‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 164 sur 195 · CHO · texte numérisé non relu

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1. ors dt' la incise, héiiédiclion réservée del)uis aux évoques.

Chap. XVI. Il semble, par conséiiucnt, que la ll^uro nieulioiiuée ci-dessus et qui est sur la croix, est celle d'un saint év("^que. Dans un ancien manuscrit syrien des sdnis Evangiles (pour montrer que Taction de bénir indique une haute dignité), la sainte Vierge, recevant la salutation de l'ange, lève trois doigts de la main droite, comme |)Our bénir. L'ange néanmoins se trouve dans la même position de main ; mais ce n'est pas en signe de bénédiction, c'est uniquement en signe de salutation et de discours.

Chap. xvii. Saint Firmus, martyr, est représenté dans la môme attitude sur la chasuble diptyque de llavenne [Voy. Chasuble), sur laquelle on possède un beau traité de Maur Sarti, abbé d'un monastère de Camaldules.

Chap. xviii. D'autres exemples de laïques dans 1 attitude de la bénédiction ne sont pas très-rares. L'empereur avait coutume de bénir le peuple dans l'église de Sainte- Sophie, en faisant sur lui trois lois le signe de la croix ; et pour distribuer les palmes bénites dans l'église de Saint-Démétrius.

Chap. XIX. Pour revenir à l'acte de bénir, dont nous parlions tout à l'heure, sur la chasuble ci-dessus désignée, l'archange saint Michel est représenté dans l'attitude d'un évêque qui bénit. Il est excessivement rare (le trouverdes anges peints de cette manière ; ils ont ordinairement à la main une baguette, un roseau , une épée , un labarum ou un globe, ou tous les deux à la fois. En général, l'acte de bénir a toujours été regardé comme appartenant particulièrement à la dignité épiscopale. Il est donc surabondamment prouvé que cette figure est celle d'un évêque.

Chap. XX. La large tonsure en est également une preuve. Dans les premiers âges de l'Eglise et dans les temps de persécution , les ecclésiastiques portaient la chevelure longue, quoique moins ornée que les autres hommes. La tonsure fut usitée au \' siècle, et elle alla toujours en diminuant dans la suite.

Chap. XXI. La figure est couverte d'un vêtement commun, c'est-à-dire une tunique et un palliiun ou manteau , sans chasuble ni autre ornement sacerdotal; d'où nous pouvons conjecturer que c'est un apôtre qui a été ainsi re[)résenté. Les apôtres , en etfet , sont invariablement représentés vêtus d'une tunique et d'un manteau, ou seulement d'une lunique, cel!e-ci étant quelquefois ornée d'une bordure de pourpre, de même que celle de Notrc-Seigneur et des anges.

Cha|). xxH. La pœnuhi ou court man'leau de vo.age ne doit [)as être confondue avec le palliuni ou manteau- Saint l'ierre est distingué, jusqu'au vin' siècle, par un ample manteau ou pallium.

Cha[). XXIII. La large tonsure sur la tête de notre personnage indique le |)rince des apôtres, saint Pierre. A partir du vT siècle, l'opinion [uévalut que ce fut saint Pierre ipii

introduisit la tonsure. Cette 0|»inion est mentionnée par saint Grégoire de Tours. Suivant cette 0|)inion , et après cette époque , on re|)résente toujours saint Pierre avec une tonsure, et on fxuit le distinguer à ce signe des autres apôtres. Ainsi , sur un ancien ivoire sculpté, du xi' siècle jirobablement , dans régli.>e de Saint-Ambroise , ;i Milan, sur lequel , entre autres choses, est représenté le Christ lavant les pieds des apôtres , saint Pierre est facilement reconnaissable au milieu des autres, h la fois h son altitude de surprise et d'admiration, et à la tonsure ecclésiastique qu'il porte seul.

Chap. XXIV. Dans cet exemple , aussi bien que sur la croix de Vellétri, saint Pierre est représenté la barbe rase, selon la coutume du clergé latin au ix" siècle. La barbe rase est souvent un moyen de reconnaître les ecclésiastiques sur les anciens monuments.

Chap. XXV. L'absence de la clef, des deux ou des trois clefs qui désignent ordinairement saint Pierre , peut être assignée ou au manque d'espace, ou à quelque autre cause accidentelle.

