliers, une grande machine en forme d'arbie qui sortait d(; terre, garni do feuilles et de tleurs ou fruits, et de [)elites gondoles ou soucoupes, pro|)res à soutenir des cierges ou des lampes. Cette muUitudu de lumières en pyramide i)roduit un bel etlet. Dans les églises riches, ce chandelier, nommé arbre, à cause de sa ligure, était de cuivre ou autre métal. {Voy. les détails ii ce sujet, ci-dessus : Auti:l et ses accessoires.)

Ouehpies fragments d'un magnilique chandelier à se[)t branches, servant autrefois dans l'église de Sainl-llemi, à Reims, sevoient présentement au nnisée de cette ville. La Iraciition rajtporte (piil fut donm'' par lareine, femme de Char'es le Sinq)Ie, en 907; mais, d"a|)rès les d.'tails et les caractères de l'exécution, il |>arail être d'un(; é[)0(ine post('i'ieure. Il est extrêmement charg('; do détails liavaiMi's avec so n, de feuillages, de ligures el d'iiLÏmaux, avec des morceaux di?

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cristal. Lorsqu'il élait entior, il avait 18 piods (le liaul et 15 pieds de eirconféi-ence à la ba-^e. Les fragments conso vés formaient une fiarlic du pied, et sont représenlés à la page 21i de la Description dit f'resor de la cathédrale de Reims, par M. Tarho : le reste fut fondu au temps de la révolution.

Les églises catholiques d'Angleterre, avant la réformation, avaient aussi l'usage des chandeliers à sept br.uiches, comme il parait d'après le texte d'anciens iovent.iires. Ainsi, dans l'église do Mel'ord, au comté de Suffolk, il y avait un grand chandelier k sept branches, placé devant le grand autel. 11 y en avait encore un autre, également à sept branches, devant une iniage de Notre-Seigneur.

Le chandelier pascal est un chandelier de grande dimension, en forme de colonne, ({uelquefois simple, quelquefois chargé d'ornements, et destiné à porter un cierge allumé aux oflices publics de l'églisa depuis le samedi saint jusqu'au jour de la fête de l'Ascension. La coutume d'allumer le cierge pascal est très-ancienne duis l'Eglise, et la lumière de ce cierge est regirdée comme le s^'mbolc de la Résurrection de Notre-Seignour. On donnait parfois au chandelier pascal des formes d'une hauteur exagérée, et h l'abbaye de Durham il y en avait un d'une si grande élévation, que le cierge atteignait presque les voûtes. L'auteur du livre intitulé Rites de Vabhaye de Durham dit que ce chandelier pascal était estimé un des plus curieux et des plus rares monuments de l'Angleterre.

L'origine de la croix tracée sur le cierge pascal, aux. branches de laquelle on fixe des grains d'encens, est très-intéressante. On traçait sur li cire du cierge l'époque des principales fêtes de Tannée : plus tard on mit à la même [)lace une bandelotto de parchemin sur laquelle on écrivait {)lus aisément et on pouvait indi(juer des (Jates plus nombreuses. Voy. Calendrier. Nous avons donné à cet article un exemple de ce fait. Nos catholiques ancêtres n'écrivaient jamais rien, sans faire précéder d'une croix la première lettre du [iromier mot. De là l'origine de la croix qui était marquée sur le cierge pascal. Celte explication est empruntée à l'ouvrage de dom Claudede Vert ; c'est assez dire qu'elle ne doit pas être admise sans contrôle. Chacun sait, en effet, que cet écrivain, [Jus ingénieux qu'instruit, trouvait l'explication de nos cérémonies même les ]»lus mystiques de la messe, dans la nécessité de certains mouvements et de certaines actions ; de là son explication prétendue naturelle. Quoi qu'il en soit, nous voyons dans nos plus anciens livres liturgiques des prescriptions relatives à la croix qui doit être tracée sur le cierge pascal. Pans un rituel manuscrit de l'ancienne abbaye de Savigny, au diocèse de Lyon, on lit la rubrique suivante : Mogistcr scholœ inscribet cereo annum ab incarnatione, prœmissa superius crucc,

in cujus cornibus et médiate ponuntur grana incensi. Dans le cérémonial de Saint-Arnoul de Metz, on lit : Cantor faciat crucem in cereo, de cera colorata, in singulis capitibus ejus, necnon in medio, imprimens particulam thuris ; notetque ibi annuni Dominicœ Incarnationis, cum indictione. Dans V Antipkonal de l'église d'Arles on lit : Facit in cereo crucem, cum nomine Christi, et alpha et ome~ ga, cl scribatur in eo epacta ipsius anni.

Dans Je second volume de Vllistoirc de Fart par les monuments, par Séroux d'Aginco'.irt, planches 5'i- et 55, on voit deux représentations de la bénédiction du cierge i)ascal d'après une image du xi' siècle. Dans l'une de ces figures, le diacre est représenté monté sur l'ambon. On en voit encore un autre exemple semblable dans la planche 'i-" du livre de Gerbert, intitulé : De cantu prima Ecclesiœ œtate.

Les chandeliers triangulaires sont ceux dont on fait usage à l'office des ténèbres, durant la semaine sainte. L'usage de ces chandeliers est très-ancien ; mais le nombre des cierges qu'on y plaçait a varié considérablement, suivant la coutume des églises. A Nevers, il y en avait 9 ; à iMons, 12 ; à Reims et à Paris, 13 ; à Cambrai et à Saint- Quentin, 2'+; à Evreux, 25; à Amiens, 2G ; à Coutances, U. (D. Cl. de Vert , tom. IV, pag. i24.)

