‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 177 sur 195 · CHERCHER MIEUX · texte numérisé non relu

CHERCHER MIEUX

La célèbre marquise de Sévigné, dont tous les hommes de goût lisent les Lettres, avait également choisi une hirondelle avec cette devise : Le froid me chasse.

L'abbé Barthélémy, antiquaire, qui ne fut pas sans mérite, quoi qu'eu disent dos écrivains envieux, auteur du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, avait pour emblème un flageolet, avec cette devise : Simple et toujours d'accord.

Le comte de Caylus , antiquaire , avait adopté [lour emblème une coupe étrusipie , avec cette devise : Nulla acomta BlIiu^Tl;R FiCTiLiRUS (Ju vénal); Cen est jamais da)is l'argile que l'on boit le poison.

DIACONIE. — Diaconie est un nom qui est demeuré à dos chapelles et oratoires qui étaient dans la ville de Uome , gouvernés par chaque diacre, dans sa région. Les diaconies, dit l'abbé Fleury, étaient des hôpitaux ou bureaux pour la distribution des aumônes ; elles étaient gouvernées, à Home, [)ar sept diacres rogionnaires, que l'on a[)pe~ lait c.'"Uinaux-diacrcs de la ville de iiouufcî.

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li V en nvait un jiour (?ba.nic i\\i;ion ; Tarcliïdiacre était leur chef. L"hù()ital joint h r«5gli.<e de la diaconie avait pour le temporel un administrateur, nommé lo père de la diaconie , qui était tantôt clerc , tantôt laïque. (Fleury.) Diaconie, néanmoins, en ce sens, n'était point da tout ce que nous appelons hôpital; car on n'y logeait et on n'y entretenait pas les pauvres ; mais seulement on y distribuait les aumônes qu'ils emportaient chez eux. Ce mot s'étendit à quelques autres l)éné[ices. H y en a aujourd'hui quatorze dont les noms sont rap[)ortés par Du Gange, qui sont affectés aux cardinaux-diacres ; les voici: la diaconie de Sainte-Marie, in Vialata; la diaconie de Saint-Eustache, près du Panthéon; la diaconie de Sainte-Marie la Neuve; la diaconie de Saint-Adrien : la diaconie do Saint- Nicolas, dans la prison Tullienne ; la diaconie de Sainte-Agathe, au Cheval de marbre ; la diaconie de Sainte-Marie in Dominica ; la diaconie de Sainte-Marie in Cosmcdin, autrement l'Ecole grecque ; la diaconie de Saint- Ange, dans le Marché au poisson; la diaconie de Saint-Grégoire, au Voile d'or; la diaconie de Sainte-Marie, in Porticu; la diaconie de Sainte-Marie, in Aqniro ; la diaconie de Saint- Côme et Saint-Damien ; la diaconie de Saint- Vite, dans le marché des Martyrs. Dans les commencements il n'y avait que sept diaconies; dans la suite on en ajouta sept autres; ce qui tit quatorze, auiant que de quartiers dans Rome. On en ajouta encore quatre autres après, qui sont la diaconie de Sainte- Lucie, dans le Cirque; la diaconie des SS. Sergius et Bacchus; la diaconie de Saint- Théo lore ; la diaconie de Sainte-Lucie, dans L' Roc, appelée autrefois Orphéenne, Orphea. Enfin, Léon X ajouta la diaconie de Saint- Onu[)hre, dans le Vatican. (Cf. Frison, appar. Gall. purpur., cap. 4 ; Du Cange, Glossar, au mot DiACOMA.) Ce mot diaconie s'est dit aussi pour Diaconiqle ou sacristie. Voy. Dia-

CONIQLE.

DLVCONIQUE. — Lediaconicon, diaconique, était, dans les basiliques chrétiennes prhnitives, ce que plus tard on appela sacristie dans nos églises. C'était lui lieu attenant à Véditice, ou voisin de l'église, où l'on conservait les vases sacrés elles ornements destinés au service de l'autel. On l'appelait encore sacrarium et secretarium, Voy. Basilique. Le premier concile de LaoJicée, rapporté dans la collection du P. Labbe, t. r% pag. IWd et suiv., défend par son douzième canon que les ministres demeurent dans le diaconique, iv tû 5ia, ovîzw, et qu'ils touchent les vases sacrés. Une ancienne version traduit in secretario; un exemplaire de Rome et Denis le Petit conservent en latin le mot grec diaconicon. Quelques auteurs ont interprété autrement le mot diaconicon; mais leur opinion n'est pas [probable et est contredite par des témoignages dont le sens n'est pas douteux. Le célébrant allait dans le diaconique changer ses ornements, quand cela était nécessaire, ainsi que linsinue le Typique de Sabas, cap. 2. Oatre les vases et les vêtements sacrés, on y gardait aussi les reliques.

