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L'architecture de la renaissance tend h imiter les formes de la colonne anti(['.it'; mais avant d'atteindre à une imitation entiC're, elle employa des colonnes et des i)ilastr(^s ornés d'un chapiteau d'une forme originale. Voy. Pilastre, Base, Chapiteau, Accouplées (Colonnes).
COLONNETTE. Voy. Colonne.
COMBLE. — On appelle comble, en général, la charpente du sommet d'un bâtiment, recouverte en i>lomb,en ardoise ou en tuile; ce qui comprend toute espèce de toits. On réserve cependant assez ordinairement la désignation de comble aux charpentes, plus ou moins compliquées, qui forment la couverture d'un édilice de quelque importance - Les combles ont diverses dénominations suivant leurs différentes formes.
On appelle comble à deux égouts, celui qui est formé par deux plans inclinés sur le rampant d'un pignon ; comble brisé, celui dont chacun des deux plans inclinés est brisé de manière que la partie supérieure forme égout et que la partie inférieure soit presque verticale : ce comble est plus généralement connu sous le nom de comble à la Mansard, quoique l'architecte Mansard n'en soit pas l'inventeur. Le comble en pavillon se compose de quatre plans dont ladispositionestpyramidale.
Le comble des églises fut toujours trèsaigu, principalement durant la période ogivale. Cette forme a été adoptée pour plusieurs raisons : d'abord, elle était mieux en rapport avec la forme des voûtes ogivales; elle facihtait ensuite l'écoulement des eaux et empêchait la neige de séjourner sur les toits, précaution indispensable dans les pays du nord ; elle opérait enfm moins de poussée sur les murailles; avantage très-grand, car les murailles, étant si élevées, n'auraient pu résister à une puissance qui aurait tendu à les écarter.
Pendant longtemps il n'y eut de voûtes dans les églises que sur l'abside, ensuite le chœur, et plus tard les basses nefs. La charpente des combles restait apparente au-dessus de la nef principale et du transsept. Les tirants et les aigudles, ou, en d'autres termes, les entraits et \cs poinçons, furent ornés souvent de sculptures, de peintures et de dorures.
Dans toutes les églises voûtées en pierre, le comble est tout entier au-dessus des voûtes.
L'arête longitudinale, ou faîtage du comble des édifices importants, était ornée autrefois de tuiles ou briques moulées en forme de petits créneaux, d'arcades, de crochets, et autres motifs d'ornementation. D'autres fois cet ornement était une espèce de dentelle de plomb, représentant une arcature renversée, des cœurs, et toute sorte de découpures analogues, dans le goût de chaque époque. Plusieurs églises ont conservé ce ^enre de décoration, et nous en possédons encore d'assez naiiibreux modèles. Yoy.
CaÈTE.
COMPARTIMENT. — Dessin composé de plusieurs figures disposées avec symétrie et
avec régularité pour orner la surface d'une nmraille, d'un pavé, d'un vitrail, d'une voûte, d'ini lambris, d'ini panneau, d'un j)lafond, d'un plancher, par des moulures, ou des dessins, ou même [)ar de simples variétés de couleurs ou de matières. Les comjiartiments peuvent être nus, colorés, ornés de toute sorte de manières {)ar la sculpture, la peinture et la mosaïque. Une suite d'arcades figurées [voy. Arcature), les travées d'une balustrade, les divisions d'une rose ou d'une verrière, forment des compartiments. On voit des compartiments dans tous les styles d'architecture : ils ont été emf)loyés par nécessité, ou comme motif de décoration.
COMPOSITE (Ordre). — Le composite est un des cinq ordres d'architecture. Voy. Ordre, Chapiteau, Colonne, Base, Entablement, Architecture.
CONCHA. — Dans les basiliques civiles, transformées en basiliques religieuses, en face de la nef centrale et au delà du transsept, l'édifice s'arrondissait en hémicycle, formant supérieurement une tête de niche, c'est-à-dire offrant un renfoncement qu'on peut comparer à un quart de sphère. C'est notre voûte en cul-de-four, appelée concha par les Latins, et û-^t; par les Grecs. C'était là qu'était le siège, Iribuna ou tribunal, du juge principal et de ses assesseurs. Cette môme partie était encore appelée absida gradata, è^iScx. Voy. Arside, Basilique.