Dans la description de la sacristie du monastère de Sairit-Riquier, en 831, on mentionne des candélabres de fer, dorés et argentés, dont quinze plus grands et sept plus petits : Candelabra ferrea, ex auro et argento parata , majora quindecim , minora septem. Nous traduisons peut-être mal ex auro e:argento parata, par dorés et argentés, car nous voyons que saint Ansigise donna au monastère de Fontenelle ou de Saint-Wandrille, trois candélabres d'argent : a Habentia solidos nonaginta, id est, unumquodque triginta. »

Pour avoir un plus grand nombre d'exemples des chandeliers du moyeu âge, d'après les textes, on peut consulter le grand Glossaire de Ducange, voc. Candelabrum.

CHANFREIN. — Moulure qu'on appelle encore biseau, et qui s'obtient en abattant une arête rectangulaire, de manière à avoir, à la place de cette arête, une surface plane et oblique. Les chanfreins sont fort nombreux dans les monuments de la période romano-byzantine : on y voit quelquefois de doubles chanfreins.

CHANTRERIE. — On appelle chantrerîe en frança s, eichantry en anglais, une chapelle dotée d'un fonds dont le revenu devait servir à l'entretien d'un prêtre chargé de chanter chaque jour la messe pour le repos de l'ûme des fondateurs. Les chantreries faisaient partie des églises cathédrales et des églises paroissiales; on voit encore un grand nombre de ces chapelles dans les cathédrales d'Angleterre. Les catholiques les avaient fondées avant l'époque de la rélorniation.

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Les protoslants ont gardé le fonds de la dolalion, tout en reformant la fondation, c'cstà-(liro en on supprimant les charges.

CHAPE. — Kn arcliiteclure, la chape est un enduit épais d'un bon mortier, que Ton met sur l'exiralos d'une voiUo pour empt"^elier rindllration des eaux. On fait aussi des chapes de plomh, pour garantir des portions de voûtes trop expos 'es à la pluie.

CHAPE. — La chape est un viMoment d'église, appelé en latin pluviale et cappn. C'était originairement un grand manteau (pie les clercs |)ortaiont dans les pr(icessions extérieures. Quoique la forme en ait été cmjiruntée aux usages ordinaires de la vie, la chape fut cependant enrichie, dès les temps les plus anciens, de broderies, de pierres j>récieuscs et d'ornements de diiïérent genre. Au xni' siècle, la chape devint le plus magnifique de tous les vêtements ecclésiasti- (jues. Nous donnerons quelques détails archéologiques sur les anciennes chapes , laissant de cùté ce qui se rap[^rte uniquement à la liturgie.

Les chapes, au moyen Age, étaient souvent ornées d'orfrois et de chaperons splendidement brodés; on y voyait des images de saints sous dos baldaquins ou niches gothi- (|ues, ou dos emblèmes variés. Parfois on y re|)résentait en broderie , soie et or, des traits de rhi5.toire évangélique, comme la Salutation angélique, deux anges portant la léle de saint Jean-Baptiste; la sainte Vierge portant Jésus enfant; la résuiTection de Notre-Seigneur ; la cène; les apôtres autour du corps de la sainte Vierge, etc.

Dans un inventaire de la cathédrale de Ileims, dressé au xvn' siècle, on trouve les , détails suivants : «Trois cha|)es de drapd'or frisé, et les orfruis de drap d'or hgurés d'images de la Passion, et la bille (le fermoir) couverte d'armoiries; du don de M. le cardinal de Lorraine. Une chape de drap d'or rouge, avec les orfrois fort longs, aux armoiries de l'Eglis' ; du don du cardinal Saint- Malo, dict Biigonnet, arclievèque de Reims. Une chape de (frap d'or rouge, tissu àCy{)r >, avec les orl'rois à plusieurs images, et la bille couverte d'un escusson ; (hi don du roy Chail s VIL Une chaj)e de drap d'or cramoisi, semé de graiidos Heurs d"or, avec les orfrois fort larges, <i double apôtres et prophètes; du don des Ursins, archevêque de lleims, avec ses armes à la bille. »

Plusieurs spécimens des belles chapes du moyen âge ont écha[)pé à la destruction et subsistent encore. 11 y en a une dans le trésor d'Aix-la-Chapello, dans la sacristie do l'église, avec de petites clochettes d'argent attachées tout autour à la partie infér cure. La tradition veut (jue c(!lte chape ait été portée par le |)ape Léon III, à la consécration de l'église, en présen e dt; l'empereur Cliarlem.'igne, entouré de 305 évoques. Il y a trois chapes du xiv' siècle l'i la callié irale de Durham. 11 y en a trois du xv' siècle à l'église })i Mi(i|)ale de Louvain. Il y en a ])lusicurs du xiv siècle il la cathédrale do Spire. Au collège du Sainte-Marie, a Oscust, iJ y a une chape

du xv s'cclc, avec des orfrois tres-élégants et un chaperon brodé h l'aiguille. Au collège dos Jésuites, à Stonyhurt, en Angleterre, on possède une chape en drap d'or, que la tradition dit avoir appartenu d'abord a l'abbaye de Westminster

Ou're les vêtements que nous venons de signaler et qui ont échappé comme par miracle c^ l'action du temps et au vandalisme, nous avons sous les yeux un grand nombre (le monuments qui peuvent nous donner une juste idée des chapes anciennes. Ainsi, dans les vitraux [joints, sur les pierres tombales, sur les cuivres funéraires, dans les miniatures des manuscrits, on voit des évoques et des clercs revêtus de chapes oii l'art a déployé toutes ses magnificences. Comme la chape était le vêtement d'honneur dans les églises, on n'a rien imaginé de plus convenable que de donner une chape au Père Eternel ou à Jésus-Christ triomphant dans le ciel. Ce vêtement, splendidement orné, fut mis sur les épaules de Dieu, le Père, comme on plaça sur sa tête la lrii)le couronne des souverains pontifes. Les artistes exprimaient ainsi l'idée la plus complète qu'ils se formaient de la grandeur, de la riciiesse et de la majesté.