ainsi qu'il |iaraît par le catalogue des patriarches de ('onsfantinoplc. Meursius, dans son Glossaire; ûe la Cerda, Observ. cap. 31, num. 8 ; Go lefroy, dans ses Dissertations sur Ptiilostorgius, liv. vu, chap. 3, pag. 276 et suiv. ; Suicer, dans son Trésor ecclésiastique^ au mot diaconicon, et Spelman , dans sou Gloss. archœolog., ont [larlé du diaconique. On peut encore consulter sur le môme sujet la vie de saint Anastase, martyr de Pers •, dans les Acta saticlorum Januar., tom.I,i33, et la Passion des vingt martyrs de saint Sabas, chap. i; Acta SS. mart., tom. III, p. 173.

Le diaconicon s'appelait encore en grec 'Ao-rrao-TÔjsiov, et en latin Salutatorium, parce que c'était là que l'évoque recevait les étrangers. {Voy. ïhéodoret, Ilist. eccles. liv. v, chap. 17, et ép. lii; Paul Diacre, lib. xui ; saint Grégoire de Tours, liv. ii, chap. 21; et le concile de Mâcon, canon 2.)

DIADÈME. — Le diadème est une bandelette ornée, dont jadis les rois se ceignaient la tôte en signe de dignité. Cette bandelette était fort étroite primitivement, et Alexandre le Grand est le premier qui la porta large et pendaite sur les épaules, à l'imitation de ce qui se pratiquait chez les Perses.

L'iconographie chrétienne s'empara de bonne heure du diadème pour en parer le front des saints dans la représentation de leurs combats pour la foi et de leurs victoires. Au mo. en âge, on en lit également usage dans la même intention.

On contuni quelquefois, mais à tort, le diadème avec la couronne. Voy. CouRONN-b:.

Les prélats portaient autrefois une espèce de diadème, et Baronius écrit que ra()ôtre saint Jacques portait sur le front une lame d'or pour marque de sa dignité éptscopale.

DIAMANT. — OnappvWc ornement en pointes de diamant un ornement romano-byzantin, en forme de petite pyramide tiès-abaissée et qui décore ordinairement l'archivolte des portails et les moulures des corniches extérieures. Cet espèce d'ornement a une grande ressemblance avec celui que les antiquaiies ont désigné sous le nom de têtes de clou. Dans ses Instructions , le comité historique des rites et monuments a établi une distinction entre les deux. Les tètes de clou, d'après ces Instructions, diffèrent des pointes de diamant par une sorte d'étoile à quatre branches, dont ne sont point ornées ces dernières.

DIAMÈTRE. — Le diamètre de la colonne se prend au-dessus de la base, et c'est de ce diamètre que le module empriuite ses dimensions. On appelle diamètre de renflement celui qui se pi end au tiers inférieur du fût, et diamètre de diminution celui qui se mesure au plus haut du fût.

Les colonnes de style romano-byzantin et de style ogival ont un diamètre qui nesl pas assujetti aux mêmes lois de proportion que celles des ordres grecs : elles sont toujours cylindriques.

"diapré. — On appelle ornement diapré, en anglais diaper-tcork, un ornement composé (Je lleiirs ou (leurons, soit sculpté, soit peint, qui recouvie le nu d'une niurailie.

Lorsque les fleurs sont sculptées, elles sont eiilitTcmoiit enfoncées dans ré|taisseiir de la muraille et au niveau de la surface de cotte DiCmc muraille. Les compartiments où sont placées les fleurs sont ordinairement carrés et placés à côté les uns dos autres, de manière que les moulures qui forment des clui sons s'unissent régulièrement entre elles. On [icut trouver d'autres arrangements encore, comme il en existe à la catliédi-ale de (>anlorhéry. Ce motif de déconUion fut introduit dans les églises au xiii' siècle : on en |)Ourrait cependant attribuer l'origine à l'appareil orné du xi' siècle et surtout du xii% comme on en voit de si curieux spécimens à la nef de la cathédrale de Baycux. Au xiii* sièile, cette ornementation recouvre quelquefois de larges surfaces, comme à l'abbaye de Westminster et à la cathédrale de Chichester. Au xiv siècle, elle est encore usitée de même, comme on en voit des exemples à la salle capilulaire de Cantorbéry ; à la chapelle de Sainte-Marie, à Ely. AuxV siècle, le diapertrork est employé en peinture seulement. On on voit encore de beaux restes dans la chapelle de la Sainte-Vierge, à la cathédrale de Gloucesier; les peintures les plus brillantes y sont combinées avec l'or. Celte combinaison avait sans doute été appliquée antérieurement ; mais le temps et les vandales ont tout détruit.

