‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 162 sur 195 · COT · texte numérisé non relu

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placer des vitraux peiiils dans uik3 vieille église, du xur siècle par exemple, qui en est absolument dépourvue, est-il nécessaire de duimer aux prisonnagi s des costumes usités au XIII' siècle, loisque les traits historiques représentés appartiennent à un autre siècle? lui un mot, est-il nécessaire de commettre une Ijute de chronologie et d'histoire? Ainsi, dans une composition iigurant un trait de ^hi^to:re dj 1 Ancien Testament, l'audra-L-il Ijabdler Josué comme un chevalier des croisades, avec une colle de mailles et un casque en acier, lui mettant en main une bannière surmontée de la croix? Nous pensons que cela n'est pouit néciiisaiie. L'archéologie est fondée sur des princ pes rationnels : elle ne Ibrcera jamais un artiste à s'engager dans une fausse voie. Or ne serait-ce pas diriger lart chrélien dans une fausse roule que d'astreindre les artistes à copier servilement les tableaux sur verre composés et exécutés au luo^en âge? S'il en était ainsi, il faudrait se résigner h calquer les tableaux anciens, et ne rien compo^.er [»our la i)remière fois. INe serait-ce pas condamner lart religieux à la barbarie et à la stérilité, et éteindie l'enthousiasme et linsiiiration ?

Les Nitraiix modernes seront irréprochables sous le rapport de l'archéologie, s'ils sont exécutés selon le style de 1 époque archéo.ogique à laquelle aiipartient le monument. Le style est caractérisé par une certaine manière de faire , par la pose des personnages, la recherche ou la simphcité des draperies, le système de la décoration et ces nulle détails qu'il est assez dilhciie de décrire, mais que 1 œil de larchéologue et de l'artiste a])précie aisément. L'ellet dis vitraux modernes, en style du xuV siècle, sera comparable à celui des vitraux anciens, quoique les premiers soient d'un dessm pur et correct, tandis que les derniers seront d un dessin le plus souvent lort imparfait, si dans ceux-là, comme dans ceux-ci, on emploie des verres hauts en couleur, vigoureux do ton, épais, léunis ensemble par des plombs également solides; si les morceaux de vcire sont de petite dimension, de façon à p;oduire, de loin, lelfel d'une mosaïque harmonieuse et douoo à l'œil ; si les draperies des custumes , quels que soient dail.eurs ces costumes , sunt traitées avec la simplicité usitée au xiir siècle, c'est-à-dire avec des traits vigoureux et des uemi-temtes projires à soutenir la fermeté des traits i)rincipaux ; si la composition est tranquille et sage, sans ces mouvements exagérés que certains artistes modernes appeil.nt de l'expression et qui ne sont souvent cjue la caricature des sentiments naturels ; si, enlin, les détails de l'ornemenlation sont lidèlement re, roduils et traités avec la même sobriété ou la même abondance, selon les circonstances, en évitant ce tini précieux qui ne lut usité qu'au xvi' siècle.

Comment, en effet, la correction du dessin, la pureté du trait, la régularité de la forme, qui doivent être de toutes les époques et de tous les styles, pourraient-ils nuire à l'ellet

d'un vitrail en style du xin' siècle? Ce serait uiii' fiuéi'ilité que d'attacher de l'imporlance, comme style, à la barbarie du dessin. Quant à la naivelé de la conqiosilion, elle est foit intéressante; mais nous n'y saurions prétendre, attendu que les artistes anciens faisaient usage de leur génie i)ropre et de leurs ressources, comme les artistes mode: nés font u-age de tout ce qu'ils ont â leur disposition^ en fait de talent, de science, d'expérience et de ressources particulières. On ne fait jamais remonter un art (luelconque à son berceau ; on [)eut le ramener h des traditions originelles, à une voie meilleure, à des procédés plus convenables ; on ne lui fera jamais reprendre le caractère naif, qui n'appartient qu'aux é])0(jues hiératiques.