Terminons cet article sur la chape, considérée au point de vue archéologique, en citant un fait historique. Guillaume , roi d'Angleterre, envoya à saint Hugues, abbé de Cluny, une chape d'or extrêmement riche. Elle était brodée en perles et diamants, et le bas était garni de petites clochettes d'or qui résonnaient au moindre mouvement, à l'imitation de l'habit sacré du grand prêtre des juifs.

CHAPELET. — Suite de perles ou d'autres ornements globuleux. On voit souvent cette série de perles ou le chapelet dans les monumei.ts du xn" siècle.

Les Anglais, selon Grancolas, prétendent que c'est le vénérable Bède qui a institué le chapelet. Ils se fondent sur un concile tenu, au vu"' ou \nr siècle, en Angleterre, Concilixim cclthicnse, où il est dit qu'après la mort d'un évêque les chanoines chanteront pour le repos de son ;1me une bcltide du Pater noster , Bellidum Pater noster pro eo cantetur. Mais dans cotte sorte de chapelet il n'était pas ({ueslioii de ['Ave Maria. Pallade, cité j)ar le même auteu--, rapporte qu'un solitaire récitait tous les jours trois conis fois l'Oraison dominicale, et (]u'il en cora|v tait le nombre par autant de cadioux qu'il portait dans son sein et ([u'il jetait après cha(iue Pater. Enlin,. Guillaume de Malmesbury raconte (|ue Godire, femme du comte Losric, récitait tous les jours autant de prières (ju'il y avait de perles dans son collier, et qu'elle avait ordonné qu'après sa mort ce collier fût consacré à la sainte Vierge , en riioniieur de huiuelle elle récitait ces prières. Ceci ressemble assez bien au chapelet de iKjs jours. On lit dans la vie de sainte Gortrude, qui vivait au vu' siècle, qu'elle se servait d'un objot assez analogue à notre cha|ielet pour lumorer la sainte Vierge. Mais ou croit avec plus de raison que le chapelet

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n'a guère été connu qu'après les croisades. On pense que Pierre l'Ermite en fut l'inventeur pour faciliter, aux croisés qui ne savaient pas lire, le moyen de prier Dieu. Le chapelet des mahométans, qui n'est luimême que l'iuiitation <!e celui des Indiens, a j)u lui suggérer cette idée.

Les juiis ont aussi une espèce de chapelet auquel ils ont donné le nom de Meah-Beracot , sur lequel ils récitent les cent bénédictions.

Le nom de patenôtres est aussi donné au chapelet , à cause de l'Oraison dominicale , Pater noster, qui en fait partie.

CHAPELLE. —On distingue tro'S espèces de chapelles, les chapelles isolées, celles oui font partie d'une église, entln celles qui dépendent d'un palais, d'un château, d'une maison particulière, et qui sont à proprement parler des oratoires.

Les auteurs ne sont point d'accord sur l'étymologie du mot chapelle. Rebutîe, dans son traité De pacificis possessoribus, dit que le mot capella vient de coppa sancti Martini, qui était une chape ou manteau de saint Martin, évèque de Tours, que nos rois de France de la première race avaient coutume de faire porter avec eux, lorsqu'ils allaient è la guerre. Comme ils faisaient soigneusement garder cette chape dans des tentes particulières, on appela ces tentes des chapelles. C'est sous ces tentes que l'on célébrait la messe, et ceux qui la disaient étaient appelés chapelains.

Ajoutons au récit de Rebuffe que l'on appelait à Tours chape de saint Martin, le manteau ou la couverture qui était étendue habituellement sur le tombeau de ce saint. Les comtes d'Anjou la portaient à la guerre, devant le roi, comme on fit plus tard de l'oriflamme.

Les chapelles isolées sont des édifices particuliers, qui ne sont ni cathédrales, ni paroissiales, ni priorales, et qui, dans leur construction, sont des diminutifs d'églises. On en trouve un grand nombre en Italie; on en voyait également autrefois un grand nombre en France. La fondation en < st due à la piété des fiilèles, et la construction en est motivée par une raison de dévotion, un accident , un crime à expier, un vœu fait au milieu du danger, la reconnaissance pour un bienfait reçu. On a souvent érigé des chapelles sur les lieux élevés, sous l'invocation <le saint Michel. Cet archange, qui avait foudroyé le démon et l'avait précipité dans les enfers, était avec raison invoqué, suivant l'expression de saint Paul, contre les puissances de l'air, dont les orages, le tonnerre et la tempête étaient le plus effrayant symbole.

Les chapelles isolées variaient beaucoup quant à leur importance et à leurs dimensions. Les unes ne pouvaient contenir que tjuelques personnes; d'autres au contraire etaifiut vastes, et auraient été de véritables églises si elles avaient eu des fonts baptismaux et le titre paroissial.