Chap. XXVI. Saint Maxime dit quelque part que saint Paul tient la clef de la science qui lui a été communiquée, de même que saint Pierre tient la clef de la puissance. Telle est la raison pour laquelle ils sont souvent représentés ensemble, ayant chacun une clef suspendue à la ceinture.

Chap. XXVII, etc. Au pied de la croix de Vellétri, au-dessous du crucifix, dans un compartiment circulaire, est une figure de femme, la tête entourée du nimbe, la chevelure fiisée et ornée d'une bandelette semblable à une bandelette de perles, et vêtue magnifiquement. On peut conjecturer que c'est l'im- |)ératrice Hélène, à laquelle fut réservée la faveur de retrouver la vraie croix, et qui est reiTésentée sur [)lusieurs croix antiques. Au revers, dans le compartiment du centre , est un Agnus Dei, émaillé, sur un fond d'or, sans nimbe ni bannière , accessoires qui accompagnent ordinairement l'agneau , lequel est très-fréquemment figuré dans l'art chrétien primitif. Un bel exemple {VAçinus Dei, scul[)té, se trouve en dehors de la [)orle de légiise de Sainle-Pudentienne, à Rome, avec celte inscription appropriée au sujet tout autour :

Hic (((jiius mundum restaurât stnHjuhtc lapsnm. Mortuus et vh'us idem siim Pustur et A(jnus.

Ce symbole de l'agneau confirme l'antiquité de celte croix , qui semble apjjartenir au viir ou au ix' siècle. Lorsque l'usage de i'e|)résenter la figure de Notre-Seigneur sur la croix devint général, on conserva né.uimoins encore le symbole de l'agneau. Couiiue l'agneau est un emblème très-usité de Noti e- Seigneur, il est digne de remarque que les premiers chrétiens eurent la coutume de rej)résenter les apôtres, non-seulement sous la ligure de colombes ou de cerfs, mais encore sous celle d'agneaux, probablement en allusion à ces paroles de Jésus-Christ : « Voilà que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loui'S : Eccc ego mitto vos sicuù

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aynos in medio luporum (S. Luc, cli. x, v. 3).

Nous examinerons uiaintcnnnl les (luatre coinparliinonts qui sont aux angles de la croix de Vellétri. Ils renferment, émaillés sur champ d'or, les quatre animaux mystérieux qu'Ezéchiel et saint Jean virent en vision (Kzech.,i, 20, et x, IV; S. Jean, Apocal., iv,7). Dans l'Eglise grecque surtout, de grands honneurs furent rendus aux quatre animaux incorporels , qui sont regardés comme étant quatre chérubins. Des églises , sept furent (îédiées sous l'invocation : Quatuor sanctorum Animalium. Les quatre animaux sont aussi regardés comme l'emblème des quatre ovangélistes. Saint Irénée et saint Augustin disent que le lion ligure saint Matthieu; la ligure d'homme, saint Mire; le veau, saint Luc, et l'aig'e, saint Jean. Mais saint Jérôme et saint Grégoire considèrent la figure humaine comme le symbole de saint Matthieu ; le lion, de saint Marc; le veau ou le bœuf, de .«aint Luc ; et l'aigle , de saint Jean. Cette dernière interprétation a été suivie de tous les artistes. On ne trouve point ces symboles dans les monuments de la Rorne souterraine, publiés par Aringhi et Buonarotti; ils commencent à apparaître dans les mosaïques du v siècle , publiées par Ciampini. Dails ces représentations des mosaïques, les ligures des évangélistes sont peintes, et près <le chacun d'eux se trouvent les animaux symboliques. Ainsi, dans les mosaïques de saint Vital , à Ravenne , qui ont été faites vers l'année 5i7, les évangélistes sont représentés tenant des livres ouverts , avec leurs symboles au-dessous d'eux. Les quatre animaux sont communément représentés ailés, et souvent avec un nimbe autour de la tête. Souvent les animaux symboliques portent le livre des Evangiles. Ces symboles furent employés, non-seulement dans les mosaïques , mais encore sur les murs extérieurs des églises, sur les arcades triomphales h l'intérieur des monuments religieux, dans les absides et en d'autres endroits : c'est une mar- (|ue de la dévotion des temps envers les saints évangélistes. Nous les trouv»jns sur la base des autels , sur les vases sacrés, mais spécialement aux angles des croix. Les quatre symboles des évangélistes forment alors une espèce de couronne à l'agneau qui est au centre de la croix. Il y a des exom[)les qui (litfèrent de celui que nous venons de mentionner en dernier lieu : quoique ces emblèmes soient placés plus communément aux extrémités des croix, avec la ligure de Notre- Seigneur au centre, et spécialement des croix de procession, aux angles des diptyques, ou des tableaux représentant le Chri-^f.

