‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 167 sur 195 · CR · texte numérisé non relu

CR

mi

Savin, PyrëiK^es, on montrait un bûton pastoral (J'ivoiro , <iy<int appartonu à saint llilaire : la Salutation angélique était gravée dessus.

Dans l'inventaire de la ca'hédralc do Lincoin on trouve l'indication de plusieurs ci'ossos. « D'abord une télé de bàlon é|)iscop,'d, argent et oi-, ayant un nœud avec tles pcrhvs et plusieurs pierres précieuses ; on voit Finiage de Notre-Seigncnr d'un coté, et celle de saint Jean-Baptiste d'un autre coté : elle pèse 18 onc(\s. — Ilcm, une autre tète de crosse de cuivre doré. — Item, un bAton pour une des tètes ou crosses précieuses, laipiello est ornée de pierres , d'or et d'argent : il y a trois cercles de vermeil pour le |);\ton. — Item, un bâton de corne et do bois pour une crosse de cuivre, et un l);\ton couvert d'argent sans crosse. » [Monaslicon an- (/liranum, par Dugdale.)

L'inventaire de la cathédrale de Winchester indique un hAton pastor,-!] dont la crosse est faite d'une corne de licorne ou nnicorne. Voici un extrait de l'inventaire do la catbédraie de Saint-Paul : « Baculus Ricardi cfiiscopi tertius, cnjus cambuca de argento deaurato, ffuem liabot Ricardus episcopus. Baculus cjusdem cum cambuca cornea , conlinens interius vineam circuuiplectentem leonem de cupro deaurato. — Item, baculus cnjus cam!)uca cum pomello est de cupro deaurato, fuso vineis et iniaginibus multis, assignafur ad usum episcopi f'arvulorum. — Item, baculus cnjus cambuca est corn'^a, continens mnssam cuprcam deauratam, fiisam in imagines multas, et pomellum similis operis , insertis lapidibus. — Itejn, baculus cum cambuca eburnea, continens agnum ; et alius similis. — Item , baculus qui fuit Henrici de Wengham, de argento Iriplwriato et deaurato cnjus cambuca continet imaginem Pauli ex parte una , et cujusdam archiepiscopi ex parte altéra ; et in circuilu inseruntur lapides turkcsii , et garnettrc et baculus ligneus de tribus peciis, ornatus tribus circulis argenteis insertis lapidibus, cnjus ])es est de argento deaurato. »

Le cardinal Bona dit que le bAton pastoral est aux évèques ce que le sceptre est aux rois, un emblème d'autorité, d'office et de correction. \.'Or(lre romain et le iV concile de Tolède en parlent comme étant d'un usage commun. On peut considter le Rationalc divin, officior. de (luillaume Durand, et le livre De 7nj/stcrio missrc, cn\). Cy2, du pai)e Innocent ill, pour avoir (\c^ détails plus étendus que ceux que nous avons donnés ci-dessus, sur la signification symboli([uc de la crosse é()iscopale.

CKOSSl'yrTE. — Saillie ou rod(ïnt que présentent certains claveaux, et rpii a pour but de les empèciierdc glisser sur ceux ([ui leur sont ju\la[)OS('s.

C.KOUPK. — 11 y a des cond)les en charpente, terminés en croupe. Voy. Chaui'kntk. Auticfois on donnait le nom de croupeh l'extn'milé extérieure des absides des églises.

CllYP'l'K, — Les fiersé'cutions di^s empereurs, ([ui avaient contraint les premiers

