‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 157 sur 195 · COEU · texte numérisé non relu

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lité du st.vlo, qui osl la simi)licilc, mais il avait v< uiii se lormor un caraclèrc Sjiéciai par l'abniKlaurc ol la perfection des ornenieuts, (pi'il répandait partout avec prodi;j;alité. Les dessins les [ilus capricieux , 1 s feuilles les plus lincment découpées, les arcades, les frontons, les dentelles, les ai.^uilles, se pressent et s'unissent étroifenient. Quarante groupes, composés de nond)reuses statuettes, représentent les i)rinci[)aux traits de la vie de Nntre-Seigneur et do la sainte Vierge. Cliaijue trait d'iiistoire est séparé par des i)ilaslres décorés d'une profusion d'arabesques et d'ornenients d'un excellent choix. Sous certains rapports, la ( lùture de Chartres est inféi'ieur > à celle d'AIbi , mais elle ne doit pas moins être considérée comme un des plus reiuarcjuables exem[)les de ces belles enceintes du moyen Age.

Clôture de la cathédrale d\\miens. — Cette clnture est une des mervci'les du genre; elle est composée d'une suite de beaux groupes de statuettes en pie.re, reproduisant divers traits de la vie de saint Firmin, ses prédications, ses miracles, son emprisonnement et son martyre; la découverte de son tombeau par saint Salve à Saint-Acheul, son exhumation et la translation de ses précieux restes. Les sculptures , surmontées d'un couronnement de la plus riche ef de la plus délicate exécution, conservent quelques restes des peintures et des dorures cjui les embellissaient autrefois. On a cherché, il y a peu d'années, à faire disparaître les (races du vandalisme aveugle des hommes de la révolution, en restaurant avec soin les parlies mutilées. Les travaux exécutés par MM. Duthoit, d'Amiens, et Caudron, de Paris, sont généralement heureux, quoiqu'ils ne soient pas partout irréprochables.

Clôture du chœur de la cathédrale (VAlbi. — Les sculptures qui forment la clôture du chœur de la cathédrale d'Albi ne sont pas moins dignes de fixer l'attention que celles du jubé : môme prodigalité de ciselures, môme luxe de moulures; le pourtour intérieur présente 72 niches renfermant autant de statues d'anges, travaillées avec goût, variées avec intelligence. La naïveté, la grâce, brillent dans leurs traits, qui semblent respirer le ciel. Le sanctuaire renferme celles des douze apôtres, tenant chacune dans ses mains des légendes écrites en caractères du XV' siècle, dont i'ensendjle forme le Credo, symbole de la foi chrétienne. On remarque derrière l'autel une statue de la sainte Vierge, chef-d'œuvre de simplicité et d'expression. L'extérieur de la clôture du chœur est encore décoré d'un grand nombre de statues représentant des patriarches et des prophètes.

CLOU (TÊTE de). — Ornement propre au style romano-byzantin , com[)osé d'espèces de petites pyramides fort basses, ollrant de la ressemblance avec ime tète de gros clou.

COEUU. — On ap|H'll(! (pielquefois cœur allongé, dans les formes du style flamboyant qui garnissent le réseau des fenôtres ou les compartiments d'une balustrade, une ouverture ressemblant à une feuille cordiforme.

Les cœurs allongés sont communément alternativement droits et lenver^és.

II y a aussi, sur des chapiteaux, surtout au xn° siècle, des feuilles en forme de cœur; on en rencontre également sur d'anciens sarcophages, sur des pierres tond)al{'S, sur des cuivres funéraires : on en voit encoie dans l'ornementation de la peinture sur verre.

COFFRE. — Dans les auteurs anciens, on dit souvent un coffre d'autrl, pour désigner un tombeau d'autel fait en bois. Dans saint Grégoire de Tours, on lit ({ue plusieurs autels étaient en forme de coJJ're. Celte expression convient encore aux vieux reliquaires, et il n'est |)as étonnant qu'on l'ait applitpiéu et aux autels et aux reliquaires, puisijue les autels primitifs n'étaient pas autre chose que la chAsse ou le reliquaire où. étaient déposés les ossements d'un martyr.

COIN ÉMOUSSÉ (MoLLLUE en forme de).

— On s'est servi de cette expression j)our désigner un larmier dont les angles sont abattus et qui est fort commun dans l'architecture romano-byzantine.

COLLATÉRAL. — On appelle collatéral chacune des nefs mineures ou bas côtés qui accompagnent la nef princi[)ale d'une église. La prolongation de ces nefs autour de l'abside ou sanctuaire se nomme déambulatoire.

COLLÉGL\LE (Eglise). — Une église collégiale est celle où il y a un collège ou chapitre de chanoines, et où il n'y a pas de siège é()iscopal. 11 y a des églises collégiales de fondation royale; les autres sont de fondation ecclésiastique. Quelques collégiales étaient anciennement i\Q?> abbayes qui ont été sécularisées.

Il n'y avait pas en France, avant la révolution, d3 collégiale plus ancienne et jdus célèbre que celle de Saint-Martin de Tours. L'éulise primitive ava't é;é élevée sur le tombeau de l'illustre Ihauniaturge des Gaules, et saint Grégoire de 'J'ours nous en a donné la description : « Voyant, dit-il, les miracles qui s'opé: aient contiimellement au tombeau de saint Martin, Perpetuus juuea que la j:)etite chapelle, ou cc//Cj élevée sur les restes de ce grand saint, n'était pas digne de tels prodiges. Il la fit disparaître et bâtit h la place une grande basilique qui subsiste encore aujourd'hui, à 550 pas de la ville : elle a 160 pieds de long sur 60 de large; jusqu'au plafond elle a kïi pieds de haut. 11 y a 32 fenôtres dans le chœur et 20 dans la nef, et 48 colonnes. Dans tout l'édilice on conij)te 52 fenôtres, 120 colonnes et 8 poi'tes, dont 3 dans le chœur et 5 dans la nef. » [Ilist., lib. II, cap. IV.)

