‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 166 sur 195 · TEMPÉRANCE. LIBÉRALITÉ. PAIX · texte numérisé non relu

TEMPÉRANCE. LIBÉRALITÉ. PAIX

GOIRMAXDISE. AVARICE. DISCORDE.

Par-dessus il y a différents animaux ingé-

nieusement disposés. La troisième est une crosse d'ivoire, ayant appartenu h Yves, évèque de Chartres, consacr(' en 1091. Au nombre des ornements, on distingue trois figures d'ecclésiastiques fort intéressantes.

On conserve h Oxford trois bâtons d'évô- (|ue : La première crosse est celle de Guillaume de Wvkeham, au nouveau collège (iVrtr-ro//c,7p) ; elle est d'argent doré et émaillé, d'un travail plein de goût, probablement la plus belle crosse qui existe. La seconde est celle de l'évèque Fox au collège do Corpus Christi; et la troisièuie au collège de Saint- Jean. La conservation de ces trois belles crosses épiscopales, <^ travers trois siècles de spoliation et de destruction, tient presque du prodige, et est d'un heureux augure pour l'avenir. Dans le tableau qui représente le portrait de l'évèque Waynilete, au collège de la Madeleine, on voit une belle crosse ornée de lis ; c'élait , sans doute, celle que portait cet évè(jue; mais la crosse elle-même a disparu depuis longtemjis.

La partie supé'rieure des crosses était souvent faite en ivoire, montée sur un nœ-ud de cuivre doré : on en voit deux magidliques spécimens au musée de l'hôtel de Cluny , à Taris. Les no uds de ces crosses étaient faits autrefois de manière à être garnis de i)!erres et d'émaux, encastrés dans de petits cercles, autour de la circonférence, comme les nœuds des calices ; mais , plus tard ils furent al^ longés et décorés de niches et de statuettes placées sous de riches baldaquins disposés en rond ou en octogone. Il y a aussi des exemples de crosses faites en cristal et montées en vermeil. Un bâton pastoral de ce genre appartenait autrefois à l'église de Lys , en France ; elle a été gravée dans le 1" volume tle Shaw, Ornements et décorations.

Il n'y a aucune différence entre la crosse des évêques et celle des abbés. Mais les abbés sont représentés portant la pointe supérieure de la crosse tournée en dedans, pour montrer que leur juridiction était intérieure et ne s'étendait point au delà des limites de leur monastère. C'était une coutume pour les supérieurs des maisons religieuses, qui avaient le droit de porter la crosse, de la couvrir d'un voiLs attaché au nœud, lorsqu'ils étaient en présence d'un évoque. On voit toutefois des bâtons d'évèque fréquemment représentés avec des voiles semblables, soit dans des peintures, soit dans des siatues, et il est très-probable que ces voiles n'étaient pas autre chose originairement que des mouchoirs.

Dans l'ouvrage intitulé : Voyage littéraire de deux Bénédictins, on trouve mentionnées plusieurs crosses antiques fort intéressantes. A l'abbaye de Cluny, il y avait un bâton pastoral ay^nt autrefois appartenu à saint Hugues : il était de bois , recouvert de plaques d'argent , et la crosse était eu ivoire. A Mauriennc, en Savoie , il y avait un bAton pastoral entièrement en ivoire. A l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, il y avait un liàton pastoral d'ivoire, ayant autrefois appartenu à saint Mauron. A l'abbaye de Saint-

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