DIPTYQUES.— I. Dans l'origine les diptyques ne furent pas autre chose que deux tablettes destinées à recevoir de l'écriture, et attachées l'une à l'autre par un de leurs côtés. L'em[)loi de ces diptyques simples remonte K la plus haute antiquité. On commença h écrire sur la partie intérieure des tablettes avec un poinçon aigu; plus tard on se contenta de les enduire d'une légère couche de cire, sur laquelle on traçait les lettres, sans craindre Je les voir s'elfacer. On s'aperçut bientôt qu'il serait aisé d'envoyer ces tablettes au loin, sous la foi publique. Après y avoir écrit les communications que l'on voulait faire à ses amis, on fermait les diptyques, et pour on assurer le secret, on les entourait de hls de lin ; on coulait sur l'extrémité de ces liens de la cire sur laquelle on imprimait un cachot. Le diptyque subit divors'es modifications dans sa matière, dans sa forme, dans sa grandeur et même dans sa dénouiination. Il y eut des diptyques carrés; il y en eut de triangulaires. Il y en eut de grands, de moyens et de petits. On employa (i'abord le bois comme matière; on y employa par la suite les bois les plus précieux et l'ivoire.

Les diptyques consulaires, dont parlent si fiéq.i«fmment les auteurs anciens, n'étaient pas privnitivement autre chose que des tabloltes oidinairos, sur lesquelles les consuls écrivaient aes discours, des lemerciemonts au [)Ouple, ae?< lettres ii leurs amis; mais il n'en fut pa^ de même après la chute de la répul)li(jue. Les diptyques alors changeront de nature et de destination; le nom seul leur resta. Ils furent aussi si ulement en ivoiie; tl les autres magistrats ne purent [«as se

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servir de cette matière précieuse qui fut réservée exclusivement aux consuls. L'art fui a[>pelé pour scul[)tor les parties extérieures de ces tablettes; l'image du consul y fut tracée, avec les insignes de sa dignité; on y figura aussi les jeux du cinjue et de l'arène conune marque de sa munificence. Quelquefois le consul ost représenté assis dans sa chaise curule, les fjieds appuyés sur une espèce de marche - i)ied, tenant en main la luappn circcnsis ou la nappe que l'on dé- 'plftyait pour signal du commencement des jeux, et de l'auire main une espèce de sceptre que l'on appelait scipio.

Ces monuments sont intéressants pour l'histoire du temps et celle de l'art ; ce sont les plus considérables en ivoire qui nous aient été transmis par l'antiquité.

Les di[)tyques ecclésiastiques ou sacrés renfermaient un double catalogue ; dans l'un on écrivait le nom des vivants, et dans l'autre le nom des morts, que l'on devait réciter durant le sacrifice. Nous avons dans le canon de la messe, dans le rite latin, quelque chose de semblable aux diptyques sacrés des Grecs. Dans le canon, en effet, on prie une fois pour les vivants et une fois pour les morts, et on invoque plusieurs saints en deux différents endroits.

'Plusieurs écrivains ecclésiastiques, môme fort versés dans l'étude des antiquités grecques, tels que Hervet et Meursius, n'ont pas aliAché au moi diptyque sa véritable signification. Les diptyques n'étaient pas des livres ecclésiastiques, libelli ecclesiastici, comme le dit Meursius. C'é;aient,à proprement parler, deux tables ou tablettes semblables, pour la figure, aux deux tal)lcs de la loi que l'on met communément entre les mainsde Moïse. Sur l'une de ces deux tablettes on écrivait le nom des vivants, et sur l'autre le nom des morts pour lesquels on [iriait. C'était le diacre qui lisait ces noms durant le saint sacrifice.

On écrivait dans les diptyques ecclési.-^stiques le nom dos évoques qui avaient bien gouverné leur troupeau, et on ne les en ôtait jamais, à moins c[u'ils ne fussent convaincus d'être tombés dans l'hérésie ou dans quelque crime. On marquait aussi dans les dyptiques sacrés les noms de ceux qui avaient tait quelque bien aux églises, soit qu'iiS fussent vivants ou qu'ils fussent mort.