Lorsque celte basiliaue, d'un travail admir.d)'e [miro opère , lib. x, cap. 31), fut achevée, on en fit la d'-dicace en 492, et on transporta dans l'abside le corps du saint évoque : in cujus apsida bcatum corpus ip:ius vcnerabiiis sancti transtulit. [Ibid.)

Nous ne ferons pas ici l'histoire de l'anti(pie église de Saint-Martin de Tours et do ses diverses reconstructions; quehpic inté-

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ressaut que soit ce sujet, nous serions entraînés Irop loin de notre but, <J"autant jilus «|ue ee luonumcnl a été ruiné par la révolution. Il n'en reste plus aujourd hui que deux Jours, dont l'une, la Tuur de Charkmagnc, ainsi nommée, parce qu'elle est b;Uie sur le lonibeau de la reine Faltrade, femme de Charleraagne, moite à Tours, date du xi" siècle , dans sa jvnriie principale , le sommet étant plus moderne; l'autre, la Tour de l'horloge, date du commencement du \iv siècle. Voilà tout ce qui reste aujourd'hui de cette insigne église, où étaient les reliques du jtatrôn des Gaules, où sont venus tour à tour des papes, des empereurs, des rois, des princes et une Ibulj innombrable!....

L'ancienne cnllégi.-de de Saint-Oueiitin de Veinuindois e.st encore un des [)his célèbres monuments du movt n âge. Si elle a perdu t\i richesse et sa i)uissance, elle conserve au moins l'édilice témoin de sa grandeur et de S(!n éclat. Nous en donnerons ici la de>criplion archéologique, nous abstenant de détails historiques. Cette église, qui, avec Tancien hùtcl de ville, forme aujourd'hui le plus bel ornement de la ville de Saint-Quent'n, Oit aussi l'un des plus vasles et plus remarquable.*» édifices religieux du nord de la France, qui possède un si grand nombre d'églises monumentales.

Le plan de la collégiale de Saint-Quciitin est en forme de croix arch;é[)iscopaIe, c'està-dire à deux transsepts. Le premier ou le transsept occidental est placé à la suite de sept grandes L-avées, sans y comprendre celle de l'orgue. Le second transsept ou le transsept orienlal est après le chœur, qui a quatre travées; l'abside a sept travées. La région absidale présente cinq chapelles extrêmement intéressantes par leurs dispositions ai chiteclurales. A l'ouverture de chaque chapelle sur les collatéraux, il y a deux colonnes monocylindriques , sui)[:ortant des retombées, ce qui fait que chaque chapelle communique avec les nels mineures par trois élégantes ogives. Une disposition architec- (onique analogue se trouve à l'église de Saint-Remi, de Reims, et à la cathédrale d'Auxerre.

L'ensemble de l'église présente les caractères du style ogiv;.l du xiir siècle et du xiv% Le croisillon nord du transsejit oriental est du XV' siècle : il y a été bâti sous le règne de Louis XL La faç.'ide occidentale est moderne et n'a rien de rcmarciuable.

En fa-isant l'analyse d'une des travées de l'absider, on trouve un pilier monocylindrique, très-élancé, accompagné de deux colonnettes ou tores majeurs, placés, l'un en avant et l'autre en arrière. Les chapiteaux à feuillages sont bien sculptés. La galerie est ouverte sur le vaisseau par trois petites ogives, et la balustade n'en otlre qu'un seul au milieu, le reste étant plein, de chaque coté, jusqu'à la colonne qui sé[)are les travées : la galerie est aveugle. Elle est surmontée de hautes fenêtres divisées en deux parties p^ r un seul meneau, et chaque fenêtre est fouronnéc par une roi^ace à plu-

sieurs divisions. Le tout est d'un effet fort agréable.

Le premier transsept est séparé du chœur l>ar une espèce de haute baluslrade, composée d'un rang d'ogives qui portent des espèces d'ouvertures circulaires. Le portail a un t. mpan intérieur à jour, d'un style llamboyant très-riche et surchargé d'ornements. Il y a au-dessus une belle galerie également à jour, avec une grande fenèlre Uamboyante. Les voûtes sont porlécs sur des nervures piismatiques. Le cioisillon du même transsej)f, du côté oi)posé, n'a ])as de portail. La muraille est divisée en deux étages. Le premier est formé de deux belles ogives, et le second d'une fenêtre à trois compartiments, avec une rose flamboyante au sommet.

Chaque travée du chœur est formée par une grosse colonne centrale, ayant une colonnette en avant et un faisceau de colonnettes en arrière, toutes destinées à supporter la retombée des arcs-doubleaux et des nervures des voûtes. Les fenêtres supérieures sont h trois compartiments et, par conséquent, plus larges que celles de l'abside. Le picraier transsept a deux travées de profondeur : il n'a point de portes à l'extrémité des croisillons. L'architecture en est originale et d'un bon goût. Ainsi, sur la muraille du croisillon, à gauche, on a mis en saillie les mêmes meneaux qui se trouvent dans la galerie et dans la fenêtre supérieure. Le long des bas col es de la nef, il y a quatre chapelles d'un côté et trois seulement de l'autre. La chapelle du baptême a un curieux retable en pierre.

