‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 178 sur 195 · PIS · texte numérisé non relu

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d'une tour ou <run campnnile (^(ant sévèrement prohibé:% il ne restait ijuà les monter dans le comble des ch;!rpenles ; mais d'un côté, quel bruit horrible aux oreilles des assistants, quel ébranlement fcicheux comrauniqué à la construction entière ; d'un autre coté, quelle (jue soit la force d'un instrument sonore , comment en faire arriver les vibrations à une certaine distance , s'il est exactement enfermé? On prit une décision bien aisée : on supprima les cloches. Une église sans cloches, n'est-ce pas comme une bouche sans langue ? Avant de confier à la terre la dépouille des morts, TE^Jise prie autour de leur cercueil : c'est une coutume chère h tous les chrétiens sur le point de déposer dans la tombe les rcs:es de leurs frères et de leurs amis. Mais comment avec une bière escalader les degrés qui Conduisent au po: ticjue ? Comment d'ailleurs avec une seule porte d'entrée satisfaire à toutes les nécessités de la vie reHgieuse ? Permettrez-voiis aux jouncs époux, qui viennent au pied de l'autel faire bénirleur union, de franchir un ])ortail tendu des voiles funèbres de la mort ? Combien d'autres inconvenances n'auiions-nous pas encore à signaler?

Et pourtait les architectes chrétiens qui, à ce qu'il paraît, n'étaient que des ignorants cl des barbares, ont résolu avec un bonheur incroyable les problèmes les plus compliqués. Pour disposer convenablement un édifice religieux, dans leur simplicité ils consultent seulement les conditions premières de sa destination et de son usage, et ils se conforment aux exigences qui en découlent. Aussi, voyez comme tout, dans leur œuvre, est ad- Diirablement coordonné suivant l'idée liturgique ? Cha(iue chose a sa place déterminée, de même que chaque chose a sa raison d'être. Le sanclua.re, le c'ievet, la nef majeure, les transsepts, les nefs collitérales, les chapelles accessoires, les hauts clochers à la façade occidentale, tout est disposé de manière à compli'ter l'ensemble par les détails, et à relier les détails dans une majestueuse unité. Comme vous, certes, les artistes d'un autre fige avaient le sentiment du beau, du grand, du giacieux, du sublime. Ils aimai nt la symètiie, mais ils n'éprouvaient nulle cimnlaisance pour celte symétrie stéréotypée, s'il est permis d'employer c tîe expression, qui se montre toujours et partout exactement la même. Avarst tout, ils s'attachaient à remplir le programme imposé par le service de ia sainte lit irgie. Si vous apercevez quelques cliangements dans les données ordinaires du plan géométral, si vous voyez quelque apparente infraction aux lois de l'harmonie, r. gardez attentivement, et vous découvrirez les motifs qui ont forcé à recevoir ces modifications.

Isous qui avons l'honneur d'appartenii' au isacerdoce catho'i(jue, et qui, chaque jour, sommes appelé à remplir dans le temple quelques-unes des plus augustes fonctions de la liturgie, nous comprenons, parunusage quotidien, l'organisation sur[)renante établie dans les édifices sacrés par le génie de ceux.

qui nous ont précédé dans la carrière ecclésiastique. L'exercice du culte et l'administration des sacrements se font avec toute la décence et l'aisance convenables dans ces vastes églises qui sont éminemment le jjalais de 'a divine liturgie. Plus on ccn^idère les détails presque inliuis de l'ouvre, mieux on conçoit la perfection des rapports. Rien ne doit être a!tri')ué au has.frd : tout a été sagement calculé et se trouve naturellement à sa jhace, on n'a pas été forcé de relier gauchement des parties étraiigères les unes aux autres, juxtaposées plutôt que jointes ensemble.

Quel magique spectacle saisi le regard quand on entre dans une de nos immortelles c<Uhédrales ! Le sanctuaire, où se dresse l'autel principal, est le centre de l'éi/lifice. De tou> les points du monument, l'œil pénètre jusque dans la profondeur do cette absii'e mystérieuse, oii se consomment chaque jour et presque à chaque instant tous les prodiges de la religion. Les basses nefs s'étendent autour du chevet pour prêter un facile accès à cei au'el où l'amourattire [.>lus que lacrainle n'en éloigne. L'architecture a réuni ses sph-ndeurs dans cette région privilégiée : l'autel n'est-il pas l'àme du culte catholique? Voyez ces faisceaux de colonnettes, ces arcades surélevées, ces galeries tr.insparentes, ces fenêtres largf^nent épanouies, ce riche pavillon qui se déploie aux voûtes ! il y a dans cet ensemble un charme qui ravit le cœur du chrétien ! Il faudrait avoir le cœur assoupi dans les molles langueurs de l'in iitférence, ou flétri par les tristes atteintes du doute tt de lincrédulité, pour ne pas être ému jusqu'au fond de l'àme à ce grand spectacle, le plus imposant que l'on puisse imaginer !