Les chapelles les plus considérables onl été transformées en collégiales. Il y en a plusieurs qu'on appelle saintes chapelles ^ comme celles de Paris, de Vlncennes, de Dijon, de Riom , de Champigny, enTouraine, de Bourbon, etc. Celle de Dijon fut d'abord nommée chapelle Palatine, ou du palais, par Hugues III, duc deB<iurgogne,qui lafonda en 11T2. La plus célèbre et la plus remarquable de toutes est sans contredit la Sainte-Cha-

Î>elle de Paris, b^tie par saint Louis, roi de •'rance, au milieu du xin' siècle, et que l'ou peut considérer, sous le rapport de la pureié et de la grâce du style ogival, comme la perle de l'architecture gothique.il est impossible, en effet, de rien concevoir di^ plus parfait dans l'ensemble et dans les détails que ce monimient, construit en peu d'aniiées et décoré par les artistes les plus habiles du temps. Les murailles et les voûtes avaient été entièrement couvertes de dorures et de peintures : il en restait encore des traces assez sensibles, nour que l'on ait réussi dans ces derniers teiips à en faire la restauration. Les vitraux peints sont très-bien conservés. On a à regretter la perte des panneaux infé-t rieurs de toutes les fenêtres. La Sainle-Chapelle de Champigny, au diocèse de Tours, date de la renaissance française : elle possède des vitraux justement admirés.

Dans les grandes églises, cathédrales ou collégiales, une chapelle est une partie de l'église oiî il y a un autel et oii l'on peut dire la messe. Lorsque le besoin de placer plusieurs autels dans une même église commença de se faire sentir, on fut obligé d'ajouter au corps du bâtiment principal des espèces d'oratoires ou d'édicules qui n'y communiquaient qu'indirectement. Les plus anciens auteurs ecclésiastiques font mention de ces sortes de constructions secondaires. On peut donc dire, dans un certain sens, que l'addition des chapelles au plan des églises remonte aux épogues les plus reculées de l'antiquité ecclésiastique. La construction régulière des chapelles toutefois, c'est-à-dire leur érection, faisant partie du plan même de l'édifice , ne remonte pas au delà du xi' siècle. L'église de Preuilly, dont nous avons donné la description à l'article Abbatial^, offre peut-être, en France, le premier exemple de chapelles bâties autour du sanctuaire. 11 y en a trois, une au centre, dédiée à la sainte Vierge , et une autre de chaque côté. Dans les croisillons du transse[)t et dans la muraille orientale, il y a également une chapelle semi-circulaire. Au xir siècle, on dispose également plusieurs cha' elles autour du rond-point du sanctuaire. Durant la période romano-byzantine, et môme à la fin du XII' siècle et au commencement du xni% dans les monuments qui appartiennent déjà à l'architecture ogivale pure, les chapelles absidales sont en hémicycle; ce fut un peu plus tard qu'elles furent à plusieurs pans, c'est-à-dire élevées sur les côtés d'un polygone. ^ ..

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Au xiii" sièdo, le chœur et le sanofuairo des grandes églises prend un allongement t'onsidùrable. On b.Uit alors un grand nombre de chapelles autour de l'abside et du chœur: on en compte quinze autour de la région absidale à la cathédrale de Tours; il y en a davantage dans d'autres cathédrales.

Au XIV' siècle, on plaça des cha|)elles entre les contre-forts de la grande nef et tout au long des collatéraux. Cette addition compléta le plan des églises, d'ajirès l'idée que nous nous en ft)rmons communément aujourd'hui. Il n'est |)as rare ce|)endant de rencontrer de niagniiirpies églises sans chaj»elles accessoires ; c'est que ces monuments sont du xiii' siècle; la cathédrale de lleims en est un exemple : le long des nefs mineures du vaisseau principal il n'y a aucune chapelle. II n'est pas rare non plus de trouver des églises du xiir sièc'e et même de la lin du xir siècle, comme à la cathédrahi de Laon, où des chapelles ont été ajoutées au plan primitif, longtemps après la construction du monument, au xiV siècle, ou môme au xv% au xvr et jusqu'à l'époque de la renaissance. Les ch ipelîes des bas cotés de la nef , ù la cathédrale de Laon, sont fermées en avant par de chaimantes clôtures dans le style de la renaissance.

Du moment que 1^ chapelle du rond-point fut établie au centre de l'abside, elle fut dédiée à II sainte Vieige. Cette pratique commence au xr siècle et persévère jusqu'à nos jours. Les poi)ulatious catholiques se sont nlu ainsi à rendre hommage à celle que toutes les générations appelleront bienheureuse, et qui intercède pour nous auprès de son divin Fils, seul sauveur, seul médiateur entre Dieu et les houjmes. Cette coutume, que les protestants condamnent, crie contre eux et contre leurs prétendues réformations, qui ne sont que des mutilations de la foi révélée, jusque dans leurs temples b;Uis par des niains catholiques , où la chapelle de Notre-Dame , t|uoique déserte et profanée, conserve toujours son nom.

Dans quelq es églises, la chapelle de la sainte Vierge forme à elle seule connue une petite église, ajoutée au monument, et parfois môme elle est bAtie en forme de croix. Nous avons un bel exem[)le de ce dernier fait h l'ancienne église du prieuré de la Charité-sur-Loire. Les plus belles chapelles de la sainte Vierge , dans les cathédrales de France, sont celles du Mans, de Rouen, d'Evreux , de Coutances : celle du Mans élait autrefois entièrement peinte et dorée; on a mis récemment ces peintur>'S à découvei-t ; elles sont encore fort intéressantes, malgré leur état de umlilalion.