En plusieurs endroits, on voit des fûts de colonnes à huit pans.

Sous la tribune de l'orgue on voit que les travées sont du xii' siècle; ce que l'on reconnaît aisément aux bases et aux cl)af)iteaux des colonnes. Les chapiteaux surtout sont caractéristiques : ils sont formés de feuilles grasses recourbées au sommet. Les voûtes sont en ogive et supportées sur des nervures très-fortes , composées d'un tore entre deux plates-bandes. La voussure du p( rtail d'entrée est du même style et de la même époque. On y a placé postérieurement des piédestaux pour mettre des statues : le sommet du portail, comme nous l'avons dit ci-dessus, est moderne.

Chacune d( s chapelles absidales est composée de 9 travées ogivales et est éclairée ])ar 5 fenêtres ouvertes; ces chapelles peuvent être prises comme modèle d'élégance. Sous le chœmr il y a une crypte de la tin du XV' siècle : on y voit le tombeau du martyr saint Quentin.

Nous ne (inirons pas cette courte notice sans mentionner une belle statue en pierre, rei)résentant la sainte Vierge. Elle est du XV' siècle et placée dans une des chapelles latérales , où elle est à peine aperçue sous les ridicules alfublementsdont on l'a vêtue. Après avoir parlé de deux grandes collégiales, nous terminerons en f)laçant ici la description d'une église collégiale moins importante, mais également intéressante sous

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le double rapport oies souvenirs historiciucs et de l'arcliitecture ; nous voulons dire la curieuse église de Candos , au diocèse de Tours, où mourut saint Martin, le 1! novembre, en 397 ou ^i-OO. L'aspect génrral de j'é.^lise de Candcs est très-pittoresque; on y voit (les tours à mâchicoulis, comme dans quelques rares édifices du midi de la France, h Klnc et h I\Iaij;uelonne. Une inscri[)tion placée dans la net' fait connaître que l'éj^lisc de Candes fut bAtie en 1215; celte date no peut être appliquée quh^ la nef principale et non h réditice entier. Le sanctuaire doit être rai)porté à un Age un peu plus reculé, ainsi que l'on pourra facilement s'en convaincre l>ar les caractères architectoniques dominaids; Tabside faisait sans doute partie d'une église antérieure à celle qui existe maintenant ; les voûtes sont h ogive naissante et ap|)uyées sur des nervures toriques, telles (pi'on les pratiquait durant la pliase trau'^il.onnelle; l'ossature do ces voûtes est établie avec science et exécutée avec goût. Dans toute la partie supérieure de l'église, on remarquedes moidures arrondies, des chevrons brisés, des chapiteaux à feuillages fant.istiques et tous les détails propres au style romano-byzantin du xii' siècle; les f-nètres sont à plein cintre et montrent une décoralion sévère, en rapport avec la gravité de la tonstruction primitive.

On ne peut regarder sans un vif sentiment d'admiration la grandeur , l'élégance et la hardiesse des nefs. Le plan de l'église représente la croix latine ; les nefs latérales sont arrêtées au (ranssej)t. Nulle part on ne rencontrera des piliers plus élancés, des colonnes plus gracieusement groupées et plus légères. Les chapiteaux, posés comme une corbeille de feuillages au sommet de ces fûts grêles et eiïilés, sont formés de crosses végétales recourbées ou de feuilles largeni(;nt découpées. Des ogives à lancette et une ornementation riche et abondante annoncent le progrès de l'art au xuv siècle, tandis que plusieurs fenêtres cintrées témoignent (le la pers slance du style by/antin.

L'effet de l'église de Candes, à l'intérieur, est imposant et solennel : les lignes essentielles sont habilement tracées , les détails heureusement combinés avec les masses principales ; partout règne la plus heureuse harmonie. Deux massifs carrés, très-épais, forment les piliers du transsept, destinés probablement h porter un poids plus considérable que la llèch'^ légère qui les surmonte. A ren'rt'-e de la nef princi|)ale, aussi bien qu'<i l'entrée des collatéraux, des pilastres y sont engagés; la base de ces derniers est taillée inlérieurement en biseau : sur ces pans coupés s'étalent une foule de sculptures d'une délicatesse de travail si merveilleuse, qu'elles font oublier bien vite ce que cette disposition a de bizarre et d'irrégulier. En [)résence de ces ciselures fines et variées, on n'a pas la force de crili(iuer : ce sont des rinceaux, des figures, des formes capricieuses, des dessins f;mtasti(}ues, que l'on i)eut regarder d'aussi près qu'un ouvrage d'orfè-

vrerie. Il ne serait [)as invraisemblable que C(3S sculptures fussent j)ostérieures au xiir si(V;le; la manière dont elles sont traitées rap|)elle le genre du xiv*.

L'extérieur de l'église de Candes n'est pas moins intéressant que l'intérieur. Nous nous arrêtL'rons spécialement en face du portail le l)Ius orné.