11 peut se présenter des difficultés bien plus graves encore, sous le rapport du costume, dans l'exécution des vitraux peints, que celles que nous avons exposées. On construit actuellement de nombreuses églises en style chrétien du moyen ;lge, grâce à une heureuse réaction due aux travaux archéologiques. Ces églises peuvent être dédiées à des saints dont la canonisation est postérieure au xiii' ou au xiv' siècle, par exemple, dont on aura choisi le style architectural pour la construction de l'édifice. En fait, on a placé des monuments de ce genre sous un vocable inconnu au moyen âge, en l'honneur de la dévotion au sacré cœur de Jésus, sous l'invocatif.n de la sainte Vierge conçue sans péché, sous celle de saint Louis de Conzague , de saint François Xavier, de saint François de Paule, de saint Vincent de Paul, etc. Comment hub;llera-t-on dans le costume du xiii' siècle des saints personnages qui ont vécu trois uu cjuatre siècles plus tard ? Où trouver un modèle du sacré Cœur de Jésus dans les verrièies anciennes? Comment repiésenter la sainte Vie. ge, honorée dans son immaculée Conception, si on n'adopie j^as la ligure aujourd hui consacrée pour rappeler ce mystère ? Dans les cas ci-dessus mentionnés, il faut évidemment su.vre le style do l'époque architeclonique choisie pour la construction du monument, et ne pas s'écarter des costumes hislonques des personnages dont on représente les actions les plus mémorables.

Ne serait-ce pas une exigence ridicule que celle qui voudrait priver la piété chrél.enne de la représentation des saints qui ont vécu dans des temps rapprochés des nôtres ? L'Eglise a placé sur nos autels des saints que sa bienheureuse fécondité a produits depuis le xiir siècle : pourquoi ne les pourrions-nous pas honorer par des images dans des églises bâties de nos jours ? 11 est donc nécessaire que l'art soit au service de la liturgie. L'archéologie pratique doit être la servante de la religion, et non la régulatrice de nos saintes cérémonies, de nos objets de dévotion, do nos images pieuses. Voy. Convenance, Ameu-

ULEMKM'.

COTE.— Les côtes sont les listels ou lilels longitudinaux qui séparent les cannelures sur le filt dt's co!onn"s cannelées. On a[.)-

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pelle côtes dt dôme les saillies qui excellent le nu de la convexité du dôme dans le sens de la hauteur; elles sont quelquefois simples, en forme de plates-bandes ; d'autres fois elles sont ornées de moulures. Les côtes de coupe sont des saillies (jui séparent la douille d'une voûte sphérique en parties égales. Elles sont parfois enrichies de compartiments.

COTÉ (Bas). Voy. Collatéraux, Nefs, Bas Côtés.

COUDÉE. La plupart des monuments antiques sont mesurés par coudées. Cette mesure eut d'abord pour type vague la longueur de l'avant-bras, depuis le coude jusqu'à l'extrémité des doigts, la main étant étendue. Cette mesure a été ensuite précisée, mais de diverses manières, dont aucune ne nous est connue que par des conjectures plus ou moins incertaines. Quelques auteurs donnent à la coudée dont parle l'Ecriture 1 pied S2Ï millièmes de pied, ou la iûO' partie d'un stade ; d'autres réduisent cette longueur à 1 pied 4 pouces o lignes ( pied du Capitole, lequel a 10 pouces 10 lignes et 6 points), mesurés sur le pied de France. Selon Viîruve le pied faisait les dt ux tiers de la coudée. Suivant des observations et des conjectures ingénieuses faites au commencement de ce siècle et consignées dans la collection des Mémoires de l'expédition d'Egypte, la coudée égyptienne, la même vra'semblablement que celle des Hébreux, aurait été de 19 pouces C lignes du pied de France.