chrétiens do Rome do s'ensevelir dans ie^ catacoMibes, prtjduisiient un effet analoguo dans tout bs monde romain. Partout les apôtres tbi christianisme rencontrèrent des obstach.'S , et la haine qui les poursuivit les força de chercher un asdo dans les entrailles do la tei're. Ceux qu'ils avaient convertis .à la foi de Jésus-Christ venaient y chercher dos f )rces, des consolations et le libre exercice de leur religion. Dos souterrains furent prcs(]uo en tous lieux les sanctuaires primitifs du christianisme. Il y a peu de villes qui n'aient gardé le souvenir et la vénération dos grottes consacrées par les réunions des premiers chrétiens persécutés, (juolquefois mémo par le sang dos martyrs. Partout donc où la religion fut persécutée, et dans quels pays ne ra-t-clle pas été! on trouve des cryptes où elle venait cacher ses mystères aux yeux de ses ennemis. On donne u! nom de cryptes, lieux cachés, lieux secrets, à des soutoirains autres que les catacombes et à des grottes ou cavernes, soit naturelles, soit factices, où les chrétiens se réfugièrent dans les temps de [)e;sécution. On a encore donné ce nom , mais seulement par extension , aux cha;ielles souterraines (pie nous voyons un peu |)lus tard fréquemment ])ratiquées sous les églises de l'époque romanobyzantine, principalement sous la partie où se trouvait placé l'autel.

Toutes les cryptes peuvent être rapportées à trois divisions : les cryptes construites dans un but direct, celles qui furent établies dans des cavernes , enfin celles qui furent placées sous le sanctuaire des églises, au moyen Age. A la première section se rapportent les allées souterraines creusées dans quelques cimetières pour recevoir les évoques et les diacres, au moment dos persécutions, et les soustraire aux recherches de leurs ennemis. L'ouverture était cachée sous une construction en Ibrme de tombeau. On ne connaît que pou de cryptes auxquelles on ait donné cette forme. Les cryptes les plus célèbres sont, sans contredit, les cavernes ouvertes dans lesroclu'rs ou les souterrains creusés dans le sol, dans le voisinage des villes anciennes. On en rencontre près de presque toutes les antiques cités des Gauh'S.

Ces temples mystérieux n'ont extérieurement (pie ra[)parence d'une grotte obscure. A l'intérieur, la disposition i)out être plus digne de remarque. Au fond de quelques vieilles cryptes chrétiennes so trouve encorele modeste autel do pieri-e sur lequel fut offert le sacrifice auguste. Rien ne le recommande à nos yeux que de pieux souvenirs, et les émotions ({ue sa vue seule insfiinj' peuvent se comprendre des C(£!urs profondémont religieux. Autour du sinqilo autel sont dos siég/s grossièrement taillés dans le roc, et (jnelqueibis, l'aroment d est vrai, suj- les parois des nnu'ailles, on voit des restes do pointures ti iVosque, représentant le Christel sa mère, les apcjireset les |)remiers martyrs. On a retrouvé des tiaces du l)assin destiné à contenir l'eau du baptême, et assez sou-

CRY

CRY

vont (les caveaux continus h la crypte, consacrés à la sépullure des chrétiens; touchant spectacle du christianisme naissant : une croix, un autel, un baptistère et des tonilieaux ! Lorsque la persécution se calma, les c'irétiens construisirent des enceintes sacrées devant ces grottes converties en sanctuaires, et rpiand le christianisme fut triomphant, ils se plurent à les embellir. Dans les j)remiers siècles de l'Eglise on célébrait les mystères exclusivement sur les tombeaux des chrétiens mnrts vaillamment pour la défense de la foi. Cette tradition fut conservée durant tout le moyen Ag-s et on élevait, nonseulement les autels, mais encore les églises à l'honneur de Dieu , sous l'invocation d'un martyr. On avait coutume primitivement de déposer les reliques du saint dans un caveau creusé immédiatement au-dessous de l'autel. Ce caveau fut nommé confcasio, et plus généralement jnarlyrium. On y descendait par un dou'nle rang de marches placées derrière l'autel ou à ses côtés. Cette crypte, de petite dimension, fut ordinairement décorée avec un grand luxe.