C'est surtout quand le soleil se lève et lance ses premiers rayons, d'un éclat doux et velouté, sur les verrières peintes de l'abside, que l'œil fasciné croit être témoin des mystères du ciel et du sanctuaire. Il faut avouer que les hommes qui aspirent à reconstruire nos églises et qui ne comprennent pas les raisons de l'orientation, sont bien à plaindre. A paît les idées symbol ques qui ont conslannuent guidé les chrétiens dans la direction des édifices sacrés ; à part l'antique coutume, si r-hère aux tidèles de tous les temps, de se tourner dans leurs iirières, vers l'orient d'où nous est venue la lumière (!e l'Evangile et où s'est levé pour le monde le soleil fie justice, n'est-ce |>as un effet incomparab'e que cette éblou.ssan:e effusion de lumière aux premières h cures de lajournée?

Et j)0urtant nous connaissons beaucoup d'églises modernes bâties dans toutes les directions du ciel, dirigées vers tous lesjioints du ciel, excepté vers le levant. En violant les traditions ecclés'astiquesd'une man'ère aussi flagrante, on ne peut pas même alléguer un prétexte pour excuser un acte aussi condamnable. Laissons aux protestants et aux sectes hérétiqties l'oubli affe>:té des vielles coutumes de l'Eglise; et nous, soyons toujours fidèles aux saintes pratiques consacrées par l'antiquité. Que ceux-là se décident, par le

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v;iin plaisir (le la synirtric et du [iil(orcS(}ni\ h [)lncor la farade (riiiic éyliso h l'oxlrriiiilo tl'iiiK! nio l)i(Mi ali^iK'C, sans autrcniciU s'iii- ([uifUcr (le lui (hjiiiifr iiiio direction litur;j;i- ({iie ; qn'ds hAlisscnl un édilice sa(;r6 en parallrlo avec un HiéAd-p, ce n'est (|n'nne in- «•ons»M(n('nec à joindre à une nudtiinde d'an- Ites in('onsc'(|uenees en des niatièrt^s pins i:,raves; ni.iis poin'nous, sachons resitecter les nsa;.;es adoptés et suivis par les ài^es (k; foi dont nous nous ;A!orili(tns d'être les héritiers. A J.ondres et dans toute rAni;Ielcrre, depuis la (lé|)loral)l(^ é|)0(pie de la réfornuition , on a pi'is plaisir fi dél lisser lt!S rèj^Ies étal)lies piMU- l'orientation lies églises. Les monuments religi'nix se distinguent ti leine des [uaisous conununes; ils dé|)endciit plus des rèj^leinents de la police que des prescrifit ons de la liturgie. Nous regrettons vivement qu'à Paris, dans rétablissement de l'église de Saint-Vincent de Paul, et dans d'autres villes de France, on n'ait pas tenu davantage aux traditions calholi(iucs.

Le sanctuaire de nos cathédrales est le point de réunion de toutes les lignes de la p(>rspective. Pourcpioi donc a-t-on élevé ces épaisses clôtures en pierre ou en bois autour (lu clueur , et quelquefois de l'abside elle^ même ? barrières inqjénéli'ables, qui forint i.it une petite église dans la grande église. Dès les [)remiers siècles de l'ère clirétienne. on plaça des chanais , espèce de balustraile à claiic voie, autour de l'espace réservé au clergé dans la célébiation do l'ofiice divin ; mais ce ne fut qu'a|irès le xiii" siècle, et surtout ("lU xV, (jue l'on construisit des clôtures lourdes et massives. Déjà , à cette dêiiiière é[)oque, on laissait entrer dans le lieu saint des formes qui n'étaient plus exclusivement chrétiennes. La licence et même le laisser -aller de certaines sculptures nous scandalise beaucoup plus (jue de jiuériles précautions i)rises par les chano'nes pour se I)réserver du froid durai. t (pnlques seujaines d'hiver. Nous voyons avec une surprise mêlée de regrets des scènes satiriques , bouffonnes, et même plus cond;nnnables, sculptées dans les bas-reliefs des stalles et de (|uelques ;:utrcs meubles. C'e.^t (jue l'espiit nélait plus sous l'iiiqjri ssion de ces énergiq les pensées qui dominaient autrefois dans les compositions des grands artist-'S du xiir siècle : le relâchement cherchait à se glisser jusque dans le sanctuaire.

