‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 156 sur 195 · LA · texte numérisé non relu

LA

LA a ou SI b

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UT

Nota. Pour avoir la même gamme, une octave au-dessous de celle-ci , il faudrait multiplier ces résultats par 8. Ainsi l'octave en-dessous de sol, serait une cloche qui pèserait 8 fois HOO kil. produisant 35,200 kil. et donnant sol\

De même pour obtenir une octave endessus, il faudrait diviser ces résultats par 8. Ainsi l'octave au-dessus de so/' serait une cloche qui pèserait la huitième partie de 4iOO kilog. ou 550 kil., et donnerait ainsi sol'.

Nous supposons maintenant, ce qui arrive le plus souvent, qu'une église possède deux cloches, l'une en H bords et l'autre en 16 bo.ds, la première de 2" iO" de diamètre, la seconde i)lus petite, de l" 92% et qu'on

veuille remplacer ces deux cloches par quatre neuves donnant l'accord parfait m^', mi', sol\ ut^ en 15 bords ; on demande d'abord le poids des2 anciennes cloches, afin de pouvoir les céder en compte au fondeur; ensuite le diamètre avec le poids des nouvelles cloches dont il s'agit de confier l'exécution au fondeur.

Pour la solution de ce problème , il s'agit de prendre les chiffres établis dans les colonnes de ce tableau, et on trouvera d'abord que le poids des anciennes cloches est pour la première (voir A et A') 6292 kil. pour la seconde (voir B et B*) 3206 id.

Pour les cloches neuves :

La première donnant ut^ aura 3™ 00« de

Cl.O

liianirtro ; son boni soi-a de 00"' 2(V, et elle pèseiM, (voir C, C et C") l'i850 kil.

La tlciixii'ino donnant mi' aura 2" '»0'- (le diainùli-c ; son hord sera 0"' 16'', et elle pèsera, (voir

D, D' et D") TOOa La troisième donnant .so/' aura

2"" 00^ <li' diamètre; son bord aura 0" 1.33-, et elle pèsera (voir

E, K' vi E") 4 VOO La qu.itrièrao donnant w/' aura

1"' 50'' de diamètre; son bord aura 0'" 10s et elle pèsera (vo r

On voit qu'à l'aide de ce tableau il est facile d'obtenir tous les résultats essentiels qu'on doit connaître avant d'ontreiirendre ou de commander des cloches , et qu'on peut ôlre on mesuie de se meltre en i;arde contre rignorance ou la mauvaise foi de ceux qui usin-pent le titre de fondeurs de cloches, qui souvent vous en;i:agent dans des opérations ruineuses sans obtenir les résultats promis à l'avance.

Cet aperçu théoricjue nous a été communiqué })ar M. G. Guérin. On y trouve des renseignements très-utiles et qui, noasl'esj)érons , seront appréciés de ceux qui tiendront à se rendre compte d'une théorie scientifique fort diïïicile, et qui, jusqu'à ce jour, n'avait jamais éié résumée d'une manière aussi complète et aussi claire.

CLOCHER. — L Le clocher est un édifice ordinairement très-élevé,dans lequel on suspend les cloches. 11 diffère du campanile, en ce qu'il fait partie du corps d'un édifice, et que le campanile en est enlièremenl séparé. 11 diffère de la tour, en ce quil se termine par une pyramide ou un toit apparent, et que la tour finit par une plate-forme. 11 y a ordinairement dans un clocher deux parties bien distinctes : la tour ou le clocher proprement dit, et la flèche qui le surmonte.

L'histoire des cloches et leur emploi dans les églises, pour appeler les fidèles aux assemblées chrétiennes, conduit naturellement à celle des clochers. Néanmoins, il est certain qu'on a fait usage de clochettes ou de petites cloches, avant de songer à construire des clochers. Les édifices destinés à renfermer les cloches, à les placer très-haut, afm de permettre au son de se répandre au loin, ne semblent pas apparaître avant le vii° ou le VIII* siècle. 11 n'y en avait pas dans les basiliques primitives, et l'établissement en est entièrement dû à l'architecture chrétienne du moyen Age.

On a commencé vraisemblablement à placer les cloches dans la partie la plus élevée des églises, sur des assemblables do charpenti'. Ensuite ou a bâti des campaniles , c'est-à-dire des clochers isolés, comme ou fait encore en Italie. Il est à remarquer (jue beaucoup d'églises antiques en Italie, n'ayant point de clochers, furent pourvues de campaniles longtem[)S après leur construction première et leur fondation. Ces clochers carrés, que l'on voit à quelques moimments religieux de Rome et d'autres villes italien-

n«'S, (piel(iuefois s'a|)puieiit sur le ba|itistèie, quelquefois s'élèvent sm- les murs de l'église : ils ontjusquà six étages ornés d arcatures et de corniches. Ils sont construits enl)ii(pies, mais ordinairement sur un étage en grand afipareil ; burs arcs bouchés ou ouverts forment deux, trois ou quatre retombées portant sur des colonnetles de nuubro blanc, munies d'un tailloir énorme, et n'ont que deux ordres (l'ai chivoltes ou quelquefois trois, en y comprenant le larmier (pii les surmonte. Les corniches sont formées de dents de scie et de modillons en marbre b'anc ; les intervalles des arcs et des autres parties vides sont quehiuefois ornés de marqueteries fort simples ; ce sont des médaillons concaves, des croix grecques et latines, ou de simples carrés on porphyre , serpentine ou majolica; quelquefois enfin l'un des étages est percé d'un oculus , el plus haut on distingue deux ])etiles colonnettes et un arc saillants, figurant un petit porche suspendu. Telles sont, h quelques (.lifférenccs ]irès, les tours de Sainte-Croix en Jérusalem, de Saint-Georges au Vélabre, de Sainte-Marie Bouche de la Vérité, de Saint-Jean et Saint-Paul, deSaint-Barth;''lemi, de Sainte-Françoise Romaine, au Forum. [Voy, à ce sujet une notice fort intéressante de iVI. J. Renouvier, Bullet. monum., tom. Vil, pag. 318.)

