‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 161 sur 195 · COR · texte numérisé non relu

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cioiisos uno ponsée dont rim|)iék' attristo aiitnnt qu'elle (étonne. Quelques-uns s'écrient: « Le génie qui inspira ces créations sublimes s'est éteint avec la foi ! » Ce n'est pas ici la place d'une réfutation : notre religion éternelle a eu contre elle dos ennemis bien autrement redoutables que nos romanciers! Il est trop vrai cnie nous avons peu d'espoir de voir encore la foi et le zèle enfanter tant de prodiges pour nos églises ; mais le catholicisme est bâti sur une pierre qui déûe les elforts du temps et de l'erreur, et si nous ne voyons plus surgir de nouvelles cathédrales comme celles du aïoyen âge, nous prierons dans une cabane, s'il le ûuit, et nous n'aurons que plus d'admiration pour les admirables basiliques qui resteront debout.

L'auteur d'une récente description de la cathédrale d'Amiens dit sur la fin ces paroles qui nous amènent à notre sujet : « En con- « templant la noble basilique, la première « merveille léguée à la France par la France, n on sent qu'une grande et sainte pensée « présida à cette œuvre gigantesque , lors- • que de nos j urs une cité des arts voit éle- « ver dans son sein des temples aux formes « antiques et païennes, aux toits plats, aux ce colonnes lourdes et massives : l'âme, sous « leurs galeries étroites, manque d'air et « d'espace pour prendreson esso'r. » Je voudrais encore pouvoir cter en entier le morceau si remarquable qui termine le Coiirs d'Architecture religieuse, professé à Caen par M. de Caumont, page 268 et suivantes. Le savant auteur se résume en disant que la forme est tout dans l'architecture antique, et que dans l'architecture ogivale il y a la forme et la pensée: que si la première est plus pure comme art, la seconde est plus touchante et plus religieuse. Il ajoute même, et je cite ses expressions : « Que les basiliques « de Saint-Pierre de Rome, de Saint-Paul de « Londres , de Sainte-Geneviève de Paris, « chefs-d'œuvre de l'école moderne , sont « loin, malgré leur grandiose et leur somp- '< tuosité, d'exciter en nous ce sentiment « involontaire de vénération et de grandeur, « celte émotion indéfinissable qui s'empare « de notre ame quand nous contemplons, « même avec des dispositions indifférentes, « l'intérieur des édifices étonnants, bâtis « dans les xii% xiir et xiv* siècles.

CONVENTUEL. — On appelle bâtiments conventuels ceux qui font p.irtie d'un couvent, d'un monastère ou d'une abbaye ; et église conventuelle, toute église ap|)artenant à une maison religieuse ou régulière.

COQUILLE. — La voûte en coquille est une voOte en quart de cercle ouverte, dont le pôle est au milieu du fond sur l'imposte, duquel s'élèvent des rangs de voussoirs qui s'élargissent comme les côtes des coquilles jusqu'à la face; elle sert à couvrir dos niches. Elle fut employée souvent dans l'architocture de la renaissance, et les artistes l'ont exécutée avec une rare élégance.

CORBEAU. — Le corbeau, en architecture, est le nom g<jnérique de toute pierre s.dl- 'nnte destinée à port.r que'que objet, comme

la corniche de l'oiitablcmont. On emploie très-souvent le mot corbeau comme synonyme de modillon. Le corbeau ou modiïlon, dans l'.irchiteclurc antique, est supposé représenter l'extrémité des chevrons de la charpente du comble. Il n'y a que les ordres dorique, corinthien et composite, qui en aient fait usage.

L'architecture chrétienne, au moyen âge, a fréquemment employé les corbeaux ou modllons, au-dessous des corniches de l'entablement, à l'extérieur des églises. On voit cependant des exemples deleur em[)loi à l'intérieur des édifices, comme à la nofdeSaint- Munice d'Angers, de Notre-Dame de la Couture au Mans , et de la cathédrale de Metz.

Dans le style romano-byzantin primordial, L'S corniches sont très-simples et s'appuient sur dos modillons qui simulent l'extrémité des solives et ne sont pas taillés en figures grimaçantes, comme cela eut lieu souvent aux XI' et XII' siècles. A cette dernière époque, en effet, les corbeaux présentent les formes les plus variées; ce sont des têtes d'hommes ou d'animaux fantastiques, des feuilles ou des fruits, des volutes, des étoiles à quatre rayons ou des fleurs à quatre pétales, des angles de corniche, quelquefois même des obscénités.