Le savant jésuite Rosweyd dit que l'on ne mettait guère dans les diptyques d'autres noms que ceux des évoques et des patriar-" ches, et il doute si les 'rfe/fa sacrés dont parle saint Denis, llierarch. eccles., cap. 2, et dans les(juols on mettait les noms des nouveaux baiitisos et de hurs parrains et marraines, étaient la même chose que les diptyques. Il convient ce[)endant qu'on y insérait aussi les noms des emi)ereurs et des autres grands hommes, distingués par leur foi, leurs mérites ou leurs bienfaits. Meursius, dans son Glossarium Grœco - barbarum, a cru qi;e le nom do diptytpios venait de co qu'il y avait deux livres, dans l'un desquels on écnva.t

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les vivants, ot dans Tautrp les morts. Il se trompe Ce n'en était qu'un, dans lequel les \ivants étaient marqués d'un cùté, et de l'au-

tre les morts.

Une dissertation d'un savant de Nuremberg:, rapportée par Gori, tom. I, p. 232 , ex[>lique comment des tablettes d'ivoire reçurent le nom de Diptyques ecclésiastiques, d'après les divers usages auxquels on les adapta. Ces diptyques servirent , dans les premiers siècles tiu christianisme, à inscrire, d'abord les noms des saints et des principaux martyrs, des nouveaux convertis, des bienfaiteurs de l'Eglise, puis entin ceux des souverains , des évèques , des seigneurs de paroisse, qui avaient le droit d'être ce que nous appellions autiel'ois le droit d'être recommandés au prône. Les registres des églises leur furent substitués, par la suite, pour la plupart de ces usages. Il arriva souvent qu'un nouvel emploi fit donner à des diptvques originairement profanes le nom de diptyques ecclésiastiques ou mixtes ; et c'est môme à cette circonstance que nous en devons la conservation. Le respect pour les livres sacrés suggéra aux chrétiens l'idée de les placer sous des couvertures précieuses par la matière ou pour le travail. Tels étaient les diptyques antiques, et on ne se fit point de scrupule de les employer pour cet usgge, après quelques altérations dans les figures profanes dont la sculpture les avait ornés. Je citerai comme preuve les diptyques envoyés parle pape Grégoire le Grand à la reine Théodelinde, que l'on conserve dans le trésor de l'église de Monza. On peut consulter sur ce sujet Gori, t. II, p. 201; mais il faut aussi voir celles que Frisi , chanoine de Monza, a publiées à Milan, en 179i, et dans lesquelles il adoj)te une opinion ditlerente sur l'origine de ces di[)tyques.

Jean-Bapliste Cardonna, évèque de Tortose, a fait un petit traité sur les diptyques, à la prière du cardinal Gabriel Paleotô; il fut imprimé à Tarragone en 1587, Durand en parle, û'' Ritibus eccles., cap. i-î. Le P. Rosweyd a fait également une savante dissertation sur le même sujet dans son Onomasticoi}, au mot Dipti/chum. Le cardinal de Bona en parle, Rerum liturgie, lib. ii, cap. 12 ; Bahize, sur les Capitulaires, pag. 1129; et Du Cange, dans son Glossaire. On peutavantageuseiuent remplacer toutes les dissertations par le savant ouvrage , Thésaurus diptychoruin, de Gori, publié par Passer!.

DJSOMUM. — Disomum et Bisomum, expression que l'on trouve dans les inscriptit ms chrétiennes des catacombes, et qui s'applique 'a un tombeau destiné à recevoir le curps de d- ux pesonnes.

DISCOÏDE. — C'est une moulure ou plutôt un motif d'ornementation qui a la forme d'un disque. Il y a dans la granule nef de Notre-Dame de Bayeux un spécimen fort remarquable de cette espèce de décoration. On a souvent reproduit par le dessin et la gravure ce curieux ornement. Les formes

discoïdes sont ornées d'un fleuron au centre, et placées les inies sur les autres, de manière à ne laisser voir qu'environ un tiers de leur surface.

DISPOSITION. — Disposition liturgique des éylises. — Pour apprécier convenablement et à sa juste valeur l'œuvre des siècles passés dans la construction de nos grands monuments religieux du moyen âge, il ne suffit pas d'étudier nos églises au point de vue architectural , archéologique et artistique. Quels que soient les progrès que la science moderne ait faits sous ce triple rapport , elle ne fournira pas cependant les lumières nécessaires pour en saisir complètement la pensée ; il faut y joindre un examen approfondi de leur disposition liturgique.