Quoique nous ayons ou en France quelques campaniles aujourd'hui détruits, il serait peut-être difficile d'affirmer et de prouver que les architectes ont constammerit procédé de cette manière chez nous. Quoi qu'il en soit, des cloches assez pesantes et assez nombreuses furent placées d'assez J)onne heure dans nos églises. Il résulterait d'un passage d'Anastase le Bibliothécaire^ que le pape Etienne 111 fit élever, en l'an du Seîgneiif 770, une tour sur la basilique de Saint'-'Pierre, où. il plaça trois cloches pour appeler les clercs et le peuple à l'office divin.

Ce fut principalement à partir du xi* siècle et du XII' que les clocliers furent regar-dés corume des membres indispensables d'une église; mais leur emplacement était demeuré arbitraire, et le mode de construction variait en conséquence. Lorsqu'on n'en établissait qu'un, on le posait le plus habituellement au centre du transsepl. Souvent ce n'était qu'une construction en char])ente à toit coni(iue, recouvert d'ardoises ou de tuiles ; d'autres fois c'était une tour de pierre encore peu élevée, surmontée d'une pyramide; mais ailleui^s ce clocher était au-dessus de l'entrée de l'église, dont la base formait le porche ; ou bien c'étaient deux clochers, un à chaque côté de la faça'ie. D'autres monuments en eurent trois, deux à la façade et un au transsept, ou môme cinq, comme l'anti(pie et célèbre collégiale de Saint-Martin de Tours, deux à la façade, un à l'extrémité de cliaque bras du transse[)t, et le cinquièma sur l'intertranssept.

11 estpr-esque impossible de décrire foutes les variétés de clochers élevés durant la pé-

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rioJe roniano-bizantinc et la période ogivale. Nous nous bornerons à faire connaître les formes les plus communément usitées, et nous compléterons ces notions en dunnant une courte description des clochers les [dus célèbres de la France. iSous avons déjà donné la description des clochers les plus remarquables de l'Angleterre et de l'AUeniag-ne, à l'article Aiglille {Voy. ce mot). Nous renvoyons pour d'autres détails aux. articles Flèches, Tours, Campaniles.

Le clocher-arcade est la construction en ce genre la plus simple de toutes : on le rencontre, dans les campagnes, au-dessus du pignon des églises. Il présente une ou plusieurs arcades dans une petite construction élevée perpendiculairement sur le mur de la façade de l'édiiice, et surmontée d'un petit pignon ou gable à double égoût. Quelquefois ces ouvertures sont décorées de colonnettes et de diverses moulures qui en indiquent le style. On connaît des clochersarcades de l'époque romano -byzantine et l'époque ogivale.

La façade des églises roraano-byzanlines de quelque importance offre deux tours carrées, surmontées souvent d'une flèche trèsélancL-e, comme on en voit un exemple à l'église abbatiale de Saint-Denis, près de Paris, et à celle de Saint-Iilienne, à Caen. Les tlèches de Saint-Etienne de Caen s'élèvent sur une base octogone ou à huit | ans, et elles sont accompagnées, à leur naissance , sur chaque face, dune espèce de clocheton ou de tympan qui, quelquefois, comme à Saint- Denis, est remplacé par une pyramide supj)Oilée sur des colonneites. M. de Caumoiit pense que ces tlèch. s ne doivent avoir été faites que dans le courant du xii' siècle, et cela, parce qu'au xi' siècle on ne savait pas ajuster une pyramide à huit pans sur une tour carrée. Quoi qu'en dise M. Bàtissier, l'opinion de M. de Caurnont est la seule admissible en ce point, attendu qu'elle seule s'appuie sur les faits, et la con>truction d"S pendentifs des coupoles, construction qui eut lieu suitoul au xii^ siècle, ou à latin du xi^ siècle ne viendrait pas l'infirmer.

Quoi qu'il en soit, les clochers de la période romano-byzantine offrent une grande variété. En général, ce sont des tours carrées, à deux étages d'aï cades en plein cintre, ouvertes ou aveugles. Il arrive que les petites arcades, au lieu d'être cintrées, sont en mitre, comme on en voit un curieux exemple au clocher de l'abbaye de Menât, en Bourbonnais. Il y a cinq ou six clochers de ce genre dans le centre de la France. La toiir se termine rarement en j)late-forme ; (pielquefois elle est recouverte d'un toit pyramidal à quatre pans : ailleurs elle est surmontée d'une haute flèche, en pierre de petit appareil, à base hexagone ou octogone. Souvent, en passant d'un étage à un autre, les constructeurs abattent les angles des étages supérieurs. L'espace laissé libre par h'S quatre premiers angles abattus est occupé par des clochetons en forme de tourulle, de pyramide, oa de fronton. On peut

regarder le clocher de l'ancienne abbaye de Saint- Germain d'Auxerre comme un des mieux construits que l'on connaisse. Il y en a qui sont surmontés de tlèches beaucoup plus élancées, il est vrai; mais cette tour a un aspect de solidité qui n'exclut pas l'élégance. Quelquefois, dans la campagne, le sommet de la tour présente deux pignons, avec un toit à double pente, ou quatre pignons.

Aucune province en France ne présente autant de tours et de flèches élégantes de la période romano-byzantine, que l'ancienne province de Normandie. « Nos grandes églises (de Normandie), dit M de Caumont, n'éétaient pas moins vastes que celles des provinces centrales et méridionales. D'un autre côté, elles offrirent, vers la fin du xi' siècle, un élément qui ne s'est pas développé aussi bien, à cette époque, dans beaucoup d'autres contrées de la France, je veux parler des tours. Nus belles tours carrées, surmontées de leurs pyramides élancées, telles cjue nous en possédons en assez grand nombre dans nos campagnes, n'existent, je crois, nulle part à la môme époque, dans des proportions plus heureuses; et je ne serais pas surpris que l'impulsion donnée par Guil-. laume le Conquérant et ses successeurs à l'architecture militaire et à la construction des fiers donjons qui s'élevèrent à profusion des deux côtés de la Manche, eût inspiré nos architectes. Nos plus belles tours se rappiochent effectivement beaucoup du xi' siècle, par leur ordonnance, des beaux donjons de l'époque, et n'en diffèrent que par leur diamètre. »

Dans les églises ogivales, les clochers offrent moins d'étages ; il n'y en a souvent qu'un, présentant deux longues baies, dont les tableaux ébrasés sont garnis de colonnettes très-fines. Cette simplicité, au reste, va toujours en s'altérant, et au xv siècle, les tours, fréquemment garnies de contreforts, couverts de |)anneaux,offr.nt destypes ordinairement compliqués. A cette dernière époque, l'étage supérieur des tours, et même la tour entière, sont, dans un assez grand nombre de cas, de forme circulaire, ce qui avait été fort rare jusqu'alors. Au XV' siècle encore, la tour, ou carrée ou octogone, est surmontée d'une flèche pyramidale en pierre découpée à jour; les arêtes en sont ornées de feuilles grimpantes ou de crosses épanouies, et le sommet se termine par un bouquet de feuillages. Telles sont les flèches des églises de Thann, de Caudebec, de Ronfleur et autres.