Quatorze statues dans des niches ogivales trilobées garnissent les parois latérales et reposent sur un soubassement orné d'oiseaux, de monstres et de ces mille fantaisies que les scu[)lteurs de celte éj)oque savaient si bien imaginer et si bien exécuter. Dans ce soubassement on observe d'autres niches moins développées , d'où s"é(diapi;ent des têtes de rois et de reines entourées de rinceaux, de végétations étranges, dans lesquelles serpentent et se meuvent une foule d'animaux de toute espèce. La pose des statues est pleine de mouvement et de vie ; les draperies, largement jetées, ne tombent jtoint en plis lourds et disgracieux ; les étoiles unies, ne sont point couvertes de bijoux, de galons et de broderies, comme on le pratiquait constamment à l'époque rom.ino-byzanline; l'expression du visage, le calme "et la pureté des traits, l'élégance des costumes, le type même de la ligure, tout annonce la manière du xiii' siècle.

Malheureusement cette pompeuse décoration a souffert ; on avait employé les couleurs pour rehausser le mérite de la statuaire ; (piek|ues fragments sevds peuvent encore faire soupçonner ce genre de magniLicence, assez fréquemment mis en usagt^ au moyen âge. Le tympan porte quelques ligures, (jont a principale parait être celle de la siinte "Vif^rge. Le j^orche est un des plus çuriuux que l'on connaisse; il est voûté en ogive, et les nervures viennent toutes reposer au centre sur une mince colonnette qui semble en supporter tout le poids. Quand on ne connaît pas ces artifices de construction, ([ui trompent l'œil en déguisant les supports réels, on est tenté d'accuser l'archilecte de témétité, en voyant une masse énoinie appuyée sur une colonne grêle et fragile; ce narthex forme un avant-cor[)S flanqué de deux tours quadrilatérales , couronnées de mâchicoulis. La porte extérieure est en ogive entourée d'une archivolte; au-dessus on voit deux fenét-i-es, ou plutôt deux étroites meurtrières. Le long de la fa(jade il existe deux arcatures à trilobés superposées, d'une structure originale; dans clia([ue arcade se trouve une statue en un bloc de pierre qui attend encore le ciseau de l'artiste.

La porto occidentale est fermée probablement [)ar suite d'une mauvaise enti éprise sous Louis XIV, et ollre peu d'intérêt ; elle est dépourvue d'ornements et flan(iuée de tours h mâchicoulis (jui lui donnent l'aspect d'une courtine de forteresse.

COLLIEK. — On appelle collier de perles ou cVolivcs, ou clia[)elet, une petite moulure taillée au-dessous des ovcs et de quelques autres moulures.

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COLOMBE. — La réserve cuclinristujue fut Ljardt'o pendant longtemps , dans nos (\glises, dans un vase d'or ou d'argent, en lornie de colombe. Voy. à ce sujet de longs cl.tails aux articles Altel et Cikoiue. Nous y ajouterons, comme documents à consulter, quelques notes latines fort intéressantes du V. Lebrun, CNtraites de son édition in-i°des Ot^urrcs de saint Paulin, évoque de Noie :

« Spiritinii sanctum olim colurabœ s[)ecie cxpressum fuisse, docet concilium Constantinopolitanum,annoo37, sub Menna habitum, ubi aclione v, habes, in epistola clericorum AntiochiiG de Severi sacrilegio. «tz? il; tuttôv

Toû Ayioy Il^î-jaaTor ■/p-'j7xç zi zstî ùpyjpx; Tztpiij-

-.tpoi.:, ■/.. T. >. Colunibas aureas et argcnteas in fornwm Spiritus sancli super divina lavacra et oitaria ippensas una cuni aliis sibi appropriavit, dicens non oportcre in specie columbœ Spiritum sanctum nominare. »

« Jure raerito columba super sancta lavacra suspenditur , quod Spiritus sanctus columb.T specie super Christum baptizatum apparuerit (Matthaei ni), et quia Spiritus sanclus aquas fœcundavit, unde Paulinus ait :

Sanclus in hune cœlnclesceudil Spiritus anineni, Cœlesiique sacras fonte marilat aquas.

« Quod super altaria quoque colurabas suspensas fuisse refert concilium, idjam olim liasilio Magno fuit usitatum, qui eucharistiam columbœ aurcœ inclusit, et super allare Siispendit, uti liid^etur ca)). vi Vitee ejus per Amphilochium ; qui mos in pjuribus ecclesiis etiamnum in templis nosiris durât.

« Et quia in lextu Paulini crux sequitur, suspicor Spiritum sanctum columbœ specie cruci insedisse. Plane ex antiquo Ecclesiae ritu columbœ crucibus insidcbant , vel eas supervolabant. Columba crucem supervolat in ab^ida Laterancnsis ecclesise, quam exhibet Jacobus Bosius lib. vi , de Cruce trium- })liante, cap, xii. Columba super crucem apparet in lapide a!taris,apud Chiiiletium in 'S'esontione, pag. 208. Vetustissima columbse effigies in fastigio crucis inventa Malipore sive civitate S. Thomœ, uti mémorise prodidit Hieronymus Osorius de rébus gestis Emmanuel.s lib. m ; MaÛeeus, Hist. Indicœ lib. I et XII ; Ciacon. , lib. de Signis crucis, cap. 35; Barouius, tom, 1, ann. 57.