Nul n'est en droit de porter un jugement sur un travail important, quelle qu'en soit la nature, s'il ne s'est rendu compte d'abord de la fin que s'est proposée celui qui l'a conçu et exécuté : alors seulement l'esprit peut apercevoir si les moyens et l'etTet répondent exactement au but déterminé. C'est un principe de haute philosophie , qui s'applique à toutes les sciences d observation : s'élever de la perception des objets extérieurs à l'idée qui préside à leur organisation et à leur développement, telle est la fin suprême de toute étude vraiment sérieuse de l'œuvre divine dans la création , et de l'œuvre humaine dans les beaux-arts.

Depuis un certain nombre d'années, les édifices chrétiens sont entourés par des hommes dévoués et courageux d'une sollicitude vraiment passionnée. L'architecture sacrée a fait des pertes si cruelles et si multipliées en France, en Allemagne et en Angleterre, que l'on s'est vivement ému dès qu'on a su constater, d'une manière intelligente, de si déplorables désastres. Les amis des antiquités chrétiennes se sont livrés à leurs recherches avec une ardeur infatigable; les regrets pour le passé et les alarmes pour l'avenir stimulaient leur activité. De tous côtés on s'est mis au travail avec un zèle plein d'enthousiasme : on a observé, dessiné, décrit; on a comparé et généralisé les observations; on a dépouillé tous les documents historiques; remué toutes les théories artistiques ; entin , on a réussi h proclamer hautement la réhabilitation d'un art qui, depuis trois siècles , avait été l'objet d'amers dédains. A voir les innombrables ouvrages produits depuis dix ans par l'archéologie religieuse, i:ous serions tentés de considérer cette science comme définitivement établie. Il existe pourtant encore une foule de questions obscures. Malheureusement aussi, tandis qu'on s'occupait avec une louable émulation h préciser les caractères archi tectoniques et à relever la valeur esthétique des monuments, c'est à peine si l'on a songé à leur prêter quelque attention sous le rapport des convenances liturgiques.

Il existe assurément des lois qui régissent l'union et la dépendance mutuelle des divers membres de la basilique chrétienne : ces lois sont pleines de mesure et d'harmonie, et

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ollcsse ri'vMciil do Ions cMt'S. Cvi.e cnirospnndanco rtH-iproque dos dilleioiitos parlios, dans dos rai>i)orts aussi houioux (|ire\af'ts', no saurait ùtro lo résultat d'un vain caprico : s'il faut croire ((u'cllo a otô produite plutôt par le sentiment ot l'inspiration cpio par la réiloxion ot l'étude , elle n'en mérite pas moins notre admiration. Los chefs-d'œuvre littéraires ot artistiques n'ont-ils |as été plus souvent enfantés par l'intuition du génie que par la force patiente dci la méditation?

La eonnaissanee de ces lois apparentes ou cacliées serait éminenmient utile, en ce moment surtout. Kn beaucoup de lieux on (éprouve le besoin d'oaitier de nouvelles é.^iises. Après avoir étudié les principes dn l'architecture sacrée dans les édifices du moyen Age , on veut actuellement en faire lai)i'lication dans des constructions modernes. Plusieurs architectes ont réussi à comprendre le style et même la technique de nos vieux monuments : nous en convenons volontiers; mais ont-ils une notion suflisai.te des exigences de la liturgie? Nous n'hésitons pas à le nier.

Ce qu'il y a île plus fAchcux, c'est que la plupart des architectes ap[)clés à bâtir les églises nouvelles ne soupçonnent guère leur ignorance en matière do liturgie. Ils sont tous experts dans l'art de distribuer agréablement et commodément les diverses pièces d'une maison de plaisance ou d'une habitation commune. En pareille circonstance , le goût tient quelquefois lieu de science, et le but n'en est pas moins atteint. Chacun disserte à son aise et abondamment sur cet objet, et il n'est pas de maçon, se parant du titre de constructeur, qui ne soit prêt à pérorer plus ou moins [lertinemnient. Mais quand il s'agit de dresser le plan d'une église, d'en distribuer les diverses parties, si vous leur demandez (juolles sont les conditions essentielles imposées par la liturgie, ils vous Fi'gardent étonnés, ils ne vous comprennent pi.int.