En Angleterre il n'y a pas de clochers actuellement plus anciens que la conquête, et ceux qui jouissent en ce pays de quelque réputation sont bien postérieurs à l'invasion normande. Durant la première époque de la période ogivale, dans la Grande-Bretagne, on donna une élévation considérable aux clochers et aux flèches : on conserva paifois la forme de -la pyramide quadrangulaire, em-

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pruntôe au stylo roinano-byzantin , mais on 'adopta le j)liis corninuiiJ'iiKMit la forme hexagonale ou octogonale, ({ui est i)liis <''légante. A la base de la pyramide et dans la direction des quatrepointscardinaux,oii voit ordina rement quatre jolies fenêtres, ornées de moulures, do colonnettes et de feuillages : les angles de la tour sont couronnés de quatre clochetons. Durant la période du style anglais décoré, au XIV' siècle, les clochers furent surmontés de Huches très-aiguës. Il y a h;ibituellcment des galeries et des parapets à la base de la flèche, disf)Osés de manière <à servir de couronnement à la tour. La tlèche elle-même ne dill'èro pas essentiellement de celle du style anglais primitif ( xin' siècle); elle se dislingue seulement [)ar des détails, des ornements particuliers et une décoration j)lus abondante. On plaça alors fréquemment des feudles grimpantes sur les angles, et de distance en distance, dans le sens de la hauteur, de petites bandes ou ceintures qui enveloppent le corps de la tlèche et forment , dans les lignes , une interruption d'un ell'et agréable à l'œil. On observe des bandes ou ceintures d'une grande richesse d'ornementation, et (juelquefois les clochetons des angles sont réunis à la flèche par de petits arcs-boutants. On trouve de beaux exemples de ce genre h Il cathédrale de Salisbury ; à Newark, dans le comté de Nottinghani; à Uflin.:;ton et h Heckington, dans le comté de Lincoln; à Loddington, dans le comté de Northamptou; à l'église de Saiute-Marie, à Oxford.

Dans le style perpendiculaire angla's (xv^ siècle), on continua à construire les clochers sur le môme plan ; mais les détails et certains arrangements sont tout à fait particuliers ; d'ailleurs, à cette époque on éleva un petit nombre de flèches. Nous citerons en exemple ceux de l'église Saint-Michel, à Coventry ; de Kettering , dans le comté de Nortliami)ton ; de Laughton-en-le-Morthen, dans le comté d'Vork ; de Tous-Saints, à Stamford ; de Louth , dans le comté de Lin- "îoln.

Les anciens avaient placé la plus haute des pyramides d'Egy[)te au nombre des sejjt merveilles du monde, à cause de sa masse énorme et de sa hauteur prodigieuse. Ils avaient été frap[)és d'admiration en considérant l'imposante grandeur de ses proportions, les immenses diflicultés do tr-avail heureusement vaincues, et surtout l'élévation do sa tête, qui semblait se |ierdre dans la région des nuages. Combien les impressions sont ïtlus saisissantes, quand on est au pied de la îaeade de l'église cathédrale dt; Strasbourg ! La tlèche pyramidale le dispute en hauteur nu gigantes(iue Chéops ; mais (pielle <lillerence dans la hardiesse de la construction! Ici, c'est l'élégance la plus exquise, 'a grâce la [)lus parfaite ; là, c'est la lourdi'ur immobile, la solidité sans déguisement. La llèche de Strasbourg s'élance dans les cieux, aérienne et transparente ; la pyramide d'Kgyptc s'attache à la terre, ({u'ellc paraît écraser de son DiCTioNN. u'Arcuéclogh: sa^.rle. L

poids ; la première nous donne l'idée do la matière transformée, pour ainsi dire, sous le génie chrétien, prenant son essor vers le troue de Dieu ()Our y porter les vœux et les pr ères dos ti lèles; la seconde rampiî à la surface du sol, comme un de ces monstres a lorés j.idis sur les liv.igcs du Nil, n'osant lever la tôte au-dessus des roseaux qui bordent le lleuve. Il y a dans ces deux monuments toute la distance d'une archileclure sublime , inspirée par une religion divine , aux infirmes essais d'un art barbare et d'une civilisation au berceau !

Nous ferons ici une descri[)tion détaillée du célèbre clocher de Strasbourg. A|)rès avoir examiné successivement les dilférents portails, l'œil s'élèvfî naturellement vers la tour, qui peut se diviser en trois parties, dont la première commence à la voûte de l'église et s'étend jusfju'à la plate-forme. A cette hauteur, la tour, prenant une figure octogone, ne se soutient plus que sur la maçonnerie de ses angles. Vient ensuite la tlèche, qui s'(''lance majestueusem;'nt dans les airs; elle forme une pyramide octogone et h jour, dont les ai êtes sont autant d'escaliers tournants, au moyen destiuels on parvient à la couronne. Pour gravir ensuite sur la pierre octogone (pi'on a[)pelle le bouton, il faut se résoudre à monter à l'extérieur au moyen de barres de fer destinées h cet usage, et le voyageur ne seia récom )ensé de sa témérité, s'il ose braver le danger d une si périlleuse ascension, que parle [)!aisir de jouir d'une vue un [)eu j^lns éîendiie.

