‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 180 sur 195 · DO M · texte numérisé non relu

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d'où rt'siilte une interruption désagn-able dans les nefs lulérnh s. Le dodc'cai^one est décoré de petites colonnes portant un cntalilement compiet. Le tambour ou la tour du donie n"étant point sensible au dehors, on a cherché h donner plus de volume à la cou- Tx.le, en la recouvrant d'une seconde enveloppe en bois, revêtue de plond).

On doit regarder le domo de la cathédrale de Florence comme le second pas important dans rinvenlion de ce i^enre de monuments, et y voir eu même temps un des premiers ravonsdo la lumière nouvelle qui annonça la renaissance de l'art. Cette construction ingénieuse et grande donna aux artistes la conscience de ce (pi'ils pouvaient faire en se livrant à l'étude des bons principes. , , ,

Baccio P:nlelli, qui appartena t probab'cnient h l'école de Brunellcscln, et oui se montre digne d'un pareil maître dans beaucoup de travaux importants, exécutés à Rome, sous le pontiticat île Sixte IV, voulut être plus hardi et fut moins h.eureux dans la construction du domc de l'église de Samt- Augustin, dont il avait é;é chargé par le card nal d'Estouteville. Il plaça sur hs ([uatre arcs d'un quadrilatère, et sur les pendentifs qui en rachètent 1. s angles, non plus un simple tambour, mais une tour de dôme dont l'élévation surpassait tout ce qu on avait fait jus(|u alors, et qui supportait une coupole en idein cintre. La tour du dôme était i:ercée de huit fenêtres ou œils--<!ebœuf, comme celle de Sainte-Marie de Florence. Mais toute cette construction, portant sur des points d'appui trop faibles, na pas subsisté jusqu'à la lin du xvir siècle, ainsi que nous l'apprend M. Le Koi dans ses savantes observations sur la disposition des temples chrétiens.

Michel-x^nge avait admiié h Florcp.ce 1 ouviage de BrunoUeschi ; il avait aussi vu à Rome l'essai encore douteux de Pintelli. S'il ne considéra pas ces deux monuments comme des modèles qu'il devait servilement copier, quand il fut chargé d'exécuter pour l'église de Saint-Pierre le dôme dont Bramante avait eu- la pensée, du monis peut-on croire qu'il ne dédaigna pas dy chercher d'utdes leçons. Mais pour cette main puissar.te, imiter c'était crée,-.

La construction de cette cé.èbre coupole nous montre l'art dont nous venons de parcourir les essais à traveis tant de siècle.v, arrivé à son troisième et dernier jiériode de science, de hardiesse et de magniiiceiice. Elle porte sur un tambour d'une admirable proportion, lequel se trouve tièrement isolé des massifs intérieurs par de beaux pendentifs qui lui servent d'appui. Le diamètre do C(! dôme est immense, son élévation l'est aussi ; sa forme e.-^t élégante, noble, majestueuse. 11 est la gloire du temple célèbre qui le soutient et ([u'il couronne : objet d'élonneme.ut pour h; siècle (lui l'a vu naître, il fera l'admiration de tous ceux (pu seront les tén^oins de sa durée.

Le luot dùiuc vi'.uit de domu (jui, chez les

ancien?, signifiait un toit ou porcheh découvert. 11 se trouve dans les auteurs de la basse latinité, rjui l'ont pris du grec et qui ont appelé aussi tout bAtiment rond (rullns ou trultiun, tel ([u'élait le i)alais de Conslantinople où fut tenu le concile qu'on appela de ce nom, in Trullo.

Dôme s'est dit autrefois comme synonyme d'église cathédrale. [Voy. Fleury.)