Nous aimons bien mieux la simplicité, parfois rude, des grands âges de la foi |)Ieine et surabondante, où Inutel , ce lien mystérieux Je la terre et du ciel en Jésus-Christ no.'rw Sauveur , était d.'-couvert aux re;fards ravis de l'assemidée. Il a, partenait au christianisnie, cette religion de manifestation et de vérité , de faire tomlxir les voiles qui cachaient aux yeux de la nndliludc les secrets inaccess^des du sancluaire. Et cependant nous soiumes également éloigné d'admcîltre la coupable f.:cili(é (|ui a permis à la foule d'arriver jusqu'aux degrés de l'autel. (Test pros(|ue uneproianation de laisser venir toute personne indistinctement jusque dans le

Saint d ;s saints. La majesté des mystères chréti(Miy en soulfre et la dignité du culte en est avilie.

C'est ainsi ([ue dans inie foule d'églises modernes, et même d'i'glises anciennes, par suite d'un /èl ' plus artlent (pi'éclairi'' , on a a(î(;olt'' il( s autels aux nunaill.-s, aux piliei'S, aux moindres saillies. On a regMxIé l'autel eonune ini oi-nement. N'est-ce pas le plus lourd conlrr-sens liturgi(jue? Si le prètr.' ne [)ent i)as décemuient célébrer la messe dans tel ou tel endroit de l'église , li quoi bon y di'esser un autel? Quand on désire placer convenablement une statue, un tableau , ou même un reli([uaire, il n'est pas nécessaire de lui donner un autel connue acc(>mpagnement obligé; le [irincipal ne doit jamais suivre la condition de l'accessoire.

Rouirons dans cctic cath'édrale dont nous corîtemplions naguère la pompe et l'ordonnance. Ces voûtes (levées, distiibuées par travées régulières et divisées en valves distinctes, sont très-favoral)lesà l'exécution du chant religieux. Quand du chcx'ur se déploie cette grave harmonie du plain-chanf, formée de la réunion de mille voix graves ou aiguës, mâles ou enfantiftes, elie se répan(l en Ilots ondoyants dans toute l'enceinte de l'église. C'est bien là la voix du peuple entier, l'organe un et multiple de la prière chrétienne (pii monte an ciel, comme une aspiration vers une pati'ie meilleure. Suivant un effet, qui n'était p()ii;t piévu ])rôbablement , la succession continue des travées réi)ond admiialilemcnt aux lois de l'acoustique, et facilite l'extension et l'éclat des sons. Le calcul n'aurait pas conduit à un résultat [)]us satisfaisant, si t(mtefois il eût pu le fai, e devin u'. Quelle détestable sonorité, f.tigante à l'excès pour les oreilles, a été communiquée à une fotde d'églises fraîchement enduites par l'emploi du plâtre sur les nmrailles et sur les voûtes en bois. Il y a même des formes architecturales, comme celles qui dominent dans la cathédrale neuve d'Arras et dans la cathédrale plus neuve encore de Rennes, qui produisent un écho assourdissant.

Selon la première approj)rialion de la basilique civile au service du culte chrétien, et suivant la coutume primitivement prati- (juée, les deux nefs colhdéralcs fuient léservées aux tidèles , initiés à la famille chrétienne parla foi et par le baittême : 1 s hommes occupaient la droite et les femmes la gauche. La nef centrale était en paitie remplie par les pénitents et par les catéchumènes, qui sortaient api'ès la lectuie de l'Evangile et rex|ilicati(jn de la doctrine catholique; au-dessus des bas ccjlés , et dans des galeries sj)C('iales, étaient placées les vierges et les veuves consacrées à Dieu. Au moyen âge, c'est-à-dire a[)rès que la socif'lé eut été transformée [lar la religion , on fut amené jiar la nature des cIiOncs et par la force des circonstances à changer l'attribution des divei'ses parties de la i),isilic{ue. La net majeure se développa dans des proportions immenses ; il en fut de môme de l'inlertraîissept. Ce vaste espace fut destiné à la nmiti-