COUPE. — l. On appelle coupe, en architecture , le dessin géométral de la section verticale d'un édifice. La coupe a pour but de faire voir la distribution des étages et le système de construction de l'intérieur de l'édifice, de môme que le plan en fait connaître la distribution sur la superficie du terrain et que l'élévation en montre les façades extérieures. On multiplie les coupes selon qu'il est nécessaire pour faire connaître les détails intérieurs, l'épaisseur des murailles à diverses hauteurs, l'agencement des combles, etc. Sans cela il serait impossible de comprendre un projet de construction, ou de rendre compte , uniquement par la description, d'un monument ancien de quelque impoitance.

La coupe des pierres est l'art de tailler les ])ierres pour former, par leur assemblage, (les arcs, des voûtes, des pièces de construction de toutes les formes. Cet art, qu'on appelle aussi art du trait ou stéréotomie, est celui qui apprend à donner aux pierres la forme qu'elles doivent avoir pour se soutenir avec solidité dans les positions qu'il faut qu'elles occupent. L'étude de la coupe des pierres, basée sur la géométrie, a été poitée au plus haut degré au xv" siècle et au xvi% époque oii les artistes aimaient à se créer des difficultés pour avoir l'honneur de les vaincre, sentiment qui leur fit entreprendre 6t exécuter des travaux vraiment surprenants , mais qui ne sont pas toujours d'un goût irrépjd'.liable.

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Dans la construction, coupe signifie l'inclinaison des claveaux. On dit ainsi : donner peu ou beaucoup de coupe à un voussoir, pour indiquer que ses lits se rapprochent ou s'éloignent de la perpendiculaire.

COUPOLE. — On appelle coupole la partie concave d'une voûte sphérique, telle que l'intérieur d'un dôme. On se sert quelquefois indistinctement des mots coupole et dôme , pour désigner l'ensemble de la voûte sphérique. Le mot de coupole vient de l'italien cupola : la coupole est une espèce de coupe renversée. Les anciens la connaissaient , mais ils en firent usage dans un très-petit nombre de cas. La forme des temples ronds en rendait l'emploi nécessaire.

On peut dire que la coupole appartient à l'architecture chrétienne, à cause de l'emploi fréquent qui en fut fait dans nos églises. Quelques églises de forme circulaire, appartenant à l'époque romano-byzantine primordiale, furent recouvertes de coupoles ; mais c'est dans les monuments byzantins particulièrement que cette espèce de voûte a été souvent usitée. On peut même dire que la coupole constitue le caractère essentiellement distinctif de l'architecture orientale. Dans nos églibes d'Occident bâties au xv siècle et surtout au xii% on remarque assez fréquemment des coupoles byzantines, construites généralement au-dessus de l'intertranssept. Nous avons eu l'occasion d'en observer plusieurs très-habilement bâties dans les monuments du centre de la France. Voy. Byzantin, Age des églises, Voute.

Les coupoles , dont l'arcnitecture moderne a renouvelé et multiplié l'usage , sont ordinairement construites en pierre. Ce n'est guère que depuis la renaissance qu'on en a bàli en bois. Voy. Charpente.

COURONNE.— 1. Dans le moyen âge, la couronne est devenue un signe constant de la dignité impériale, royale et seigneuriale. En France, les rois de la première race se contentaient d'ordinaire d'un diadème d'or ; quelques-uns portaient une couronne à pointes, ou couronne radiale, à la manière des empereurs romains, comme on le peut voir sur les médailles du Bas-Empire ; car les empereurs de la race des Césars ne portaient qu'une couronne de laurier. On remarque sur les monnaies fabriquées sous la seconde race, que la tête des rois est toujours couronnée de laurier. Louis VI et Louis VII, de la troisième race, portent une couronne en forme de bonnet carré, avec des tleurons ou des fleurs de lis aux extrémités. (Le Blanc.) Charlemagne fit faire une couronne d'or enrichie de pierres précieuses et rehaussée de quatre fleurons. Elle était autref )is dans le trésor de saint Denis. Sous la seconde race, c'était la coutume que les rois , dans les grandes fêtes , parussent à l'église avec leurs ornements royaux, la couronne sur la tête, le sceptre en main et revêtus d'un manteau royal. Dans le xi' siècle, ils la recevaient de la main des évèques. Ainsi Yves de ChcUtres dit, dans ses Eiùlres