Hélas ! pourquoi voyons-nous un si gi'and nombre d'églises modernes qui ne répondent en aucune façon aux légitimes exigences de la liturgie pour l'exercice solennel du service divin? La cause n'en doit-elle pas être attribuée à ce dé{)lorable oubli des ti-adilions ecclésiastiques et à cette funeste manie d'imiter l'antique, tou,ours l'antique, jusque dans ses moindres détails? Une révolution magnifique s'est opérée par l'Evangile dans le monde, dans les idées, dans les ci o vances, dans la constitution sociale ol!e-mêmo.

Qu'importe? Les adorateuis du passé mythologique ont juré un attachement inviolable h leurs opinions; ils en pouss< ut les conséquences, emportés malgré eux, jusqu'aux dernières limites possibles do l'absurde. Que leur importo encore? N'ont-ils i)as fut taire fiéquomment les réclamations du plus simple bon sons? N'était-ce [)as barbarie et yothicité, suivant leur langa o, (pie d'accorder la plus légère attention aux u'uvres (Cun art sans rif/lr, sans caractère, sans mouvement, sans vie Y Nous éprouvons une vive répu- DicrioNN. i)'AKcni':oi.O(;ii; svcr.iK. I.

gnance à roiiurtcr notre souvenir h une épo- (pie où l'on a ou le triste courage d'émettre fièrement les plus étranges paradoxes sur la nature, le caractère et la tendance des beauxarts : l'entliousiasmo du poète s'unissait à la fi-.)i(le gravité du philosophe, l'ontr lînement do l'artiste à la |)rétendue im[)ai tialitii de l'historien, pour calomnier les œuvres les plus surprenantes do l'inspiration chrétienne ot du génie humain !

A lin de [iivciscr davantage ces reproches, (pi ' l'on serait tenté peut-être de croire exagérés, nous devons citer des faits. Il s'en présente une telle quantité h n^tre mémoire, (pie nous craindrions de fatiguer en essayant d'en faire la simple énumération. Nous en choisirons un entre mille , le chef-d'(jcuvre de la première partie du xix" siècle ; c'est lo monument de la M>idelcine, à Paris, l'église la plus antiliturgique cjui soit au monde. Jusqu'à présent on s'était contenté d'imiter les édifices païens ; on leur avait demandé des principes, des règles et des modèles ; on avait prétendu se former le goût en les voyant et on les analysant ; on leur avait emprunté des détails, (les moulures, des motifs de ditférente ( S[)èce, en un mot, le style. Mais jamais on n'avait mis en pialique la mauvaise pensée do copier servilement un temple profane pour lo métamorpho'-er en égli.se chrétienne. Qu'est-'l donc arrivé lorsque le Parthénon s'est trouvé transplanté au milieu d'une place de Paris? Au moment où l'on voulut ra[)[)roprier à sa destination religieuse, on fut arrêté par une fou'e d'obstacles imprévus : la liturg'O réclam it impérieusement. L'autel, il est vrai, trouva sa place, bien ou mal, au fond du temple, en face de la porte principile. Mais où mettre le baptistère, la chaire, les confe sionnaux et les autels accessoires ? Ce sont, en effet, les éléments ind spensiibles de l'édifice chrétien, correspondant aux actes essentiels de la religion : le bapti.'^tère, où l'enfant, né au monde, prend une seconde naissance dans la famille chrétienne ; la chaire, d'où rayonne la vérité sur les intelligences, d'où descendent dans les consciences les lor^-ours et les es|)érances de la foi ; le confessionnal, où le pardon est accordé au repentir et la seconde innocence rendue ai pécheur réconcilié. La symétrie rigoureuse du monument ( xcluait et les autels et le baptistère, et la cliaire et les confess onnaux ? Les lignes architectoniques, la saillie des corniches de rentablemont, (les colonnes, piédestaux, le mouvement général , exigeaient impéiii usemont que nul accessoire ne vnit contrarier l'ordonnance première. On n'était aucunement préparé à résoudre d'aussi graves difticultés; on se résigna donc d'abord à prendre des distributions provisoires. A la rigueur, on |)Ouvait rora[)ro la corniche su|)orioure pour poser la chaire, on pouvait entrer dans un confessionnal, au ris([ue d'être heurté et coudoyé par tout le monde ; mais comme l'Eglise a coutume de ccnvoquer les fidclos à ses ofiices au son d s cloches , où donc sus[»ondrc dos cloches ? L'éiecliou

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