Les modillons ou corbeaux sont fréquemment réunis deux à deux par un petit arc, comme on peut le voir à la façade de Notre- Dame de Poitiers; ce genre de couronnement, appelé arcature [Vog. ce mot), a été observé sur tous les édifices de quelque étendue. Cette espèce de corniche, d'un bon effet, suit souvent l'inclinaison des rampants des toits, comme, dans certains monuments de l'architecture antique, les modillons placés sous la pente des frontons. En Bourbonnais, en Auvergne et dans le Nivernais, les modillons affectent une forme particulière : on ne peut guère les comparer qu'à des consoles assemblées. En Provence, on remarque des corniches soutenues sur des consoles renversées , comme dans les monuments d'ordre corinthien; la partie inférieure de la console est ornée d'une feuille d'acanthe. Enfin, en Italie, et surtout dans la Lombardie, dans le midi et l'est de notre pays, ainsi que dans les provinces que baigne Je Rhin, les modifions du couronnement et les cordons qui indiquent les étages, présentent de légères arcatures de très-peu de relief. Dans les Instructions du comité des arts et monuments (2" cahier, pag. 50), il est dit c[ue ce couronnement doit son origine à l'imitation des arcatures de briques, disposées en opus spicatum, qui forment le sommet de la muraille dans quelques constructions romaines des bords du Rhin. Nous ne pensons pas que ce soit là l'origine véritable de cette ornementation : les plus anciens et les plus nombreux exemples s'en trouvent en Italie.

Il faut noter qu'à l'époque de transition, au XII' siècle, la corniche fut plus ornée qu'au xi* siècle, tandis que les corbeaux ou modillons se simplifièrent considérablement.

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Ils furent réduits à la forme de consoles terminées inférieureinent en pointes serr.'es et aiguës, conune des dents de scie. Kn architecture, de mùme que dans tous les arts, il n'y a jamais passage brusque d'une forme à une autre forme; aussi, pendant quelque temps, retrouvc-t-on encore les moddlons h tètes grimaçantes, employés conjointement avec les premiers; quelquefois même l'alternance est parfaitement régulière.

L'architecture ogivale a fait peu usage des corbeaux : on en voit cependant dans quelques églises. Ils sont remplacés communément-par les feuilles entablées, c'est-h-dire par des feuilles largement épanouies au-dessous de la corniche.

CORHEILLE. — On appelle corbeille d'un chapiteau la partie qui se trouve entre l'astragale et le tailloir. On considère la corbeille dans sa forme générale et indépendamment de ses ornements ou des feuillages qui l'enrichissent. Dans les monuments de la période romano-byzantine, la corbeille du chapiteau reçoit des formes Irès-variées. Elle l)eut être cylindrique, cubique, conique, en cône tronqué et renversé ; cordée, c'est-à-dire en forme do cœur; pyramidale, ou en pyramide tronquée et renversée ; urcéolée, c'està-dire resserrée un peu au-dessous de son sommet ; campanulée ou en forme de cloche ( Foy.CAMPANE); infundibuliforme, ou enforme d'entonnoir ; godronnée, c'est-à-dire garnie de godrons ou renflements ; scaphoïde, ayant une certaine ressemblance avec une barque ou nacelle. Cette désignation des différentes formes de la corbeille des chapiteaux a été faite dans les instructicais du comité historique des arts et monuments.

CORDELIÈRE. — Une guirlande de feuil- Il'S ou de (leurs entourant l'écusson d'une <lame fut longtemps le symbole de son célibat ou de son veuvage; mais, depuis le xv" siècle, on trouve cet ornement remplacé par une cordelière en filets à nœuds, et les écrivains les plus experts dans l'art héraldique ne sont pas d'accord sur l'origine de cet usage.

Les uns disent que, dès l'année H70, Louise de La Tour d'Auvergne, veuve de Claude de Montaigu, tué dans un combat, avait pris pour devise une cordelière à nœuds rompus, avec ce jeu de mots bien conforme à l'esprit de l'époque : J'ai le corps délié. Les autres donnent la priori é à Marie de Clèves, mère de Louis Xlï, dont on voyait le blason ainsi enviionné sur les vitraux de l'église des Cordeliers de Blois.

Ce qui parait plus certain, c'est que la reine Anne de Bretagne, alin de témoigner la dévotion particulière qu'elle portait à saint François d'Assise, patron de son père, créa, pour les veuves et demoiselles de sa cour, un Ordre de la Cordelière. De môme que le roi donnait aux chevaliers de Saint-.Michcl un collier à co(|uilles, cette princesse choisit pour signe distnictif de sa nouvelle institution un collier h nœuds, imitant le cordon des religieux fianciscains : elle le conféra surtout aux nombreuses demoiselles qu'elle

se plais lit h élc^'cr h ses frais dans son palais, et qu'elle nommait ses filles. Dès lors, les dames de Tordre mirent le collier autour de leurs armoiries. La reine elle-même leur en donna l'exemple, après la mort de son premier époux, Charles VIII, arrivée en li98. En môme temps, elle adopta la légende déjà attribuée à Louise de La Tour d'Auvergne.

