‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 173 sur 195 · DAM · texte numérisé non relu

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et une partie du corps (iaiis l'auréole d'or, e*!t la vierge Marie , en robe, m;inleau et voile d'argent ; elle tend les mains vers son lils qu'elle remercie ou auquel elle demande grâce pour les pécheurs. A gauche est saint Jean-Baptiste, en vêtement d'argent, aux cheveux incultes et hérissés, comme les Grecs le représentent constamment. Il a les pieds nus comme un apôtre, tandis que Marie a les jiieds chaussés. En partant de la Vierge, on trouve Eve, à moitié nue; en quittant saint Jean-Baptiste, on rencontre le groupe des ermites. Du côté de saint .Tean-Baptiste sont les personnages de l'ancienne loi, ou plutôt les personnages antérieurs h l'histoire de l'Eglise proprement dite, puisque les apôtres y sont, du côté de la V'ierge, les personnages de l'Eglise, à l'exception d'Eve qui est ià sous la protection de la Vierge, dont elle est une figure. Marie est une nouvelle Eve, une Eve réparatrice. Cette disposition est ingénieuse et à peu près particulière aux Grecs.

Mais c'est dans le bas que sont les plus illustres et les plus saints personnages, les apôtres. On les reconnaît au long manteau romain qui tourne autour de leur longue robe, et surtout à leurs pieds nus, privilège qu'eux seuls partagent avec les anges et les personnes divines. (Didron, Ann. archéol.)

DAMASQUINURE. — L'art de la damasquinure n'a pas été inconnu des anciens, et }\ consiste à tracer en creux, sur le fer et l'acier, des dessins au trait, qui sont ensuite incrustés d'or et d'argent. Les Latins ont appelé l'art de la damasquinure ferruminatio ; pour damasquiner, on disait aurum aut argcntum includere. Dans les teni]>s plus modernes, les peuples du Levant se Sont emparés de ce genre de travail, et on la nommé damasquinure, parce que, depuis le moyen âge, les habitants de Damas y ont principalement réussi. Suivant la meilleure définition que l'on en puisse donnrr, la damasquinure consiste à rendre un dessin par des filets d'or ou d'argent appliqués sur un mêlai moins brillant, comme le fer ou le bronze qui sert de fond. On rencontre aussi des damasquines exécutées sur or avec de l'argent, ou sur argent avec de l'or.

On procédait de deux manières, suivant qu'il s'agissait de damasquiner le fer ou un métal moins dur. Dans le premier cas, on couvrait d'une taille très-fine, analogue à celle des limes les plus délicates, toute la superficie de la plaque de fer qui devait recevoir des dessins de damasquinure ; puis, sur ce champ intaillé l'artiste exprimait le dessin qu'il voulait reproduire par des fils d'or ou d'argent, qu'il y fixait à l'aide d'une forte pression ou du marteau. Les dessins étant ainsi posés, la pièce entière était polie avec un brunissoir ou un instrument du même genre, qui, en fixant plus solidement l'or ou l'argent, écrasait les tailles du champ et lui rendait son poli primitif. Le travail de damasquinure équivalait, dans cette première manière, à une broderie plate.

On exécutait aussi, par un procédé analo-

gue, une damasquinure en relief, dont on peut voir un beau spécimen sur une armure de Henri II, dans le cabinet des médailles, à la Bibliothèque nationale. La manière de procéder était alors ditleronte : les traits du dessin étaient gravés en creux s u le fer, et le fond du trait obtenu par le burin était seul intaillé en forme de lime ; les fils d'or ou d'argent étaient fixés dans l'inlaille par la pression.

S'il s'agissait de damasquiner des métaux moins durs que le fer, comme le bronze, par exemple, le métal du fund était légèrement champlevé dans la forme extérieure de la figure que l'artiste voulait rendre; une mince feuille d'or était a|)j)liquée sur cette partie champlevée et y était fixée par le rabat du métal du fond sur son contour. Sur la feuille d'or ou d'argent ainsi incrustée au niveau du nu du bronze, l'artiste pouvait ensuite exécuter les détails intérieurs du dessin des figures, soit avec des ciselets ou des burins, soit en estampant la pièce avec des poinçons gravés.

Parlons maintenant de la damasquinerie au moyen âge.

La damasquinerie a été en usage au moyen âge ; néanmoins la rareté des monuments de damasquine de cette époque semble établir que les peuples de l'Occident ne savaient pas alors enrichir de damasquinures leurs travaux de fer ou d'airain. Les peuples du Levant , au contraire , s'étaient acquis une grande réputation dans cet art, et le nom de damasquinerie lui est venu de ce que les habitants de Damas y ont principalement réussi.

Nous savons, en effet, que les fameuses portes de bronze de la basilique de Saint-Paulhors-les-Murs, à Rome, dont les nombreux sujets étaient rendus par une riche damasquinure, avaient été faites en 1070, h Constantinopie. (D'Agincourt,5cM/;}^.,t. 11, p. 18, et t. Ilî, p. 11.) Le moine Théophile, qui, dans sa Diversarum arlium schedula, a traité d'un si grand nombre des arts d'ornementation, i o parle pas des procédés de la damasquinerie dans les parties de son ouvrage qui sont par-^ venues jusqu'à nous ; dans sa préface, c'est aux Arabes qu'il donne la prééminence dans l'art de décorer les métaux : Quam si dili'

gentius perscruteris, illic invenies quid^

quid ductiU, vel fusili, vel interrasiii opère disiinguit Arabia.

Nous serions disposé à croire, dit M. Jules Labarte, auquel nous empruntons ces détails, que les procédés de la damasquinerie furent apportés en Italie, avec ceux de beaucoup d'autres afts industriels, au commencement du xv° siècle; car on voit cet art s'y dévelopi'.er, et la damasquinure est appliquée, dès cette époque, à une foule d'objets les plus divers. Ce sont surtout les artisans travaillant le fer qui s'emparèrent de ce genre du décoration ; ils s'en servirent principalement pour enrichir d'élégantes arabesques les armures de fer des hommes et des chevaux, les boucliers, les poignées et les fourreaux des épées. Au xvi' siècle, cet art était arrivé a

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