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( r.p, 06, 07, 8'0 , (l'ic le roi Philippe recul iiiio fi)is, à Noël, la couronne do la main do rairhevèquo de Teuis, et une autre fois, à la Pentecôte, de qnelfjues évôquosdc la province belgique ; ce qui n'avait rien de commun avec le sacre, puisque Philippe avait été sacré ;\ Reims, en 1059, par l'arciievèque (îervais, et que le sacre ne se faisait pas deux fois, mais une fois seulement, au commencement du règne.

Les premières couronnes, des empereurs d'Allemagne ont été d'abord le diadème , ceint d'un double rang de perles : le camc- Inucium des empereurs d'Orient. Sous Charles le Chauve, la couronne impériale était composée d'un diadème d'un double rang de jK'rles, et d'un bonnet surmonté d'une croix, sur un bonnet fermé par le haut avec des }iointes de lambeaux de perles : ses successeurs ont adopté la même couronne. L'emjicreur Lothaire , selon l'abbé Suger, était Cdiifé d'une mitre , entourée vers le haut d'un cercle d'or en guise de casque. Dans la suite, lacouronneimpérialea étécomposéede quelques pointes avec des perles, ou quelquefois de feui les de trètle. Depuis le règne de l'empereur Rodolphe II, la couronne impériale est composée d'un bonnet formé de quatre feuilles, entre lesquelles se trouvent des pointes avec des perles, et de trois arcs, dont celui du milieu soutient le globe ; du bonnet circulaire descendent deux fanons ou rubans.

Les anciennes couronnes royales n'étaient d'abord qu'un simple cercle, telles sont celles d'Agilulphe, roi des Lombards, que l'on voit à la bibliothèque nationale, et celle que l'on voit sur la tète du roi David, dans une miniature d'une Bible de Charles le Chauve, qui se trouve également à la bibliothèque nationale, à Paris. Quelquefois on a appliqué à ce cercle des feuilles d'une plante inconnue, ou d'une plante de fantaisie. Entre les feuilles se trouvent communément de grandes perles, ou des pointes ornées de perles.

La couronne papale ou la tiare est formée d'un bonnet élevé, entouré de trois cercles l)lacés l'un au-dessus de l'autre ; au sommet se trouve un globe. Chaque cercle a, comme ceux des couronnes royales , quatre feuilles entre lesquelles sont des pointes garnies de jjcrles. Quelquefois on trouve aussi les cercles garnis de rayons pyramidaux au lieu des feuilles et des pointes ordinaires. Elle est accom|iagnée de fanons pendants, connue la mitre des évoques. La plus ancienne tiare n'était qu'un bonnet rond élevé, entouré d'abord d'une seule couronne. Boniface VIII en ajout i une seconde, et Benoit XII une ttoisième.

Il paraît que Charles le Chauve est le premier qui accorda aux ducs le droit de porter la couronne. Depuis, les comtes et tous les gentilshommes, suivant leur titre, portèrent la couronne, au moins au-dessus de leurs armoiries. Les co-ronnes de duc consi:^lent en un cercle d'or garni de j);erres précieuses et rehaussé do huit Ile. nous fendus on feuilles d'ache. Celle de marcjuis est un cercle d'or à (juaîre (icurons alternés cliu-

cun de trois peHes en forme de trèfle. Celle de comte est un cercle d'or surmonté de neuf rayons pyramidaux terminés par de grosses perles. Celle des vicomtes est un cercle d'or avec quatre doubles pointes surmontées d'une grande perle. Celle des barons consiste en un cercle entouré de plusieurs cordons de perles. Celle des chevaliers e.<t un simple cercle d'or sans ornements ; aussi les chevaliers préféraient-ils mettre un casque au-dessus de l'écu de leurs armes.