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f'i.ie rocuoilKo , cl lo-i coll téiaiix fur. Mit nlxui(k)iiii(''S à la circulation. Celte (lis[)Osilion devenail surtout iii(lis[)ensai)!c aux jour^s de y;can<le i-oienuilé , lorsifu'uue foule iunouibrnl)le , réiuie <lc tous les cO>tés , sassciiiblait pour a-sister aux fèlcs pontilicali's. Taudis que le Ilot sans cesse augmenté, sans cesse poussé, coulait dans les nefs mineures , la prière n'était point ti oublée dans son calme.

Il y a des personnes qui ont besoin i)our prier à l'aise, pour épancher leur cœur, de se trouver isolées et hors de la vue de la foule, trop souvent distraite et curieuse. Les architectes de la période ogivale ont nmltiplié les angles et les or.doir; s particuliers. Tout autour de In cathédrale s'ouvrent des chapelles solitaires, comme pour donner asile aux âmes pieuses et sensibles, ennemies du mouvement et d'une lumière trop abondante. C'est aussi dans c s chapelles que seront placés les confessionnaux , parce que le pécheur qui revient à la vertu a souvent besoin d'être protégé par le silence et la retraite.

Nous ne parlons point ici de la destination première des chapelles accessoires, parce que ce sujet nous entraînerait dans de trop longs détails, et quo, d'ailleurs, il appartient à l'archéologie générale. Mais nous ne saurions résister au plaisir de mentionner, en passant, un des usages les plus chers h la piété catholique , et I.ï plus constannnent suivi dans nos grandes églises. La chaijeile du chevet fut toujours consacrée à la trèsglorieuse Vierge Marie, mère de Dieu. C'est une de nos plus vénérables traditions, à laquelle nous tenons tous de cœur et d'âme, comme on est attaché aux saintes traditions de la famille.

A l'entrée de l'église se trouve le baptistère, et cela suivant un usige déjà trèsancien. Dans le [)rinci()e, le baptistère était ordinairement isolé de l'édifice sacré. C'était une construction indépendanle, généralement dédiée sous le vocable de saint Jean- Bapliste, où le baptême et, lit solennellement administré la veille des grandes fêtes de Pâques et de U Pentecôte, par l'évcque luimême , selon les prescriptions ecclésiastiques. Plus tard on i»laça la fontaine du baptêiue à l'intérieur de la basilique ; mais ce fut constamment dans le voisinage de l'entrée principale. Le prêtre procédait aux exorcismes et aux cérémonies du catéchuménat, selon la teneu.' de nos rituels, sous le porche ou narihcx, et au moment où il disait â celui qui allait être baptisé : Ingredere in ccclesiam, entrez dans Véijlise, il lui présentait son étole et l'introduisait véritablement dans l'enceinte sacrée.

Cette cérémonie offre une haute signification , comme tous les rites consacrés par l'Eglise. La grâce est conférée par le sacrement , et C'.'tte collation est accompagnée d'act s et de signes d'mi symbolisme profond. Conservera-t-on un léger vestige de l'ancienne discipline, lors([ue, par un renversement déplorable , on aura jdacé les fonts baptismaux près du sanctuaire ou dans

la r.'gion absidale? N'avons-nous pas été témoins de cet étrange bouleversement eu voyant les fonts dans le transsept? Si quel- (pie chose [)eut nous faire apprécier ext» rieurcment l'état dans lequel sont liunlées les sectes piotestantes relativement aux points les plus essentiels du diristianisme, c'est bien certainement le déplacement du baptistère. Dans leurs temples ou leurs conventicules, ils ont relégué le ba[tlistèro près de l'autel, dans une enceinte particulière, parce que l'autel ne seit qu'une fois chaque mois et (|ue l'administi'ation du baj)tèmc est regardée comme une cérémonie allégorique, d'une nécessité non absolue pour le salut.

