EGY
raison, elle no doit pas parler clans l'éi^lise (levant lui. Aneieiinement les hommes et les femmes portaient les cheveux longs et se tenaient à l'église la tôte découverte, et ils se glorifiaient d'une manière inconvenante du luxe de leur chevelure. L'Apôtre nous enseigne quelle doit être notre occupation dans l'église : Entretenez-vous de psaumes, dliymnes et de cantiques spirituels {Coloss. 111,16). Il faut donc nous abstenir, dans le saint lieu , de toutes paroles superllues. « Lorsque vous entrez dans le palais du Roi des rois, dit saint Jean Chrysoslome, réglez votre extérieur et voire conversation; caries anges du Seigneur sont là, et la maison de Dieu est remplie de jmissances célestes.» Le Seigneur dit à Moï-e, ainsi que son ange à Josué : Otez vos sandales, car le lieu où vous êtes est un lieu saint [Eœod. ni, 5). En dernier lieu, une église consacrée a le droit de protéger les homicides qui s'y réfugient , en sorte qu'ils ne peuvent y être poursuivis par la loi, à la condiiion toutefois qu'ils n'aient pas commis de délits contre le sanctuaire ou dans le sanctuaire.
Il est écrit que Joab s'enfuit au tabernacle et qu'il se tenait aux angles de l'autel ( IV Hey. 1,28). Le même privilège est accordé aux églises non consacrées, si les divins offices y sont célébrés.
Toutefois le corps de Jésus-Christ qui est reçu par ces personnes ne les protège pas: d'abord parce que le droit du sanctuaire n'est accordé b une église qu'en tant qu'elle est église, et il ne saurait s'étendre à d'autres choses; enfin, parce que le pain céleste est le soutien de l'âme et non du corps, et qu'il affranchit l'âme et non le corps.
ÉGOUT.— Dans les monuments, un égout est un canal qui sert à conduire et à rejeter les eaux pluviales loin des fondements de l'édifice, ou des entrées, ou de quelque partie que l'on veut protéger contre l'humidité. Les architectes des édifices religieux ont su tirer un parti ingénieux et excellent de la disposition des principaux membres extérieurs des monuments, surtout à partir du xiii' siècle, c'est-à-dire du triomphe com|)let du style ogival. Au-dessus des murailles des combles ils ont établi une galerie assez large, bien pavée, en saillie par encorbellement sur une corniche |)lus ou moins forte. A la pa: tie la i)lus externe et au pied même de la balustrade, ils ont ménagé un conduit pour les eaux i)luviales. Chacun voit au premier coup d'œil combien ce système est ingénieux, puisque les eaux pluviales ne peuvent, en aucune manière, endommager les murailles, même en supposant que les pierres seraient disjointes, [)uisque lencorbellement fait office de larmier. Mais ce n'est pas tout; les eanx sont reçues dans un canal ou égout établi sur le rampant des contre-torts, et qui se termine [>ar une gouttière très-saillante, en forme de gargouille. De celte façon les eaux sont promptement rejetées à une grande distance des murailles inférieures. Nous savons que l'on s'est plaint en des termes assez hi/arres de l'incommodilé qui en résul.e
pour les ) assauts; mais on a répondu à ces j)lainfes ridicules comme il convenait de le faire, c'est-h-dire en se moquant de ceux qui les proféraient. Voy. Arc-rampant, Gar-
GOriLLE.
ÉGYPTIEN (Art).— La terre d'Egypte est assurément celle qui nous offre le plus grand nombre de monuments à étudier; il semble que toute sa surface en était chargée. Nous pouvons lire sur ces débris la pensée qui dominait dans l'esprit des anciens Egyptiens. Le culte de Dieu, un respect profond pour les morts, faisaient le fond du caractère de ce peuple grave et sérieux. Ces deux puissantes idées inspirèrent ce nombre prodigieux de temples et de tombeaux, et la vanité de ses princes érigea les palais, les obélisques et cette foule de statues symboliques qui environnaient tous les autres monuments.
Les historiens profanes nous donnent une grande idée de l'habileté des Egyptiens dans les arts. Hérodote, le plus ancien des historiens grecs, nommé le père de l'histoire, entre à ce sujet dans des détails si étonnants qu'ils ont paru exagérés et lui ont fait donner le nom de père du mensonge. Mais les récits des voyageurs modernes , et particulièrement ceux des savants français qui accom()ngnaient l'expédition d'Egypte, ont rétabli la vérité des faits, et aujourd'hui on regarde les récits d'Hérodote et des autres écrivains anciens plutôt comme étant au-dessous de la réalité, au lieu de la dépasser. M. ChampoUion le jeune, en découvrant la manière de lire les hiéroglyphes dont les monuments d'Egypte sont couverts, et plusieurs autres savants très-versés dans la connaissance des antiquités égyptiennes, ont jeté un nouveau jour sur l'histoire de ce pays célèbre, liée par tant de points à l'histoire de la religion.
Le style égyptien a un caractère qui lui est propre, et qui le distingue de tous les arts qui ont été cultivés. Winckelmann est le premier qui ait cherché à diviser l'art des Egyptiens en différentes périodes ou époques. Il en assigne trois : 1° Yancienne, jusqu'au règne de Cambyse, époque à laquelle l'Egypte fut soumise aux Perses; 2" la moyenne, pendant que les naturels cultivèrent la scul[)ture sous les Perses et sous les Grecs; 3" la moderne sous Adrien et ses successeurs, lorsque le style d'imitation s'introduisit. M. Carlo Fea établit cinq i)ériodes: la première jusqu'à Sésostris, qui, dit-il, introduisit un nouveau style; la seconde sous Sésostris, pendant l'espace do 2'i- ans ; la troisième de Sésostris à Psammétique, qui accueillit les Grecs en Egypte, ce qui influa sur les mœurs et les ço^lts de la nation; la quatrième le style d'imitation à Rome; la ciiuiuièine, enlin, au temps de Théodose le Grand. L'auteur do cette dernière classification pense que la plupart des monuments que l'on donne pour être du second stylo sont de cette époque.
Dans son Dictionnaire des Beaux Arts , Millin a donné une auiie classification. L'histoire de la nation, dit-il, peut nous donner