On remarcjue (piehiuefois beaucoup de diversité dans le style, la décoration, et nu>me dans la forme des ditférenles rha[)elles d'une même église. Cette diversité est due à i)lusieurs causes ; elle [trovieut souvent de ce

a ne ces chapelles ont été des œuvres isolées e cor|)orations, de coidriM-ies, de congrégations, ou de ricluîs familles (jni ont suivi leur goût [kirliculier. Dunô les églises parois-

siales, on voit souvent une ancienne chapelhî seigneuriale, avec des écussons arnjoriés, d'dù l'on f)ouvait suivre facilement les oflices qui se faisaient au grand autel, et où, 1^'Ourplus grande connuodité pendant l'hiver, on avait établi une cheminée.

Il serait superllu de noter ici toutes les irrégularités qui ont été observées dans la construction <les chapelhïs. A l'époque romano-byzaiitine, elles ont quelquefois été carri'cs, notaunuent en Auvergne. Ajoutons c|ue les cha[)elles de Notre-Dame , Ladys chapel , dans les églises d'Angleterre, sont également carrées, pour le plus grand nombre.

L'usage des chapelles privées ou oratoires domestiques remonte à la plus haute antiquité. Le, 21' canon du concile d'Agde , tenu en 50(). permet aux |)articuliers d'avoir des cha[)illcs d.ins leurs maisons, avec défense aux clercs d'y célébrer la messe sans la permission de i'évèque. Ce point de discipline ecclésiastique est toujours en vigueur chez nous.

Quelques-unes de ces chapelles domestiques étaient fort grandes, et on d<iit y rapporter les saintes chapelles que nous avons mentionnées ci-dessus. C'est ainsi que la cathédrale actuelle d'Autun était priuntivement la chapelle du palais des ducs de Bourgogne : il en est de môme de la c.itliédrale de Moulins, qui était la chapelle du chûteau des Bombons.

On voit encore de charmantes chapelles dans des ch<Ueaux élevés à l'époque de Ui renaissance française. Le chef-d œuvre du genre est probablement la délicieuse chapelle du château d'Amboiso. La porte est surmontée d'un bas-relief fort bien sculpté, représentant la chasse de saint Hubert et l'apparition miracuhuse de Notre-Seigneur entre le bois du cerf. A l'intérieur, les murs sont chargés des plus iines ciselures, et ce n'est |)as exagérer que de dire qu'elles sont entourées d'un réseau de la plus tine dentelle en pierre.

CHAPERON. — Le couronnement d'un mur ou d'un arc-boutant , en forme de toit ou de bahut.

Chapkuon. — Le chaperon servait à couvrir la tète ; il était d'usage pour les hommes et po r les fenmies. Nous n'en ferons p.is connaître toutes les formes ni toutes les variétés ; nous en disons un mot seulement pour expliquer celte partie du costume d'un grand nombre de peisonnages représentés dans les vitraux j)eints, sur les pierres tombales, dans les i)eintures à fresque et dans les miniatures des manuscrits du moyen fige. Kn général les chaperons étaient portés tant par les grinds seigneurs que par le peuple; et on saluait en le reculant un peu. Celte mode a duré en France i)endant la première, deuxième et troisième race, jus- (ju'à Charles V, VI et VII, sous le règne des(iueU on portait en( ore ces chajieions à longue queue, (|ue les docteurs cl licenciés

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onl relcnus pour marque de leurs degrés, et qu'ils ont fait descendre de leur trte sur l'épaule : ee (jui se prouve par plusieurs anciennes médailles, monnaies et ti^ures. Alain Cliartier dit qu'en U'i-7 Charles Vil til commandement à tous les hommes do porter une croix sur leur robe, ou chaperon ; ce qui prouve (pie tout le monde en portait alors. Et Monstrelet dit, dans son premier tome, que la reine Isabelle haïssait Jean Torel, de ce q;:e lui parlant il ne levait son chaperon, ce qui fait connaître (pi'on le levait en parlant. Pendant plus de mille ans on ne s'est couvert la tète, en France, que d'aumusses et de chaperons. Le cha|)eion était à la mode dès le temps des Mérovingiens. On le fourra, sousCharlcmagne, d'hermine ou de menu vair; le siècle d'après on en lit tout à fait de peaux. Ces derniers s'appelaient aumusses ; ceux qui étaient d'étotfes retinrent le nom de chaperons. Tout le monde portait le chaperon : les aumusses étaient moins connnunes. On commença sous Charles V à abattre sur les épaules l'aumusse et le chaperon, et h se couvrir d'un bonnet.

Le chaperon des femmes était une bande de velours (ju'elles portaient sur leurs bonnets, et c'était une marque de bourgeoisie.

CHAPITEAU. —I. Le chapiteau, suivant l'étymologie de ce mot, est la tète ou le couronnement de la colonne. L'existence du chapiteau montre que la colonne n'est pas tronquée et qu'elh' a toute sa hauteur, de même que la base démon're qu'il n'y en a pas une |)artie cachée sous terre.