La religion chrétienne a toujours attaché une grande importance à l'instruction des tidèles : aussi dès le commencement voyonsnous dans les églises une place convenablement disposée pour que la voix du prédicateur puisse arriver h l'oreille des fidèles. La chaire, quelles qu'en soient la forme primitive et les modihcations successives, fut toujours environnée d'un respect profond. La prédication est un des [)rincipaux devoirs du ])rêtre catholique , sans en être l'unique comme chez les prétendus réformés, qui font consister le ministère ecclésiastique à peu j)rès exclusivement dans cette fonction. La chaire a toujours eu sa pi ce privilégiée, et elle fut ordinairement établie à la porte du chœur et à la partie antérieure de la nef.

On n'a jamais mieux exprimé le sublime ministère de la prédication catholique que dans les paroles suivantes empruntées h un écrivain molerne : « Vers un lieu qui s'élève entre les voûtes et le parvis, on voit s'avancer le ministre de la parole. Ses vêtements symboliques, sa lente démarche, son front grave et sévère, inspirent le recueillement. Debout, immobile, il promène ses regards sur la multitude en attente ; puis de ses lèvres commence à couler, tel qu'un fleuve de vie et de lumière, l'enseignement qui éclaire et nourrit l'es; rit. 11 dit ce que Dieu est en lui-même, ce (jue \)C\x\. exprimer le lang-'ge humain des mystères de sa triple unité. 11 raconte les merveilles de sa puissance dans la création, ses bienfaiis envers l'homme, l'ingratitude de celui-ci, sa révolte, le premier péché, ses suites lamentables, l'incarnation du Verbe, son pas. âge sur la terre, ses souffrances, sa mo.t, ];our accomplir la réd; mption du genre humain. Il menace le pécheur; il ouvre devant lui l'éternel abîme, le presse, l'adjure de s'en d'tourner, de mett e à proht les jours de la miséricorde. Ses yeux, sa voix, son geste, s'animent ; de sa poitrine haletante sortent des accents qui vont remuer les entrailles les plus endurcies. Comme les épis dans la campagne, comme une mer agitée d'un mouvement intérieur, la foule tressaille , les tètes [ilient, elles s'abaissent, courbées par le souille in\,jsiblc; on entend des soupii-s, d s sanglots étoutfés. Peu à j)eu ces teuipêtes se calment. Le ministre de Dieu éi)auc;ie sur les hommes, avec les Ilots de sa suave parole, toutes les espérances de la fui, toutes les joies de l'amoui.

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A Itavors k-slicivaiix de lovil, les ('preuvos, k's falij:;iios do cctlo roule mystérieuse, où Ton Irouve à ch.uiue (las les divines traces du rils de riioiutne, il conduit le juste vers la patrie où s'évanouiss Mil toutes les douleurs dans iMie f. li('it('' ici-bas incompréhensible ; dans l'imuniable possession du vrai, du bien, <lu beau inllni;laoù, iiar l'union n-clle et mystique des cii-atures avec le Christ, du Christ avec soi I*éio, toutes choses seroiit à jamais consommées dans l'unité. Kt cl mesure (jue descendent de la chaire ces consolantes promesses, ces sublimes enseignements, les sons alFaiblis de la voix du prophète, rins|)iration de ses regards, le repos de ses traits, Fimage, du repos futur qu'il annonce, émeuvent, pénètrent ceux (|ui sont \b. sous le charme de sa i)uissance et jiortent jusqu'aux sens l'impression de cette paix, de cette joie inépuisable, inénarrable, dont l'homme régénéré s'abreuvera sans lin dans les demeures éternelles. »

Professons donc toujours le plus inviolable respect pour les coutunics liturgiques, et conservons dans leir intégrité les dispositions (jue leur intluence a iidroduitcs dans nos égl ses. Attachons-nous avec une force (faut. ni plus ferme à nos vieilles traditions ecclésiastiipies , qu'elles portent avec elles de plus uliles enseigneujent-. Tâchons de renouer par notre amour, notre zè!e et notre vigilance, la chaîne trop longtemps interrompue de^ étiides liturgiques. Certes, nous n'avons pas plus à r.)Ugir des saintes prali(|ues consacrées i)ar l'usage de longs siècles, suivies |)ar n s pères, que nous n'avons à rougir des édifices impérissables construits par leurs mains. Nous ne vivons plus à une époque où, |iar suite d'une prédilect on exagérée noiir la littérature païenne, des cardinaux au célèbre Léon X renonçaient à lire les Epitres de saint Paul d;ms le texte grec, de peur d'altérer l'atlicisme du goût ([u'ils avaient puisé dans l'étude des chefs-d'œuvre d'Athènes. Bénissons Dieu du changem: nt heureux qui s'est o;)éré dans les idées et de la révolution qui s'est faite au |)roat de la vérité dans l'histoire et les beaux-arts.