Sur les couronnes du moyen <1ge, on peut consulter les ouvrages héraidi(}ues, |)rincipalement ceux de Paliot, du P. Menestrier, de Gatterer, et l'excellente dissertation de Du Cange à la fin de son éditio'n de Joinville. Quant aux couronnes antiques et aux couronnes en métal, Sallengre a écrit sur les couronnes d'or; Banduri, sur les couronnes de laurier; Lambicius, sur la couronne civique ; Lanzoni et Freytag, sur les couronnes des festins; Albertinus Mussatus, sur la couronne des poètes; Walchius, sur la couronne des orateurs, etc.

On trouve des couronnes très-souvent usitées dans les ornements d'église. Elles étaient suspendues au-dessus des autels, en signe d'honneur , comme nous l'apprend Ciampini, Vet. Monum., cap. 12, tom. II. Elles entouraient aussi les croix ou le monogramme de Notre-Seigneur, ou celui de la sainte Vierge; elles étaient encore placées sur des reliquaires. C'est ainsi, pour ce dernier fait, que l'on voit à la planche 42 de l'histoire du monastère de Saint-LMalric , à Augsbourg , deux couronnes admirablement travaillées , placées sur des châsses. On remarque quelquefois les reliques elles-mêmes des saints, ornées de couronnes : dans l'ouvrage que nous venons de nommer, ily a plusieurs crânes de saints entourés de couronnes précieuses.

La pratique d'offrir de riches couronnes pour être mises sur la tête des images ou statues de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge est fort ancienne , et l'on ti ouve des couronnes de ce genre d'un travail très-remarquable. Une couronne, garnie de perles et de pierreries , offerte par Marie , reine d'Ecosse, est ctmsorvée actuellement dans le trésor de l'église d'Aix-la-Chapelle. Quoique peu de ces couronnes aient échapj)é à la destruction, h cause de la richesse de lemmatière, nous pouvons néanmoins nous faire une idée de leur beauté et de leur élégance par celles qui sont représentées dans les tableaux de peintres du moyen âge. La galerie d'Anvers en renferme plusieurs exemples, parmi lesquels nous devons mentionner spécialement une petite peinture de Van-Eyck, représentant la sainte Vierge et Notre-Seigneur, avec un chanoine à genoux. Dans le grand tableau de l'adoration de l'Agneau, du même maître, à la cathédrale de Gand , la couronne placée sur la tète de la sainte Vierge e=it d'une extraordinaire beauté : c'est un cercle de perles et de pierreries, surmonte de lis et de pointes terminées par des étoiles

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rayonnantes. Celte décoration est bien ai>|)repriée aux couronnes pour les images ou les monogrammes de la sainte Vierge; tandis que les couronnes pour les figures de Noire- Seigneur doivent être surmoulées de croix , de diadèmes et du gloi)e.

La couronne de Baudouin, roi de Jérusalem , est conservé ■ dans la sacristie de l'église principale de Namur. Elle consiste en un cercle d*or, richement garni de pierreries et surmonté do ienilles en trèlles, dont de: IX renferment des épines de la couronne de Notre-Seigncur. Elle est enfermée dans une espèce de botte ou cotfret eu cuivre , doré et émaillé , d'une aniiquité qui paraît être aussi reculée que la couronne elle-même.

Nous trouvons quelques détails curieux sur les couronnes ayant autrefois appartenu à une église dans Finventaire delà chapelle de Saint- <ieorges, à Windsor. Item, très coronœ argenteœ deauratœ, cum diversis lapidibus pretiosis ornatœ, videlicet, unn pro beala Maria, et alla pro Filio, et tertia pro sancto Edimrdo ; videlicet, in una corona beatœ Mariœ deficiunt f/ainque lapides : et in corona Filii déficit anus (los delicatus : et in sancti Edwardi deficiunt sex lapides , et quatuor knappes in hordura; et duo knappes majores argentei dcaurati super flores dclicatos.

