‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 141 sur 195 · CIE · texte numérisé non relu

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(liciuont si clairement la (Jéea(icnc(î do l'art (1) (-2). >)

« Assez ordinairement les pyxis étaient suspendus sur l'autel principal (3) ; cependant dans un assez grand notnljre d'églises on les plarait sur un autel i)articu!ier {h^), parce qu'on regardait connue {)lus conforme à l'esprit (le l'Kglise de ne pas mettre la réserve eucliarisli(pie en [)résence du saint sacrement. C'est la remarque que font le P. Gavantus (5), Baudry (G) et Dekicroix (7). Les tours, connue nous l'avons déjà vu | ar un passage de l'auteur de La gloire des confesseurs, restaient (piehpielbis h la sacristie ; Jean Gropper cxplujue ce passage du chroniqueur, en disant que la tour eucharistique était conservée dans ïepiscopiam, et qu'aux, jours des fêtes solenut Ihis et ii celles des martyrs, le diacre allait la chercher avant la consécration (8).

« A partir du xvi' siècle les columbarium, en France, tombèrent en discrédit. Cependant, au xvnr siècle, il y avait encore quelques colombes et quelques tours suspendues, comme le témoignent Pierre Lebrun et Claude de Vert (9). Elles sont maintenant reléguées dans les musées de province et dans les cabinets j)articuliers. On peut voir des coiombes liturgiques dans les collections de M. le comte de Bastard, de M. le colonel Dubois, do M. Garrand, etc. Aucune d'elles n'est antérieure au xii" siècle. Les tours atlectécs au même usage, dont se sont enrichis quelques musées, remonlent parfois à une époque plus reculée : tel est le pjjxis d'ivoire sculpté (vi*" siècle) que possède le musée de Cluny, formé par Aj. du Somme rard. »

CIERGE. — L L'usage des cierges, dans les cérémonies du culte chrétien, remonte au premier âge de l'Eglise et jus(iu'aux temps apostoliques. Cet usage, qu'il ait été introduit l)ar la nécessité ou qu'il ait été emprunté aux coutumes des [)aïens, a été sanctitié par l'Eglise, maintenu pendant toute la durée du moyen âge, et [)ersévèie jusqu'à nos jours. Ce qui est certain, c'est que les i)aiens

( l)D'Agincourt,// js(.£/er«r/ (Sculpture. — Tcxlc), p. -iï.

(2) Voyez Gori {Thésaurus dijpt., l. III, p. 71). On a donné à cette espèce de ciboire le nom iVArlopliorium. (V. Aunales de phil. chrét., t. XI, ait. de M. Gur-neliault.)

(3) Il en était ainsi à Saint-Gerinain-des-Prés, à l'abbaye de CInny (De consuet. mou. Cluu., c. 52), et :» Saint-Bénigne di; Dijon (D. Mart., />e (inl. munaehor. ritib.), etc., etc.

(4) Dans les cathédrales de Saint-Pierre de Rome, de Digne, de Lyon, deResançon, de Vienne; à Manrienne, dans les monastères de Moutiers, de Gasal, de Rnrsfeld, et dans la plupart des églises des l*ays- Bas. J.-IJ. Thiers, Dissert, écoles, [passim).

(5) Comm. in rubr. miss.

\G) Mou. sacr. cœrem.

(7j Purf. Eccles.

(8) .loli. Groppcr, De asserv. Eucli., p. i.'iL — Greijor. ïur., I. m, Da (ilor. confess., c. 8(i. — Flenry, i\lœurs des Clirét., p. ~>27.

^!J) V. anssi dispense, De adoratione Euch., cl L( Itiun iJesmarels.