On compte 0:35 degrés de différente hauteur pour parvenir ai sommet de la tour. Il y en a DJ d.'puis le bas jusqu'à la première g,derie, 5 dei)uis cette galerie jusqu'au second escalier, 98 jusqu'à la grille de fer, 25 jusqu'à la por[e de l'endroit où sont les cloches, 73 jusqu'à l'escalier qui conduit à la platc-formo. 2i. depuis cet escalier jusiju'au logement des gai'des, et 5 depuis ce loge nent juscp'à la plate-lb me ; ce qui fait 329 degrés depuis le rez-de-chaussée jusqu'à cette f)artie. Delà on en compte 191 jusqu'à laseconde galerie, 3G jusqu'aux 8 escaliers tournants, le même nombre jusqu'aux i autres escaliers tournants, 2V juscju'au petit escalier qui mène à la lanterne, et enfin 19 jusqu'à la courorme, à partir de la^ueile on ne peut plus monter qu'extérieurem.'nt. Total, depuis la plate-forme jusqu'à li couronne, 321) degrés.

La plate-forme a 92 pas de contour ; elle est entourée d'une galerie en pierre. A la galerie sont hxés deux tablea.ix indiquant, avec une précision parfaite, la positi «n géographique des pnncipah'S villes, leur distance de cet édifice, et la hauteui-de ci' dernier audessus du niveau de la me/' : cette hauteur est de Go7 [)ipds jusqu'à la p ate-forme, de 77'i. jusqu'aux tourelles, et 886 jusqu'au sommet.

Four s'élever au-dessus delà plate-forme, on monte l'un des escalieis que renferment les quatre tourelles.

D'une exécution aussi élégante que légère, ces tourelles sont ciiticremcnt détachées de la

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tour principale, avec laquelle elles ne commun j(iuent que dans leur partie supéiieure, au moyen de ponts en dalles. L'une d'elles ^^-ontient deux esc^'iliers en limaron, exécutés sur un même noyau et de manière que deux personnes puissent k's monter ou les descendre en même temps, et se parler sans se voir.

De la galerie qui entoure le sommet de ces tourelles s'élève la ilèche pyramidale. Huit escaliers tournants très-étroits conduisent ensuite h la lanterne et à la couronne. Le percement des diverses voûtes est si artistement exécuté , que, de cette hauteur, l'ouverture qui se trouve à chacune d'elles est en ligne perpendiculaire avec celle de la nef, ce qui permet à la vue de pénétrer jusqu'au pavé Ultérieur de l'église.

La voûte, appelée Krcutz-Reihung , qu'on aperçoit lorsqu'on est parvenu au-dessus des qiiah'c escaliers tournants, est un morceau iiiagnitique que les étrangers ne peuvent se lasser d'admirer. Le dessin en a été fait par l'architecte Arhardt.

La hauteur de la flèche de Strasbourg est de 1^2 mètres 12 centimètres, ou 437 pieds et demi. Cette hauteur est prodigieuse et elle paraîtra plus surprenante encore, si on y compare les éditices les plus célèbres par leur élévation.

La flèche de Strasbourg. 4-37 pieds 6 p. Le fameux dôme de Saint- Pierre , à Rome. . . . 428 La tour de l'église cathédrale de Vienne. . . . 425 La coupole de Saint-Paul

de Londres 319 2

Ledomede la cathédrale

de Milan 233

Les tours de Notre-Dame

de Paris 204

Le dôme des Invalides, à

Paris 33V

La cathédrale de Chartres a deux clochers célèbres. Tout le monde en France connaît le fameux adage qui dit qu'une église parfaite devrait unir le chœur de Beauvais, la nef d'Amiens, le portail de Reims et les clochers de Chartres. Les deux clochers sont à la fagade principale : les tours qui accompagnent le grand portail servent de base à deux flèches élancées, dont l'une, plus sim- [)Ie que l'autre, est désignée communément sous le nom de clocher vieux, et se fait distinguer par des formes élégantes, sans être surchargée d'ornemenis. Nous avons vu des anti([uaires qui [)réieraient cette flèche austère a la tlècne commencée en 1507 et terminée en 1514, toute couverte de festons et de dentelles, et dont la réputation est partout répandue.

La cathédrale d'Autun présente une belle flèche posée hardiment sur le milieu de rinlertransse])t : elle fut bAtie au xv siècle, et otfre tous les caractères du style ogival tertiaire. A sa base est une balustrade enpiene découpée à jour d'une manière délicate : il est à regretter qu'elle soit bâtie en un calcaire grossier, qui se décompose trop aisé-

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ment à l'air. Les angles de la pyramide sont ornés de crosses végétales. Cet ouvrage remarquable est dû ;\ la munilicence du cardinal Kollin : il le ht construire après l'incendie de HGo, (jui réduisit en cendres l'ancien clocher et brûla la plus grande i)artie de la nef. La hauteur du clocher actuel est de 87 mètres 60 centim. au-dessus du sol.

On voit des flèches en pierre plus ou moins remarquables aux églises cathédrales dont les noms suivent : Angers, Bayeux, Bordeaux, Coutances, Lugon, Mende, Metz, Séez, etc.

CLOCHETON. — Les clochetons sont de petites tourelles surmontées de pyramides et dont l'usage principal est de flanquer les gables, de surmonter les contre-forts, de garnir les flèches à leur point de départ. Ils n'ont pas uniquement un but d'ornementation; ils servent encore, surtout sur les contre-forts, à donner plus de solidité au point où l'arc-boutant vient s'appuyer, en pesant fortement en cet endroit. On confond généralement le clocheton avecle pinacle, et il faut avouer qu'il est difficile de les distinguer par la forme et l'ornementation : la seule particularité qui pourrait servir aies caractériser, c'est leur position dilférente.

On ne rencontre jamais de clochetons dans les monuments antiques: c'est un membre d'architecture propre à l'art chrétien. Ils ne commencent à paraître que dans les monuments du XI' siècle, et ils suivent ordinairement la forme des flèches en pyramides, qui surmontent les tours. Ils sont carrés, hexagones, ou octogones, à angles lisses ou oinésde feuilles grimpantes, selon que les flèches elles-mêmes sont carrées, hexagones, ou octogones, à angles simples ou ornés. Cette seule indication sulfirait déjà pour guider dans l'appréciation de l'âge de cette partie pittoresque de nos éditices religieux.

Les clochetons servent d'abord d'amortissemeut à des tourelles : ils ont alors assez souvent la forme d'un cône tronqué et arrondi au sommet. Au xn' siècle , ils deviennent assez communs; ils accompagnent la flèche et en empruntent la forme élancée. La présence des clochetons à la base de la pyramide est nécessaire pour dissimuler les vides que laisserait la construction d'une flèche octogonale sur le sommet d'une tour carrée.

