‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 168 sur 195 · CUY · texte numérisé non relu

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niveau du pavé de la nef Cctto disposition, imposée jusqu'h un certain point |)ar la nécessité, se retrouve dans [>lusieurs autres églises du centre de la France; le style des cryptes est semblable à celui des chapelh.'S absidales, et nulle [lart on ne retrouve de traces du travail primitif; les auteurs qui ont prétendu y découvrir de beaux restes de l'architecture carlovingienne , ont commis une grave erreur.

On a prétendu que les cryptes de Chartres avaient rem[tlacé une grotte druidique d ins laquelle les Celtes rendaient un culte à la Vierge-Mère, qui devait enfanter le Sauveur du monde, sous ce titre : Virgiiu pnriturœ. Eclairés par une lumière surnaturelle , ils attendaient le salut moral et intellectuel de cette Vierge, dont parle en termes si admirables le prophète Isaïe. Quoi qu'il en soit de cette tradition, qui peut bien être révoquée en doute, les chrétiens du moyen àgo eurent une dévotion singulière pour Notre- Dame de Chartres. La chapelle qui lui était dédiée dans les cryptes était entourée d'exvoto et d'autres signes authentiques de la piété reconnaisssante. La confiance en la sainte Vierge a-t-elle jamais été vaiùe? Outre cette chapelle, plus somptueusement décorée que toutes les autres, ou en comptait treize disposées assez régulièrement dans les parties latérales. C'est là qu'on trouvait le puits des Saints-Forts, ainsi nommé, parce que, au temps de la persécution, sous le gouverneur romain Quiriuus, on y précipita les corps d'un grand nombre de martyrs courageux.

Dans un des côtés, à droite, on trouve encore une cuve baptismale en pierre , doi.t la forme élégante indique assez le commencement du XI' siècle. Les cryptes de la cathédrale de Chartres portent" clairement les caractères des constructions du temps de Fulbert, et doivent être placées au nombre des travaux de ce genre les plus considérales et les plus curieux à étudier. Elles consistent en deux longues nets, couvertes de voûtes en arêtes, auxquelles on peut descendre par cinq escaliers différents.

CRYPTO-PORTIQUE. — Les Romains f;nsaient bâtir des crypto-portiques dans leurs palais, c'est-à-dire des portiques ou galeries souterraines destinées à des usages variés. On a émis diverses opinions sur les cryptoportiques des anciens, et on en trouve des vestiges dans les ruines des villes les plus antiques de l'Asie. Quoi qu'il en soit, nous employons cette ex[)ression, qui nous semble propre pour cela, à désigner une espèce de galerie à moitié souterrauie, qui conduit à la curieuse cathédrale du Pjy en Velay. La principale avenue de cette cathédrale excite l'étonnement de tous ceux qui la voient pour la première fois. C'est d abord une suite de plans inclinés qui se haussent les uns sur les autres, et qu'il faut franchir pour aiTiver au frontispice méridional. Cet immense escalier conduit à une espèce de iiarthex ou de vestibule, qui, considéré sous un certain rapport, serait une cry^jte, composée de trois travées ascendantes, dont la

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voûte, élevée tle 20 mètres environ sous clef, recouvre un magnifique escalier de 108 degrés. Dans ce vestibule ou crypto-porti(|ue s'ouvraient deux chapelles, l'une dédiée à saint Martin do Tours, et l'autre consacrée à saint Gilles. Les portes en bois de ces chapelles sont chargées de sculptures en bas-relief et d'anciennes inscriptions fort curieuses : elles méritent d'être protégées contre la destruction qui semble les menacer. Cette vaste et grandiose entrée est au-dessous même de la nef principale de l'église, dont le pavé est appuyé sur la voûte du crypto-portique. Autrefois on pénétrait dans la cathédi-alo en entrant sous le transsept, de manière qu'on avait l'autel devant soi et la nef par derrière. Cette disposition originale permettait, dit-on, au prêtre ofTiciant à l'autel de donner la bénédiction au peui)le qui, dans les grandes solennités, couvrait les degrés de l'escalier jusqu'au bas de la montagne. Elle fut changée dans une restauration entreprise par >L de Callard. Il est à regretter que cette ouverture ait été supprimée : c'était une des particulatités les [)lus intéressantes de la cathédrale du Puy. Aux grands jours consacrés par les mysîères de la religion, cette immense avenue, couverte de fidèies, devait présenter un spectacle admirable : longue chaîne doht les anneaux touchaient à la terre, tandis que les premiers étaient, pour ainsi dire, au ciel I Aujourd'hui, on tourne à gauche, en continuant à s'élever, et l'on pénètre dans le temple par deux portes latérales. La commodité que Ion a trouvée dans ce changement ne saurait compenser la perte réelle du pittoresque de l'entrée première.

Entre les parties les plus intéressantes du crypto-portique, nous devons mentionner spécialement deux magniiiques colonnes en porphyre rouge antique, placées de chaque côté de la grande arcade qui donnait communication du narthex dans la nef de l'église; elles proviennent probablement de quelque vieil édifice gallo-romain. Les chapiteaux et les bases oifrent tous les caractères du xn' siècle : ce serait un travail du moyen âge adapté à un fût antique.

CUBIQUE. — On appelle chapiteau cubique une espèce de chapiteau de l'architecture romaiio - byzantine , fréquemment exécuté dans les monuments de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre, et présentant, en etfet, la forme cubique. Voy. Chapiteau, Corbeille. Il faut ajouter que le cube est arrondi sur ses angles inférieurs, de manière à pouvoir se raccorder avec un fût cylindrique.

CUL-DE-FOUR. — La voûte en cul-defour est sphérique ou sphéroïde, à plein cintre, surhaussée ou surbaissée. Cette espèce de voûte recouvrait ral)side des basiliques anciemies. On l'a également em[)loyée au moyen <1gc, surtout au xi' siècle, pour recouvrir les cha|)elles absidales et même l'abside majeure ou le sanctuaire, lorsque la voûte était à plein berceau. A la Ihi du xi' siècle et au xii' siècle, ou adopta un autre système pour élever des voûtes sur les ab-

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