« Inter crucis hujus adorationem D. Thomas fuit occisus : ne quis suspicetur crucem hanc, quam columba superstat , D. ïhomse sepulcro impositam , sicut Longobardi perticas cum columl)is sepulcris eorum qui peregre obierant, imponebant , ut memorat Paulus Diaconus, lib. v Histor. Longob.

cap. 3i. «Ad perticas autem locus ipse dicitur quia ibi olim pertica, id est trabes erectaî steterant, quee ob hanc causam juxia morem Longobardorum poni solebant. Si quis enim in aliquam partem, aut in bello, aut quomodocuinque exstinctus fuisset, consanguinéi ejus intra sepulcra sua perticam fig'> baiit, in cujus summ.late columbim ex ligne factam ponebanl, quee illuc versa esset, ubi eorum dilectus obiissct, scilicet ut sciri |)0S- 6ot in quam j>artcm is qui dcfuïictus fucrat,

quiesceret.» Refert quoque Nicetas lib. v, Juris Grœcolalini responsor, lib. i , gentiles quosdam columbas ad sepulcia mortuorum immolasse.

« Cave hic mendacissimum Josephi Scaligeri commentum , qui in commentatione ad numisma argenteumConstantini imp.Byzantini, a Marfiuanio Frehero illi propositum , heec habet, post ex[)licatam velustissimam ïrinitatis |Hctur.;m per verba, aynum, columbam, quod ex Paulo liausit, etsi eum non nominet: « Hase erant, inquit, symbola simplicissima illorum temporum, cum formas rerum aut aiiimalium , non autem humanas auderent pingere. Nam anchoram, navem, piscem, columbam, sculpebant aut pingebant, homineranon item; où yàp, inquit Clemens,£tôwV/jv

7r^ô(70J7r« ÈvKTToruTrÔTêov, o:ç Si TÔ Tzp'idiyj.u ÙTZîiùft—

zui. » Fallitur et fallit Scaliger. Clemejis iJ)i non de imaginibus sacris agit, sed de palœ in annulo scul[)tura , quam non vult esse ùitef christianos alicujus idoli (v. g. Neptuni, etc.), sed potius rei alicujus aut animalis , quœ rein aliquam bonam insinuare possit. Locus est lib. m, Pœdagog., cap. 11 : ^< Sint autem nobis signacula , columba vel piscis, vel navis quœ cursu céleri a vento ferlur, vel lyra musica qua usus est Polycrates ; vel anchora nautica. quam insculpebat Seleucus.» Rationem autem addit, cur bac signacula probet : « Et si sit piscans aliquis, meniinerit apostoli et pueroruni , qui ex aijua extrahuntur. Neque enim idolorum sunt imprimendœ faciès, quibus vel solum allendere est prohibitum. Imo, inquit , non omnia inanimata vel animata convenit sculpi. Sic nec ensis , vel arcus, iis qui pacem sectanUir; iiecpocpla, ils qui sunt raoderati et tempérantes. Multi autem libidinosi nudatos eos liabeni quo:> amant, vel amicas; ut ne si velint quidein, possint atl'ectionis amoris oblivisci ; guod linido et intemperantia eis perpetuo in mentem revocetur.» Loco perspecto perlectoque claret quam perverse Scaliger quœ de idolis dicuntur, ad sanctorum imagines transférât. Si, inquit, Clemcns, symbola aliqua sculpere in palis annulorum delectet , ea insculpile quee sensum aliquem mysticum insinuent, ut sint columba, piscis, navis, quo videlicet meminerimus Pétri apostoli, qui factus est piscator hominum; et puerorum, qui ex fonte baptismatis levantur.

« Forte columbse meminit , et ad bapfismum refert, tum quia olim super baptisteria suspendi solita, uti jam probavimus ; tum quia columba e diluvio ramum oleœ ad arcam retulit in })aplismi mysterium. Ambrosius, lib. de iis qui mysteriis iuitiantur, cap. 3 : « Dimisit Noe columbam , quee cum ramo ûlivee legitur revertisse. Vides aquam? Vides liguum? Columbam aspicis, et dubitas de mysterio? Aqua est ergo qua caro mergitur, ut abluatur peccatum : sepelitur illic omne vitium. Lignum est, in quo suspensus est Dominus Jésus , cum pateretur pro nobis. Columba est, in cujus specie descendit Spiritus sanctus, sicut didicisli in Novo Teslamcnto, qui sibi pacem animée, Iranquillitatemque mentis inspiral.» CyiillusCatechcâi

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illumiiiatoria 17 : « Hujus aliqiia ex parle ferebal ty|iuin secuiuluin quostlaiu coluinba illa NocNamsiciilporilliusIi^imnictaiiuara facta est i[)sis (luulcin salus , ii<)l)is auleiii initiuin no^ro gcncrationis , et columba n;versa est ad ciiin sub vesporam, babciis virgani oltvc : sic, iiuiuiunt, et S[)iritiis sanelus ,'lescendit super veriicu Noe, alterius s^^cneratioiiis factoreiu. »

« Quain vero inepte dicat Scaliger, tcmpore PauHni, eujus verus de cruce, agno, et columba aiïert, non fuisse ausos christiatios pingere bumanas formas , vel ipse Paulinus prodit et eum redarguit, qui epistola 12, ex (}ua sua Scaliger dcprouipsit, meminil S. Martini in templo picti , una cum Paulini imagine :

Adslal Martinus perfeclae rogula viloe, Paiilimis voniaiii quo ineieare clocet.

Hunc pecca tores, illiiiii spéciale bcati, Exemplar saiiclis ille sil, isle reis.