Vers la fin de la période romano-byzantine, et au commencement de la période ogivale, aux xi% xii' et xiii' siècles, ces cryptes acquirent de vastes dimensions, et juôme quelquefois les architectes les développèrent dans de si grandes proportions, qu'elles conslituèrent de véritables églises souterraines. Cette coutume disparut à peu près complètement à partir du xiv^ siècle. On connaît queluues-unes de ces cryptes vraiment dignes d'admiration : depuis ces cryptes souterraines, composées seulement de quelques chapelles , comme celles de Sainte-Maure et de Faye-!a-V'ineuse en Touraine, jusqu'à ces cryptes prodigieu-^es de Charires, de Bourges, de Bayeux, de Saint- Denis, etc., qui s'étendent sous une grande partie de l'église supérieure. La crypte de saint Mellon étant peut-être la construction la plus ancienne de France, nous n'avons jui résister au désir d'en donner une courte description. Les principales dispositions arehitectoniques sont d'une extrême simplicité. Au centre de la voûte, se trouve un grand arc en forme de plate-bande, à courbure semi-circulaire, qui s'appuie sur deux piliers carrés de la plus entière barbarie. Au lieu de chapiteau, le sommet des piliers est entouré seulement d'un filet et d'une moulure taillée en biseau. La voûte elle-même, appuyée sur l'arceau central, est d'une construction grossière. Dans la muraille on aperçoit quelques briques épaisses, d'une fabrication antique. Deux ouvertures cintrées , (fui rappellent, et parleur forme et par leur destination, les moniimenta arcuata des cat icombes, ont servi à recevoir les tombeaux de saint Mel on et de saint Victrice. Quelques «personnes pensent que la crypte de saint (iervais ne remonte pas à une aussi haute antiquité, et qu'elle a été construite plus t.ird, sur le même emplacement que celle du iv' siècle. Plusieurs antiquaires, et entre autres M. Le Prévost, croient qu'il est

impossible de prouver que cette crypte n'apjiartient pas h l'époque de saint Victrice, à la lin du IV siècle. La forme des deux arcades, sous lesquelles ava'ent éié enterrés les deux évèques, fournit un argument du plus grand poids; les corjis des deux saints pontifes en ont été retirés au ix' siècle. Quelle raison aurait-on eue plus tard d'y réserver des emplacements de tombeaux, puisque leurs reliques n'y sont jamais revenues? On est donc forcé d'admettre que la cryfite est au moins antérieure au ix' siècle, et alors pourquoi ne pas penser qu'elle est la même élevée [)ar saint Victrice à la tin du iV siècle. Une crypte fort curi(nise s'étend sous le sanctuaire et sous une partie du chœur de la cathédrale de Bayeux. Elle est soutenue sur huit colonnes trapues, à chapiteaux grossièrement sculptés. On y reconnaît le signe des constructions du tiommencement du xr siècle. C'est une des cryptes les plus étendues et les mieux conservées de nos grands édifices du moyen âge. Par un concours de circonstances assez difficiles h expliquer, pendant longtemps on avait complet tement [)erdu le souvenir de cette chapelle souterraine. En creusant le tombeau de l'ér vêque Jean de Boissey, on fut très-surpris de la découvrir. Une inscription en lettres gothiques, placée au-dessus de l'une des ouvertures de la crypte, est destinée à faire connaître cette particularité.

En mil CCCC et douze Tiers jours d'avril que pluyc arouse Les biens de lerre, la journée Que la paque fusl ccléi)rce ISoblez lioine et Révèrent Père Jehan de boissey de la mère Eglise de Baieur pasteur Rendit l'àme à son Créateur Alors en fonillant la place Devant le grant autel de grâce Trouva-t-oii la basse cliapelle Dont il n'avait été nouvelle.

Ou il est mis en sèpultnie, Dieu veuille avoir son ànje en cure.

Amen.

En plusieurs endroits de la crypte on trouve encore des fragments de peintures qui y furent apposées au xv' siècle. Elles sont assez mal conservées; elles méritent cependant qu'on veille à ce quelles ne disparaissent pas entièrement.

Les cryptes de la cathédrale de Bourges sont très-développ:'es et très-curieuses. Il n'en existe i)as en France de plus vastes, puisque c tte église souterraine, de forme irrégulièrement circulaire, a 80 mètres de circonférence. On dislingue plusieurs caveaux isolés qui ont servi pour la sépulture des archevêques, des chanoinss et de divers autres personnages. Ces cryptes ont été creusées sous linfiuence des traditions ecclésiastiques , mais elles doivent peut-être leur vaste étendue à la nature du sol et aux nécessités de la construction. Le terrain s'abaisse visiblement du côté du sanctuaire, de sorte que les voûtes souterraines étaient indispensables pour établir l'aire du chœur au

Page 1