Au sujet du nimbe croisé qui environne la tête de Notre-Seigneur, il faut noter que , dans les plus anciens exemples, la cioix est rouge, ce que l'on observe encore dans d'autres anciennes croix. Les Grecs ajoutent souvent au nimbe cruciforme, aux trois extrémités apparentes, les lettres o n in , qui se traduisent ainsi en latin : ego slm, et qui correspondent au tetragrammaton des Hébreux. Les Latins ont souvent emiiloyé, dans

la même position, le mot REX, pourexprinuM' le royaume de Jésus-Christ, ou le mol LVX, pour montrer qu'il est la lumière du monde. Souvent dans le nimbe (jui entoure la tète de Noire-Seigneur, sur chaque croisillon , on voit une petite croix, comme on en peut voir un spécimen sur la couverture du livre des saints Evangiles , à Friuli, gravé dans le Thésaurus vcteruni diptycfiorum, tom. III, tab. 10; un autre exemple se trouve dans la Rome souterraine d'Aringhi, tom. II, lib. VI, cap. 20 , au nimbe qui environne un Afjnus Dci. Les symboles des évangélistes se trouvent encore sur des croix entièrement unies ou sans figure d'agneau, et surtout sur les croix faites du bois de la vraie croix. A la croix de Vellétri, au lieu des symboles des évangélistes sur le devant de la croix, il y a quatre réce|)tacles pour mettre des reliques, et ce fait n'est pas unique.

Abrégé d'un traité sur une ancienne croix du Vatican, par Etienne Borgia, secrétaire de la Propagande, en 1779.

Préface. Parmi les monuments religieux les plus intéressants dont la gravure n'a pas encore été publiée, un des plus importants est une ancienne croix qui reste au Vatican, appartenant au VI' siècle de l'ère chrétienne, et qui a été mentionnée par [)lusieurs écrivains.

Chap. I. Cette croix a de longueur 21 pouces et demi et de largeur 16 pouces et demi. Elle est pâtée, c'est-à-dire que les extrémités en sont plus larges que les branches à l'entre-croisement. Cette forme ne répugne pas à la date du \i' siècle, et on en trouve de cette foime qui sont plus anciennes encore. La croix reçut des ornements après la conversion de Constantin. La distinction faite entre la forme grecque et la forme latine de la croix n'est pas ancienne; les deux formes furent indistinctement usitées chez les Grecs et chez les Latins. La croix du Vatican est ornée de 40 pierres fines sur l'un des côtés; 12 forment une couronne autour de la relique de la vraie croix au centre, 4 sont suspendues en forme de campanula ou de petites clochettes, 2 h chaque branche latérale. Les pierres sont des topazes, des escarboucles, des émeraudes, etc. Le revers présente cinci compartiments ciiculaires; celui du milieu est rempli d'un Agnus Dci, la tète ornée d'un nimbe et tenant une croix; les compartiments supérieur et inférieur renferment la ligure de Notre-Seigneur, reconnaissable au nimbe crucifère; la ligure su})érieure a trois doigts étendus comme pour bénir; les deux compartiments ont le buste, l'un d'Augustus, l'autre d'Augusta. La croix est composée de lames d'argent doré. Les ligures sont frapl)ées en relief, semblables à un travail d'anaglyphe. Le cercle central, sur la partie antérieure de la croix, est en or: et il renferme la relique précieuse de la vraie croix.

Chap. II. L'inscription latine aux quatre extrémités delà partie antérieure de la croix nous ap[)rend qu'elle fut un présent de l'em- [lereur Justin. Les le.tres à la partie s\i[)ù-

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