‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 159 sur 195 · TON · texte numérisé non relu

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est pourvu d'un larniii^r par-dessous, de manière à en assurer la conservation.

Au XIII' siècle, les voûtes se développent pncore et sont établies à une hauteur que "i'œil mesure avec etïroi. Quand on contemple, à l'intérieur dos églises, ces voûtes qui ne semblent reposer que sur de fragiles appuis , riraaginatiun est saisie détonnement , et il faut que la raison intervienne pour calmer ses frayeurs. C'est, en eifet, que la solidité des voûtes est assurée, surtout à l'extérieur, par de robus!es contre-forts et des ;ircs-boutants qui vont alferrair la muraille au point où la poussée doit avoir lieu. Dans les endroits où la [loussée dot être plus forte, on établit, pour la neutraliser, des eontre-forts qui supportent deux arcs-boutants. Au xiii' siècle, les CDUtio-forts sont ornés df colonnettes sur leurs angles et couronnés de pinacles ou clochetons. Les faces en sont interrompues de distance en distance par des ressauts, et parfois décorées de clochetons aplatis ou d'espèces de frontons , dont les rampants sont couverts de feuilles recourbées au sommet.

Les grands édifices à cinq nefs ou à trois nefs, avec chapelles sur leurs flancs, offrent deux rangs de piliers et par conséquent deux rangs d'arcs-boutants; le premier rang des piliers latéraux se trouve dans l'intérieur de l'église, oii il se dissimule sous les profils du pilier ordinaire ; le second est enclavé dans le mur.

Le contrc-iDrt est devenu un membre d'artrhitecture tellement essentiel au style ogival qu'il entre constamment dans la construction et même dans la décoration de tous les objets, comme les reliquaires, qui empruntent leur ornementation ou leur forme à l'architecture. C'est ainsi que l'on voit des contreforts d'une grande délicatesse d'exécution aux tombeaux d'autel , aux niches , aux ch.lsses, aux œuvres d'orfèvrerie, aux chandeliers, etc.

Les contre-forts qui appuient des angles droits, soit à une tour, soit au bout d'un transsept ou d'une chaptlbs décrivent euxmêmes entre eux un autre angle dioit opposé par le sommet. Ils semblent n'être que la terminaison du mur qui est derrière eux; on voit aussi, cependant, langle droit butté par un seul contre-fort, qui se déploie alors en prolongement de la diagonale. La première disposition est presque la seule en usage jusqu au XIV' siècle ; ;i partir de cette époque, c'est la seconde qui domine presque exclusivement.

L'architecture de la renaissance a fait usage des contre-f irts , à peu près de la môme manière que l'archiiecture ogivale [lure, à l'exception des clochetons ou pinacles, qui furent moditiés. Dans l'architecture moderne, on est obligé souvent, par les nécessités de la construction , d'établir des contre-forts dans les grands monuments. Ou a cherché à les dissimuler sous des formes parfois singulières , toujours désagréables, lie consoles renversées, etc.

Voici comme nous avons apprécié l'effet

des contre-forts et des arcs-boufants, autour des églises gothiques, dans notre Archéologie chrétienne, pag. 237: « Les clochetons couroimés de pyramides octogones se dressent autour de la cathédrale comme une épaisse forêt. De tous les côtés, on voit les courbes des arcs-boutanls s'entre-couper en venant s'appuyer sur les contre-forts. "Ce système d'arcs-boutants si nombreux et si importants, employés à l'extérieur des édiûces gothques, passe aux yeux de quelques-uns pour une merveille de construction et l'application d'une science avancée, tandis que d'autres le considèrent, au contra re, comme une imperfection, et ne voient dans ces immenses arcs en pierre que des étais, pour ainsi dire , dont on n'a pas osé dégager l'odifice.

« 11 est incontestable que ce système fut imjjosé par la nécessité aux architectes des églises ogivales; ils ne pouvaient assurer la solidité des murailles, sans cesse poussées par la pe "^auteur des voûtes, sans les buter fortement par de nombreux et solides appuis. Nous ne pouvons cependant nous empêcher da Jmirer le génie inventif des architectes chrétiens , qui parvint à faire de cette nécessité un motif particulier de décoration. Voy. Akc-boîjtant. Les angles des contre-forts furent ornés de colonne tes , leurs faces chargées d'ornements, ou coujjées à jour pour servir de niches à de belles statues. La pointe pyramidale posée au sommet fut garnie, sur ses bords, de crosses végétales, et terminée par une touffe de feuilles épanouies. Comme les arcs-rampants allaient soutenir le haut des murs, on sut en tirer un parti excellent pour l'écoulement des eaux pluviales du grand comble. On les creusa d'un aqueduc dans toute leur longueur, et pour rejeter les eaux à une grande distance des fondations, on prolongea le canal I ar une forme bizarre de monstre ou de chimère. »

CONTRE-IMBRICATION. — Lorsque les imbrications, au lieu d'être formées de cor[)s avançant les uns sur hs autres, comme les écailles d'un poisson, présentent, au contraire, des découpures cr» uses en retrait les u: es sur les autres, on les appelle contreimbrications. Ce terme a été donné et expliqué dans les Instructions du comité historique d s arts et monuments. 11 est à remarquer que dans plusieurs clochers appartenant à des églises entièrement à plein cintre, on voit des contre-intbrications figurant des ogives, et qui ne semblent pas avoir été taillées postérieurement aux autres parties de l'édilice.

CONTRE-LORES. — Cette expression se trouve dans les Instructions du comité historique des arts et monuments. Les contrelobes sont les festons arrondis qui garnissent les intrados de quelques arcs. On les appelle contre-lobes , parce qu'ils sont le contraire des lobes : ceux-ci sont saillants, les autres sont creux.

CONTRE-RETABLE. — Pièce principale d'un rcifcbîe, formée par un tableau ou \A\

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bas-relief. Voy. Rktaim.i:, ArTi;r.. On no voit de (;oiitre-relabIc qu'aux autels non isolés.

CONTRE-ZIGZAGS. — Voy. Chevuon. Les contre-zigzags sont des chevrons dont les anzlos sont opposés.

CONVilNANCK ARCHITECTURALE.— Un édillce (juelconque doit toujours ôtre on rnpj)orl a-vec sa destinalioii : t(>I est lo premier nrin(i|)e «jui doit (liri:;or rarcliilecte lors(|u'iI le bâtit, et guider l'artiste ou l'antiquaire qui l'apprécie. Or c'est \h i>récisément ce qui fera à jamais la gloire de nos monuments religieux du mojen ;1go.

L'ensemble, le plan, l'ordonnance, les accessoires, les détails, to .t y est en harmonie avec les idées chrétiennes, avec les be.-oins du cuite catholique ; en un mot, tout s'y trouve motivé par h^s convenances de la liturgie et (le l'esprit chrétien. Voy. Disposition

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