L'utilité et l'élégance ont introduit le chapiteau dans l'architecture de tous les peul)les. L'em[)loi du chapiteau, d.t Millin, a dû être suggéré pair deux motifs d'utilité, d'abord celui de garan'ir les angles de la colonne des fractures que la pose et l'assiette de l'eiitablement peuvent y occasionner, ensuite de procurer à l'entablement ou aux j)outres transversales un emplacement plus large, filus commode et mieux d'accord avec les foiines quadr.mgulaiies de l'arcliitrave. Le type de ce i^hapiti au primitif se trouve encore dans l'abaque ou le tailloir de Tordre dorique.

Au commencement les colonnes n'avaient pour chapiteaux qu'une dalle carrée d'environ 2 à 3 pieds d'épaisseur: on trouve de ]jareils chapiteaux dans les monuments priirdtifs de l'Egypte. Le premier chapiteau proprement dit présentait simplement une espèce de renflement dans son milieu, lequel éiait souvent couvert de tigures hiéroglyphiques. La forme des chapiteaux la [>lus élégante, celle d'un vase posé sur la colonne, ou d'une cloche renversée, paraît être la ])lus moderne. On croit que les chapiteaux égy|)tiens en forme de cloche doivent être regardés comme la première origine du chapiteau corinthien. Le fruit du lotus a probablement donné l'idée de ces chapiteaux campauiformes. On les orna d'abord de feuilles

grossièrement imitées ; peu h peu le travail se perfectionna, le goût s'épura, et on arriva h donner aux chapiteaux égyptiens toute l'élégance qu'on y observe : quelques chapiteaux paraissent être une imitation du palmier dont on a coupé les feuilles inférieures. Nous n'étudierons pas jjIus longuement le chapiteau de l'architectu e égyptienne ; nous préférons nous arrêter davantage sur le chapiteau des divers ordres de l'architecturo classique.

Dans l'architecture des Grecs, le chapiteau sert h exprimer la dllférence des ordres. Parmi les chapiteaux grecs, le plus ancien est le chapiteau toscan. ( L'art toscan doit être considéré comme hellénique.) On donnait au chapiteau toscan, pour hauteur, un module ou la moitié du diamètre pris on bas du fût de la colonne. Sa hauteur était divisée en trois parties. La partie supérieure formait l'abaque, la suivante formait l'échiné ou l'ove, et la partie inférieure était eral)loyée pour le gorgerin, ou congé, ou apophyse, au-dessus duquel on place encore un astragale. Ce qui distingue surtout le chapiteau toscan des autres, c'est que l'abaque est rond au lieu d'être carré dans les ordres qui onl été inventés après l'ordre toscan.

Le chapiteau dorique se distingue des autres chapiteaux par une noble simplicité. Dans les anciens temps sa hauteur était tantôt d'un module entier, tantôt de plus d'un module. Le chapiteau dorique consiste en un abaque, une échine, au-dessus de laquelle se trouvent tantôt trois, tantôt quatre» tantôt cinq filets, et un congé qui lie le chapiteau avec le fût.

Le chapiteau ionique diffère du dorique, surtout par les grandes volutes qui s'y trouvent de chaque côté; ces volutes sont dis- ])osées de manière qu'à la face antérieure et postérieure du cha[)iteau on voit les circonvolutions de cette partie du chapiteau, qui se termine dans un point appelé l'œil de la volut' ; sur les côtés, lesvolutes offrent l'aspect de rouleaux: c'est ainsi que le chapiteau vu de face présente un autre aspect que lorsqu'on le voit latéralement. Les volutes des colonnes placées aux angles des temples étaient tournées de manière à présenter leurs circonvolutions à ceux qui se trouvaient devant la façade aussi bien qu'à ceux qui étaient sur les côtés, pour que là ces voliites eussent la même apparence que sur la façaJe princi|)ale. Du côté intérieur, vers la cella du temple, les angles des volutes de ces chapiteaux se touchaient. Vers le temps du règne de Constantin le Grand , les architectes commencèrent à tourner en dehors toutes les volutes du chapiteau ionique, de sorte que des quatre côtés il avait la môme apparence. Tel est entre autres le chapiteau du temple de la Concorde, à Rome, bâti sous Constantin le Grand. C'est ce qui a donné origine au chapiteau ionicpie, tel qu'on l'em- ])loie encore aujourd'hui, et dont l'invention est attribuée à Aliuhel-Ange, auquel ccpeu-

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d.Tiit on n'oii (Idil, à co qu'il [;arait, que l'ordoiiikincc ([ii'on lui dniino encore actuolleinent. Celte position diirércnte des volutes dans l'ancien et dans le nouveau chapiteau ioni(iue occasionna aussi une forme dillérente de l'abaque dans chacun. Dans l'ancien cliapiteau , il a toujours la forme carr('e, parée (fiie les volutes sont dans la mèm • direction ; mais comme dans le nouveau chapiteau les volutes étaient tournées vers la fa(;ade extérieure, il fallait échancrer l'al)àque vers les quatre coins pour pouvoir couvrir les volutes. La hauteur de l'abaque du chapiteau inni(iue n'est i>as considérable; il consiste tantôt en un listel, avec un talon au-dessous, taiitAt en un talon seul. Entre les volutes, le chapiteau est entouré d'une échine, au-dessous de lacjuelleil y a une baguette, accompagnée quehiuefois d'un listel; ces membres passent sous les volutes.