se servaient de flambeaux dans les jours de cérémonies, comme dans les sacrifices et les mystères de Cérès. On en mettait aussi devant l.-s statues des dieux. Il y avait encoiedes illuminations à la porte des maisons où l'on célébrait quelque fôte. Ce qui n'est pas moins certain, c'est que les Juifs })ratiquaient l'usage d'allumer des cierges ou llambeaux dans le temple, et en plusieurs circonstances religieuses. On alluma des ciergi'S dans nos églises dès le firincipe, non-seulement pour donner de la lumière, pendant les odices de la nuit, ou dans l'obscurité des catacombes, mais encore par dévotion, pour donner plus de solennité à la fête, et dans une intention mystique. Ce qui le prouve, c'est un i)assage de saint Paulin, qui vivait au commencement du v' siècle, où il est dit que les chrétiens faisaient peinilre les cierges. Le quatrième concile de Cartilage, tenu vers la Un du iV siècle, ordonne que, quand on donnera l'ordre d'acolyte à quelqu'un, l'architliacre lui mette entre les mains un chandelier avec un cierge. Saint Jérôme, contre Vigilance, c. 3, marque que l'usage était dès lors d'allumer des cierges dans l'église, mais qu'on ne le faisait cependant point le jour. Que si quelques séculiers, ajoute-t-il, ou quelques femmes, le font par ignorance, ou par simplicité, quel mal y at-il ? On bt dans l'histoire de l'Eglise que les fidèles, enteriant le corps de saint Cyprien, martyr, au milieu du iir siècle, allumèrent des cierges, quoiqu'ils lui rendissent les derniers devoirs en public.

Nous compléterons ici, par quelques détails, ce que nous avons dit du cierge pascal. Voy. Chandelier.

Le Pontifical dit que c'est le pape Zozime qui est l'auteur de la bénédiction du cierge pascal ; mais Baronius remanjue que l'usage en est plus ancien, comme il parait par une hymne de Prudence. Ainsi, il croit que ce pape en établit seulement l'usage dans les paroisses ; jusque-là on n'en avait usé que dans les grandes églises. Le P. Papebroch nous en a expli(|ué |)lus distinctement l'origine dans le Conatus clironico-historicus^ ({ui est dans les Propylœum ad Acta sanvt. Mail, pag. 9, et dans les Parait poinena ad conatuin, qui sont à la fin du VU" tome des saints du mois de mai, pag. 19. Voici, en abrégé, ce qu'il en dit :

« Quand le concile de Nicée eut réglé le jour que l'on célébrerait lapàque, il chargea le patriarche d'Alexandrie d'en faire faire tous les ans le canon, et de renvoyer au pajjc. Toutes les autres fêtes mobiles se réglaient sur celle de Pâques, et l'on en faisait, chaque année, un catalogue que l'on écrivait sur un ciergo, que l'on bénissait solennellement dans l'église. Co cierge, selon l'abbé Chastelain, n'était point une chandelle de cire faite pour brûler ; il n'avait point de mèche : c'éiait seulement une colonne de cire f.iite pour écrire cette liste des fêles mobiles, et ({ui sullisait [lour cela

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durant un an. Car, dans l'autiquilé, quand on voulait que quelque chose durAt toujours, on la gravait sur le marbre ou sur lairain ; quand ou voulait qu'elle durAt longtemps, on l'écrivait sur le papier d'Egypte, ou sur de l'écorce d'arbre ; mais quand on voulait qu'elle durAt seulement quelque temps, on se contentait de l'écrire sur de la < cire. Dans la suite, on écrivit les fêtes mobiles sur du papier ou sur un tableau ; niais ou ne l.iissa pas d'attacher toujours l'un ou lautro au cierge pascal. Telle est l'ori.^ine de la bénédiction du cierge pascal ; cérémonie qui ne commença pas néanmoins sitôt à Home, comme il parait par VOrdo Romanus, dans l'ollice du samedi saint, où il est dit que cette bénédiction se fait seulement in forensibus civitatibus, mais non pas dans Roiue. »

Deux choses prouvent l'antiquité de cette cérémonie : premièrement, c'est que la formule d'invitation qui la précède est la môme qui se voit dans le bréviaire ambrosien, et q l'il semble, par deux missels très-anciens, que saint Augustin la po-ta de Milan en Afrique ; secondement, c'est que l'auteur du Traité du cierge pascal, qui se trouve parmi les ouvrages de saint Jérôme, était contemporain de ce Père et de saint Augustin ; ou même plus ancien, puisqu'il écrivait laniiée que Gratien fut trahi par son armée, m s dans les fers, et entin tué, c'est-à-dire l'an 383 de Jésus-Christ.