CONCHULA.— Petite abside. On trouve cette expression plusieurs fois dans les écrits de saint Paulin de Noie, pour désigner les absides latérales, qui accompagnent l'abside majeure. Ainsi, en faisant la description de la basilique qu'il avait fait construire à Noie, en honneur de saint Félix, après avoir parlé de l'abside majeure, il ajoute : duabus dextra lœvaque conchulis. Les basiliques ainsi bAties à trois absides étaient désignées sous le nom de Iriconchœ, rpi-M-^X^ç, zpiA'jy^o-j. Ainsi on lit dans la chronique d'Alexandrie, à l'année 3D de l'empire de Théodore, que l'on fit des piières solennelles dans la basilique, tpv/.hjyj,} : litaniarum in triconcho vin idus Novcmbris.
CONFESSION. — Dans les souterrains obscurs des catacombes on offrit constamment le saint sacrifice sur le tombeau d'un martyr. Ce tombeau, recouvert d'une table de marbre, quelquefois d'une simple dalle de pierre, était ])lacé au centre d'une des salles oncubicula, et se nommait memoria, titulusy martyrium ou confessio.
Les autels principaux des églises de Rome et de plusieurs autres villes d'Italie ont conservé le nom de confession. Les écrivains ecclésiastiques appliquent ce nom et au tombeau et à l'autel élevé plus tard au-dessus. Ainsi la confession de saint Pierre signifie proprement le tombeau de saint Pierre.
A partir du V ou du vi' siècle, la confession se développe et devient une espèce d'église souterraine. Voy. Crypte.
CONFESSIONNAL. — La confession des péchés à un prêtre ayant juridiction, pour en recevoir l'absolution, est d'institution di-
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ville. l)('S le lt'in|)s des a|)ùlres la coufi-.ssioii aiiricul.iirc tut en iis.igo, coinnie on en voit la preuve dans les J{|)itres de saint Paul ; ni.'us, dans les plus anciens auteurs ecclésiastitjues, il n'est point fait nienlionde confessionnaux. Le prùlre, pour entendre les «"onfessions des fidèles, se plaçait sur un siéi!;e d'honneur, emblème de sa puissance spirituelle, et les pénitents venaient s'agenouiller devant lui ou à coté de lui. Cet usage se conserve encoïc en plusieurs pays, notamment en Irlan le. Lorsque les conciles eurent pr(\scrit de mettre une séparation ou une grille serrée entre le confesseur cl les femmes qui se présentaient pour faire leur confession, ce qui n'eut lieu qu'au xvi' siècle, alors commença l'emp'oidu confessionnal proprement dit. Ce ne fut d'abord qu'une cloison en bo s, avec une grille vers le milieu, placée d'un seul coté ; on en voit encore (te ce genre en [)lusieurs églises d'Italie. Bientôt après on i»laça une cloison de clia(|ue coté, et le siège du confesseur fut lixé solidement à ces deux cloisons : de là l'origine du meuble usité dans nos églises. Pour ménager la timidité et la pieuse confusion de la pénitence, on [ilaça des voiles à chaque cloison, de manière à cacher les pénitents aux regards curieux et indiscrets du public : le prêtre resta toujours à découvert ; cette disposition nécessita la forme exacte du confessionnal, telle qu'elle s'observe en Espagne, en Belgi(jue, en Allemagne et ailleurs. Ce n'est guère qu'en France que le prèlre lui-même fut caché par un voile mobile ou une cloison opaque.