DORIQUE. — Le caractère qui distingue»

]irincii)alement l'ordre dorique, c'est l'ab sence de la base. La colonne pose immédiatement sur le soubassement général ou stylobate, sans socle, sans tore et sans filets. Elle a ordinairement une forme pyramidale, c'est-à-dire que son diamètre inférieur, mesuré à la naissance du lut, est [ilus considérable que son diamètre supérieur, pris sous le chapiteau. Les cannelures sont en pet t nombre, larges, h vive arèle, très-peu concaves, et elles se terminent communément dans le haut en hgne droite. Les chapiteaux de cet ordre ont un ou plusi( urs filets pour séparer les cannelures du tore. Celui-ci, qu'on appelle échine, est généralement laïUé en biseau plus ou moins arrondi, mais débordant beaucoup le nu de la colonne. 11 en résulte une assiette plus large pour le tailloir, qui s'y forme toujours d'un simple plateau fort, élevé sans aucune moulure. L'ar-r chitrave v est lisse et très-élevée ; la fiiso est décorée de triglyphes et de métopes. Le caractère spécial de l'ordre dorique, comme exprimant la force et la solidité, est d'avoir de courtes pioportions.

Les Romains modifièrent le dorique, en lui donnant des proportions plus élevées et en changeant les moulures du chapiteau.

Les parties de l'entablement furent moins élevées : les triglyphes se multiplièrent entre les encolonnements. Voy. Cuapiteau, Colonne, Ordre, Entablement.

DOSSERET. — Le dosseret proprement dit est un petit jambage ou pied-droit saillant, qui sert à soutenir des portes, des fenêtres et même des voûtes.

On a quehiuefois appelé dosscrets iCS contre-forts souvent garnis d'une colonne, et qu'on voit fré(|uemment appuyés aux murailles des églises, immédicitement au-dessous de l'endroit où naissent les arcs-boutants qui les contre-butent ; cette expression ne manque pas de justesse en ce cas, surtout quand l'arc-boutant est un véritable arc-rampant, iloul le dosseret foniiO alors ic i)ied-droit.

DOSSIER. — Le dossier est la partie d une stalle d'église, sur laquelle on s'appui.- lo dos. Dans les grandes églises, comme les catiiédrales, il y a dans le chœur deux rangs de stalles : le dossier de celles du piemier rang est très-bas; c'est le contiaire pour lo dossier de celles du second rang; aussi l'appelle-t-on haut dossier. C'est là que se peignaient les. armoiries ou que l'on pinçait des bas-reliefs représentant des scènes ein[!runtées à la Bible ou à la vie des saints. DOUBLEAU. Voif. Aiu;-noi iJLEAi:.

DOI'CINE. — Moulure concave par le

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haut et convexe par le bas. Celte moulure termine les corniches d'une manière éléganfe.

DOUELLE. —Cette expression se dit d'une coupe de pierre propre à faire des voûtes. Le parement qui fait la partie cintrée de la voûte, et qui est courbe, s'appelle douclle intérieure ou intrados. La partie op[)osée, oui fait le dessus de la voûte, s'ajjpelie ùouelle extérieure ou extrados.

DRAGON. — Animal fabuleux, dont on trouve la ti^iure sur les chapiteaux du xV siècle et du xii% et dans divers motifs d'ornementation de la période romano-byzantine. Autrefois, on portait orJinaiienient c\ la procession des Rogations une bannière sur laquelle était représenté un dragon, ou même simplement I;i figure d'un dragon, en implorant la divine Providence contre la

reste et la famine. Le dragon était, en effet, emblème de la poste. On s'en est également servi comme emblème du poison. C'est ainsi que l'on voit un dragon, souvent ailé, sortir du calice que saint Jean l'évangéliste tient en main, pour faire allusion aux faits mentionnés par saint Augustin et par saint Isidore. Le dragon est aussi la figure sous laquelle on représente le démon, Vancien serpent , dans son combat avec l'archange saint Michel. En Angleterre, on voit jilus fréquemment qu'ailleurs l'image du dragon dans la décoration, à cause du dragon que saint Georges, patron de la Grande-Bretagne, foule à ses pieds. Le dragon est encore l'emblème donné à sainte Marguerite. Enfin, la sainte Vierg • foule aux pieds un ser, ent ou un dragon, en signe de l'accomplissement de la grande prophétie : Ipsa conterct capnt tuum.