D'après Jean de Meulcn, dans son Histoire des saintes images, d'anciens crucifix ont une couronne d'épines sur la tète. Quelques-uns ont la couronne royale. 11 y en a un trèsbeau spécimen dans Téglise de Sainte-Gertrude, à Nivelle, rostauréen li38. Un autre, on bois de cèdre, k Siroli, près d'Ancône, a une couronne royale, et est regardé par le ])euple comme l'œuvre de saint Luc. Un autre se trouve à Lucques; il est voilé, et Curtius de Clavis, dominicain, en donne la description suivante : « La couronne est en or pur, semblable à la couronne royale. Audessus on voit les lettres grecques A et n. On y voit encore les clous; ils sont d'argent et recouverts de plaques d'or, marqués d'une croix. » Par cet emblème on a voulu dire que N(jtre-Seigneur n'est pas ssulement semblable à un loi, mais qu'il est vraiment roi, a le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, dont le rè^'ne n'aura point de fin. »

COURONNE (de lumière). — C'était une couronna ou un cercle en métal suspendu à la voûte des églises, sur laquelle étaient fixés des cierges que l'on al.umait aux grandes solennités. Autrefois, il y avait à peine une église qui ne possédât une couronne de luinière de ce genre, plus riche ou p!us -.^simple, suivant la richesse de la fondation ou la dignité de l'église. Souvent ces espèces de couronnes étaient formées de trois cercles, qui, lorsqu'ils étaient garnis de llambeaux , produisaient une pyramide de lumière. Le nombre des flambeaux ou cierges allumés é:a t ordinairement en rapport avec la solennité de la fête, et à la grande fête de Pâques la couronne, splendidement illuminée, présentait le plus brillant emblème de la triomphante résurrection de Jésus-Christ.

L » Hi'un des .Marettes, dans son Voijagt l.'lurgique, on parlant de Saint-Jean de Lyon, fait la mention suivante de couronnes qui se trouvaient jadis dans cette église: « Outre ce râtelier, il y a au jubé trois couronnes d'argent chargées de trois cierges chacune, et encore quelques au'res cierges h matines, que l'on éteint sur la tin des psaumes de laudes , parce qu'il fait plus grand jour : comme on fail dans nos églises sur la fin (!o laudes des trois derniers jours de la semaine sainte. » L'église de Sainte-Croix d'Orléans avait également, suspendue au milieu du chœur, une lampe d'argent à laquelle étaient attachées trois couronnes de lumière. Dans le 5 Antiquités de Paris de Claude Malingre, imp;imécs en IGVO, il est fait raontion de lampes et de llambeaux curieux, qui étai-^nl autrefois en usage à l'église de Nolre-D,ime. « Ils (le doyen et le chapitre) o:donnèr>'nt aussi que les deux grandes roues de fer suspendues à l'église (contenant chacune cent cierges) seraient allumées le jour de la purification de Notre-Dame. »

Une magnifique couronne était autrefois suspendue dans le chœur de la cathédrale do Reims. Elle consistait en un cercle de oi pieds de circonférence, divisé en douze parties égales par douze lanternes travaillées à jour, garnies do verres; entre les lantern:;>s il y avait des pointes pour 93 cierges. L'Évang le de saint Jean était gravé autour de la circonférence en lettres capitales ornées. Cette intéressante couronne, maintenant détruite, est figurée dans l'ouvrage de M. Prosper Tarbé, intitulé : Trésor de la cathédrale de Reims, pag. 215.