Ce simple exposé des faits explique pourquoi, dans nos mon iments chrétiens, on no trouve pas de confessionnaux remontant au delà du \vr siècle, et pourquoi la pliqjart des confessionnaux qui se voient dans nos églises sont tout à fait modernes. M. Didron dit avoir observé un confessionnal en style du xv^ siècle, dans l'église de Notre-Dame de Nuremberg, en Bav'ière. Quoi qu'il en soit de cette o.'jservation isolée, il demeure constant que les modèles des confessionnaux à intro luire actuellement dans nos églises monumentales n'existent pas. Celui que M. L issus a dessiné pour les Annales archéologiques, tom. 1, pag. 205, ne doit pas être considéré comme un type à imiter.
Pour établir, dans les églises monumentales, de l'harmonie entre l'ameublement et le style arcliitectonicjue, il est nécessaire d'adopter, pour établir les confessionnaux, la forme consacrée par l'usage, et de suivre, dans le proîil des moulures et l'ornementalion, le style dominant de l'éditice. Ce sera l'œuvre de ceux qui auront étudié attentivement les diverses phases de l'art chrétien du moyen Age, et qui en connaîtront assez les ressources et les procédés pour composer un ensemble irré[)rochable.
Dans une des nefs latérales de l'église de Saint-lîavon, à Caud, en Belgique, on voit de magnitiques confessionnaux en style moderne.
CONFESSUS.— L'un ilcs divers noms donnés à l'abside dv la basili(pie.
CONFKEUIE. Vojj. Aucmithcte.
CONGE. — Le congé est une mo'iiure en forme de petit cavet, qui sert à raccorder une moulure avec une autre, ou avec la partic lisse d'un membre d'architecture. On ra|)pello aussi Apophyge. Voy. Moli.lrks.
CONQUE. — Un des noms de la voûte en cul-de-four qui couvre la tribune ou tribunal des basiliques. Voy. Concha.
CONSOLE.— La console, du mot latin co??solidare, consolider, est une es[)èce de modillon ou de corbeau, enij loyée principalement pour supporter un corps en saillie d'un grand poids, comme une statue, un vase, une colonne suspendue, les nervures d'une voûte, etc. On distingue, en architecture , plusieurs variétés de consoles : la console avec enroulements est celle qui a des volutes en haut et en bas; la console arrosée est celle dont les enroulements alllerrent les côtés ; la console gravée est celle qui a des gravures ; la console plate est celle qui est en manièi e de corbeau ; la console en encorbellement est celle qui a des enroulements et des nervures : elle sert à porter des membres u'arcliitecturc d'un poids cori-r sidé able ; la console renversée est celle dont le plus grand ornement est en bas ; la console rampante csl c lie qui suit la pente d'un fronton aigu pour en soutenir la corniche.
Au moven <ige, dans les monuments religieux et les édihces civils, la console reçoit des formes et des ornements d'une extrême variété et qui ne semblent motivés que par le caprice des architecîes ou des sculjiteurs; on y voit le plus souvent des tigures humaines et des feuillages, quelquefois des figui'cs fantastiques et des ornements bizarres.
Les consoles servent eacore à supporter le couronnement d'une tour et les créneaux, ou d'autres fortes saillies, ordinairement ouvertes en dessous |<our former des barbacanes par lesquelles les assiégés faisaient tomber de l'eau bouillante, du sable rougi au feu, sur les assaillants arrivés au i)ied de la muraille et se disposant à y api)iiquer les échelles d'escalade. Plusieurs églises présentent des consoles de ce genre et des restes de fortilications militaires. Ce sont des signes curieux des mœurs du moyen âge, ([ui doivent être cc-nservés avec soin ; nous en avons observé dans des églises et des cor.struciions de monastères.
CONSTUUCTION.— L A l'article Appareil nous avons donné de longs détails sur les ditléients modes de construction usitis dans 1 antiquité et au moyen âge. Nous allons maintenant indii[uer sommairement les caractères archéologiques qui ressortent de la constiuction et (jue l'on peut apprécier au premier aspect des monuments.