« Omni sœculo ante Paulinum, humanas sancloruin formas eftigiatas fuisse, fuse probat HeliarminusHb. u de Iniaginibus, cap. 9 et 10. Vide Gretzerum, tom. lil, de Cruce, bb. I, ca[). 2G. »

COLONNE. — La colonne se compose de trois [)arties : lo corps qu'on appelle fût , la tète qu'on appelle f/ta/^/feait, et le pied qu'on appelle base. Le chapiteau est surmonté de l'entablement, ou sert à supporter la retombée des arcades ou des nervures des voûtes. L'origine de la colonne remonte aux temps les plus éloignés, et on la retrouve dans les monuments [irimit fs de l'Egypte, de l'Assyrie, de l'Inde, de la Grèce et de l'Italie. Chacun des peuples anciens, qui Ht usage de la colonne [)Our lornement de ses tem[)Ies, en détermina les p-roportions, la forme et les diverses parties d'une manière particulière. Nous sounues accoutumés à les juger et à les apprécier d'après les modèles élégants (lue les Grecs nous en ont donnés , et qui ont été reproduits ou imités constamment dans tous les pays d'Occident.

Les colonnes étaient regardées par les ancii.'ns comme une partie essentielle de l'architecture des t('m|)les et des éditices publics. Nous connaissons cinq espèces de colonnes eu usage chez les anciens (nous ne parlons ici ni des lilgyptiens , ni des Assyriens, ni des autres peuples de l'Asie). Les Grecs en employaient trois, Vordre dorique , l'ionique et le corinthien. Outre ces trois ordres, les Romains employèrent encore Vordre toscan et Vordre romain ou composite. Ces colonnes diirèrent non-seulement par les proportions de leur hauteur et de leur é|)aisseur, mais encore par le caiactère particulier à chacune, (jui naît de la distribution dillérente drs f)arties el du plus ou moins d'ornements de ch cun de ces ordres. Le car.iclère de l'oiche dori(iue est une noble simplicité; la culonne ioniciuea lecaraclèrcdune neaulé m.'lle el sévèie, et la colonne cnrin tUienne et lui de l'élégance et de la ma^^nili-

cence; l'ordre t iscan aie caractère de la force et de la plus grande simplicité; l'ordre composite celui de la [)lus grande richesse.

Dans les premiers temps, les colonnes des Grecs étaient en bois; dès que ce peuple eut appris à travailler la pierre elle marbre, on em[)loya aussi ces matières pour v.u faire des colonnes. Elles étaient quel([uefois, mais larcment, monolithes, c'est-à-dire d'une seule pierre; le plus souvent elles étaient composées de quatre, de cinq ou d'un plus grand nombre de blocs de pierre. Le chapiteau des colonnes doriques était ordinairement travaillé d'une seule pierre. L'abaque était (piehiuefois d'une piene ajoutée; c'est ainsi qu'on le voit au temple de la Concorde à Agrigente. On trouve cependant aussi des fûts d'une seule pierre; telles sont quel([ues colonnes du gi-and temple de Séliims, et les colonnes d'un édifice moins ancien, d'un temj.le d'architecture corinthienne parmi les ruines d'Ephèse.

Les différents blocs d'une colonne étaient joints sans mortier, et réunis par des coins ou bouchons de bois. Ces blocs étaient si bien unis, qu'on pouvait h peine apercevoir les jointures, ainsi qu'on l'observe encore sur différentes colonnes qui nous sont restées de l'antiquité, telles que celles du temple de Jupiter Panliellenius, dans l'île d'Egine, et celles du tem[»le de Junon et de la Concorde à Agrigente. Selon l'opinion la plus vraisemblable, on obtenait celle réunion exacte des blocs, en frottant les deux surfaces qui devaient se toucher, jusqu'à ce qu'elles fussent absolument unies et jusqu'à ce qu'il ne restât aucune trace de la jointure. On peut croire que cela venait aussi de ce qu'on ne terminait la surfiice extérieure que lorsque la colonne était dressée. Chaque bloc était |)ei-cé dans son milieu d'un trou carré de trois à quatre pouces; on y adaptait un morceau de bois. Le milieu de ce bois carré était occupé par une broche cylndricjue d'envii-on deux pouces de diamètre, qui réunissait ensemble deux blocs. Un observaleurhabilea remarqué que l'union des blocs avait lieu parfois d'une manière différente de celle qui est ci-dessus indiquée; celte remarque est appuyée sur des faits qui ont été constatés dairs les ruines de Pwstum. Au milieu de la surface do cha({ue bloc il y a une excavation circulairo de 3 à 4 pouces de diamètre et d'autant de jirofondi'ur; au milieu de cette excavation il y a un trou ou canal qui traverse le bloc entier. Dans l'excavation on plaçait probablement un cylindre de bois ou de pierre [)our réunir le bloc supérieur au bloc inférieur. Ce cylin(lre servait de |)ivot pour ftiire mouvoir le bloc supérieur sur celui qui en était lo support; en même femj)S on versait dans le canal une matière liquide, peut-ètr-e une espèce de chaux, qui, en mouillant les deux surfaces qui se frottaient l'une contre l'autic, facilitait ce même frottement, et en se combinant avec la jioussière détach(''e des deux blocs, l'urmail un mortier fin qui rem-

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plissait exactomont los jointures dos piorrcs. Lorsqu'un l)loc ét.iit bien assujelli , il [laiMÎt qu'on renipiissait le canal du mémo mortier.