Le chapiteau corinthien est le plus élégant et le [)lus magniti(jue; il se distingue surtout, non-seulement par sa hauteur plus considérable , mais aussi par la richesse et le goi'it de ses ornements em[)runtés de l'acanthe. Vitruve donne à ce cliaf)iieau |iour hauteur le diamètre entier du pied de 1 1 colonne ; la sepiième partie de cette hauteur détermine, selon lui, l'épaisseur de ra!)a{]ue. On ne lui donnait pas, comme dans les chapiteaux dorique et ionique, la forme d'une dalle carrée, mais on l'échancrait aux quatre coins vers l'intérieur. Ordinairement les coins de l'abaque sont arrondis ; qucLjuefois cependant ils sont en angle aigu. Déduction faite de la hauteur de l'abaque, le reste du chapiteau doit être divisé en trois |)arties,dont les deux inférieures sont ornées d'une rangée de feuilles ; la partie su{)érieure est ornée de feuilles d'où s'élèvent des tiges de fleurs,

3ui se terminent eu netites volutes, dont eux de chaque cot.é dû chapiteau s'élèvent jusqu'aux coins de l'abaque, et deux autres plus petites se touchent sous le milieu de l'abaque orné d'une fleur.

Les variétés que l'on remarque dans le cha[)iteau corinthien annoncent que les Grecs n'ont suivi aucune règle fixe dans l'ordonnance et l'ornement de ce cha{)iteau, et que chaque artiste lui assigna l'ordonnance la plus convenable au caractère de l'édifice qu'il construisait, et qu'on lui donna tantôt plus, tantôt moins de richesse et de magnificence.

Ce ne fut que sous les Rojnains que le chapiteau corinthien reçut la forme déterminée qu'il a encore aujourd'hui.

Le chapiteau romain ou composite paraît composé de rioni({ue et du corinthien. Sa hau'eur est à peu près celle du chapiteau corinthien, auquel il ressemble encore par les deux rangées de feuilles d'acanthe qui ornent sa partie inférieure. Mais h la partie supérieure, il y a de grandes volutes qui ressemblent à celles du cha[)iteau ionique ; elles débordent au-dessous de l'abaque , descendent jusqu'aux feuilles de la seconde rangée, et ont entre elles une échine ornée, accompagnée en dessous d'une baguette ,

ainsi qu'on l'obsorve au chapiteau ionique, dans plusieurs anciens édilices de Rome.

Durant la première période architectonique du moyen Age, c'est-h-dire la période romnno-byzaniine, depuis le V siècle jusqu'au xn' inclusivement, les formes et les ornements tlu clia|>iteau ont considérablement varié. D'abord, et surtout dans les pays méridionaux, le chapiteau fut une imitation de l'antique. Cette iniitalion lut plus ou moins heureuse ; on y reconnaît toutefois sans diliiculté le ty|)e qui a servi de modèle. L'altération devint de |)lus en [)lus profonde. Enfin, on voit apparaître un nouvel élément, qui est h proprement jtarler romano-byzantin. L'art néo-grec a substitué une fonne cubique à la corbeille élégante de l'crchitecture antique, et a remplacé les feuilles saillantes par des ornements en basrelief, et môme ({uelquefois par des ornements i)eints. Peu à peu cette forme nouvelle, propre à l'art du moyen âge, se modifie à son tour et donre naissance à ces curieux chapiteaux qui font le plus intéressant caractère des églises du xi' et du xn" siècle.

Dès lors la forme, les proportions, le caractère du chapiteau , varièrent selon les provinces, selon les siècles, selon le goût, le génie ou les connaissances de l'architecte. Il serait difiicile, à cause de ces innombrables variations, qui ne semblent assujetties qu'aux lois du caprice , de classer méthodiquement et exactement ces chapiteaux, en prenant pour règle, soit la chronobigie, soit la géograph'ie. Ce n'est donc guère que par leurs formes générales qu'on peut les distinguer et les caract'riser.

Ce qui distingue par-dessus tout le chapiteau romano-byzartin du chapiteau antique, c'est la décoration iconographique dont il est souvent revêtu. Les chapiteaux historiés (lu \V siècle sont fort intéressants; on y voit des traits historiques re[)r 'sentes d'une manière très-naïve. Les sculpteurs ont une prédilection marquée pour les faits de l'Evangile et principalement pour les scènes terribles. Ainsi, on voit assez souvent le jugement, le pèsement des àmcs, l'enfer, des monstres qui dévor-entdes hommes , etc. Parfois les chapiteaux du xr siècle sont couverts de figures bizarres et fantastiques : on y voit des monstres, des chimères, des serpents enlacés, des feuilles ép.tisses, des bandelettes entrelacées, des cordes et des branches entre-croisées, des oiseaux becquetant des fruits, des colombes buvant dans un calice, des griffons, des centauies, ÛGs sirènes, et enfin quelc^uefois des obscénités.

Plus on approche de la fin de lapériode romano-byzantine, plus les chapiteauxsontchargés d'ornements etricliesde détails. G'estalors que l'on voit des chapiteaux à feuillages, dont réh'gance et l'originalité font des œuvres qui peuvent le (lisj)uter avec les jdus belles compositions anliqucsdu mOme genre.

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On s'al)uscr;iil élraiiscment si l'on prenait los lourds et disgracieux chapiteaux de certaines ô- lises rurales comme type de ce que Tarf roniano-by/.anlin a pu créer en ce genre; de mémo que Ton se tromperait si Ton s'inia^inait que l'art grec n'a créé que des cha- |)iteaux aussi parfaits que ceux qui sont ])rop(tS(''s pour modèles. Les artistes du xu' siècle ont seul ^'é des chapiteaux qui gagneraient lieauioup à être mieux connus. Il ser.iir à désirer (pie les plus beaux fussent soigneusement reproduits [tarie dessin et la gravure : les artistes modernes, dont le goût cs( le plus dilhcile, y trouveraient des formes aussi variées par leur originalité que gracieuses par la i>erfection et le tini des détails.