Antérieurement au xr' siècle, la construction des églises oilre la plus grande resseml)lance avec la construction gal:o-romaine de petit appareil, telle que nous l'observons dans les monuments ou plutôt les débris des uîonuinenls élevés dans les Gaules, dt^
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rant le temps de roccupalion romaine. Ce mode de construction en jietitos |)ierres à peu près cubiques ou cunéitornies, peut èive considéré comme un caractère Irèssignificatif, car il disparut h peu près complètement au xr siècle. Quelques édilices cependant furent bUis en pierres de moyen et de grand appareil, surtout dans le centre et le midi df la France, où les matériaux sont abondants et d'un emploi facile. Les architectes des édifices religieux de l'époque l'omano-by/antine primordiale firent entrer dans leurs constructions une grande quantité de briques d'une forme et d'une fabrication analogues à celles de l'antiquité. Nonseulement ils s'en servirent fréquemment pour faire les cintres; ils les établirent encoie par zones horizontales pour simuler des assises régulières, et (luelqueiois comme motif d'ornementation. C'est ainsi que souvent les moulures et les corniches furent remplacées par une ou plusieurs rangées de briques, et que l'on chercha, par l'opposition des couleurs, à former sur les parois des murailles des espèces de dessins symétriques.
Un des premiers effets qui se manifestèrent dans la renaissance de l'arcintecture au xr siècle, se fait sentir dans les soins nouveaux apportés à l'exécution matérielle, très-négligée jusqu'alors. On sent l'augmentation des ressources, le savoir-faire des ouvriers, surtout la préoccupation de durée. Le petit appareil romain, si fréquent dans la première pério le, se retrouve encore quelquefois, mais il est généralement remplacé par le moyen appareil. Dans nos provinces centrales, oii les matériaux de construction se trouvent aisément de bonne qualité, on- ne fit usage presque partout que du grand et du moyen appareil. L'appareil réticulé et l'appareil en feuilles de fougère, d'un effet assez agréable par la régularité symétrique d(;s pierres qui les composent, se firent ren>arquer assez souvent âux façades occitlentales. 11 faut regarder ces deux apj/areils particuliers plutôt comme motifs de décoration que comme procédés usuels. Voy. Ciment.
A i^arlir du xn'^ siècle, la construction des monuments religieux fut toujours faite en pierres de grand app:ireil.
11 est à remarquer que les pays riches en matériaux sont ceux où les traditions antiques se sont le mieux conservées ; on y a également fait un usage à peu près constant du grand appareil, comme cela eut lieu dans le midi de la France. Seulement les assises ne sont pas toutes d'égale hauteur, et les jiierres ne sont pas apprêtées avec aulaht de Soin et de perfection que dans les monuments romains.
Dans les archives du département de l'Yonne., à Auxerre, M. Quantin, archiviste, a retrouvé Iqs mémoires des ouvriers employés aux travaux de Ja cathédrale de Sens, au xiv siècle : ils se trouvent dans les comp-
tes du chapitre. Les dépenses des tailleurs de pierre sont divisées [)ar semaines; le compte porte !e nom des ouvriers et le salaire que chacun d'eux ga.;ne cl que paye maître Cilo de Naily, chanoine, proviseur de la fabrique.
Première semaine de six jours. — A Pierre de Uoissy, appareilleur du maître des œuvres, 15 sous tournois ; à Jean de Fumo, 9 sous ; à Ciirard de Roissy , 9 sous ; h Alexandre, 9 sous ; h Etienne Lonneciennes, 7 sous G deniers ; à un nommé Prévosteau, 7 sous 6 deniers ; pour le goujat, 3 sous, et 26 deniers pour le vin de la nouvelle œuvre; c'est-à-dire qu'h ch iqiic semaine on donnait du- vin aux ouvriers. Les tailleurs de pierre restent en ce petit nombre jusqu'à la 13° semaine qu'arrivent Hurt Chafaudier, son compagnon, et trois valets, puis Simon d'Ailly et Colin de Poilly. Ils font ordinairement des semaines de G jours.
La pension {s'.darium) du maître des œuvres, Nicolas de Cal mis, est de 10 livres par an ; il ne réside pas à Sens. Lorsqu'il vint, à la Saint-Jean, visiter l'œuvre, on lui paya 50 sous pour ses frais de voyage.