Les ruines dt'S édillces dos anciens ne nous ollrent })Ius de modèle des colonnes grecques primitives, c'esl-h-dire de colonnes toscanes. Nous ne connaîtrions point du tout leur ilisposition, si Vitruve ne nous en avait laissé une description. Quant aux colonnes d'ordre dorique, il nous en reste un grand nombre et de diilérentes époques. La colonne ionique était, dès les premiers tem|)s, plus nette, et avait une forme moins conique que la colonne doriiiue. Les dimensions en hauteur en ont beaucoup varié : dans les teuips les jtlus reculés, la hauteur était de 8 diamètres; par la suite, on donna h ces colonnes la hauteur de 8, 9 et même 10 diamètres. Selon Vitruve, on donnait à la colonne corinthienne la même hauteur qu'à la colonne ionique; le chapiteau seul avait une pius grande élévation. La colonne romaine est absolument semblable à la corinthienne; elle n'en ditîère principalement crue par les volutes ioniques qui se trouvent a>ins le chapiteau.

Le corps de la colonne antique est cylindroïde et légèrement conique , c'est-à-dire que le diamètre de son pied est un peu plus large que celui du sommet.

La hauteur ordinaire du fût de la colonne toscane, y compris l'astragale, est de 12 modules, oii 6 fois son diamètre inférieur.

La hauteur du fût de la colonne dorique est de 14 modules.

La hauteur du fût de la colonne ionique, depuis la i)arlie inférieure de la voluie qui descend plus bis que l'astragale, est de 15 modules, 17 parties.

Lt hauteur du fût corinthien, y compris l'astragale, est de 16 modules.

La hauteur du fût composite est de 16 modules, 12 parties.

On appelle colonne en hahistre, celle qui a la forme d'un balustre; colonne bandée, celle (iui a des bandes unies ou sculptées, qui excèdent le nu du fût cannelé. On appelle colonne à cannelure lisse, celle qui n'admet aucun ornement dans les cannelures. Quand las cannelures reçoivent des ornements de feuillages, on l'apiielle colonne cannelée ornée. La colonne est cylindrique, quand elle a partout le même diamètre. La colonne coloritique est ornée de feudlages ou de fleurs tournés en spirale autour du fût. La colonne fcuillée a le fût taillé en feuilles. La colonne fuselée ressemble à un fuseau par son renflement. La colonne menue est ornée de coquillages. La colonne rustique a des bossages. La colonne ovale est celle dont le fût est aplati, ou dont le plan est ovale. La colonne pastorale est celle dont le fût est imité d'un tronc d'arbre, avec écorce et nœuds. La colonne polygone a le fût taillé à facettes ou à l'ans. La colonne serpentine est faite de f)lusieurs serpents entortillés, dont les tètes ser-

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vent de chapiteau. La colonne torse a le fût contourné en vis.

Par rapport h la disposition, on appelle adossée ou engagée, la colonne qui lient au inur; angulaire, voWi^ qui est à l'encoignure; doublée, celle qui est jointo cà une autre; flanquée, celle qui est engagée de la moitié ou d un tiers de son diamètre, entre deux denu-inlastres; isolée, celle qui n'est attachée à aucun corps; liée, celle qui est attachée a un autre par un corps; accouplée, ce e qui touche presque à un autre; nichée, celle qui entre dans un mur creusé; solitaire, toute colonne unique et isolée. Les colonnes cantonnées sont engagées dans les quatre encoignures d'un pdier carré. On appelle groupées, les colonnes placées trois h trois, ou quatre à quatre, sur un môme piédestal ou socle; majeures, celles qui régissent l'ordonnance d'une façade.

La colonne antique, plus ou moins parfaitement imitée, se retrouve dans les monuments du style latin, ou romano-byzantin primordial, du moyen âge. Bans certaines églises primitives, on employa, pour la décoration, des colonnes empruntées à des édilices profanes : ces colonnes sont parfois maladroitement posées, et on a vu des fûts d'un certain ordre couronnés de chapiteaux d un autre ordre. Ces emprunts se pouvaient laire dans les provinces ou l'architecture antique a élevé des constructions nombreuses; mais dans les autres provinces, les architectes furent réduits aux ressources ordinaires de leur propre talent et de celui des artistes et des ouvriers qu'ils avaient sous la main. Alors, la dégénérescence du style antique est rapide, et la colonne devient bientôt un simple support sans élégance, rappelant iidée d'utilité et non pas celle de décoration.

Nous arrivons de cette manière aux grossières et informes colonnes des églises de 'a prenaière époque romano-byzanUne. Dans la plupart des édifices a[)partenant à celte époque, et dont les restes sont arrivés jusqu a nos jours, la colonne a toujours une base et un chapiteau, mais le fût n'a plus aucune proportion en rapport avec sa hauteur, et les ornements du chapiteau sont d un dessin b'irbare.

On appelle piliers-colonnes les supports à fut gros et court de l'architecture romanobyzantine; ils doivent être regard(^s, en effet, comme des piliers, car ils sont bâtis en massifs de pierres ou de moellons , et non formés de tambours ou de tronçons. On en voit de cette espèce, avec toute'la rudesse d'un art dans l'enfance, dans les cryptes et les parties basses des églises roniano-byzantines. ils n ont ordinairement que quelques moulures simples, au lieu de chapiteau, et une plinthe pour base.