DRUIDIQUE. — Les monuments druidiques sont fort ii.téressants à connaître, à cause des rapijorts fi-appants qu'ils présentent avec ceux de tous les pou. les primitifs. Voy. Celtique, Allée-Gouvekte, Dolmen, LicuAVF.N. Us sont surtout intéressants ponr ceux qui habitent cette partie de l'Europe où ils sont encore fort nombreux.

Nous l'iaçons ici un article annoncé aux mots Celtique et Dolmen et ayant pour litre : Rapports entre les monuments celtiques et les monuments des plus anciens peuples de lAsie.

Quand on se livre à l'élude des monuments des anciens jieu[)les, l'esprit est porîé comme instinctivement à les comparer entre eux. Ces rapprochements ne sont pas un des moindres charuK s du travail, et lorsqu'ils sont faits naturellement et sans violence, ils ] cuvent procurer de précieux avantages. Des rapports positifs dans les monuments de certains peuples, sé})aiés par de grandes distances, doiv&nt-i!s indiquer des origines communes, ou sont-ils simplement le résultat de causes nécessaires et par conséquent identi(iues? 11 y a ici un problème important à résoudre. Des ressemblances dans les moiiuments d'architecture, dans les constructions les plus irrégulières, les plus étran-

gères aux conditions de Tari, ne (hùventelles pas m'rtpier des ressemblances morales chez les peuples qui les présentent, tout aussi bien (pie les similitudes dans le langage, dans 1 s mœurs et dans les coutumes? Et (piand ces monuments ont une physionomie commune, frappante, irrécusable, évidente, ne peut-on pas conclure en plein droit qu'ils sont le produit des mêmes })rincipes, qu'ils ont été érigés par des peuples sortis du même berceau, ou du moins, unis par les liens d'une parenté très-étroite?

La connaissance approfondie des rapports des monuments entre eux peut avoir d'utiles résidtats historiques, et quoique encore au berceau, la |)hilosoi)hie archéologique a déjà jeté des lumières inespérées sur la filiation de certains peuples anciens. Il n'est personne tant soit peu versé dans la science des antiquités, qui ne connaisse les remarquables travaux de M. Petit-Radcl, sur les monuments pélasgiques , ou constructions cyclopéennes. En décrivant et comparant soigneusement ces informes constructions, que la mythologie attribuait à une race de géants, et que l'on retrouve répandus principalement dans la Grèce, dans les îles qui en dépendent et dans quelques contrées de l'Italie méridionale et centrale, il est arrivé à démontrer l'origine pélasgique des anciennes popudations du Latium, de la Sabine, du Samnium, etc. Ces travaux, dont l'importance est incontestable, ont été imités pour plusieurs autres contrées, et ont amené des résultats analogues.

Nous n'avons pas eu la prétention d'éclaircir j arfaitement des questions obscures, par les recherches que nous avons faites sur les monuments celtiques comparés aux monuments des plus anciens peuples de l'Asie, et spécialement des Hébreux. C'est un essai qiae nous avons tenté. On a déjà fait la comparaison des deux religions, hébraïque et druidique, et l'on est parvenu à en prouver l'identité (!ans les dogmes les plus essentieis. En considérant les deux j euples sous uu autre point de vue, nous arriverons à peu près au môii.e terme, et, si nous ne pouvons parvenir à démontrer l'identité, nos observations et nos lapprochements montreront une ressemblance qui n'en différera que fort peu.