Son appareilleur, Pierre de Roissy, reçoit 50 sous de pension par an en sus du prix de ses journées.
La veille de la féto de l'Ascension, le cliapitre fait donner pour 5 sous de vin aux maçons (le l'œuvre ; plus tard, nous leur verrons donner un mouton pour cette fête, qui paraît avoir é;é celle que les maçons ou tailleurs de pierre avaient choisie pour être leur propre fête.
Tel est le mode d'action et de travail des maçons de la cathédrale de Sens en 1330. Le prix de la jouinée du contre-maître ou appareilleur ne dépasse pas 2 sous 6 deniers tournois; celui de la journée d'un compagnon, 1 sou 6 deniers et môme 15 deniers. Le charpentier gagne également 2 sous, et ses valets 1 sou par jour.
Une telle exiguïté de salaire doit étonner au piemier coup d'œil, et on s'explique comment des gens, jugeant sur l'apparence, ont pu dire et écrire môme que les cathédrales avaient été construites pour de faibles sommes; que le clergé, dispos mt à son gré de la personne de ses serfs, gens taillablea et corvéables à merci, les îbrçait à y travailler et leur donnait à peine de quoi pourvoir à leur subsistance.
Mais en pénétrant plus avant dans les ténèbres du passé et en examinant attentivement les comptes des revenus des établissements religieux de Sens, on se forme une tout autre idée des choses.
Pour y pai venir, M. Quantin propose un calcul bien simple.
11 faut d'abord savoir combien la somme connue peut acheter de blé, et en comparant le prix de la mesure de blé connue en usage dans le temps et le pays dont il s'agit avec celui d'une mesure correspondante aujourd'hui, voir combien de fois ce prix de Ja mesure du blé du tem[)S est comi>ris6 dans la somme qu'on veut évaluer.
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Nous sommes assurés quo lu biclKïl de hlé, mesure du cliapiire (le Sens, pesait 36 livres ou 23 litres à peu près, et que sa va- /eur, aux xiv' et xv siècles, était de 2 sous 4- deniers tournois, et, de l't20 à 1520, de 3 sous tournois en moyenne.
Or, riicctolitrc de blé valant à Sens, ces dernières années, 19 francs en moyenne, les 23 litres du bichct ancien de la mémo ville vaudraient aujourd'hui k fr. 30 cent.
Veut-on ap|)récicr, [)ar exemple, les 623 li'vres tournois de la recette de la fabrique en 1319? en sachant d'abord qu'il fallait 2 sous 4 deniers pour avoir un bicliet, lesquels 2 sous k deniers vaudront k fr. 30 c. (l'hectolitre supposé à 19 fr. et la livre de 20 sous, 36 fr. 85 c), les 623 livres vaudront donc 22,957 francs.
Les 15 sous pour six jours payés à Pierre de Roissy, appareilleur, feront 2 sous 6 deniers, ou 4 fr. 60 c. par jour; l'ouvrier qui gagnait 9 sous par semaine, ou 18 deniers par jour, gagnerait 2fr. 70 c; le maître des œuvres, qui recevait 10 livres de pension par an, recevrait donc 368 fr. 50 cent.
Ces détails sur le prix des constructions t)U de la main-d'œuvre nous ont paru mériter d'être mentionnés : ils sont fort curieux par eux-mêmes et propres à jeter quelque lumière sur une question importante. Nous possédons quelques-uns des comptes de la construction de la cathédrale de Tours au XIV' s'ècle. Ils ne sont pas moins curieux que ceux de Sens. Nous ne les faisons pas paraître ici, parce que nous ne connaissons pas exactement la valeur du blé à la môme époque, en Touiaine, et qu'on n'en pourrait pas tirer les mêmes inductions.
CONTRACTURE. — Rétrécissement ou diminution qui se fait dans la partie supérieure des colonnes. On ne remarque de contracture quo dans les colonnes des ordres classiques : elle n'a pas été usitée dans l'architecture du moyen âge, ou du mouis les faits qu'on en pourrait citer ne seraient que de rares exceptions.