Siraéon, archevêque de Thessalonique, en décrivant les différentes espèces de lampes et de chandeliers qui servaient dans l'église, se propose cette question : Quid multiplex luminum or do, vel duodecim cerei, vel trifur-eus, vel reliqui in ecclesia accendendil II y répond de la manière suivante : Velut in cœloy scilicet in templo visibili lumina, velut stellœ, sublimia coruscant. Et corona quidem, sive luminum circuUis firmamentum, planetarumque zonas alla lucigera subindicant vasa , quorum quœdam trifulgida sunt velut tricipîtes cerei , alia septilucernaria sunt propter gratiarum numerum : alia itcrum duodenaria sunt propter apostolorum chorum , eorumque médius quidam sublimior est in magni luminis Christi Jesu signum. De là il paraît que des couronnes étaient suspendues dans les églises grecques, ayant une signification mysli {ue ditîérente, selon le nombre des cierges. Trois lumières signifiaient trois personnes de la très-sainte Trinité ; sept étaient l'emblème des sept dons du Saint- Esprit; douze et un autre au centre représentaient iésus-Christ entouré des douze a[)C)tres.

Nous avons donné ailleurs [voy. Autel, accessoires, colonn. 4-29 et suiv.) la description de la couronne que nous avons vue dans l'église d"Aix-la-Cliapelle : nous avons placé au môme endroit l'indication delà couronne de la cathédrale de Bayeux , ainsi

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que plusieurs passages curieux d'AnaSvaso Je Kibliothécairo.

Dans l'invontaire de la cathédrale de Canlorbéry par Gervais, moine de Dover, il est fait mention d'une couronne dorée, portant vingt-quatre lumières et qui était suspendue au milieu du chœur. A Metz, on avait mis sur une couronne l'inscription suivante : C}ijus in œde sacra rutilans micat ista corona ad liwtcn turbœ, rcl dccus ecclcsiœ. Relativement au nombre des couronnes , l'auteur de V Histoire des évéqucs de Verdun , dit d'un certain évèipie : « Il orna tolli'ment de couronnes l'église de Sainte-Marie, que si l'on en touchait une , toutes les autres étaient mises en mouvement. »

Georgius s'exprime ainsi sur les couronnes d'argent. « Les couronnes étaient des chandeliers de forme circulaire , en manière de couronne, rem[)lis de tlaml)eaux, suspendus h la voûte des églises. » ^'ous pouvons mentionner en premier lieu une ancienne notice sur la CItarta cornutiana, où il est parlé de quatre couronnes d'argent, avecleurs chaînes et huit dau|)hins. Saint Grégoire mentionne également ces couronnes avec des dauphins et des lis (Lib. i, epist. 71). Dans la Vie de saint Benoît d'xVniane nous lisons que dans l'église du monastère, « devant le grand autel

étaient suspendues sept lampes ; dans le

chœur, il y avait le môme nombre de lampfs d'argent, en forme de couronne, sur laquelle couronne il y avait des bassins , que l'on remplissait d'huile, et qui donnjiit, aux jours de grande fête, une lumière si élincelanto, que la nuit était, pour ainsi dire, changée en jour. Au commencement du ix' siècle, il y avait dans toutes les églises du monastère de Gentule ou de Saint-Riquier, deux couronnes d'or. Au-dessus des autels du saint Sauveur, de saint Riquier et de sainte Marie (Ap. Daclicri, tom. IV, pag. i67), il y avait trois ciboires ou baldaquins d'or et d'argent, auxquels étaient suspendues trois couronnes, une à chaque ciborium en or, et ornées de pierreries, avec des croix d'or et diveis ornements. Ces trois dernières couronnes ne paraissent pas avoir été des couronnes de jumières , mais seulement des couronnes suspentUus au-dessus de l'autel, comme emblème d'honneur. Dans une autre église de Saint-Riquier, il y avait cini] autels ornés d'or et d"ar,;fnt, avec une couronne d'argent. Saint Ansigise , abbé de Fontenelle ou de Saint-Wandrille, an 830, offrit à l'église de fQ monastère une grande et belle couronne d\trfjenl avec ses lampes d'argent. L'évèque G' nrad, dans la Chronique de Metz, dit : « 11 y a une large couronne suspendue dans le ch(Eur, semblable à celle qui est à Sainl- Alban; il y en a une autre au milieu de l'église, et trois autres plus petites devant l'autel de saint Martin , toutes d'argent et travaillées très-aitistement. »