Durant la période ogivale, les clochetons sont assis au sommet des contre-forts et des niches. Ce sont d'abord de simples pyramides, dont les quatre faces sont nues ou garnies d'écaillés de poisson. A dater du milieu du xnr siècle, les arêtes se hérissent de feuilles dont la pointe se dirige en haut ou en bas, selon le goût en vogue à cette époque, il arrive aussi quelquefois que les clochetons de grande dimension, [lour imiter mieux la flèche, se cantonnent, à leur base, de quatre autres clochetons plus petits.

Les clochetons ne sont pas toujours libres et dégagés. 11 y en a qui sont appuyés sur les faces des contre-forts et engagés dans l'épaisseur de la muraille. C'est alors un simple ornement, et les côtés inclinés en sont habituellement ornés de feuilles.

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La renaiss.mco fr;in«jaise construit des clochetons en forme (Je petits temples ronds, surinont(^'S d'une coupole.

On confond souvent, dans les descriptions, le clocheton avec le pinacle, comuic nous l'avons dit ci-dessus, et surtout avec le petit pignon. Le mot pinacle peut convenir h l'un et à l'autre ; copendan', il est bon de le réserver exclusivement [lour tous les couronnements qui n'ont pas la forme de petit clocher ou de petite tlôche. Quant au pignon, il dilfère essentiellement en ce qu'il n'est en réalité qu'un simplefronton, et qu'il est essentiellement vertical, tandis que le clocheton a toujours |)lusieurs foccs. même lorsqu'il n'est pas enticM'cment isolé.

Les clochetons en bois ou en pierre surmontent fré(iuemment, h partir du xv" siècle, les riclies boiseries formant les st.dles, et ces cloisons élégantes que les Anglais appellent screen-work.

CLOCHETTE. — Dès l'anliouité la plus reculée on faisait usage des clochettes en différentes circonstances. Quand les Romains obtenaient les honneurs du triomphe , on suspondail au char triomphal une cloclielte avec un fouet, pour faire souvenir le tr om- [)!ialeur qu'il était sujet aux vices et aux intirmités de la nature humaine , et qu'il pouvait mériter dèlre condamné à des peines infamantes.

On s'est servi de clochettes de bonne heure dans nos églises. Voy. Cloches. Un des f dts les plus singuliers, c'est qu'on suspend lit des clochettes au bas des ornements sacerdotaux.

Nous nous contenterons de rapporter le fait suivant :

En 806, Guillaume, gouverneur d'Aquitaine, en entrant dans le monastère qu'il avait fon lé dans les montagnes de Gellone, déposa le pieux fardeau dont il était chargé. H offrit à l'église la vraie croix, qu'il tenait de la libéralité deCliarlemagne; les reliques des saints, et de riclu'S offrandes qui furent placées respectueusement sur l'autel du saint Sauveur. C'étaient des calices d'or et d'argent, avec leurs offertoires, des vêtements de soie , des étoles cousues d'or , des manteaux d'outre-mer, ainsi que des sacramentaires, des évangiles et d'autres manuscrits aussi précieux que nécessaires. Des ornements dorés et enrichis de pierreries furent aussi distribués aux divers autels du monastère. Parmi les dons qui sont spécialement désignés était une petite chjche d'argent, (jui fut suspendue à la voûte de l'église, près d'une be le fenêtre vitrée, d'oii elle annonçait ciiaque heure du jour, et charmait, par sa douce et claire mélodie, les oreilles et le cœur de ceux qui pouvaient l'entendre.

C'est l'auteur des Miracles de saint Guillaume (ap. Boll., 28 mai) qui nous fait connaître cette cloche , en nous apprenant qu'elle fut brisée par un démon chassé du corps d'un [)0ssédé. Dœmon... cxiens pcr fenestram vitrcam satis dccoram satisque spcciosam, eodem momento conccssit (vel concussil)

scillam argenteam ad tcmpli laquearia suspensam quam B. Wiltrlinus illuc secum detulcrat et cum multia (dits prœclaris donariis ad laudem I)ci ohtulerat : quœ per singulas horas opus Dei prima dcnuntiahnt et vocis suœ melodia aures audientium ac mentes dc~ mulcendn excitabat.

CLOITKE. — Le cloître, dans les abbayes et les monastères, est la principale partie des lieux réguliers, et consiste en un carré de bâtiments com|)ris en quatre galeries , lequel est placé d'orilinaire entre l'église, le chapitre et 1 ■ réfectoire, et au-dessus duquel est le dortoir. Les cloîtres servaient à plusieurs usages anciennement dans les monastèr.'S : 1" c'était Ih que les moines faisaient leurs lectures, comme il paraît par ÏEpitome de l'empereur Louis, sur la règle de saint Benoît, la Concorde de saint Dunstan, cap. 5, les actes de saint Volgang, cap. 7; c'était du côté qui touchait l'église que l'on faisait la lecture morale, c'est-à-dire au nord ; 2" du côté de l'occident se tenait la classe; 3" à l'orient était le chapitre. C'est Pierre de Blois qui fait cette distinction dans son sermon xxv. Du Cange en conclut que ces différents exercices se faisaient dans le cloître même; mais il paraît s'être trompé: ils se faisaient dans des batimenls attenants au cloître.

Il y avait autrefois en France des cloîtres auprès de plusieurs grandes cathédrales, et il y en a de cette espèce auprès de la plupa<-t des cathédrales d'Angleterre. Cette disposition rappelle le temps où. les chanoines vivaient en commun; ce qui explique aussi l'origine de plusieurs cérémonies et usages qui ont continué d'être gardés, même 1 irsque les chanoines ont été sécularisés. On trouve encore en cela l'explication de la construction des cloîtres, comme à la catliédrale de Tours, longtemps après que les chanoines ne menaient plus la vie régulière. Ainsi, les cloîtres ont donné naissance à plusieurs coutumes religieuses, et plus tard ces mêmes coutumes ont occasionné la construction des cloîtres, môme dans un temps fort voisin de la renaissance.

11 y a encore en France plusieurs cloîtres fort curieux, notamment à Arles, h Elue, ,\ Aix, à Tours, à Saint-Vincent deChâlons-sur- Saône, à Saint-Aub n d'Angers, etc.