En Asie, un peuple qui remonte au berceau même de l'human té, qui garde attentivement et avec un respect religieux, la plus ancien! e histoire authentique du monde, le peui le hébreu nous présente dans ses coutumes quelques faits dignes d'une profondealtention. Ces faits ont eu une influence marquée sur les croyances des âges postérieurs. 11 entrait comnie usage dans la vie publlcjne , de même que dans la vie privée, de consacrer le souvenir des faits importants par un monument durable, mais de la plus grande simplicité. Ce monument consistait en une pierre brute , de dimension variable, qu'on appelait d'un nom commun : la pierre du témoignage. 11 devait transmettre a la postérité la mémoire d'un pcrsouLage il-

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lustre ou d'une action iiuporlnnte (i<ui.s l;i faiD lie ou dans la société. Celle coutunie l'ut presque générale dans l'anliquilé : elle était louable et utili». Mais, j»lus tartl , le respect dont on entourait la pierre du ténioij^^na^t! se corroni[)it <ruand on en perdit la si;4nilication véritable ; il se transforma peu h peu en vénération, et se vicia même au point de devenir un acte d'aeloraiion. L'liistt)ire nous ap[)ren(l que les Gliananéens se rendirent autrefois coupables de ce grand crime, en converti>sant en idoles les pierres brutes et les colonnes grossières élevées [)ar leurs ancêtres.

L'usage de confiera de gros blocs de pii'rro de |)ieux ou de grands souvenirs, fré(|uenl chez les Hébreux et chez les [)lus anciens j)euples de l'Asie, fut do tout lem[)s adoj)té par les races celtiques : les pays (lu'cUes ont habités sont encore couverts d'iuie grande quantité de pierres énormes. Nous avons perdu la vraie signiticalion du plus grand n<)mbre do ces grossiers monuments. 11 paraît (|ue les Celtes eux-mêmes l'oublièrent nostérieurement , puisqu'ils leur rendaient les honneurs divins, comme il est démon' ré j;ar les usages que rencontrèrent partout les premiers apôtres qui vinrent prêcher le clu istianisme dans les Gaules. On | ourrait presque en trouver encore aujourd'hui des vestiges dans les pratiques superstitieuses dont on entoure, dans certaines localités , plusieurs pierres druidiques.

Lorsque le peuple israélite , sous la conduite de Josué, eut traversé rairacufcusenient le lit du Jourdain, le successeur de Moïse voulut élever çur ses rives un monument propre à transmettre le souvenir d'une si grande merveille. 11 envoya donc les hommes les plus robustes prendre les plus grosses pierres qui se trouvaient au milieu du lleuve ; il les ht placer à Galgala, à l'oriont de la ville de Jéricho, j^uis il dit aux trib^is assemblées : « Quand vos enfants inlerrogeront un jour leurs pères et leur diront : Que signilient ces pierres? Vous le leur ap;.rendrez et vous leur direz : Israël a passé à }>ied sec le lit du Jourdain (1). »

Ces blocs grossiers, au liOmbre de douze, en mémoire des douze tribus d'Israël, devaient offrir 11 plus grande analogie avec l'espèce de monument celtique que les antiquaires ont désigné sous le nom de pierres posées. Ces pierres étaient quel(|ucfois placé(^s symétriquement , mais souvent (dles étaient jetées sans oi'dre sur la terre. Plusieurs roches celti(]ues n'auraieni-elles pont été réunies dans (les intentions semblables h cell s qui ont présidé h la disposition des pierres de Galgala, c'est-h-dTe pour attester un souvenir précieux, à une tribu ou à toute

(I) Duodccim quoijuft lapilcs, ([iios di! Jordanis alvtv) siimpseraiil, pi)suil Josue in (jalgalis.

Kldixitad filios Israi;! : Qiiaiido iiiUMTogavcriiit filii vcsiri cras paires siioscl dixeniU eis : Qiiid sibi voluiit lapides isli?

Dort'liilis cos alqiic dicolis : Pcr arriUein alvcnni Uansivil Israël .Ididaiicm isluiii. (Jo^iic, cap. iv, vcis. -20. 21 Cl -j.-!.)

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