Les couronnes s'appelaient en français roe, du lalin rota. La roue de l'église de Sainl- Remi à Reims était de fer et de cuivre doré. Son [)Ourtour représentait une enceinte de vjîle llanquée de douze tourelles, entre les-

quelles étaient disposés quatre-vingl-sei/.e petits chandeliers.

COURONNEMENT. —En architecture, on a'ipelle couronnement tout membre ou tout ornement (jui termine un édifice ou unejjartie d'édifice. Ce mot est h peu près synonyme d'amortissement. Ainsi l'on dit que la corniche forme le couronnement de l'entablement et que le chapiteau est le couronnement de la colonne. Dans les instructions du comité historique des arts et monuments on désigne sous le nom de couroruiement resi)èce de plafond très-orné, qui surmonte les sta'les adossées h une muraille, et les bas-reliefs ornant les clôtures du chœur. Le couronnem-nt des stalles d'Amiens est fort remarquable, de même que toute roniementation de cette be'le œuvre de menuiseri(\ l'une des plus importantes du style ogival qui soient parvenues iusqu'à nous.

COURONNER. — En architecture, couronner c'est terminer une pnrtie de construction en posant au sommet des ornements ou simplement les formes qui en constituent la terminaison ordinaire. C'est ainsi que l'on dit : « Cette tour est couronnée par des créneaux;— ce clocher est couronné par une lanterne, etc. » On dit encore qu'un piédestal est couronné, quand il se teim'ne | ar une corniche ; qu'un membre d'architecture et qu'une moulure sont couronnés, lorsqu'il y a un filet au-dessus.

COUSSINET. — Premier claveau d'un arc ou d'une vofite : on l'apiiellc aussi sommier.

COUVENT. — On disait autrefois convent du latin Conventus; de là les expressions de bâtiments conventuels, d'église conventuelle, etc. Voij. Abbaye, Conventiel, Monastère.

COUVERCLE. — Les fonts baptismaux, surtout durant la pério Je ogivale , furent surmontés d'un couvercle pyramydal, dont les arêtes étaient plus ou moins ornées. Comme ces couvercles étaient ordinairement fort lourds, on imagina divers moyens pour les mouvoir. Quelquefois, le sommet, ou finial, était terminé par une boucle, dans laquelle était fixée une corde qui passait sur une poulie attachée aux voûtes ou à la charpente : quand on avait besoin de découvrir les fonts, on enlevait le couvercle aisément et il restait suspendu pendant la cérémonie. Quehjuefois on faisait mouvoir le couvercle au moyen d'une espèce de pivot fixé en dehors de la fontaine du baptême, et qui était relié à ce couvercle par des traverses solides. Ces divers systèmes étaient plus ou moins incommodes. C'est ce qui fit abandonner l'usage de ces grands couvercles pyramidaux, semblables aux aiguilles d'architecture qui surmontent les statues et les contre-forts. Au xvr siècle, on se contenta de faire des couvercles bien moins déveloj)pés et d'un usage beaucoup plus commode: ils laissaient libre la fontaine du baptême, en roulant sur un demicercle en fer qui les maintenait solidement, en dehors de leur point d'appui ordinaire, i)endant ti.ut le temps de la cérémonie. On voit encore des couvercles de fonts baptismaux dans plusieurs églises d'Angleterre et

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de France, notamment ilans l'église deliueil, au diocèse de Tours. Vuy. Baptistère, Foxts

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