Cloîtres de Saint-Jean de Latran et de Sainf- Paul-hors-dcs-Murs, à Rome. — Par une coïncidence singulière, les incendies qui ruinèrent ces deux églises cà deux époques très-éloignées, en 1300 et en 182.'}, ont respecté les cloîtres qui y avaient été ajoidés vers la fin du xir siècle. L'. rchitecte, n'étant pas gêné ()ar l'emploi de vieux matériaux: et retenu I)ar des ttadiiions toujours imposanti s à Uome , a pu consiru re dans le système adopté partout au \\i' siècle. Les quatre galeries de ces cloîtres se composent d'arcades à plein cintre, disposées par deux, trois ou ci:iq, entre de grosses colonnes ou des piliers, et retombaiit sur des colonnettes simples ou accouplées. Les fûts sont extrêmeuient variés : unis, cannelés,

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rudenlés, entrelacés; les cha|iite;iu\ sculi)!('s en feuilles et dessins variés. Toutes les archivoltes, les frises et les corniches de l'enlahlenient qui les surmontent sont garnies de marqueteries polychromes ; des pierres dures colorées, des b.onzes, des émaux d'or et d'argent, y forment des treilles, des palmettes, des rinceaux, des gammades et tous les compartiments propres au style romanobyzanîin. Les chapiteaux, les fûts même, portent quelquefois de petites marqueteries. Quelques tètes plaies et quelques animaux bizarres sont les seules sculptures qu'on y remarque. Toutes les galeries sont couvertes par une voûte d'arête. Malgré le luxe de leur ornementation, cescloîtres n'ont pas la grAce et l'originalité ordinaires au style romanobyzantin; leur effet résulte plutôt de la polychromie des petits matériaux employés, que de l'arrangement architectonique et de la saillie des sculp:uros, et cet effet est petit. Ces galeries sont aujourd'hui remplies d'antiquités de toutes les époques.

Cloître de Sainl-Trophime, à Arles. — Ce cloître célèbre est formé par une galerie quadrangulaire , enfermant un préau dans son centre. Toutes les parties de cette enceinte ne paraissent pas être de la même époque. Les galeries du nord et du levant sont évidemment les plus anciennes. Au premier coup d'œil, elles semblent appartenir à la même époque que le portail de léglise: on retrouve cependant des différences notables dans leur consiruction. On s'aperçoit que la galerie du nord a été élevée la première. On y reconnaît le style romanobyzantin dans toute sa pureté, avec son caractère noble et grave, ses colonnes courtes, ses clja[)iteaux presque romains, son cintre [)aifint et la sobriéîé de ses ornements. Celte galerie est d'ailleurs mieux bâtie et l'appareil plus soigné; tandis que la galerie du levant montre l'art romano -byzantin expirant et prêt à céder sa place à l'ogive.

Ces deux galeries présentent des anomalies de construction assez remarquables. Les colonnes, la plupart assei grossièrement galbées, sont, les unes rondes, les autres à pans; ici, les bases sont carrées ; là, elles sont polygonales; quelques colonnes sont en marbre blanc, d'autres en cipollin ou en marbre rouge. Il e-t évid'Mit qu'elles ont été taillées dansdes fûts antiques. On remarque, dans la galerie la plus ancienne, quelques cha|)itpaux à personnages, représentant des traits cm[)runtés aux livres saints ; mais la plupart sont corinthiens. Le travail en est généralement pur, les détails nets et bien fouillés, et le dessin correct et élégant.

Les ga'eries du midi et du couchant sont de la fin du xv' siècle et ap[.artiennenl au gothique le plus orné. Ici, l'ogive a remplacé le cintre, les colonnes sont plus sveltes, les chapiîeaux sont décorés de pampres traités avec une extrême délicatesse et chargés de cnrimx bas-reliefs; les voûtes ogivales sont traversées, dans Tintervalle des arcs-doubleaux, par des nervures à filets qui se croisent au sommet et retombent de

cha(iue côté de la galerie sur des piliers formés f)ardes groupes de colonnettes. Dans celle du midi, les piliers correspondant aux arcsdou!)leaux sont décorés de niches richement oi-nées et accompagnées de dais sculptés à jour. Ces niches étaient autrefois garnies de statues.

Dans les entre-colonnements sont placées les ligures des saints apôtres. Les grands panneaux des pilastres des angles représentent des sujets du Nouveau Testament, traités avec une verve , une variété d'expression et une délicatesse de ciseau admirables.

Cloîtres des cathédrales d'Angleterre. — Nous avons donné une courte description des principaux cloîtres des cathédrales d'Angleterre dans la notice qui se trouve cidessus sur ces monuments. Voy. Cathédrale.

Cloître d'Aschaftembourg. — Dans l'église nommée Stift , c'est - à - dire Fondation, vous trouverez du roman grossier et rude, du roman Henri aux entre-lacs de fleurs et d'oiseaux , des ogives à lobes finement découpés.

Quant au cloître, c'est un resfe précieux du roman de transition, qui précéda l'architecture ogivale du xni' siècle. Il est composé de quatre promenoirs dans la direction des quatre points cardinaux ; chacun d'eux est divisé en travées percées de trois arceaux ; celui du milieu domine les autres, bien que la retombée des trois se fasse sur la même ligne horizontale; quatre colonnes et deux pilastres dolés sur les angles reçoivent ces arceaux, légèrement surhaussés et sans archivoltes : car l'archivolte est remplacée par une saillie du mur, c[ui suit la courbe des arcs. Nous n'avons pu nous rendre compte de l'élévation inégale du mur d'appui qui reçoit les colonnes , généralement grêles rel liivement aux bases et aux chapiteaux , dont les ornements sont empruntés à la nature végétale. Les chapiteaux sont presque' tous variés dans la masse et dans les détails : les uns en consoles rappellent comme un souvenir des chapiteaux à volutes de l'antiq lité ; la corbeille des autres ressemble à un cône tronqué et renversé ; ceux-ci sont en forme de pyramide, la base en haut, et s'amortissent en cône tronqué; ceux-là sont à crosses feuillagécs, d'une belle composition et d'un beau travail. Les bases des coloimes n'ont pas plus de similitude entre elles que les chapiteaux ; quelquefois elles se composent d'un tore, d'une scotie, d'un asiragale ou d'un listel, puis d'un gros toi e et d'une plinthe. Dans celles-ci le tore inférieur et la i)l:nthe sont réunis par des eml)atements en forme de petites bornes, placés sur la diagonale de cette plinthe ; d'autres fois une scotie, élevée et sans profondeur, sous un tore arrondi, et une espèce do pyramide tronquée et aplatie, dans la forme de certains chapiteaux romans, sur une plinthe qui n'en est distinguée que par un trait de gouge, forment une autre base ; enfin, il en existe dont la scotie est presque invisible.