DOLMKN. — L'éiymologie même du nom de celte espèce de monument (en cellique dol, table; macn et men, p errej, indi(|ue la manière dont ils étaient disposés. Un dolmen sa com- Mose d'une table de pierre, plus ou moins l.irge, plus ou moins régidière, éjjaisse de 1 h S pieds, et posée horizontalement sur d'autres pierres, |ilacées h terre v<Tticalement sur leur partie étroit.', haute de 3 à 4- pieds, et au nombre de trois et de (}uinze au f)lus. Ces monuments alfectent en général la forme d'un cairc'; long. Leur table, (jui ligure un cond)le, est souvent sur un [)lan légèrement incliné. Leur intérieur est (|uel([uefois divisé par des pierres posées de champ. On a remar(jué que s'ils étaient ouverts d'un cùli", celle ouvcilure regardait presque toujours vers l'orient.

On a généialement considéré les dolmens comme les autils druidi(jues, et on a observé, tant eu l''rance qiien Angleterre, des

espèces «iecaviti's ou de rigoles peu profond(;s, creusées sans art, connnunifjuant souvent entriï elles, et (ju'<tn peut croire avoir eus destinées à recevoir les libations ou le sang des victimes. La table de ({uel(|ues dolmens est perforée, de manière (ju'en se plaçant dessous on pouvait être arrosé de la liqueur d(!s libations r)u du sang des vict'mes : moyen de purilicalion ai'créiité chez (judques peuples de ranli(|uilé, et (|u"ori a connu sous le nom de laurobolc.s ou de crioholcs.

Plusieurs auteurs n'ont pas voulu admettre l'opinion univeisellement reçue sur la destination des dolmens, et ont prétendu (|ue c'étaient seulement des monuments funéraires, des espèces de })ierres tombales. En pratiquant des ûjuilles sous les dolmens, on a découvert, il est vrai, des ossements humains à demi consumés, mêlés avec des ossements d'animaux, et accompagnés d'instruments en silex et en bronze ; mais ce fait n'est rien moins que décisif. Nous savons, par le récit de César dans sas Commentaires, que les sacrillces humains avaient lieu souvent dans les Gaules. Probablement qu'après l'elïusion du sang, on jetait la victime sur un bûcher, et qu'ensuite on enterrait les restes de ces épouvantables sacrifices. Les couteaux en bronze ou en silex et les autres objets que l'on a rencontrés dans les fouilles doivent être considérés plu'.ôt comme instruments de sacrifice que comme armes de guerre.

Il 'p-eut /irrivrT que le ddmen soit incor:nplet, c'est-à-dire que l'une des j)ierres dressées pour porter la table dans une position horizontale manque avec intention ou par accident; alors le monument n'otfie plus que l'assemblage de deux roches appuyées l'une sur l'autre, de manière à foinrer une inclinaison rajàde : c'est ce qu'on nomme un demi-dolmen.

Nous avons anr/oncé, à l'artjcle Celticue, des détails assez étendus sur les monuments dr^uidiques comparées aux monuments des Hébreux et des plus anciens i)eui>les do l'Asie. Nous renvoyons le lecteur au mot Druidique, oij nous avons donné à ce sujet d'assez amples développements.

DOME. — On est assez volontiers disposé à attribuer exclusivement aux teiups modernes l'honneur de l'invention des dûmes ou coupoles, ou du moins du grand développemeirt que cette forme a reçu dans les monuraenls consacrés au culte. Il est vrai que l'antiquité ne nous offre, h proprement parler, que des exemples incomplets ou peu importants de ce genre de consiruction, tel (jUC nous le concevons aujourd'hui ; nrais il est facile de démontrer (jue le moyen <1ge jreut h juste litre réclamer' la gloire, si ce n'est de l'avoir porté à sa peri'ectioir, (lu moins d'avoir ouvert la voie qui devait y corrduire.

Ce (lue nous appelons aujoui-d'hui coupole^ et avec plus de précision dôme, est ui'.e con>truction circulaire, sphéri(iuc à son soriuiret, plus ou moins élevée et plus ou moins lar-ge, rejtosant i)ar sa base sur dc^

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