Dès le XI- siècle, la colonne, sans revenir aux {propositions modulées des anciens,

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[H'cml une forme élancée et élégante et se couronne d'un chapiteau historié ou h fcuillagf's, (jui n'est pas toujours dépourvu d'éhîgance ni d'originalité. A cette éporjuc apparaissent fréquemment les colonnes cantonnées : disposition (pii continuera d'être usitée jusipi'à l'abandon du style o:;ival. (iénélalement les colonnes sont cantonnées sur les faces d'un pilier carré; ce n'est que par cxce|)tion qu'elles s nt placées sur les angles. Elles sont ordinairement engagées jusqu'à la moitié de leur épaisseur; (pielquefois elles sont seulement accolées. II arrive aussi assez souvent (jue la colonne, placée sur la face antérieure du pilier, s'élance jusiju'à la voûte, pour recevoir la retombée de Tarcdoubleau, tandis que celles qui sont sur les autres faces ne s'élèvent qu'à la hauteur du pilier lui-même. Vers le milieu du w siècle, on voit ces colonnes assez petites qui tendent à se multiplier et à se grouper, tantôt ])ar l'addition de quatre autres colonnes intermédiaires, lorsque l'arcade se compose d'archivoltes à faces verticales en retraite, tantôt présentant ileuï colonnes accouplées sur sa face : alors une espèce de petite architrave couronne ces colonnes et reçoit les retombées dos arcades latérales. Ordinairement les espaces eidre les colonnes se garnissent de roseaux et de pieds-droits rectangulaires; ou bien encore on voit ces colonnes accou- }>lées se reproduire sur les quatre faces du pilier, et une colonne intermédiaire de môme diamètre s'inscrire aux angles rentrants, de manière qiie le noyau du pilier se dissimule entièrement sous un entourage de douze colonnes égales.

Il arrive quelquefois, durant la période romano-byzantine, ijue les colonnes reposent sur une basp qui n'est pas af^puyée sur le sol. Alors elle est {)]acée en encorbellement par une tête d'homme ou d'animal sur un culot, un cid-de-lampe ou une console. On a fait usage de cette disposition dans les endroits où l'espace manquait en largeur.

On remarque encore que les colonnes, surtout aux po; tails de la même période romano-byzaiiiine, sont p<jsées sur des lions ou siirle dos d'autres animaux : on en voit même qui sont appuyées sur les épaules de personnages renversés à terre, dont cjuelques-uns ont la tête couronnée.

Pour la base des colonnes durant la période romano-byzantine, voyez l'article Base.

Au XII' siècle, à l'époque de la transition du style romano-byzantin au style ogival, le lût des colonnes de petite dimension, principalement au [)ortail des églises, est couvert de ciselures représentant'des dessins géométri(|ues, des torsades, des spirales, des ])crlcs, des tètes de diamant, des fe lillag -s, des rinc-aux. des entre-lacs. Durant la phase transitionnelle, le fôt des colonnettes prend des formes extraordinaires : deux colonnell-'S, par exemple, se tordent ensemble comme uu cilble, s'tiitrelacenl, se nouent comme

deux serpents, se plient en zigzags. Ces étranges formes, inspirées par le caprice, ne sont données qu'à des colonnes décoratives ou à de simples colonnettes : on ne les voit jamais aux véritables colonnes, c'est-àdire à celles qui sont destinées à supporter la construction.

Durant la période romano-byzantine, on ne fit guère usage de colonnes monol.tlies : on chercha alors à dissimuler les tronçons des colonnes j)ar des annelets ou bracelets, placés à ditrérentes hauteiu's sur le fût de la colonne; on ne voit guère alors de fûts monolith. s que pour les colonnettes.

On a fait une remanjue curieuse sur la manière dont on arrondissait le fût des colonnes et colonnettes romano-byzantines. Ou commençait par le tailler à pans et on arrivait ainsi à toute la précision désirable, en abattant successivement toutes les arêtes qui iJevenaient de moins en moins saillantes. On voit une colonne à demi taillée par ce procédé au portail de la petite église de Balan, au diocèse de Tours. Le fût des colonnettes était parfois arrondi au tour, et l'on voit alors la trace évidente de l'outil du tourneur. J'ai plusieurs fois vérifié ce fait en compagnie de M. Guérin, architecte de la cathédrale de Tours, sur des monuments romans en Touraine, notamment à Preuilly et à Chinon.

Le style ogival continua d'employer les colonnes elles colonnettes suivant la disposition usitée au xii" siècle : elles furent toujours groupées de la même manière; elles ditférèrent seulement par les détails delà base et du chapiteau. Les architectes de la période ogivale ne firent guère usage de la colonna raonocylindrique que dans la région absidale : par exception, on en [lout voir, mais rarement, en d'autres endroits, comme à la cathédrale de Chalons-sur-Marne. Communément le corps du pilier représente une colonne de ce genre, cantonnée de fortes colonnettes , légèrement engagées , parfois seulement appuyées, parfois même entièieraent isolées, comme à la cathédrale de Laon, en France, et à celle de Cantorbéry, en Angleterre. Cette disposition est propre au xiir siècle. Bientôt après, les coli.nnettes se multiplient et diminuent leur diamètre, de sorte que les piliers présentent l'aspect d'un faisceau de colonnettes. La présence du pilier central ne se trahit que par les angles qui ai)paraissent au dehors, au niveau de la saillie des colonnettes. Plus tard ces mêmes colonnettes diminueront encoi'e leur diamètre, modifieront leur fonue et ne seront plus que de minces nervures prismatiques couvrant entièrement le pilier. Cela eut lieu au x\' siècle et au commencement du xvr. Voy.

Neuvures.

La colonne isolée ne se montre (pie dans de petites dimensions et seit à porter les arcades du tril'orium, ou les triboles de la b^iluslrade, ou les arcatures qui ornent le nu des murailles.

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