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et la|)Iupart ont des plinthes de différentes iiauteurs.

CLOTURE DU CHOEUR. - - I. La clôture du chœur ne fut, dans le principe, (ju'une simple cloison, que l'art embellit ensuite. Ce l'ut le plus ordinairement une addition h la construction jjrimitivc. Cette disposition , fort ancienne, dans les églises d'Occident, prit un grand développement au xin' siècle. Elle se composa d'une muraille assez élevée, établie entre les piliers du sanctuaire ; de nombreuses sculptures la décoraient au dehors et au dedans du chœur; sur le (levant, Un jubé, oll'rant tout le luxe de l'arclîiteclure et de la statuaire, permettait de faire la lecture de l'Epître et de l'Evangile sur un point sufllsamment élevé pour qwe les assistants prissent part à cette pnrtie importante de la cérémonie religieuse. Malheureusement presque tous les beaux jubés du moyen âge sont tombés en France. Voy.

Jubé. Quelques catliédrales ont conservé la clôture du chœur; mais elle n'est pas antérieure au XIV' et au xV siècle ; celle du chœur de Notre-Dame, à Paris, est du xiv' siècle ; celles de Chartres et d'Amiens sont jiostérieures.

Ecoutons, sur la destruction des jubés et dos clôtures du chœur, les plaintes éloquentes de l'auteur des Églises gothiques (vol. in-1'2, par M. Smitii) : « Ce sanctuaire, que le moyen âge dérobait aux yeux avec tant de soin, au-dessus duquel planait un nuage d'encens, qui rappelait cette nuée qui vint se reposer sur le sancluaire du temple de Jérusalem au moment de la consécration, ce sancluaire est aujourd'hui ouvert de toutes parts. On prétend que ces clôtures n'ont aucune signification. On nie et la tradition de l'ancien sanctuaire conservé dans le nouveau, et l'allégorie du voile qui se déchira du haut en bas, au moment solennel où le sacrifice fut consommé, allégorie si bien représentée [)ar l'ouverture de la riche portière du jubé gothique, au moment de la consécration. On ne veut voir dans ces riches barrières, où l'art avait prodigué toutes .'jes magnificences , comme à Notre-Dame de Paris, à Notre-Dame de Chartres, à Notre- Dame d'Amiens, à Sainte-Cécile d'Alby, que de mesquines précautions prises contre le vent et le froid, par les chanoines, au tem])S où ils chantaient matines au milieu de la nuit. Le clergé tout-puissant du moyen Age célébrait les saints mystères dans cette enceinte, impénétrable aux regards et i>resque à la pensée ; depuis, le célébrant n'a pas rru pouvoir jamais être assez en vue. Alors on a abattu les jubés et les clôtures qui le dérobaient aux regards. »

En Angleterre, les clôtures du chœur s'appellent screen, et la partie antérieure est désignée sous le nom de rood-screen , parce qu'elle était surmontée d'une croix, avant ré[)Oque de la prétendue réformation. Dans le symbolisme des églises, l'arc antérieur du rood-scrern, comme séparant le chœur d'avc'j la nef, indique littéralement la séparation du clergé d'avec les laïques ; mais sym-

boliquement il exprime la division entre l'Eglise militante et l'Eglise triomphante, c'està-dire la mort des tidèles. Otte pensée est exprimée d'abord dans le grand symbole par excellence, la croix triomjjhale, l'image de celui (pii par sa mort a vaincu la mort, et qui a devancé son peuple en traversant la vallée ténébreuse. Les images des saints et des martyrs apparaissent dans les panneaux inférieurs comme nos modèles dans la foi et la patience ; les couleurs qui bril!enl dans la clôture même nous parlent de leurs épreuves : le rouge cramoisi dépeint leurs tourments ; l'or, leurs victoires. Les sculptures il jour, si curieusement travaillées , sont l'emblème de ce voile qui cache encore à l'Eglise militante la vue des choses céJes'es. Et parce que les bienlieureux martyrs ne sont passés de ce monde dans l'autre que par la voie d'amères souffrances, de même les moulures de l'arc du jubé représentent les divers genres de tourmen'.s auxquels ils furent soumis. La foi fut leur soutien, et elle doit être le nôtre; la foi est donc représentée dans ses articles principaux sur certaines moulures du jubé ou do la clôture, comme cela se voit à l'église de Bishop'-Hull (Sommerset), par le credo en lettres dorées et en relief; ou bien elle est représentée par quelque action notable dont elle fut le principe. Ainsi, dans l'église de Cleeve (Sommerset), l'histoire de la destruction du dragon parcourt non-seulement la clôture du jubé, mais aussi la clôture du nord. M.iis comme la puissance des malins esprits s'exerce contre nous jusqu'au momei.t où nous (juitlons ce monde, et non après, les formes les plus horribles sont aussi quelquefois sculptées sur le côté occidental de l'arc du jubé. Les remarques qui précèdent serviront peut-être à éclaircir yne difliculté que plusieurs archéologues ont de la peine à s'expliquer. Comment se fait-il, puisque le chœur est infiniment plus orné que la nef, que ce soit le côté de l'ouest ou de la nef, et non le côté de l'est ou du sanctuaire, qui reçoive invariablement la plus grande part de l'ornementation? La voie étroite qui conduit au royaume des cieux est figurée i»ar l'excessif rétrécissement des arcs de la clôture normande, et la séparation finale de l'Eglise triomphante d'avec tout ce qui est impur se révélait dans le jugement dernier qu'on retrouve presque toujours peint à fres([uo au-dessus de la clôture, et dont il existe encore plusieui s spécimens, entres autre celui de la Trinité à Coventry, et beaucoup d'autres qu'on découvrirait encore, si l'on se donnait la peine de gratter le badigeonnage qui recouvre souvent ces endroits. Non-seulement le jugement général, mais encore le jugement particulier y est représenté. Sur le côté sud du mur du sanctuaire de l'église de Preston (Sussex) est une fresque- dont le sujet est le i)èsement des âmes par saint Michel : le démon est là à côté, avide de sa pioie; mais, |)ar l'intervention de la sainte V^ierge, la balance f)enclie en faveur du pécheur. Il evislait [U'obabh-ment autrefois au-

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dessous de cette pointure un autel dédié h la sainte Vierge. Les actes iiis(iircs par la foi sont dé|)eints dans dos positions analogues. Ainsi, dans la mtMue église, sur le mur septentrional du î^anctuaire, se trouve Je niartyie de saint Thomas d.'î Canlorbéry, peint à fresque. Il existe quelquefois des rood-screen h double arcade, très-remarquables, à Trinedon, à Wells, à Darlington (Durham), et à IJarton (Cumberland). [Du symbolisme dans les églises du moyen âge , par MM. Neale et Webl), chap. viii, p. 1%.)