CONTRASTER. — En architecture, contraster siguiûe éviter la répétition de la môme chose, pour plaire par la variété. Aucun style d'architecture n'a mieux réussi à éviter la monotonie que le style ogival : il fait usage, dans un plan où l'unité est toujours gardée, de contrastes inattendus et pleins de naïveté.
CONTRE-ABSIDE. - Le comité historique des arts et monuments appelle contre-abside l'abside placée à l'ouest, dans certaines éj^lises, vis-à-vis de l'abside orientale, qui est la vér. table abside régulière. Les contre-absides sont très-rares en France. Il y en a une à la cathédrale de Nevers. Voy. Ausiue.
CONTRE-ARCATURES DÉCOUPÉES. — Les festons ont été ainsi appelés dans les instructions du comité historujue des arts et monuments. Voy. Festo.ns.
CONTRE-BOUTER ou Coxtre-buter. — C'est emi)êcher la poussée d'une voûte ou d'une arcade avec un pilier et un arc ram- [tunt. Voy. Arg-holtant, Comuk-eout.
Diciro.NN. i>'AucMÉOLO(;iE SAc»ti.. L
CONTRE-CHEVRON. Voy. Ciirvuo.n.
CONTRK-CLEF. — C'est un voussoir ou claveau joignant la clef à la droite ou à la gauche : il y en a deux, par consé(iuent, dans un arc.
CONTRE-CORBEAU. - Petit modillon placé entre deux plus grands, et qui le- <;oit la retombée de deux petits arcs quo couronne un autre arc, portant sur les deux grands modillons. Cet arrangement fut en usage vers le commencement du xin' siècle.
CONTRE-COURBE ou Contre-Col rbure.
— On ap[)e!le ofjive à contre-courbe, on contre-courbure celle qui offre une forme concave au lieu d'une forme convexe. Voy. Arc, Ogive.
CONTRE-FORT.— Le contre-fort, dans sa plus simple construction, est un pilier élevé en saillie sur l'extérieur d'une muraille pour lui donner plus de solidité, ou relié à une muraille par un arc-boutant. II est donc plus ou moins engagé et quelquefois entièrement isolé.
Le contre-fort a été employé pour consolider les murs des grandes églises, et il montre toujou.s une préoccupation de force et do durée que le constructeur a cherché à donner à l'édifice qu'il a élevé. Dès le commencement du xr siècle, on a b;lti des contreforts le long des murailles des monuments religieux. On a môme quelquefois bâti les murs de manière qu'en faisant des retraites successives, ils fussent très-épais à la base, moins épais au milieu et assez légers au sommet, et fissent, pour ainsi dire, contre-fort continu.
Les premiers contre-forts ne furent que des espèces d'éperons peu saillants et sans ornements; mais à mesure que les murailles s'élèvent à une hauteur considérable , ils prennent plus de for^e et d'importance. Au xr siècle, vers la fin de la seconde époifuc romano-byzantine , dans la région absidale principalement, le contre-fort est en forme de colonne à demi engagée, avec base et chapiteau. Le contre-fort est aussi quelquf^ois composé de divers ressauts qui communiquent du mouvement à la construction.
Avant l'introduction des voûtes dans les églises, les contre-furts étaient établis arbitrairement par l'architecte, et à des distances qui n'étaient déterminées p>ir aucune nécessité absolue do la construction. Miis du moment que les nefs sont couvertes de voûtes, les contre-forts sont placés à l'endroit où s'exerce la poussée d. s nervures, et ils deviennent d'autant jilus vigoureux que les voûtes ont une j)lus grande portée et que les murs sont plus hauts. Au xu° siècle, é[)oqùe à laquelle en construisit beaucoup d'églises entièrement voûtées, les contre-forts sont épa.s et d'une masse considérable. Pour en dissimuler la pesanteur, les angles eu sont orné? de colonnettes, et quelquefois la surface, au moins en |ilusieurs points, en est décorée d'a;)|)areils variés et coupée de distance à aulr;! 1 ar des i^lacis. Chaciue ressaut