Des historiens médisants ont remarqué, à cette occasion, qu'elle fut mal inspirée dans son choix, car elle boitait et elle avait la taille très-peu déliée.

Nous trouvons la cordelière, non pas autour de l'écu d'armoirie, mais sur d'assez nombreux monuments, vers la fin du xv"= siècle et au commencement duxvi'. En Toura'ne, dans le Blésois et ailleurs, on en rencontre fré(|ucnmient des exemples, notamment au tombeau des enfants de Charles YIII et de la reine Anne de IJretagne, à la cathédrale de Tours, à la chapelle du château de Loches, etc.

Sur 1 Ordre de la Cordelière^, vrai ou prétendu, on peut consulter l'abbé Justin, tom. II, c. 89, pag. SVS, et Favyn, Ilist. de Nav., liv. X, pag. oâV, et liv. xviii, pag. 1270.

En architecture, on appelle quekiuefois cordelière une moulure ronde, taillée en forme de corde.

CORDON. — Le cordon, en architecture ou en sculpture, est une moulure ou une réunion de moulures, quelquefois lisses,, d'autres fois ornées, qui sert à différents usages, comme de marquer des divisions sur la surfcice d'une muraille, ou entre difféi-ents membres d'architecture.

Au XI' siècle, les cordons sont presque toujours des larmiers dont les arêtes sont souvent abattues. Au xn° siècle, ds se composent de moulures d'un profd quelquefois compl:qué; ils sont ornés de feuillages au xin' sièc e et au xiv% et très-souvent garnis de/fu*7les entablées. Au xv* siècle, dans un très-grand nombre de cas, ils consistent en un rinceau de feuilles de vigne, de chardon, etc. Ceux qui sont formés uniquement de moulures sont ordinairement d'un profil très-fin, mais d'une extrême com[)lication.

Les Anglais appellent string ou stringcourse le cordon orné de l'architecture du mo en Age. Suivant la définition commune qu'i's en donnent, c'est une bande ou li;j,ne horizontale de moulures sur une construction, soit à l'intérieur, soit à l'extériiur.

On a quelquefois regardé comme ayant une signification symbolique le cordon ou string-course qui suit le contour entier d'une église à l'intéi'ieur : il figurerait le lien (jui unit ensemble tous les membres de l'Eghso spirituelle, comme il rattache entre ellestoutes les parties de l'église matérielle.

CORINTHIEN. — L'ordre corinthien est cfdui (pie l'on a toujours regardé comme le- [ilus p[0 re adonner l'idée d'une grande ricîiesse (l'arcbitec ure et de décoration. On l)rétend que l'invenlion d(; l'ordre corintliien est due à un sculpteur athénien, du nom â& (^allimaque. Vilruve en rapporte l'histoire dans t^on iv" livre, cliap. 1". L'origine du

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chnpilcau corintliion, ninsï racontée, ressemble beaucoup .^ une fable ; mais cette fable est si riante que nous devons la conserver, comme nous devons respecter la disposition de la feuille d'acanlbe que le premier auteur de ce chapiteau a su déployer avec tant de goût. Callimaque, dit-on, passant pr^s du tombeau d'une jeune tille grecque, aperç'.it sur le gazon, au milieu d'une toutfe de cyprès ctde lauriers-roses, une corbeille [)leine de fleurs, recouverte d'une large tuile. Autour de la corbeille, olîrande de souvenir, de grandes feuilles d'acanthe, favorisées par 1.1 saison, s'étaient épanouies, et en montant jusqu'à la tuile s'étaient gracieusement recourbées en volute. Cet ensemble parut à l'artiste si frais et si élégant, qu'il en traça sur-le-champ un croquis, auquel il ajouta la régularité que ne donne jamais la nature. Le chapiteau corinthien est orné de deux rangs de feuilles, de huit grandes volutes et de huit petites qui semblent soutenir le tailloir. Voi/. Chapiteau.

il nous est parvenu beaucoup moins de monuments de l'ordre corinthien faits par les (îrecs que. de ceux des autres ordres. A voir les débris qui ont échappé au temps, on jiourrait croire qu'ils donnèrent toujours la jiréférence à l'ordre dorique. Les monuments d'ordre corinthien, dont on découvre des lestes à Athènes et dans d'autres villes grecques, sont pour la plupart des ouvrages des l^omains. C'est à Rome qu'il faut aller chercher les plus beaux modèles de cet ordre. Le caractère de richesse attaché au corinthien lient aux proportions, aux formes, à leur disposition nombreuse et variée, autant qu'à la sculpture cpii en embellit les détails. Yoij. Ordre, Base, Chapiteau, Entablement.