Avant de donner la description de nos plus célèbres clôtures de chœur en France, nous placerons ici l'article archéologique des screen ou clôtures de chœur, traduit du (ilossairc d'architecture publié par M. Henry Parker :

« Screen, clôture servant à séparer une parlie d'une salle ou d'une église du reste de l'édifice. Dans les salles domestiques du moyen Age on établissait le plus ordinairement un screen vers la partie inférieure de l'appartement, de manière à former une espèce de vesîitiule. On entrait dans la sdle par une ou plusieurs portas ouvertes dans le screen; celui-ci était en bois, et à sa partie inférieure, jusqu'à la hauteur d'environ 8 pieds, il était formé de panneaux, pleins, tandis que la partie supérieure était découpée à jour. Dans les églises, les screcns furent employés à divers usages, comme d'entourer le chœur, de servir de clôture à des chapelles particulières, à protéger des tombeaux, etc. Celui qui était placé à la partie occidentale du chœur fut généralement app-'lé rood-screen, ou screen de la croix, parce qu'on y plaçait une croix à la partie la plus élevée et au milieu, avant l'époque de la l'éformation. Le screen était fait de bois ou de |)ierre, et enrichi non-seulement de moulures et de sculptures , mais encore de l'éclat de la dorure et de la peinture. Le roodscreen dans les cathédrales et les grandes églises était communément clos dans toute sa hauteur, mais souvent aussi la partie inférieure seulement, jusqu'à la hauteur d'environ h pieds, était fermée, le reste étant découpé à jour. Le plus ancien spécimen de screen qui soit mentionné se trouve à l'église de Compton (Suirey); il est en bois et porte les caractères de la transition du style romano-byzantin au style ogival primitif. 11 consiste en une série de petites colonnettes octogones, avec chapiteaux sculptés, sup- I)ortant des arcades simples semi-circulaires. Les spécimens qui restent du style ogival primitif sont en pierre : quelques-uns sont des murailles closes, ornées plus ou moins de panneaux , d'arcades et autres motifs de décoration; d'autres sont fermés seulement h la partie inférieure, et ont la partie supérieure formée d'arcades ouvertes à jour. On voit des exemples de screens du style du xiv* siècle à l'église de Stanton-Harcourt, dans le comté d'Oxford, et à l'aile septentrionale du chœur de la cathédrale de Chestor. La partie inférieure est simple et la partie supérieure consisie en de |ietiles arcades

à plusieurs lobes, appuyées sur des colonnettes annelées ou meneaux élancés. On trouve des screens de la dernière partie du xiv' siècle dans les églises de Northtleet, de Newington et d'.Xrtford , dans le comté de Kent ; à Bignor, dans le comté de Sussex ; à Cropedy et à Dorchester f Oxfordshire ); à Sparsholt (Berks) ; à Lavenham (Suflblk) ; à Morden Guilden (Cambridgeshire), et en plusieurs autres lieux. Tous ces screens ont leur base solide, et leur sommet découpé à jour, formé de meneaux en colonnettes portant un ri'scau surmonté d'une corniche. Les screens en pierre de cette même époque sont trèsvariés et souvent très-riches. Quelques-uns ont leur sommet entièrement à jour, comme ceux de bois, et quelques autres sont en entier clos et enrich s seulement à leur surface de panneaux, d'arcales, de niches, de pinacles, de fleurs et de feuillages, et d'autres ornements caractérisliques du style ogival secondaire. On en connaît de curieux modèles à Lincoln, dans quelques autres cathédrales ou églises importantes. Les screens dans le style perpendiculaire anglais, du xv' siècle , sont très-nombreux et offrent une extrême variété dans la combinaison de leurs ornements. Il y en a quelques-uns qui sont décorés avec la profusion Ja plus extraordinaire et la déUcatesse la plus exquise. »

Clôture du chœur de la cathédrale de Paris. — Cette clôture était autrefois chargée sur 5es deux faces de sculptures remarquables : relies de l'intérieur représentaient l'histoire Ge la Genèse; elles avaient été exécutées, en 1303, aux frais du chanoine Fayet; celles de l'extérieur, dont une partie a écliappé aux actes d'un vandahsme impitoyable, offraient, dans une multitude de scènes variées, toute la suite du Nouveau Testament. Ces figures, exécutées en plein relief, sont l'ouvrage de Jehan Bary et de Jehan Bouteiller, son neveu, tous les deux maîtres-maçons et imaigiers de Notre-Dame en Van m.ccc.li. On admire dans tous les groupes qui composent encore la clôture une grande naïveté de pose et d'expression. Le dessin n'est pas, sans doute, irréprochable partout, mais au point de vue de l'art et de la science, ces statuettes n'en sont pas moins intéressantes. Elles avaient été peintes et dorées primitivement, comme celles d'Amiens : on ne voit plus que des restes de peinture et de dorure propres à faire soupçonner leur ancienne magnificence, propres 'aussi à nous initier aux procédés employés dans leur décoration.

Clôture du chœur de la cathédrale de Chartres. — La clôture qui environne le chœur est enrichie d'une curieuse suite de bas-reliefs dans le genre de ceux qui ornent la clôture des chœurs de Paris et d'Amiens. Ce travail fut commencé en 1514, sur les dessins de Jean Texier, dit communément Jean de Beauce. H est aussi digne de fixer l'attention par sa disposition générale que par la multitude et la délicatesse des ornements. Le xvr siècle avait perdu la premièro qua-

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