Au reste, le P. Papebroch croit que ce que l'abbé Chastelain pensait de cettj colonne de cire peut s'être observé à Rome ; mais il juge avec raison qu'ayant été instituée pour être une figure de Jésus-Christ ressuscité, et apparaissant à ses disciples, et afin que, pour représenter ce mystère, elle brûlât pendant les saints offices, jusqu'au jour de l'Ascension qu'on l'éteint ; cela suppose qu'elle avait une mèche, et que c'était véritablement un cierge. Saint Ennode, évêque de Pavie, au commencement du vi'= siècle, nous a laissé, parmi ses œuvres, deux bénédictions du cierge pascal. La forme de cette bénédiction n'était pas la même partout; la plus généralement reçue était celle que nous avons retenue et qui commence par Exultet jam angelica turba.

CIMENT. —Le ciment, en général, est une composition dune nature tenace, propre à lier et à faire tenir ensemble f lusieurs parties distinctes d'un membre d'architecture ou dune muraille. Les Romains ont fait des ouvrages imJestructibles avec le ciment employé seulement pour lier les pierres. Quelciueiois, par exemple pour des voûtes légères, il a remplacé la pierre môme et a acquis nue dureté et une solidité qu'elle n'eût peut-être pas offertes. 11 a servi aussi à faire des enduits que l'eau non plus que les siècles n'ont pu détruire.

Au moyen âge , on a composé des ciments ou mortiers qui n'offrent guère moins de rési.«,tance que les ciments romains.

L'examen du cinunl ou mortier, tel qu'on l'employait dans les éditices religieux, peut

oiïrir un caractère propre à en faire connaître l'Age dans certaines provnices. Ainsi, dans le centre de la France, en Touraine, en particulier, il est facile, à l'aspect des joints de pierre faits en mortier, de reconnaître les constructions du xr siècle et celles du XII'. Le ciment fait saillie entre les appareils, dans les murailles bâties au XI' siècle, et cette particularité est tellement remarquable dans certaines localités, comme à Saint-Mars-la-Pile, au diocèse de Tours, que l'on aperçoit encore le jeu do la truelle. En général les joints de mortier sont fort épais dans les grands édifices du moyen âge , et le mortier est composé d'un sable gros et serré. Les joints ont donné aux appareils un tel degré de solidité, qu'il serait plus facile de briser les pierres que de les séparer les unes des autres.

CLMETIÈRE. — \. Les cimetières ont toujours été en grande vénération parmi les chrétiens. Le concile d'Elvire, can. 3i et 35, défend d'allumer des cierges pendant le jour dans les cimetières.

Dans les premiers siècles, les chrétiens faisaient leurs assemblées dans les cimetières, comme nous l'apprenons d'Eusèbe, au livre vu de son Histoire ecclésiastique^ chap. 11, et de Tertullien, qui appelle areas les cimetières où l'on s'assemblait pour faire des prières. (Tertull. adScap., cap. 3). Valérien avait apparemment confisqué les cimetières des chrétiens, puisque Gallien les leur rendit par un rescrit public, qui est rapporté par Eusèbe [Lib. vu, cap. 3j. Il semble que les cimetières et les lieux destinés aux cérémonies de la religion y soient pris pour une seule et même chose. Comme les martyrs étaient enterrés dans les cimetières , ce fut là particulièrement que les chrétiens bâtirent des églises, lorsque Constantin eut donné une entière liberté. Voij. Catacombes.

Pendant de longs siècles, on enter, ait les morts uniquement dans les cimetières , situés autour des églises ; ce fut bien plus tard qu'on les ensevelit dans l'intérieur de l'église. Voy. Pierres tombales.

On trouve encore dans quelques cimetières des croix en pierre fort anciennes.

Le Campo-Santo, ou le cimetière de Pise, est, sous tous les rapports, un édifice digne d'admiration. Relativement à l'histoire des arts, il s'offre comme un de ceux où l'arcljitecture y est aussi remarquable que curieuse , et par l'étendue de son plan, la grandeur de sa conception, et la noblesse do ses usages, il est un des monuments les plus importants et les plus intéressants de l'EurOjie. Ubaldo, archevêque de Pise, conçut, en 1200, l'idi'e de ce vaste cimetière ; la construction n'en fut commencée qu'en 1218 , et terminée en 1283. Jean de Pise, le plus célèbre architecte de son temps, fut chargé de ce grand ouvrage, et y déploya une très-grande habileté. La longueur de cet éJifice est de 4-60 pieds ou 222 brasses, sa largeur de 76 brasses, sa hauteur de 24, son circuit en a 596, et le nombre toial des brasses carrées qu'occu^ie

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