‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 179 sur 195 · DOM · texte numérisé non relu

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piliers ou massifs qui dessiiKMit un plan carré ou polygone. Dans son tracé le |i!ns (ir îinaire, un donie nous ollVe donc trois parties j)rincipa!es : la cou[)olo proprcinent dite, ou la ealot:e qui le termine; le taml)()ur qui soitienl la calotte; les pcndenlil's ([ui poitent le tam!)OU", et qui sont destinés à racheter les anu;les d.i polygone inférieur sur lequel repose toute la onstruction.

Essayons de tracer la marche i)rogiessive de cette invention.

Les Grecs ne paraissent pas avoir fait usage, dans des fabriques un j)eu considérables, de ce genre de vo;'jte élevé sur un j»lan circulaire, auquel sa forme a valu le nom de coupole : les Romains l'ont em[)Io é souvent. Le Panthéon nous en otlVe l'exem- ])le le plus parfait par la belle proportion de ses parties, et en même temps le plus étonnant par la grandeur de ses dimensio.is.

Tout en payant à cette majestueuse fabriq ie le tribut d'hommages qui lui est dû, on serait tenté de penser ciu'il restait encore un pas à faire à l'art, lequel consistait à passer d'un plan carré à un plan circe.laire, en s'élevant par une courbe agréable, à r.ii le de pendi-nîifs. Mais on n'est pas rigoureusement exact quand on avance que le d')me de Sainte-Sophie à Constantinople nous olfre le premier exemple d'une pareilb? construction, à moins qu'on ne lui accorde cette primauté, à cause de ses vastes proportions ; puisque des monuments d'une époque bien antérieure attestent que l'invention en elle-même était connue et pratiquée.

Tel est à Rome réJifice antienne connu sous le nom de Torre di schiavt, dont les ruines se voient encore hors de la porte Majeure. 11 otfre une coupole hémisphérique, élevée sur un plan octogone, dont les angles sont rachetés par des pendentifs.

Telle est encore dans les tliermes de Caracalla une salle ou un temple consacré à Hercule, dont les Antonins avaient la prétention de d.'scendre, dans leq iel on voit !es restes de huit petits pendentifs qui servaient à recevoir une voûte hémisphérique sur un mur de forme octogone.

Quoi qu'il en soit, Sainte-Sophie est le plus ancien monument qui nous olfre l'usage des |)end ntits dans tout leur uévelo()pement et dans leurs plus vastes proportions. Naissant sur les angles du carré inférieur, ils vont former la base circu'aire de la coupole suri)aissée, à 1 j(}uelle ils servent immédiatement d'ajipui. Suivant h-s idées actuelles, ce dôme est donc encore incomplet. Il n'oifre point de tambour, corps intermédiaire entre les pendentifs et la coupole, qui ajoute beaucoup à la majesté, comme à la hardiesse de ce genre de construction.

Si les architectes grecs, que Justinien, ou son trésorier Julien, chargea de la construction de l'église de Sairst-Vilal à Ravenne, en élevèrent la coupole avant celle de Sainte- Sophie, on peut regarder la première comme une sorte d'essai tenté avant d'entre, !rcn-

die la seconde. Si la c<3U|tole de Sainte- Sophie a été antéricin-cmenl exécutée, celle de Saint-Vital n'en e^t plus (ju'une imitation très-libre. Cette dernière, élevée sur un ])lan octogone, se trouve soutenue non [»ar tl'is pendciitifs, connue à Sainte- Sophie, n.ais p u' huit petits arcs pratiqués aux angles du [)ol . gon '.

Le dame de l'église de Saint-Michel, à Pavie, parait être une coniposition mixte, (|ui dérive des i)récédentes. Les Lombards, alors maîti-es d' Pavie, eurent [irohablement recours, pour la construction de celte église, h des architectes des pays voisins. La cou- |)ole repose sur un plan octogone ; mais comme celui-ci porte lui-même sur un plan carré, des pendentifs [)lacés entre eux établissent le passage de l'un à l'autre. On ])OUirait voir ici la nais ance de ces tambijurs et par suite de ces tours d^i dôme si hardies, employées, deiiuis la décadence, dans la construction des dômes.

La ressemblance que l'on a trouvée entre les basiliques de Samte-Sopliie et de Saint- Marc n'est nulle part |)lus évidente que dans \js cinq couprdcs o,i dômes dont celle-ci est oi-née. Leur base circulaire pose également sur quatre pendentifs, qui rachètent les angles du plan carré formé par les quati-earcs inférieurs. Ici, [toint de corps intei-médiaire ou de tambour entre la calotte et les pendentifs.

Les Pisans, guerriers et commerçants comme les Vénitiens, prolitèrent comme eux de leurs relations avec les contrées orientales, pour améliorer leur arc'iitecture. Entre les monuments les plus remarquables de Pise on cite le d )me singulier de la cathédrale. La coupole est elliptique comme le plan inférieur. Celui-ci est formé par tpiatre grands arcs surmontés de huit auties |)lus l)Ctits, qui supportent une espèce de tambour aussi peu apparent que celui du dôme de Pavie.

Au xii" siècle, on construisit dans l'église de Cornelo un dôme irrégulièreuient ellipti- (pie. Il est appuyé sur six arcs formant un l)lan carré, dont les angles sont inégaux. De ces angles partent des pendentifs qui soutiennent un corps intermédiaire, ou tambour, extrêmement bas, décoré à l'extérieur d'arcades fermées, qui portent sur des demicolonnes.

L'imitation ou du moins le souvenir du style grec se reconnaît facilement dans la vUle d'Ancône, qui appartint si longtemps à l'empire d'Orieiit. L'église Saint-Cyriaque, bitie dans le xr siècle, sous la forme d'une croix grecque, nous olfre un dôme portant sur un plan carré, d'où s'élèvent quatre arcs et autant de pendentifs qui vont s'unir à une espèce de tambour. Laiurme totale en est agréable ; les divisions y occupent, à l'intérieur comme à 1 extérieur, un espace convenable.

Le dôme de Sienne porte sur un plan dodécagone, qui lui-même repose sur un plan hexagone. Le passage de l'un à l'autre |)ian se fait à l'aide de pans coupés en trompe,

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