Terminons ce que nous avons à dire sur les chapiteaux de la période romano-byzantine, en donnant une nomenclature abrégée des piincipales variétés de chapiteaux, choisis parmi ceux qui ont été le plus fréquemment usités. On distingue donc :

Le chapiteau cubi(/uc ;

Le chapiteau conique rectiligne;

Le chapiteau co;?/</ue curviligne ;

Le chapiteau ciibi-conique ;

Le chapiteau cylindrique;

Le ch-ipiteau cordé ou en cœur.

Le chapiteau en tulipe ou en cloche;

Le chapiteau évase' ;

Le cliaj)iteau en corbeille ;

Le chapiteau en entonnoir. — Cette classification a été faile par M. Smith, dans son livre intitulé L'architecte des monuments reiiijîeux. Pour la forme du tailloir, voy. Abaque.

Durant la période ogivale, les chapiteaux prennent des formes nouvelles et une élégance singulière. Au xnr s ècle, on ne rencontre plus que rarement les formes cubiques , coniques , cylindriques ou autres du xr et du xir siècle. On abandonne entièrement les formes capricieuses de l'art romano-byzantin , et l'on y substitue l'ornementation végétale, tirée communément de la botanique indigène. Au lieu de l'acanthe des anciens artistes , on voit se dresser , s'étaler ou s'enrouler, sur la corbeille du chapiteau gothique, les feuilles d'eau ou de roseau, de vigne, de vigne vierge, de chêne, de rosier, de Irètle, de persil, de nénufar, auxquelles les xiv*" et XV' siècles ajoutent successivement l'acanthe épineuse, la mauve frisée, le c!iou, la chicorée, qu'on voit cependant s'épanouir plus souvent sous les corniches ou sur les côtés des pignons, que sur les cLapiteaux.

Le chapiteau du style ogival du xiir siècle est surtout caractérisé par la feuille à crochets, espèce de feuille de fantaisie enroulée à l'extrémité d'une façon très-élégante. Il y a quelquefois plusieurs rangs de feuilles ainsi recouib.'es, et on en voit sous 4es corniches extérieures et dans l'archivolte des hautes fenêtres. Le sommet des crochets forme un bouquet de feuilles ; et parfois les feuilles sont remplacées par une Heur à cinq lobes,

ou même par une tête humaine. D'autres fois encore les rangs de feuilles forment des couronnes superposées, ou bien ils sont divisés par un tilet. Lorsque les feuilles employées ne sont pas de nature <^ former volute, elles sont posées verticalement à ji'at, ou de manière à former lui galbe. On voit,encore des corbeilles de chapiteaux doublées en quclciue sorte comme par une es|)èce de frise ou de bracelet inférieur, séparé seulement par l'astragale, dont les ornements n'ont aucune ressemblance avec ceux du chapiteau.

Au XIV' siècle, les crochets disparaissent; le chapiteau ne se dessine plus aussi nettement sur la colonne , et s'engage avec celui des colonnettes qui remplit les vides du faisceau, ou avec cdui du pilier central , si oa le peut apercevoir.

Au XV' siècle apparaissent les feuilles frisées et galbées, et souvent , au lieu du chapiteau , on ne voit plus qu'une espèce de corniche courant tout autour du faisceau, sous laquelle ces feuilles rampent ou s'entrelacent. 11 arrive encore que l'on remplace le chapiteau par des figures ou des personnages représentant quelque trait d'histoire.

La renaissance française, au xvi' siècle , a créé une espèce de chapiteau qui n'a été emplosé que durant la première moitié du XVI' siècle , principalement dans les édifices civils : ce chapiteau a , aux angles, une espèce de volute ressemblant assez à une corne de bélier, et d'autres fois des feuillages agencés avec beaucoup de grâce , dans le genre des arabesques; on y voit aussi des mascarons, des animaux et même des ligures humaines. La renaissance conduisit rapidement à l'imitation pure et simple de l'antiquité et perdit tout caractère d'originalité.

11 est à renia (juer que la forme et les ornements des chapiteaux, durant la période ogivale entière, turent les mêmes dans tous les pavs où le style ogival présida à la construction des moiminents. C'est que , sans doute , il y avait une espèce de canon , dont les altistes ne s'éloignaient pas, canon réglé dans la contrée où ie style ogival eut constamment le plus de faveur, c'est-à-dire dans le centre de la France.

En Angleterre cependant les chapiteaux affectent des formes particulières , durant la période ogivale. En général ils sont composés de moulures plus ou moins saillantes et plus ou moins nombreuses , mais ordinairement unies. C'est par exception qu'on y voit des feuillages et des ornements; aussi , les chapiteaux sonl-ils assez dilliciles à classer, suivant l'éjtoque à laquelle ils appartiennent. Malgié leur grande simplicité, ils sont plus élégants au xiii' siècle qu'aux deux siècles suivants. Parmi les feuillages usités dans la sculpture des chapiteaux , on remarque assez souvent des feuilles de vigne , ce qui montre que l'exécution , ou du moins l'idée, en est due à des artistes étrangers à la Grande-Bretagne.

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