CORMCHE. — L Le mot corniche vient du latin coronis , qui signifie achèvement, courjnnement ; cesl un membre d'architecture, faisant la troisième partie de l'entablement et lui servant de couronnement. On entend aussi par le mot corniche toute saillie à l)rofds, qui couronne, ou recouvre, ou est censée protéger un corps vertical, comme un piédestal, un contre-fort, un pilier.

La corniche toscane est la plus simple de toutes : elle a peu de moulures et elle n'a point d'ornements. La corniche dorique est ornée de rautules et denticules. La corniche ionique a quelquefois ses moulures t.iillées d'ornements, avec des denticules. La corniche corinthienne est celle qui a le plus de moulures ; elle est ornée de modillons, quelquefois de denticules. La corniche composite a des moulures taillées, des denticules et des canaux sous son plafond.

On appelle corniche de couronnement celle qui est la dernière d'une façade; corniche archi travée, celle qui est confondue avec l'arclutrave, la frise en étant supprimée; corniche mutilée^ celle dont la saillie est retranchée et coupée au droit du larmier , ou réduite en plate-bande avec une cymaise; corniche en chanfrein, celle qui est la plus simple et qui n'a point de moulures ; corniche continue, celle qui, dans toute son étendue

erroiiipue par aucun celle qui ne règne st interrompue dans corps ; corniche cirou du dedans de la he cintrée, celle qui, tournée en arcades ; d'un fronton ait:u.

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et ses retours, n'est int corps; corniche coupée, pas de suite, mais qui e son cours par quelque culaire, celle du dehors tour d'un dôme; cornic dans son élévation, est corniche rampante, celle

Dans les monuments religieux du moyen .Ige, la corniche commence par être de la plus grande simplicité durant l'époque romanobyzantine primordiale. Les premiers architectes chrétiens brisèrent l'entablement antique et n'en conservèrent que la cornic'ie: souvent cette partie est construite de la manière la plus barbare. Elle consiste fréquemment, à l'extérieur, en un simple larmier soutenu j'.ar desmoddlons carrés ou en chanfrein. Auxi' siècle et au xir,la corniche est parfois chargée d'ornements variés et formée de moulures très-nombreuses; on y voit des damiers et des ornements géométriques de différent genre.

Dans les monuments à ogives, l'agencement particulier des toits fit abandonner l'usage des corniches. Après le milieu du xiii' siècle, en effet, les corniches proprement dites commencent à disparaître, ou du moins les moulures qui les représentent sont si peu considérables que l'on peut dire avec vérité qu'elles n'existent plus.

CORPORAL. — Le corporal est un linge bénit, sur lequel on pose les espèces consacrées [)endant la messe. Nous en dirons un motseulement sous le rapport archéologique. Il doit être en toile de lin, et jadis il recouvrait l'autel en entier. On trouve le mot corporal usité dès la plus haute antiquité ecclésiastique. Il est employé dans tous les ordres romains, dans le sacramentaire de saint Grégoire, dans saint Isidore de Séville, dans les Capitulaires des rois de France de l'an 810. Voy. Autel, accessoires de l'autel durant la période romano-hyzantine.

COSTUME.— Pour la reproducion dos vitraux d'église, suivant le style usité aux différentes époques du moyen Age, les artistes modernes sont embarrassés souvent pour le costume à donner aux divers personnages. Il n'y a évidemment aucun embarras possible, quand il s'agit de restaurer des vitraux historiques, exécutés à une époque connue. Le restaurateur est forcéde suivre avec la i)]us grande exactitude les modèles qu'il trouve dans l'œuvre primitive, sans pouvoir s'en éloigner en quoi que ce soit. Ainsi, s'il s'agit de restaurer des verrières du xiii" siècle, de restituer quelques persoimages qui ont été brisés, ou de refaire quelques panneaux qui ont disparu, les poses, les costumes et tous les détails de la composition doivent être imités, que dis-je, copiés. Ce travail difficile et délicat ne saurait être confié qu'à des artistes dégoût, irès-versés dans la connaissance de l'iconographie chrétienne et dans les études archéologiques.

Voici oii naît la difficulté. Lorsqu'il faut

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